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– Salut les Ponots !, le podcast itinérant et léger qui donne la parole aux personnes qui habitent ou gravitent autour du Puy. Aujourd’hui, je me sens toute petite face aux deux personnes que j’ai en face de moi tellement elles ont de connaissance. Voilà, je suis avec Didier et Thibault. Comment allez vous ?
D – Ça va très bien.
– C’est Didier qui a parlé. Thibault ?
T – Ma foi, bien aussi.
– D’accord. Je vais vous demander de vous présenter chacun à votre tour. Qui veut commencer ? Didier.
D – Didier, je suis là parce que je suis président des Cahiers de la Haute-Loire aujourd’hui. Voilà. Je suis né au Puy, y’a un peu longtemps maintenant et puis j’habite au Puy.
– Tu peux nous en dire un peu plus sur toi rapidement ? Tes passions ?
D – Ah, mes passions c’est compliqué, c’est long. En fait, je suis spécialiste, mise à part une formation professionnelle qui n’a rien à voir, je suis spécialiste des musiques populaires des pays de langue d’oc et plus précisément de la Haute-Loire sur lesquelles j’ai fait des publications, des conférences. Voilà, sur lesquelles je continue à travailler.
– Un travail énorme. On en parlera peut-être un peu plus tout à l’heure. Il fait la grimace, il est modeste. Thibault, pour toi, dis-nous qui tu es.
T – Et bien, tout comme Didier, je suis né au Puy, mais il y a un peu moins longtemps, normalement. Pour ma part, j’ai fait des études d’histoire, je compte devenir enseignant, mais à côté, je fais de la recherche et je travaille essentiellement sur la Haute-Loire, sur son identité régionale, sur les intellectuels qui ont animé aussi la vie locale, et après, j’ai bon espoir de travailler de plus en plus sur l’histoire de l’Afrique, à côté, en tant que intérêt qui est de plus en plus majeur pour moi.
– Tu as fait une expo récemment, c’est ça, sur l’Afrique.
T – C’est ça, en effet, j’ai fais une expo sur le Togo où j’ai été l’année dernière et à côté, en effet, je m’intéresse beaucoup à la photographie, je fais un peu de sculpture également à côté.
– Des totems, etc. Etc. J’ai vu ça. J’ai vu ça. Donc, merci pour ces présentations. On va parler un petit peu de votre vie, au Puy, en Haute-Loire. Est-ce que quelqu’un a une anecdote ? Didier peut-être ?
D – Oui, enfin bon, c’est un souvenir, c’est l’incendie de la mairie il y a très longtemps, c’était en soixante-quatre, mon père travaillait à la mairie et je me souviens très bien, j’étais petit bien sûr, et… Je me souviens très bien qu’il y avait un spectacle de cirque la veille sur la place du Breuil. J’étais allé avec mon papa au spectacle de cirque et dans la nuit, branle-bas de combat. Mon père a du partir très rapidement à la mairie pour essayer de sauver ce qu’il pouvait sauver dans ses bureaux. Il n’a rien sauvé d’ailleurs. Et c’est un événement qui a été un peu marquant, à la fois pour la ville du Puy et pour les familles.
– Oui et il y a beaucoup de perte de documents importants.
D – Oui, il a été perdu beaucoup de documents, notamment les plans des réseaux. Voilà, et puis le chef à mon père, il avait une flûte traversière en or, en plaqué or, qui a brûlée et fondue dans l’incendie de la mairie. C’est pour l’anecdote.
– Il en a fait une bague après, il a pu trouver le… Non ?
D – Je sais pas ce qu’il a retrouvé puis la mairie a été déplacée rue des Chevaliers Saint-Jean. J’ai pas mal de souvenirs de la mairie provisoire rue des Chevaliers Saint-Jean, dans l’espace République là qui est un peu une friche actuellement.
– Merci beaucoup pour cette anecdote. On va faire le jingle, le premier jingle, qui veut se lancer ? Ah, c’est Didier le musicien.
Musique jingle
On l’arrête plus. Ça change de la cabrette non ?
D – Bah, c’est pas le même principe mais tout est musique.
– Mais il a sauté dessus tout à l’heure, t’as vu hein Thibault.
T – Oui en effet, on sent le fan de musique, le musicien sans faille et sans peur.
– Le passionné. Allez, on va faire le confessionnal pour essayer de vous connaître un tout petit peu plus, on commence par toi Thibault. Rouge ou bleu ?
T – Bonne question. J’ai l’impression de… D’entendre les travaux de Michel Pastoureau, qui est un grand historien des couleurs et qui a démontré que le bleu était la couleur préférée des occidentaux, en tout cas des européens. Je dirais plutôt rouge pour ma part.
– Ça, c’est peut-être lié à ton travail en master d’histoire, non ?
T – Ah oui…
– Rapport à…
T – Bien vu, c’est presque de la psychanalyse. Mais oui, en effet, j’ai travaillé sur une série de livres reliés en cuir et c’était un livre, des livres de couleur rouge. Donc, c’est une couleur qui m’a plutôt, plutôt intéressée, qui est aussi très forte en symbole, en Europe également.
– J’en ai appris beaucoup. Si vous écoutez Alti’Storia, justement, où Thibault tu es passé il y a quelque temps pour expliquer justement, ces livres rouges, d’écouter, c’est très, très intéressant. Alors pour toi, Didier, chanter, danser ou jouer ?
D – Chanter.
– C’est vrai, tu peux nous faire un petit chanson-là.
D – Pas forcément, mais chanter, c’est parce que… Je pense c’est un peu la même sensation que ceux qui font de la course à pied tous les jours, tous les jours, tous les jours, et qui en ont besoin comme une, comme une drogue. Et chanter, ça donne exactement la même sensation, il doit y avoir des endorphines qui sont sécrétées et qui calment et qui apaisent, et je ne peux pas m’empêcher de chanter tout le temps.
– Est-ce que tu fais partie d’une chorale ou autre ?
D – Euh non non, je chante plutôt solo. J’ai un spectacle qui tourne sur les chansonniers du Puy là, actuellement. Voilà, c’est dans ce cadre-là que je chante mais je chante surtout beaucoup à la maison, dans la voiture, partout.
– Et ton prochain spectacle, les dates là ? Le podcast sera diffusé, je pense, en septembre.
D – Le vingt-deux novembre à Polignac, à la salle communale, en soirée, c’est un samedi.
– Voilà, prenez note, prenez rendez-vous. Pour toi, Thibault, sculpture ou photographie ?
T – Oula, question difficile. On ne peut pas faire cette activité n’importe où, photographier, c’est assez pratique, parce qu’on peut trimballer son appareil à droite, à gauche, sculpter, bon, il faut un atelier, faut les outils qui vont avec. Mais sculpter, je prends plus de plaisir, ça prend plus de temps, c’est agréable de voir l’objet se construire au fur et à mesure, donc je dirais sculpter. Mais je suis plus connu en tant que photographe j’allais dire donc… Bon, peut-être qu’un jour j’exposerai des sculptures pourquoi pas.
– On a hâte, on a hâte. Didier, langue d’Oc, langue d’Oil ?
D – Ben langue d’Oc évidemment, je suis natif speaker en langue d’Oc. Je suis désolée de la décrépitude de cette langue et de la situation que lui fait l’état français comme toutes les langues régionales, contrairement à tous les états voisins qui entretiennent leur patrimoine linguistique. Moi, je pense que le développement durable et l’écologie peut pas se dissocier de l’écologie culturelle et que la survie des langues régionales est une nécessité d’écologie culturelle au même titre.
– Est-ce que tu peux donner la différence entre le langue d’Oc qui est le nom du sud de la France et le patois. Le patois, est-ce que c’est des transformations de la langue d’Oc suivant le coin où on se trouve ? Par exemple au Puy-en-Velay c’est pas le même, enfin en Haute-Loire, que dans le Puy-de-Dôme ?
D – Moi j’ai tendance à comparer ça aux voitures. Alors ch’ai pas quelle voiture tu as ?
– J’en ai presque plus mais j’avais une Fiat Doblo. Mais j’ai commencé à conduire avec une 2CV.
D – T’avais une Fiat Doblo. Donc, quand tu prenais ta voiture, tu disais pas je prends ma Fiat Doblo, tu disais je prends ma bagnole même. Et donc le patois, c’est comme bagnole, c’est-à-dire que c’est, c’est le terme, c’est le terme familier, qui peut être à la fois très affectif, mais qui peut être aussi très méprisant. Si on te dit, et ta bagnole. Voilà donc, et ça précise rien, c’est-à-dire quand on dit, je prends ma bagnole, on sait pas quelle bagnole tu as. Donc j’ai tendance à dire que le patois c’est ça ett les variations sont connues, bien sûr, suivant les lieux. Mais il faut bien se dire que l’occitan, c’est une langue qui est interdite à l’écriture administrative depuis cinq cent onze ans. Et si on avait fait ça au français, ben le français se serait subdivisé aussi en petit, et sans enseignement, sans académie, le français serait aussi diffusé en petit isolat linguistique. Donc, on est pas du tout… C’est vraiment une langue. Mon grand-père parlait couramment avec les gens à Rodez sans difficulté. C’est vraiment une langue, mais bon, comme il n’y a pas d’enseignement, comme il n’y a pas d’académie, comme il n’y a pas de télé, comme il y a pas de radio, ou si peu. Et bien, on est sur une langue qui s’est fragmentée et s’est isolée. Mais on a des, au Moyen-Âge, au début de la Renaissance, et ben c’est une langue administrative, il y a de nombreux textes. Il y avait une unité au moins de la langue administrative. Mais on reconnaissait aussi dans les pays du Maghreb par exemple, la différence entre l’arabe dialectal et l’arabe officiel quand on va au Maroc. La télé parle pas le même arabe que les gens qui sont autour du repas et c’est très classique dans les langues. Y’a que le français qui est aussi unifiant.
– C’est bien d’avoir des petites différences, on arrive toujours à se comprendre de toute façon. Alors pour toi, Thibault, Musée du Quai Branly au Musée de l’Homme ?
T – Ah, bonne question, je dirais Musée du Quai Branly. Bien qu’il faut avoir un regard critique là-dessus, parce qu’une bonne partie des collections ethnologiques des musées français, des musées européens en général, proviennent de pillages durant la période coloniale, ça, faut avoir ce regard critique quand on les fréquente. Je pense que c’est un peu le cas aussi au Musée de l’Homme hein. Beaucoup de musées se sont enrichis à cette période, mais malgré tout, il y a un véritable intérêt pour le Musée du Quai Branly. En ayant conscience de ça et des politiques à mener pour trouver un meilleur équilibre avec la question des restitutions etc. Ca faut en avoir conscience aussi, quand on s’intéresse à la sculpture extra-européenne, etc.
– C’est une question qui est très actuelle. Pour toi Didier conteur, passeur de mémoire ou collecteur ?
D – Ben passeur de mémoire, parce que collecter, c’est bien mais si on garde pour soi, si on en fait rien ou si personne n’en fait rien, ça ne sert pas à grand chose en fait. Donc, euh c’est pour ça, bon, j’ai fait énormément d’enregistrements, mais… Bon je déplore que beaucoup de camarades qui ont fait comme moi, n’ont pas déposé ces enregistrements, n’ont pas voulu mettre à disposition du public ces enregistrements, pour diverses raisons. Et il y a plein de choses qui se sont perdues comme ça, mais il me semble que ce que j’ai enregistré ne m’appartient pas. C’est un travail, mais j’étais uniquement là pour enregistrer et puis ensuite pour transmettre et faire passer aux suivants et même si moi j’en ai exploité un peu, j’ai souvent des surprises, des gens qui prennent les enregistrements que j’ai déposés aux archives et qui en font des choses formidables. Je pense aux groupe de musique, Los Cinc Jaus (les cinq coqs : blason de la ville d’Yssingeaux), par exemple. Ben ils ont fait deux CD quasiment uniquement à partir de mes enregistrements et il y avait des choses que moi je trouvais un peu… Pas hyper intéressantes et ils en ont fait quelque chose de formidable quoi donc… Non non, il faut passer le relais.
– Oui parce que tu as donné, enfin confié aux archives, un travail de mille neuf cent soixante quatorze à deux mille cinq hein, c’est plus… Et puis, je crois que c’est pas fini, tu me disais hein…
D – Oui.
– Cinquante-six cédéroms qui sont consultables par tous.
D – Oui, j’ai encore des enregistrements à déposer jusqu’en deux mille quinze, mais je tiens à déposer les enregistrements après les avoir référencés, après avoir… Parce que si on dépose aussi du brut, bon… C’est mieux que rien, mais il vaut mieux quand même donner des références et des explications, parce que j’ai des choses dans ma tête que j’ai pas noté, et si je dépose des enregistrements, il faut que ce soit à peu près propre et à peu près, avec tout le contexte qui est nécessaire pour comprendre.
– Ok. Pour toi Thibault, chercher où trouver ?
T – Les deux vont de pair. Je crois qu’il y a une phrase qui dit des chercheurs qui cherchent, on en trouve, mais des trouve, des…
– Des trouveurs.
T – Des trouveurs, des chercheurs qui trouvent, on en cherche. Je crois, voilà une phrase un peu dans…
D – De Gaulle.
T – Dans ce goût là. Voilà ben voilà, merci beaucoup pour la référence
– J’ai entendu Didier.
D – C’est De Gaulle qui disait ça.
– Voilà.
T – Du coup, chercher ou trouver, alors oui, il y a le plaisir de chercher, mais je crois qu’on prend davantage plaisir quand on a enfin trouvé, mais bon, ça, c’est pas toujours, malheureusement, le résultat escompté. Voilà, il faut passer de nombreuses heures dans les documents et parfois, on en a un peu, on en sort un peu bredouille. Mais d’une façon ou d’une autre, comme disait Didier, par rapport au collectage, aux enregistrements, il y a toujours quelque chose à en tirer. Donc, en fin de compte, on trouve toujours quelque chose.
– Didier, seigneur ou paysan ?
D – Paysan.
– Pourquoi on n’apprend plus avec eux, il y a plus de choses… C’était… Il y a plus de choses à trouver, on va dire, les seigneurs y’avait plus de choses qui étaient, comment dire, éditées, qui était connue, mais la vie paysanne un peu moins ?
D – Non, c’est pas ça. C’est que, en fait, je trouve que, dans les historiens amateurs, il y a une grande fascination pour la noblesse, pour les seigneurs et… Toute la vie populaire, pas forcément seulement paysanne, est souvent négligée. Voilà, par exemple, je lisais, juste avant que tu arrives, une monographie sur Beauregard. Il y a très peu de choses, il y a beaucoup de choses sur les actes anciens, sur les seigneurs, sur les châteaux, mais y a rien du tout sur la vie, la vie des gens quoi. Et… Oh, c’est mon côté ethno- aussi qui veut ça, mais je pense qu’il faut toujours essayer de rééquilibrer la recherche. On a écrit plein de choses sur les familles nobiliaires, sur les châteaux, mais finalement, on n’a pas écrit grand-chose, ou en tout cas au dix-neuvième siècle et au début du vingtième siècle, sur la vie des gens, et je pense qu’il faut rééquilibrer ça mais c’est aussi la science historique qui a évolué avec l’histoire événementielle, l’histoire des grands hommes est devenue sous l’influence de l’école des annales (courant de pensée historique français du XXème siècle, se distingue de l’école méthodique), l’histoire des mentalités (courant historiographique du XXème siècle, perspective globalisante).
– Voilà. C’est très complet, j’adore.
T – J’ai l’impression d’être à l’université quand j’entends ça, les cours d’historiographie, Marc Bloch, quand il dit ça…
– On va rester là des heures avec Didier. Pour toi tiens, deux personnages, on va dire, publique. Lorant Deutsch ou Stéphane Bern qui aiment bien l’histoire.
T – Aucun des deux.
– Tu m’aurais étonné. si tu en avais choisi un, j’avoue.
T – Ce serait plutôt des contre-modèles que des modèles pour moi. Mais bon après, c’est un parti pris comme un autre.
– Voilà. Ils vulgarisent un peu trop l’histoire, c’est ça ?
T – C’est pas qu’ils la vulgarisent. C’est bien de vulgariser l’histoire, attention, tous les historiens n’auront jamais le monopole de l’histoire. C’est juste que Lorant Deutsch propose une vision un peu spectacle de l’histoire, notamment avec ses émissions, peut être un tropisme vers les grandes figures, comme le disait Didier à l’instant, et en négligeant un peu les classes populaires sur la paysannerie, les milieux ouvriers, ou encore même l’histoire du genre, l’histoire des droits des minorités sexuelles et de l’immigration, etc. Quant à… Donc ça, excuse-moi, c’était Stéphane Bern, l’histoire spectacle, tout ce que je viens dire. Lorant Deutsch lui, il y’a un côté un peu plus romanesque. J’ai pas l’impression que ce soit très, très, très sérieux. Ces travaux sont assez critiqués, qui plus est. Puis, bon, bah, y a aussi un parti pris assez fort. Tous les deux sont tous deux des royalistes. Donc, ça aussi, faut en avoir conscience. Donc, du coup, ils ont parfois une lecture du passé qui est très, très erronée, notamment sur la Révolution Française. C’est des gens qui, finalement, n’ont jamais digéré cet épisode là qui est pourtant fondateur de notre République actuelle. Donc oui, un regard assez critique sur ces historiens, pseudo-historiens médiatiques.
– Je ne sais pas si tu écoutes ces émissions Didier, Planète Ocara sur France Musique ou l’Echo du Parquet, un podcast de Drôme-Ardèche.
D – Ni l’une ni l’autre. J’écoute beaucoup France Culture, mais…
– Mais pas France Musique ?
D – Si France Musique mais encore une fois, sur France Musique, c’est une vision très partielle de la musique. Il y avait autrefois des émissions de musicologie de Edouard Fouré Caul-Futy, par exemple qui étaient très intéressantes, mais France Musique est quand même très orientée sur la musique occidentale, la musique savante et sur les périodes de la musique disons euh, depuis, euh, depuis Bach quoi. Moi je trouve c’est très restrictif. La musique, c’est pas ça. La musique, c’est bien plus large que ça. Il y a quelques petites émissions, mais je trouve ça un peu des émissions alibi, c’est pour ça que j’écoute de temps en temps France Musique, mais je suis quand même surtout branché sur France Culture.
– Donc Planète Ocara d’Aliette est plus axée sur les musiques du monde, musiques trad, donc si jamais à l’occasion…
D – J’ai râté ça.
– Voilà, il a râté ça, on lui a peut-être appris quelque chose, ouais !!!
D – Tout arrive.
– Tout arrive. Allez, dernière question pour toi Thibault, histoire, civilisation ou patrimoine ?
T – C’était le nom de mon master, en effet, qui est donc le master de recherche de l’université Clermont Auvergne, un master que je ne regrette pas du tout parce qu’il m’a permis de faire un mémoire, de rencontrer beaucoup de personnes, dont Didier, d’ailleurs, ici, est présent, et qui m’a ouvert de nombreuses portes, notamment pour des conférences, pour écrire des articles. Et après, à partir de ce master, j’espère bien rebondir un jour en thèse. Mais bon, ça, c’est pas pour tout de suite.
– Ok, donc, il prend les trois. Didier, une question qui fâche, enfin. Je connais ta réponse, je pense, et je pense que je suis un peu d’accord avec toi, même tout à fait, auvergnat ou languedocien ?
D – Ben languedocien évidemment. Languedocien évidemment, puisque bon, le Velay fait partie du Languedoc historiquement et que bon j’ai absolument rien contre les auvergnats et l’Auvergne.
– Oui parce que je suis auvergnate, pure auvergnate attention !
T – Il sort avec une auvergnate.
– En plus.
D – Mais rattacher le Puy à l’Auvergne, c’est une erreur historique, une erreur culturelle, mais d’ailleurs, on en revient, y’a eu une vraie tentative, sous Giscard, d’organiser toute la Haute-Loire. Et puis, finalement, les gens de la Haute-Loire se sont rendu compte que l’image Velay était quelque chose qui pouvait, qui pouvait être vendable sur le plan du marketing.
– En tant qu’auvergnate, voilà, j’ai pas l’impression que la Haute-Loire me ressemble au niveau peut être de la culture ou…
D – Non mais on le sent très bien, moi, je fais une conférence à Brioude au mois de juin, et voilà, c’est c’est… J’ai même trouvé les brivadois encore plus sensible à cette différence que, finalement, les habitants du Puy. Et c’est pas du tout du racisme, du chauvinisme. Simplement pour savoir où on va, il faut savoir d’où on vient et qui on est, c’est tout. Et bon le Puy est rattaché au Languedoc depuis que le Languedoc existe, le Languedoc historique en tout cas, et tous les gens d’ici le savent, ont cette sensation là et dès qu’on passe Fix, on a cette sensation là qu’on a changé de pays, même si c’est pas la Sibérie non plus, c’est pas… Mais bon voilà. Et puis, moi, je crois qu’à force de vouloir ressembler à tout le monde, on finit par ressembler à personne. Si on veut avoir des visiteurs, des touristes, il faut pas vouloir ressembler aux autres, il faut être nous-même, c’est tout.
– Tout à fait d’accord avec toi. On va parler un peu de la Haute-Loire, du puy et s’intéresser à, par exemple, un commerçant. Je crois que Thibaud, tu avais un commerçant.
T – Un commerçant, mais pas au Puy-en-Velay, mais au Monastier-sur-Gazeille, une librairie qui vient d’ouvrir, qui s’appelle l’Archipel des Mots, qui est tenue par une femme qui s’appelle Delphine, et qui donc, du coup, en plus de sa librairie, a donné un côté un peu café, café littéraire et qui, justement, montre que même dans les petites communes, on peut faire vivre la culture, y compris la culture livresque. Et ça me semble très important à notre époque, d’avoir accès à ça, parce que malgré internet, ben il faut se rappeler que lire un bon livre, c’est pas non plus quelque chose de déplaisant, et c’est l’occasion parfois d’approfondir aussi certains sujets et pour en parler aussi avec son libraire, avec ses voisins dans une commune qui a toujours eu à cœur de valoriser la culture. Donc là je, on se distingue un peu du Puy, mais le Monastier a aussi la chance d’avoir un riche patrimoine, avoir une bibliothèque bien garnie, à côté de sa librairie, d’avoir une école de musique, d’avoir une histoire aussi très, très ancienne, avoir des habitants qui ont une fibre un peu artistique. Donc, autant, autant profiter, autant mettre en avant ce nouveau commerce.
– C’est en mettant en avant ce qui se passe localement qu’après on peut rayonner au niveau du département et ensuite la région, etc. Etc. Donc, c’est une très belle chose.
T – Oui là, tout à fait, tout à fait d’accord. Pour moi, les communes rurales ont cette carte à jouer aujourd’hui, on parle souvent des enjeux du vingtième siècle. Tout à l’heure, Didier abordait aussi la question d’écologie culturelle à l’époque où on se pose des questions sur le plan environnemental, avec justement, il faut parfois aussi favoriser cette économie locale, cette économie de la culture, pour se distinguer, pour que les gens aient envie de venir aussi ici. Pourquoi venir au Monastier, au Puy, si finalement, on y verrait la même chose qu’à Lyon, qu’en Bretagne ou que sais-je. Faut aussi cultiver cette différence qui fait notre identité et je distingue identité d’identitarisme. L’identité doit être ouverte, les gens qui sont partisans de l’identitarisme, c’est des gens très fermés qui, finalement, ont une profonde méconnaissance, parfois, de leur propre culture, qui est souvent fantasmée pour moi, plus on a conscience de sa propre culture, plus on est a même à s’ouvrir sur des cultures différentes. Et quand on a ces quelques connaissances là, on sait qu’il n’y a pas de culture pure, qu’elles ont toutes été mélangées. L’occitan, c’est une évolution du latin. En Velay, il y a eu des influence à droite, à gauche, les gens portent en eux une histoire aussi, qui reflètent cette diversité française, cette diversité européenne, cette diversité mondiale, et c’est des choses que j’aime bien mettre en avant dans mes travaux d’ailleurs ou dans mes expéditions.
– Il habite pas loin du Monastier aussi.
T- Ça aide.
– C’est bien. Si je vais au marché avec toi Didier, tu m’emmènes à quel stand ?
D – Chez Geneviève Boyer, qui fait des fromages formidables, qui est à Vernassal, qui a un tout petit stand au milieu du marché, sur la place du Plot. Et dont ses fromages devraient être classés au patrimoine mondial de l’Unesco.
– Ça, c’est, alors ça c’est joli. Elle va être contente je pense, je vais allé la voir hein, je vais lui dire que tu as parlé d’elle. En restaurant, bar, je crois que tous les deux, vous avez un petit bar, un bistro. On commence par Thibault.
T – Je commence. Le Robinson au Puy qui, pour moi, est un lieu, un lieu central et qui a la particularité d’être un peu excentré finalement, d’ailleurs, il faut y aller un peu exprès mais c’est un lieu que je fréquente depuis à peu près mes dix-huit ans, et là-bas, j’ai autant fait la fête, toujours bien reçue par un Calou et Jean-luc, j’ai même fait parfois des petites réunions politiques avec mes camarades lycéens, à l’époque où on se mobilisaient contre la loi du travail ou contre certains politiques classés à l’extrême droite. Donc ouais, ça a été un lieu vraiment de fêtes, de discussions très intenses, un lieu où je me suis toujours senti très bien accueilli, aujourd’hui encore, presque dix ans après mes dix huit ans, je continue à retourner au Robinson, à prendre le temps de discuter avec les uns et les autres, et c’est toujours un plaisir.
– Oui, puis, c’est un lieu historiquement assez, on va dire, original non, mais c’était une ancienne maison close hein c’est ça ?
T – Oui, fermée en quarante-six je crois, oui, c’est à ce moment-là que les maisons closes sont interdites en France. Après, j’en sais pas davantage sur l’histoire du Robinson helas.
– Non, on pour aller voir du coup les propriétaires, peut-être qu’ils nous en diront un peu plus. Puis, c’est un lieu que les étudiants affectionnent tout particulièrement je crois hein.
– Oui oui oui, on croise beaucoup de jeunes, puis je trouve que c’est vraiment un bar populaire dans tous les sens, populaire parce que monsieur et madame tout-le-monde peuvent y aller. Populaire aussi parce qu’on y croise des gens des campagnes environnantes, enfin des personnes issues de cette ruralité altiligériens, enfin même vellave on pourrait dire, surtout du bassin du Puy, qui a conservé aussi un certain charme, avec ses canapés en cuir, son juke-box, sa… Y a pas de faux-semblants je dirai au Robinson, c’est peut être pour ça d’ailleurs, que je m’y sens autant à l’aise. Y’a pas ce côté, m’as-tu vu qu’on peut voir dans d’autres bars, hélas, ici et là.
– Merci beaucoup. Pour toi, Didier, un petit bar.
D – Ben moi je serai plus classique, le Café du Palais, puisque j’ai des souvenirs depuis très, très longtemps et puis parce que ben j’y rencontre toujours des gens de tous les milieux aussi, quand même, puisque il y a aussi bien des travailleurs maghrébins que des intellectuels, et j’ai du mal à y aller sans trouver quelqu’un avec qui parler et que je connais et pusi parce que j’ai de l’amitié pour Eric le patron.
– Qui veut nous présenter un artiste ?
T – Je commence du coup.
– Allez !
T – Comme on fait chacun notre tour. Un de mes voisins qui s’appelle Robert Lafon, qui est peintre, qui est sculpteur, qui n’a jamais trop cherché à se faire connaître, mais qui a quand même une page instagram tenue par sa femme, et j’apprécie beaucoup. Si un jour Robert écoute cette émission, ça le fera peut être sourire, mais pour moi, il mêle la malice de Georges Brassens avec le génie de Brancusi. Brancusi, c’était un sculpteur roumain. Donc voilà, pour moi c’est un artiste complet.
– D’accord, ok, super donc il peut aller… Brancusi, il était pas justement à Pompidou ?
T – Oui, il y a pas si longtemps, mais je crois que le Centre Pompidou a fermé pour cause de travaux, mais j’en ai profité pour aller le voir en effet. J’aime bien le côté à la fois un peu brut et minimaliste de Brancusi. C’est quelque chose que je trouve assez chouette.
– Donc, on pourra demander à ton voisin d’aller exposer là-bas pour la réouverture. Pour toi Didier ?
D – Lionel Alès, comédien, metteur en scène. C’est un ami de fort fort longue date, dont je préside la compagnie théâtrale d’ailleurs, et qui est une personnalité très attachante et très amicale, très tactile, très très… Qui connaît plein de choses, qui… Un vrai talent, qui fait aussi de l’enseignement théâtral au lycée Charles et Adrien Dupuy. Et donc voilà, j’ai d’immenses souvenirs avec lui dans tous les sens et dans tous les lieux, jusqu’au Liban.
– D’accord. C’est la compagnie Latituds ou je me trompe ?
D – Voilà, c’est la compagnie Latituds dont je suis président, mais bon, c’est quand même pas moi l’âme de cette compagnie, c’est Lionel, évidemment, qui est l’âme de cette compagnie.
– Et elle joue beaucoup sur l’identité, justement, du territoire de la Haute-Loire, hein, les spectacles, il y a eu un spectacle, tu m’en parlais je crois sur les contes d’Henri Pourrat, non, il y a pas eu sur Gaspard des Montagnes ?
D – Oui ben… Historiquement, y a eu beaucoup de spectacles, parce qu’il est très sensible à ça. Il y a eu notamment le spectacle la petite république des ergots, qui a énormément tourné. Je crois qu’ils l’ont faite plus de cent fois et dont j’avais écrit une version en occitan qu’ils ont joué aussi une dizaine de fois. Et puis là ils ont actuellement une pièce qui sera jouée le vingt trois novembre à Polignac. Justement le lendemain de mon spectacle qui est basé sur un poème d’un Clermontois Ravel et puis sur les contes d’Henri Pourrat.
– Alors, il s’en passe des choses finalement, après le Roi de l’Oiseau, tout n’est pas fini en Haute-Loire donc il y a pas mal de choses qui vont se passer à Polignac. On va parler aussi d’un autre événement, le vôtre, tout à l’heure, l’association. Est-ce qu’il y a une autre association que la votre dont vous voulez parler, peut être Thibaut ?
T – Il y a un côté un peu biaisé, mais à côté des Cahiers de la Haute-Loire, je suis membre aussi de la Société Académique du Puy, j’y ai adhéré à peu près en même temps qui est une société savante qui existe depuis la fin du dix-huitième siècle, si je me trompe pas, et qui tout comme les Cahiers de la Haute-Loire fait une publication annuelle qui s’appelle le Bulletin Historique de la Cité Académique du Puy, dans laquelle j’ai aussi écrit à quelques reprises. J’essaie aussi de m’investir au sein du conseil d’administration de cette société savante. Et pour moi, les deux, voilà font sens. Voilà, je trouve ça bien qu’il y ait plusieurs revues pour la Haute-Loire, que ce soit pas unique, ça permet aussi la diversité des points de vue, la diversité des travaux. Donc, ça, c’est plaisant d’avoir ces deux revues. D’ailleurs, il y en a d’autres, on peut citer aussi l’Almanach de Brioude, Histoire Sociale de la Haute-loire, les Cahiers du Mézenc. Enfin, on a cette chance d’avoir cette vivacité intellectuelle en Haute-Loire, malgré le fait que nous sommes un petit département, il y a quoi, environ deux cent vingt-cinq mille habitants en Haute-Loire, un département très rural. Eh bien voilà, au-delà des clichés qu’on peut entendre parfois, ça n’empêche pas la création de ces revues, de ces articles.
– Maintenant on va parler des Cahiers de la Haute-Loire. Qu’est-ce que t’en penses Didier ?
D – Pfff. J’en pense rien. C’est du boulot.
– C’est clair. C’est bientôt les quarante, les soixante ans pardon, mes soixante ans oui. Soixante ans, en soixante cinq ?
D – C’est une association qui a été créée en soixante-cinq justement parce qu’il n’avait pas assez de place dans les revues qui existaient en l’occurrence le Bulletin de la Société Académique. Il y avait trop de travaux, pas assez de place et donc cette revue a été créée en mille neuf cent cinq. C’est une revue annuelle, volumineuse, puisque l’on fait depuis quelques années, on a stabilisé le volume à trois cent vingt pages ou plutôt à juste un peu moins de kilos pour des questions postales et donc on publie chaque année une dizaine, une douzaine d’articles sur des sujets très variés qui, à mon gout, sont pas encore assez variés. Mais il faut trouver des auteurs, c’est pas encore assez féminin aussi. Il faudrait des autrices. Et c’est un travail, disons que quand on a fini, ça recommence. On vient de sortir le numéro deux mille vingt cinq et on est déjà à travailler sur numéro deux mille vingt six. Voilà, on est une petite équipe parce que, à l’inverse de la Société Académique, on n’a pas vocation à rassembler plusieurs centaines de personnes, mais on a vocation à faire de l’édition. C’est une association qui fait de l’édition mais qui n’organise pas de conférences ou de voyages d’études ou de choses comme ça. Même si on va faire un colloque pour les soixante ans de la revue, mais c’est exceptionnel, il n’y aura pas un colloque chaque année. Le prochain sera peut-être pour les cent ans. Donc on verra bien.
– Donc vous faites des recherches dans des domaines très précis, quels sont ces différents domaines, ils y a de l’archéologie, de l’historique, de l’artistique, littéraire…
D – Bien en fait, la revue, elle est sous-titrée revue d’études locales, c’est-à-dire que toute publication, dès lors que ça concerne de près ou de loin la Haute-Loire. A mon sens, c’est toujours un peu trop orienté sur l’historique. J’aimerais bien qu’il y ait des études économiques, sociologiques, d’histoire naturelle. On a publié y a quelques années, l’histoire géologique du lac du Bouchet. Voilà, il y a cette année un article de Timothée Losthe sur la correspondance scientifique d’Auguste Aymard. Voilà, il y a quand même une tendance naturelle à l’histoire locale des amateurs, des universitaires et donc chaque année, on essaye de trouver des choses qui ne sont pas seulement de l’histoire. Mais c’est moins facile de sortir du domaine historique, mais tout étude locale est intéressante dès lors qu’elle est d’un bon niveau, qu’elle est référencée, qu’elle est inédite parce qu’on ne publie que de l’inédit.
– Pour ce colloque qui se fera le onze octobre, deux mille vingt cinq, c’est ça, est-ce que tu peux nous dire où et quel sera le programme justement, un petit peu de ce colloque ?
D – Et bien, en fait, euh, c’est le 11 octobre, et ça a lieu au conseil départemental. L’entrée est libre. Si on s’inscrit, c’est uniquement pour le repas. Donc, il y a quatre thématiques que j’ai pas forcément en tête. Il y a la drôle de guerre, il y a l’occupation allemande, il y a le département refuge c’est à dire comment le département et pas seulement le plateau à protégé des juifs ou des proscrits. Et puis, la fin de la guerre et l’après-guerre c’est à dire la libération, l’épuration. Donc, il y a des universitaires ou des chercheurs indépendants d’un très bon niveau qui vont intervenir au cours de ce colloque sur l’un des quatre thèmes, et puis on finira la journée par une cérémonie pour fêter les soixante ans de la revue.
– D’accord donc ça fait écho aussi à la fin de la seconde guerre mondiale, qui, c’était les quatre-vingt ans cette année donc. Donc c’est pour ça que les sujets du colloque sont très axés sur…
D – Voilà c’est… On a inscrit ça dans le quatre vingtième anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale, et d’ailleurs, on est labellisé Libération, il y a un label particulier et une aide de l’état particulière pour les manifestations liées à la fin de la seconde guerre mondiale. C’est le seul colloque en Haute-Loire sur ce sujet, dans ce cadre-là.
– Merci beaucoup, Didier. Thibault, des petites questions pour toi, après je reviendrai vers Didier. Donc Didier est le président de l’association, tu as pris Didier la suite de Christian de Seauve, après quarante ans donc voilà, toi, ça fait depuis deux mille vingt et un. Mais toi, Thibault, qu’est-ce que tu fais au sein l’association ? Quel est ton rôle ?
T – Alors, Didier m’a catapulté secrétaire général de la Haute-Loire. C’est un poste que je remplis, peut-être pas à autant qu’il le souhaiterait, mais bon, j’essaye quand même de faire un minimum. Je suis aussi censé gérer la communication via le compte instagram des Cahiers de la Haute-Loire, notamment en publiant sur ce que l’on fait, en mettant en avant les différents articles qui peuvent être publiés, les actualités en lien avec le colloque. Et puis, à côté, j’écris aussi de temps à autre pour cette revue même si ça fait pas très longtemps, ça fait à peine depuis deux mille vingt et un, deux mille vingt deux que j’en suis membre, à peu près au même moment que la Société Académique, mais j’essaie tout de même de m’investir un minimum d’une façon ou d’une autre.
– D’accord et dis-moi justement, est-ce que tu es au courant de la façon dont sont choisis les thèmes, les textes qui sont édités. Est-ce qu’on fait appel à des personnes, c’est elles qui viennent à vous pour être éditées dans les Cahiers de la Haute-Loire. Comment ça se passe ?
T – Alors, en général Didier, dis-moi si je me trompe mais on a quand même plusieurs personnes qui se proposent d’elles-mêmes d’écrire pour nous. On a même parfois un peu des articles en avance. On doit faire patienter nos auteurs, parfois un an ou deux, ce qui est plutôt flatteur pour nous, ce qui veut dire que les différents auteurs autrices considèrent que nous sommes une revue de qualité et donc, à partir de ça, après, on rentre en contact. Ces personnes nous envoient leurs documents. Un travail de relecture, de critique a lieu. Donc après, ça amène à des corrections. Là, ça demande parfois peut-être un peu de diplomatie aussi auprès de ces gens-là. Mais en fin de compte, on arrive toujours à publier et on fait en sorte aussi de laisser une certaine place à l’iconographie. On est très attaché à l’idée de prendre en photo les documents qui ont servi de source, de prendre en photo les lieux représentés, de valoriser les différentes parties de la Haute-Loire. Le risque, c’est d’avoir parfois un tropisme sur la partie vellave du département. On essaye de toujours consacrer au moins un ou deux articles à la partie du brivadois et à la partie du Gévaudan, pour ne pas donner un sentiment d’exclusion vis-à-vis des autres parties qui composent le territoire de la Haute-Loire.
– C’est vrai que parfois quand je demande le plateau de la Margeride, il y a des gens qui ne connaissent pas, ils ne connaissent pas le Mont Mouchet, ils ne connaissent pas…
T – Surtout le Mont Mouchet , enfin, on va aborder la seconde guerre mondiale, c’est quand même un haut lieu de la résistance en Haute-Loire, mais pas que, parce que le Mont Mouchet est à cheval entre la Lozère et le Cantal, si je me trompe pas. Donc, c’est aussi… On est parfois obligé de voir un peu plus loin que les limites du département, mais tant mieux. C’est une invitation aussi à voir l’histoire d’une autre perspective. Alors, ce qu’il y a de particulier les Cahiers de la Haute-Loire c’est que tout ce que vous publiez est original. Je crois que c’est un mot qui est très important. Est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus Didier.
D – En fait, dès le début, le choix a été fait par nos devanciers de ne publier que de l’inédit. Alors, l’inédit, ça peut vouloir dire aussi que ça a déjà été publié dans une autre langue. Je pense particulièrement au Sacramentaire du Puy (livre liturgique catholique contenant les prières et textes, réservé strictement aux célébrants, de l’Eucharistie et des autres sacrements ou cérémonies où la présence d’un ministre ordonné prêtre ou évêque est requise) qu’on a publié en deux mille quatorze là ou deux mille quinze où c’était une traduction de l’article allemand qui était paru sur le sacramentaire, mais c’est vraiment un choix. Donc, en fait, on a une alchimie. C’est un peu ce que disait Thibault, chaque année, on a une alchimie un peu complexe. Alors, il faut déjà que on vérifie que c’est de l’inédit, que c’est pas des articles wikipedia, parce que ça existe. Ensuite, il faut couvrir l’ensemble du territoire du département si possible, l’ensemble des périodes historiques, des thématiques pas seulement historiques, mais si on peut avoir de la géologie, de la botanique, des choses comme ça… Les décisions sont prises en comité de lecture où on essaye de, justement, de tenir compte non seulement de la qualité de l’article, parce qu’il faut déjà qu’il passe la barre au niveau qualité, mais aussi de toute cette alchimie qu’on rentre dans les trois cent vingt pages. Et je voulais souligner ce que disait aussi Thibault, le travail iconographique qui est l’œuvre de Bernard Galland, qui est indispensable au dispositif parce que lui, son boulot, c’est les illustrations, et donc on a souvent des auteurs qui nous offrent des articles avec des illustrations, sans illustrations ou des illustrations catastrophiques. Et donc, c’est notre travail aussi de faire un travail, un véritable travail éditorial c’est à dire qu’on ne se contente pas seulement de recevoir un article, de le publier, mais il y a un travail éditorial qui fait au bout du compte, la qualité qui semble être reconnue.
– Et justement tu parlais du Sacramentaire du Puy, je crois que c’est un document que vous n’avez pas pu, qui a été mis en vente, que vous n’avez pas pu racheté. Est-ce que vous savez où il est passé ? Aux dernières nouvelles, il était quoi, du côté de Bâle ? Vous l’avez retrouvé ce…
– Non, on sait pas où il est en fait. Euh, en fait, euh, ça a été un truc, un peu… ça été une expérience intéressante parce que j’ai… C’est moi qui est levé le lièvre, en lisant la Gazette Drouot, il y avait la vente du Sacramentaire du Puy et donc on a remué ciel et terre pour essayer de le faire acheter, non pas par les Cahiers de la Haute-Loire, non pas par l’évêché, mais par une institution publique française. En fait, l’idée, c’était que ce soit la BNF qui l’achète. On avait réuni deux cent cinquante mille euros, mais il est parti à trois cent cinquante mille euros et, en fait, c’est un libraire spécialisé à Bâle qui l’a acheté mais qui l’a probablement revendu. La grande probabilité, c’est qu’il soit parti aux États-Unis. Alors la seule chose qu’on a, c’est qu’on a une numérisation de ce Sacramentaire qui n’est pas public, parce que, pour l’instant, il faut attendre un certain délai. Nous avons déposé une numérisation du Sacramentaire aux archives départementales. Donc dans soixante-dix ans, il sera consultable par les chercheurs.
– C’est par rapport à des droits, je suppose. Ah oui, c’est dommage ce qu’on disait quand on fait un travail comme le tien, par exemple, ce qui est bien, c’est de le partager, c’est important de pas tout garder pour soi parce qu’il y a beaucoup de personnes, pas seulement les personnes par exemple de Haute-Loire qui s’intéressent mais des personnes du monde entier. Tu peux nous en parler un peu Thibault des personnes qui s’intéressent, qui sont ces personnes qui s’intéressent aux Cahiers de la Haute-Loire ?
T – Alors qui s’intéressent aux Cahiers de la Haute-Loire, oui, on le voit bien, quand on fait les expéditions, qu’on a des personnes des quatre coins de la France, je crois que des fois c’est arrivé qu’on ait des personnes de l’étranger. Parce que bien sûr, la Haute-Loire peut servir d’exemple pour des thématiques plus larges, pour des chercheurs qui cherchent à avoir des exemples précis. Et puis, tout à l’heure on a abordé cette idée d’histoire locale, par exemple. Cette histoire locale ça s’inscrit toujours dans une perspective plus large, qu’on pourrait qualifier parfois même d’histoire globale. La Haute-Loire a des choses à dire aussi sur l’histoire de la France, sur l’histoire de l’Europe, sur l’histoire du monde. En tout cas, moi, c’est des choses que je défends. J’ai même espoir de monter un jour une histoire mondiale du Velay et donc, en faisant cette histoire mondiale, ce serait l’occasion aussi pour des chercheurs extérieurs du département de se dire ah, il y a peut-être d’autres thématiques à approfondir, d’autres choses à mettre en avant. Ch’ai pas, il faudrait trouver, je pense à la dentelle, par exemple, qui a été vendue dans le monde entier, à Hong Kong, en Russie, bien sûr, dans le reste de la France et de l’Europe, qui est pourtant une activité artisanale menée par des femmes, donc là, on sera à la croisée de l’histoire du genre, de l’histoire artisanale, de l’histoire du commerce, des relations extérieures. Donc à partir d’un sujet qui paraît très anodin, on peut mener des études très intéressantes et parfois, on peut trouver des choses assez inattendues. Il y a deux ans, en menant des recherches, j’ai découvert qu’un des premiers histoirien du Rwanda était natif du Monastier. C’était le fils d’un paysan de Saint-Victor qu’un des villages de cette commune, qui est devenu père blanc par la suite, donc missionnaire en Afrique, dans l’Afrique des grands lacs, et qui, après plusieurs années de recherches auprès de la population rwandaise, a publié une des premières synthèses sur l’histoire de ce pays, tout en confortant les stéréotypes sur les populations sur place, notamment l’antagonisme construit par les colons Hutu Tutsi qui a mené malheureusement au génocide des décennies plus tard. Mais voilà, malgré tout, on peut toujours trouver des thématiques, des personnages, des événements assez intéressants et il faut les mettre en avant pour casser un peu aussi l’idée reçue d’un territoire replié sur lui-même, montagneux, qui n’aurait guère évolué jusqu’au vingtième siècle. Par l’histoire, on peut démonter ces clichés.
– Alors la Haute-Loire pour moi ça me vient à l’esprit, n’est pas secrète mais on va dire discrète, plutôt.
T – Oui, il y a peut-être une volonté des habitants aussi de cultiver une certaine tranquillité, ça on peut le comprendre, de pouvoir préserver aussi ses paysages, ses monuments, sa façon de vivre. Mais malgré tout, quand on accueille une des villes de départ de Saint-Jacques-de-Compostelle, c’est une discrétion relative, parce que chaque année des milliers de randonneurs viennent sur place pour partir ensuite se lancer sur les routes jusqu’en Espagne. On a les fêtes du Roi de l’Oiseau qui désormais ont une portée européenne, le festival de musique de la Chaise-Dieu, donc c’est une discrétion qu’il faut nuancer, je dirais.
– Est-ce qu’il y a des événements, justement, qui ont une influence un peu sur ce qui pourrait être publié par les Cahiers de la Haute-Loire si on parle du Roi de l’Oiseau, justement, ou… Le Roi de l’Oiseau mettait un petit peu en avant cette origine languedocienne, je crois.
D – Ben en fait euh d’ailleurs, ce qu’on peut dire, c’est que les éditions des Cahiers de la Haute-Loire ont contribué beaucoup au Roi de l’Oiseau, puisque, d’abord, Jean Arsac qui est l’historien qui a un peu théorisé le Roi de l’Oiseau était un des membres éminents des Cahiers de la Haute-Loire et puis aussi parce que Bernard Rivet a écrit un bouquin le Puy au seizième siècle qui est une mine pour tous les gens qui veulent essayer de faire le Roi de l’Oiseau un peu sérieusement. Donc, voilà alors, après est-ce qu’on colle toujours à l’actualité ? Pas sûr, mais je pense par exemple à une exposition qui a eu lieu à Madrid en deux mille vingt sur Robert Michel, le sculpteur originaire du Puy et bien c’est… Moi même j’ignorais totalement qui était Robert Michel et c’est à l’occasion du contact avec le musée de la monnaie à Madrid où on a pu faire un point très précis et puis très nouveau sur Robert Michel, sur son ouvre, sur sa naissance au Puy, sa formation. On a découvert des documents qui étaient inédits et on a retravaillé l’attribution d’une maison du Puy-en-Velay à Robert Michel, ce qui est faux. Quelquefois, il y a des choses qui nous tombent dessus qu’on n’attend pas quoi. Là, le sommaire de deux mille vingt six, on commence à l’ébaucher un peu, mais chaque année il arrive en janvier, en février un truc formidable qu’on ne peut pas laisser passer. Le Sacramentaire, ça a été le cas. Quand on a eu le Sacramentaire, c’était Christian de Seauve qui était président, il a dit faut absolument qu’on publie ça. Donc, on a retardé la publication au mois de novembre pour pouvoir faire un point sur le Sacramentaire qui était une découverte formidable.
– De toute façon il y aura toujours de l’originalité parce qu’il y a toujours des découvertes. Pourquoi ? Parce qu’il y a des manuscrits qui ont été volés, par exemple quand Colbert a pillé toute… Voilà. Il y a d’autres vols qui ont été faits, il y en a qui sont dans des collections privées qui vont en ressortir peut-être un jour, donc, longue vie aux Cahiers de la Haute-Loire je crois, voilà. Euh, j’avais juste peut être, je voulais juste savoir si vous pensez que les Cahiers de la Haute-Loire sont accessibles à toutes et à tous ?
T – Monsieur le président, peut-être ?
D – Non, mais ça, c’est une vraie question ça. C’est-à-dire que, à la fois, il faut que les choses soient lisibles, qu’elles soient… D’abord il faut être connu. Il y a toujours un travail à se faire connaître, à faire des conférences de presse, à avoir dans la presse des parutions. Mais je reconnais bien volontiers qu’il y a quelquefois des articles qui sont un peu ardus. Je pense, par exemple, à l’article cette année sur le clocher de la cathédrale du Puy, bon ben c’est un article, il faut quand même s’accrocher hein. C’est technique, certes. Mais on fait aussi le pari de l’intelligence, c’est-à-dire que ci-haut, si on considère que les lecteurs sont des imbéciles et qu’il faut leur servir des choses, deux trois pages sur le mode des réseaux sociaux. Moi, ça m’intéresse pas, ça nous intéresse pas en fait. Donc, on essaye à la fois de de que dans une publication annuelle, qu’il y ait des choses un peu pointues, parce que ça le mérite et puis il y a des choses un peu, un peu plus facile à lire. Mais moi, et mon prédécesseur faisait pareil, je fais le pari de l’intelligence. C’est-à-dire qu’il faut que les choses soient exigeantes, que soit précise, il faut que ce soit lisible, c’est-à-dire qu’il faut que la phrase soit fluide. Mais si c’est technique, il faut que ce soit technique, et voilà, il faut que ce soit de bonne qualité. Et là les illustrations contribuent grandement quand même au fait que ce soit lisible, ou au moins un feuilletable par beaucoup de gens. Mais moi, je pense que ça marche parce que ben on tire à quatre cents exemplaires, sur trois ans on vend trois cents exemplaires après, ça s’écoule progressivement et je pense que l’exigence de l’intelligence et de la qualité ça finit toujours par payer. Alors, évidemment, on n’est pas sur les tribunes, on fait pas, on vend pas à cent mille exemplaires, mais sur la durée, ça va rester.
– Oui, d’ailleurs, il y a très peu d’exemplaires qui sont sortis. Les vingt premières années, ils n’existent plus, ils sont épuisés. Mais on peut les retrouver, justement, ils ont été numérisés, ça y est, ils sont à la BNF, enfin, c’est Gallica qui les a, du coup, donc, la bibliothèque numérique, on va dire de la Bibliothèque Nationale de France,tout comme les Tablettes… Voilà, les Tablettes c’étaient les premiers, les premières revues c’est ça des années mille huit cent soixante et onze, soixante-dix-sept, je sais plus…
D – En fait euh, on se considère un peu comme les héritiers des Tablettes Historiques du Velay qui avaient été créées parallèlement justement à la revue de la société agricole et scientifique qui était l’ancienne Société Académique. Bon, on a fait un parallèle un peu abusif entre cette création qui a… Elles ont été publiées sur une dizaine d’années donc en fait on a fait ce travail là dans les années deux mille seize je pense. On a numérisé les Tablettes Historiques du Velay. Elles sont en ligne sur Gallica, avec un partenariat avec la BNF et on a numérisé la collection des Cahiers de la Haute-Loire, l’entièreté de la collection, qui est mise en ligne au fur et à mesure que les numéros s’épuisent. Donc les numéros qui ne sont pas épuisés, sont en vente auprès de nous. On a même des occasions pour les gens qui ont un budget un peu plus limité. Et puis, au fur et à mesure que les numéros s’épuisent, on les fait mettre en ligne par la BNF, toujours dans l’idée d’essayer de rendre accessible au plus grand nombre ces documents. Ce qu’on n’a pas dit aussi, c’est que, en plus de la revue, on édite des livres sur des thèmes particuliers, qui ne rentre pas dans une revue et avec un objectif d’éditer un livre par an, en plus de la revue, qu’on tiendra ou qu’on ne tiendra pas mais qu’on a tenu sur les trois dernières années.
– Pour toi, par exemple, tu as édité un livre, c’était quoi, en deux mille vingt quatre, sur un vicaire qui faisait des chants de Noël. Explique nous un petit peu, parce que moi, je suis très mauvaise, je vais dire des bêtises.
D – Non, non, mais en fait, il y a un manuscrit à la bibliothèque du patrimoine à Clermont-Ferrand, qui est un manuscrit d’un vicaire de Cussac sur Loire, au milieu du dix-septième siècle, enfin de seize cent trente et un à seize cent quarante huit, et qui a écrit soixante-cinq Noël, qui sont des chants de Noël, dont quatorze en occitan et qui étaient connus, mais qui avaient pas été publiés en intégralité. Le manuscrit qui est en très, très mauvais état, il tombe en poussière, a été numérisé. Ce qui nous a permis, c’est moi qui ai dirigé ça, ça nous a permis de publier l’intégralité des Noëls avec des propositions de restitution musicale sur dix-huit d’entre eux, avec déjà le centre de musique baroque de Versailles qui s’est emparé de ce manuscrit et puis évidemment une mise en contexte avec une analyse, etc. C’est assez complet comme publication. Encore une fois, enfin, puisque c’est ma spécialité, c’est un élément supplémentaire du patrimoine musical du Velay, qui est extrêmement riche avec le fond, le fond musical de la Cathédrale du Puy, le Sacramentaire (livre liturgique catholique ), le Prosolarium (Office en vers de la Circoncision : en usage dans l’église du Puy / publié par le Chanoine Ulysse Chevalier), et les Noëls de Cordat (recueil manuscrit de Natalis Cordat contient 65 noëls), et puis au sens large, toute la musique populaire du Velay. Donc ça c’est, Cordat c’est à l’intersection entre la musique populaire et la musique savante, et c’est assez intéressant comme œuvre. Évidemment, c’est un peu technique, c’est très focalisé comme sujet, mais c’est le lieu de nos publications annuelles, en dehors de la revue, de faire des focus très précis sur une œuvre en particulier.
– C’est très baroque, j’écoutais un petit peu ce matin en me réveillant, en buvant mon café. Ça change un peu, c’est bien. Thibault, tu peux nous parler du dernier livre, il y a un dernier livre qui est sorti récemment hein ? Je ne sais plus quand est-ce qu’il est sorti.
T – Oui Lo libre de ma privada, je n’ai pas les connaissances nécessaires là dessus. Mea culpa, je ne l’ai pas lu, mais c’est centré sur les écrits privés d’Étienne de Médicis, si je ne me trompe pas, qui raconte un peu la vie ponote, finalement, à l’époque moderne donc là c’est vraiment une source de première main pour connaître la vie courante des gens d’alors au Puy, voir un peu les enjeux de cette époque. Et les Cahiers de la Haute-Loire ont depuis quelques années, à cœur de publier un hors-série en dehors de la revue annuelle presque chaque année, pour mettre en avant d’autres thématiques, pour pouvoir aussi aller plus en profondeur qu’un article, malgré tout assez limite. Les plus gros articles qu’on publie ont une soixantaine de pages. C’est presque des petits livres à ce moment-là, mais quand on a un tel sujet que Étienne de Médicis, soixante pages, c’est trop peu. Donc, il faut approfondir davantage. C’était le cas pour Natalis Cordat aussi l’année dernière, et dans les prochaines années, on essaiera de poursuivre aussi avec cette même idée. Et après bon bien sûr, c’est des publications qui vont s’étaler sur plusieurs années. On ne va pas non plus faire un succès de librairie d’un coup, mais, au fur à mesure, il y a des personnes qui commandent, des personnes qui qui achètent, des chercheurs qui peuvent trouver un intérêt, parce qu’on a un peu cette prétention d’une certaine précision, d’avoir beaucoup de détails, beaucoup d’esprit critique aussi sur ce que l’on publie. Donc oui, on peut être assez content de cette dernière publication.
– Est-ce que vous voulez rajouter quelque chose par rapport à votre association ?
D – Moi, je voudrais rajouter quand même qu’on n’est pas seuls, c’est-à-dire que l’édition, c’est quelque chose de compliqué actuellement, et donc on est quand même aider. Bon bien sûr par des institutionnels comme le département, la région, des entreprises qui font du mécénat, comme le Crédit Mutuel, comme Beware, comme d’autres entreprises qui peuvent, ponctuellement, sur un projet particulier, nous aider. Des communes, par exemple la commune de Cussac sur la publication de Cordat, nous a aidé, et puis aussi on a des donateurs privés, des gens qui bon ben nous donne cinquante euros, cent euros chaque année, ou une année, de temps en temps, et l’ensemble fait que on arrive à avoir quand même des années budgétaires qui sont à peu près équilibrées ou qui se lisent d’une année sur l’autre. C’est… Il faut remercier toutes ces entreprises, ces institutions, ces… Voilà, qui apportent, qui apportent leur concours, souvent à fonds perdu parce que bon, ils en retirent rien, mais qui sont conscients de ce qu’on peut représenter en termes de culture, de patrimoine, et je pense que il faut quand même le dire, que l’on est pas tout seul.
– C’est un sacré travail, un énorme travail. Merci beaucoup. Thibaut, Didier, est-ce qu’il y a un événement que vous trouvez remarquable en Haute-Loire, ou alors s’il se passe ailleurs que vous aimeriez voir en Haute-Loire ?
D – Et ben moi, je trouve remarquable les expositions qu’il y a à Brioude. Ah voilà, je suis un peu marié et pas lié au Puy, mais c’est formidable pour Brioude et pour nous aussi, parce que quand même, Brioude, c’est pas bien loin. Voilà donc, je trouve c’est formidable qu’on arrive à mettre en place des expositions d’un tel niveau, d’un niveau international. À Brioude et que bon une fois, on peut considérer que c’est bien. Mais là y a un vrai suivi, voilà, et on attend chaque année l’exposition de Brioude avec beaucoup, beaucoup de d’envie.
– D’impatience.
D – D’envie et d’impatience. Et voilà, à part le fait que ce soit pas au Puy, c’est formidable.
– Moi, j’y vais toujours. J’attends toujours le mois de septembre. Donc c’est bientôt, j’ai hâte. Toi Thibault ?
T – Pour ma part, je dirais, bon ben on va faire un retour au Puy, mais je dirais Interfolk. C’est quand même fou que depuis une soixantaine d’années, ce qui correspond à peu près aussi aux Cahiers de la Haute-Loire, qu’on arrive à faire venir des cultures du monde entier dans cette petite ville, qu’est le Puy-en-Velay, où des personnes vont faire découvrir leur culture venant du monde entier. C’est l’occasion pour des habitants du coin qui n’auront peut être pas forcément l’occasion de voyager, de découvrir ce qu’il y a ailleurs, mais dans leur village.
– Génial. Et ce que vous changeriez quelque chose à la Haute-Loire ?
D – Ben si il y avait la mer, ce serait encore mieux quand même.
– Et pour toi Thibault ?
T – L’occitan comme langue administrative.
– Là, il dit ça pour faire plaisir à Didier. Je sens qu’il est…
T – Non, je suis pas…
– Tu cherches quelque chose c’est ça ? Tu veux demander quelque chose à Didier donc du coup…
T – Une augmentation, mince je suis pas payé, mais… Mais bon voilà, après, c’est un vœu pieux, même moi, je ne suis pas locuteur, donc…
– Est-ce que je peux te demander Thibaut de faire le jingle, un dernier jingle. Après on finira avec des questions sur la Haute-Loire.
T – Je fais des tours aussi ?
– Comme tu veux.
Musique jingle
T – Je suis pas très bon musicien contrairement à Didier.
– Qu’est-ce qu’il en pense Didier de son jingle ?
D – Je veux bien en faire un moi aussi.
Musique jingle
Il est beaucoup plus rapide.
– Je vais lui en acheter une je crois parce que j’ai jamais vu quelqu’un se jeter comme ça sur la…
T – C’est un passionné.
– Hein, c’est un passionné du moulin à musique. Allez, on va finir par des questions sur la Haute-Loire, je vous pose pareil, je vous fais des propositions, vous dites celle que vous préférez. Thibault Albert Boudon Lasherme ou Auguste Aymard ?
T – Argh ah bonne question là aussi. J’ai l’impression qu’Auguste Aymard avait volet, un côté scientifique plus poussé qu’Albert Boudon Lasherme.
– J’ai l’impression aussi hein parce que bon, j’ai lu quelques trucs, notamment sur les chibottes, par exemple, etc. Voilà. Boudon Lasherme était un peu excentrique non ?
T – Excentrique, très, très fantaisiste, un peu du mal aussi à sourcer, à documenter, un peu trop inspiré peut-être par la, par la poésie. Donc, finalement, moi, en tant qu’apprenti historien, ce serait plutôt un contre-modèle sur la méthode, mais en tant qu’individu, c’est vrai qu’il faut reconnaître que c’est un personnage très, très intéressant et qui a quand même grandement contribué à faire vivre la culture en Haute-Loire. Mais sinon pour le modèle, peut-être plus Auguste Aymard.
– Pour toi Didier. Bon, je pense que j’ai peut-être la réponse, la troupe des Amis du Patois Vellave, ils sont à Saint-Germain-Laprade, ou bien sur la Compagnie Latituds à Polignac. Je ne savais pas hein que tu étais le président.
D – Mais non, je vais prendre le contrepied. Je prends le contre-pied parce que, moi, je suis épaté de ce que font ces troupes de patois et du monde qui draine. Mon seul regret, c’est simplement que on n’arrive pas à avoir, comme disent les syndicalistes, une convergence des luttes. C’est-à-dire qu’il y a vraiment un vrai mouvement autour de la langue, mais, encore une fois, c’est très subdivisé en chapelles. Mais on connaît pas… Dans le domaine linguistique, c’est bien connu dans tous les départements qui ont une langue régionale, mais c’est la même chose pour les archéologues, qui ont chacun leur théorie et qui se bouffent le nez entre eux ou d’autres spécialités historiques. Donc moi je suis toujours un peu marri, qu’on n’arrive pas à rassembler les gens et que chacun défende son petit pré-carré pour défendre sa propre gloire, alors que, finalement, on a tous le même but.
– Oui puis, on arrivera au même endroit. Pas tous ensemble mais bon… Dis-moi, thibault tsabone, chibotte ou chazourne alors ?
T – Alors chazourne ouais. En fait, il y a plusieurs noms, chibotte, c’est un peu la faute de Boudon, c’est le nom des cabanes en pierres sèches autour du Puy, sauf que, lui, il a voulu l’étendre à tout le département. On parle de chazourne au Bouchet-Saint-Nicolas, on parle de… Ben mince alors, j’en perds les propres termes de… Capité voilà, au Monastier, et donc, l’idée, c’est de mettre en avant cette diversité d’appellations, ce qui reflète la richesse de la langue occitane dans notre territoire, et il se trouve que je fais un petit inventaire de ces cabanes en pierres sèches et à aucun moment j’appellerai le livre chibottes du Velay. J’appellerai ça cabanes en pierres sèches du Velay, pour justement, une appellation un peu plus neutre, mais dans le livre, appeler cette diversité de noms qui caractérisent des constructions finalement très variées au sein de notre province.
– Mais Tsabone, enfin Tsabana c’est pas cabane en patois ou… ?
T – Si si, c’est la traduction littérale. Mais voilà, ce sera un nom un peu plus neutre, un peu plus générique, mais je trouve ça intéressant de valoriser l’appellation canton après canton, de faire une petite carte linguistique de ces grandes appellations.
– Génial !
T – Et c’est l’occasion de valoriser un patrimoine vernaculaire. Tout à l’heure, on parlait justement de seigneur ou paysan. Bon, là, c’est la question qui a été posée à Didier, c’est l’occasion de mettre en avant les constructions architecturales de la paysannerie vellave, des gens qui n’écrivaient pas, mais dont les structures sont encore visibles le long des chemins, parfois dans les forêts, parce que la forêt a quand même bien pris le dessus depuis quelques décennies. Et de mettre en avant que le patrimoine, c’est pas forcement que des églises et des châteaux, ce qui est très bien, attention mais qu’il encadrer une vision un peu plus modeste.
– Puis moi je suis un peu perdue parce que j’avais connu les bories…
T- Oui en Provence.
– … Les caselles, etc. Surtout les caselles dans le Lot. Et alors moi je pensais que c’était pour les bergers, et là j’apprends que c’est aussi pour les vignerons. Je sais pas du tout à qui ça appartient ça !?
T – Oui, autour du Puy oui oui, la présence de la vigne est encore assez forte. Je crois que Didier peut en parler d’ailleurs. Et en effet, les chibottes ont beaucoup servi à accueillir du matériel pour l’entretien des vignes, etc. Mais si on monte un peu plus en hauteur, si on va vers le Monastier, vers le Bouchet, là, ça sert davantage pour surveiller les bêtes à cornes, j’allais dire, pour pouvoir se mettre à l’abri et mettre le casse-croûte au sec, éventuellement, et la bouteille de vin qui va avec. Là en effet, la vigne ne pousse pas trop à de telles altitudes.
– Didier musée du Mont Mouchet ou le musée des Croyances Populaires ?
D – Ah c’est difficile, j’ai pas envie de choisir moi.
– Oh, tu peux prendre les deux hein.
D – Non, moi je prends les deux. Bon Patrice Rey est un ami depuis très longtemps, le musée des croyances populaires. Bon, il a l’avantage de faire de la vulgarisation et d’attirer beaucoup de gens autour de… Avec son humour, parce qu’il a beaucoup d’humour. Après le Mont Mouchet, je serais mal placé pour dénigrer le musée de la résistance. Mon grand-oncle était capitaine au Mont Mouchet. Voilà, je suis d’une famille de résistants et je pense qu’il faut, il faut vraiment aussi conserver cette mémoire là. Mais c’est pas très facile parce que, évidemment, les générations passent, et c’est difficile de faire comprendre aux jeunes générations ce qui s’est passé. Mais non, voilà, il faut garder les deux.
– C’est marrant parce que le Mont Mouchet à l’école , à Clermont on y est allé et j’ai l’impression que les jeunes d’ici n’y sont jamais allés, donc ça me fait très bizarrement. Bon après c’est parce que je ne suis plus si jeune que ça. Ça doit être ça.
T – J’étais dans un lycée clermontois, on a amené une classe en mai dernier au Mont Mouchet.
– Ah voilà tu vois, à Clermont, on est très… Voilà. Pour toi, le camp d’Antoune ou le site du Mont-Chauvet ?
T – Le site du camp d’Antoune, déjà, parce qu’il n’est pas très loin du Monestier. C’est un site que j’aime beaucoup pour la vue sur la haute vallée de la Loire et, même si je suis pas du tout archéologue ou antiquisant, c’est quand même un lieu très fort dans l’histoire ancienne de notre province, à la frontière de la Narbonnaise, donc la province romaine et de la Gaule encore indépendante. Puis c’est quand même un lieu très, très, très chouette, notamment pour prendre des photographies. J’y ai déjà campé également. Donc plutôt le camp d’Antoune, très clairement.
– Pour toi Didier les éditions du Roure ou les éditions à Hauteur d’Homme ?
D – Ah ben là aussi, c’est très difficile de choisir hein. Georges Chanon était un copain, Luc Olivier est un copain. Voilà c’est… Disons que moi, je vois la différence, c’est-à-dire que d’abord, les éditions du Roure travaille relativement peu l’iconographie, mais travaille le fond des textes, et puis Luc est un grand esthète et travaille beaucoup l’iconographie avec des auteurs, des textes qui sont de bonne qualité aussi. Donc, moi, je pense que c’est des choses qui se complètent. Alors, après les éditions du Roure, malheureusement, sont un peu en sommeil, mais non, je veux pas choisir moi.
– Ok. Marie Joseph Paul Yves Roch Gilbert du Motier, Marquis de Lafayette ou Germaine Tillion ? T – Ah, Germaine Tillion, c’est l’occasion de parler aussi un peu des femmes.
– Ah merci, c’est ma chouchoute.
T – C’est un peu ce qui manque parfois dans les revues. C’est aussi… On a du mal à, on peine parfois à recruter des femmes. On parle surtout de l’histoire des hommes, encore aujourd’hui même si depuis les années soixante dix, l’histoire des femmes, l’histoire du genre est de plus en plus présente dans les travaux des chercheurs en France, aux Etats-Unis et dans le reste de l’Europe, etc. Puis, c’est l’occasion de parler de quelqu’un qui était ethnologue liée à la résistance, si je me trompe pas, histoire de varier un peu les plaisirs…
– Née à Allègre.
T – Née à Allègre en plus, donc montrer qu’il n’y a pas que des personnes vivant à Brioude, à Yssingeux et au Puy qui ont fait la haute-loire, y compris à l’étranger. Donc plutôt Germaine Tillion.
– Oui, alors quand un article sur Germaine Tillion, y’en a déjà eu un de paru oui pas… ?
T – Pas à ma connaissance.
– Bon voilà Thibault, voilà ce qui te reste à faire. Voilà, une des premières femmes à être entrée au Panthéon.
T – Aussi.
– En deux mille quinze.
T – Et les femmes, je sais pas si c’est une exclusivité, mais je compte écrire, pour les Cahiers de la Haute-Loire un article sur les femmes royalistes au Puy, à la belle époque. Donc, l’occasion de montrer que même à une époque où les femmes ne pouvaient pas voter, elles pouvaient s’investir politiquement, y compris dans des camps qui ne sont pas des camps du progrès. Montrer ce paradoxe de femmes engagées dans le camp conservateur finalement peut-être dessert un peu leurs intérêts. C’est aussi l’occasion aussi de montrer comment des femmes s’approprient des combats et comment elles les mènent de façon différente des hommes, donc il y aura sans doute un petit article là-dessus. Donc, c’est pas Germaine Tillion, c’est même peut-être un peu l’inverse, mais ce sera quand même de l’histoire des femmes mêlées avec de l’histoire de la politique et de l’affirmation de la république dans nos territoires.
– Ok, merci. Dernière question pour toi Didier. Trois festivals, les Basaltiques, Lo Festenal, qui ça va être la deuxième édition cette année, tenue par les parents d’élèves de la Calandreta école, voilà en longueur occitane ou le festival Alti’Storia, qui aura lieu au mois de novembre, non en octobre cette année, dix huit octobre, dix neuf octobre.
D – Ben moi je déteste choisir ça. J’ai des copains partout moi.
T – Décidément…
– J’adore lui poser des questions à Didier.
D – Moi, j’ai des copains partout. Donc, euh, comment, comment…
– Ils sont tous différents en plus.
D – Oui, oui, et ben on a besoin diversité. Moi, je veux pas choisir entre le chocolat, la fraise et le millefeuille.
– Donc, chocolat pour les Basaltiques, fraise pour Lo Festenal et millefeuilles pour le festival Alti’Storia. Toute façon, ça tombe bien parce qu’ils sont pas à la même époque. Donc du coup, on peut tous les faire, et je rappelle que, le onze octobre, que se passe-t-il ?
D – Ben y’aura le colloque organisé par les Cahiers de la Haute-Loire sur la guerre de mille neuf cent trente-neuf, la période mille neuf cent trente-neuf mille neuf cent quarante cinq en Haute-Loire et l’entrée est libre. Y’aura des universitaires, des chercheurs d’un bon niveau qu’interviendront. Je pense ça va être passionnant. Donc c’est François Boulet qui assure la gestion scientifique du colloque et il aura sans doute fort à faire pour limiter les interventions, pour que tout le monde puisse parler et que tout le monde puisse écouter.
– Il va falloir faire un bâton de la parole, un petit chronomètre.
T – Quelque chose comme ça.
– Je vais finir par vous demander un dicton, une expression. On commence par Thibault, tu as… ?
T – Qui pose bien lauze, pour cent ans pose. Je trouve que ça reflète bien la Haute-Loire et l’Ardèche, les choses qui durent dans le temps et qui, en même temps ont une certaine beauté.
– Ça, c’était du languedocien ?
T – C’était du français, mais qui doit être tiré d’une expression en occitan, très certainement.
– Oui. Et pour toi Didier ?
D – En occitan, tant dura, quo s’amadura, ça veut dire plus les choses durent, plus elles mûrissent.
– Tu sais ce que j’aimerais bien, Thibault, tu serais peut être d’accord avec moi, c’est une toute petite chanson en occitan.
T – Convaincre Didier de chanter en occitan, ça va être…
– Une toute petite, un petit refrain, allez un petit extrait.
T – Quelques phrases oui. Lire la suite.
D – Mais une chanson… Comment.
– Comme tu veux.
T – Quelle soit triste ou joyeuse, faut qu’il y ait une chanson.
– De toute façon, je ne la comprendrais pas, mais après je chercherais à la comprendre.
D – Ah oui, en occitan alors, en occitan alors. Oh euh ben j’ai juste une, juste une petite bourrée.
Didier chante en occitan
– Olala Bravo. Merci beaucoup. Je suis très touchée. En plus, la bourrée j’adore, c’est ma préférée.
T – En plus ça a un lien avec l’Auvergne pour le coup. On est peut être en terre languedocienne, mais il est reste des liens avec l’Auvergne sur ce plan-là.
– Ouais. Puis, je suis sûr que Didier la danse très bien donc peut-être qu’un jour, on aura la chance de danser tous ensemble. Je vous remercie beaucoup pour votre accueil et je vous dis à très bientôt. À très bientôt Thibault.
T – À très bientôt. Merci.
– À très bientôt Didier, merci.
D – À bientôt et merci pour ce moment.
– Merci, ciao, ciao.
Temps d’écoute : 63’49 » minutes
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Bonus
Les 3 bises
Et alors les trois bises ?
On va tenter de répondre à une question qui ne semble pas avoir de réponse.
Pourquoi trois bises en Haute-Loire ?
Et de quel côté commence t-on ?
musique ©Kid Macéo, album Crise