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– Salut les Ponots !, le podcast itinérant et léger qui donne la parole aux personnes qui habitent ou gravitent autour du Ppuy. Je suis aujourd’hui dans un endroit très cocooning et je suis avec Stéphanie. Bonjour Stéphanie.
– Bonjour Stéphanie, puisque nous sommes entre Stéphanie.
– Ça fait très bizarre, j’ai pas l’habitude d’interviewer de Stéphanie, tu es la première.
– Pourtant c’est notre génération, il y en a beaucoup.
– Ben oui, c’est ça. C’était le prénom le plus utilisé à l’époque. On va pas dire à quelle époque.
– Non.
– On en dira pas plus. Est-ce que tu peux te présenter aux auditeurs qui ne te connaîtraient pas ?
– Allons, j’ai ouvert sur Espaly un café chat, c’était mon rêve depuis longtemps, mais c’est une reconversion professionnelle. C’était pour travailler à mon compte, et puis pour travailler avec les animaux.
– Parce que tu adores les animaux. Tu en as combien en tout animaux ?
– Ouh alors en tout une quinzaine. Entre les chats, les chiens, les ânes. Oui, ils ont toujours été proches de moi. Ils m’ont toujours fait du bien, quand moi j’allais pas bien et c’était cette envie, en fait, de partager ça, l’animal qui soigne et qui réconforte, j’avais envie de l’apporter aux autres.
– D’accord, on en parlera un petit peu plus tout à l’heure. On développera voilà le sujet ok ? Et est-ce que tu as une anecdote sur le Puy ou la Haute-Loire ?
– Alors il est lié à cet endroit. Puisque j’ai eu du mal à le trouver, ça a été long, et je pense que c’était vraiment le destin. C’est ce qui m’a marqué, en fait, le côté destiné. Comme moi, j’ai grandi au Espaly, j’ai fait ma scolarité à Espaly et j’habitais pas très loin d’ici et je prenais le Tudip à cet endroit, en fait, au carrefour. Donc toute mon enfance, quand j’allais au collège, quand je allais au lycée. Donc, j’étais devant la vitrine, quasi, et je ne savais pas du tout que j’allai ouvrir ce lieu, à cet endroit. Donc je trouve que c’est une ville qui a un destin pour nous, assez fort d’ailleurs. D’ailleurs j’ai entendu que tu demandes beaucoup aux personnes qui sont dans tes interviews l’histoire qu’ils ont avec la ville et souvent ils te disent un peu la même chose, qu’ils sont partis pendant un temps parce que c’était trop petit, parce que quand on est ados ont envie d’autre chose, on a envie des grandes villes et, en fait, on revient. Comme si c’était vraiment notre destin d’être ici. Et voilà, c’est ça mon anecdote. Et par rapport à ce lieu, donc qui a une grande histoire parce que c’était une usine au départ, qui fabriquait des vêtements de travail, donc pareil. Il y a un petit côté clin d’œil du destin aussi, puisque j’accompagne principalement des personnes qui sont en burn-out et qui sont en reconversion professionnelle. Et on est dans des locaux, où on fabriqué des vêtements de travail. Donc, c’est fou aussi le destin. Et ensuite le magasin de moto que certaines personnes ont connu, ensuite une brocante. Et ensuite moi. Voilà.
– Finalement, il y eut pas tant de turnover, on va dire que ça, c’est qu’on se sent bien dans cet endroit.
– Oui, c’est des commerces qui ont duré longtemps. Oui, au moins dix ans, chacun. Oui, oui, donc, moi aussi, j’espère.
– Oui, ben peut être plus hein.
– J’espère et en tout cas c’est une histoire de famille aussi. Là, pour moi, c’est la première fois que la famille a vendu les locaux. Avant, c’était des locataires. Et nous avons un chat qui vient de grimper sur la table. Et donc oui, c’est vrai que c’est un lieu chargé d’histoire et d’émotions, en tout cas oui.
– Alors j’essaye de passer entre les pattes du chat. C’est Roxane qui vient faire un petit coucou, au passage, elle a un peu lapé de thé glacé.
– C’est ça.
– Donc voilà, Merci pour cette anecdote, qui est une très belle anecdote, c’est clair. Donc toi tu es née au Puy ou à Espaly ?
– Oui, au Puy oui, oui.
– Bon, pure ponote et tu as bougé toi, tu es partie ou pas ?
– Oui, donc, voilà c’était un peu obsessionnel chez moi. Comme je te disais tout à l’heure, je voulais être en ville, je voulais voir ailleurs. Donc j’ai voulu faire mes études à Lyon. Je suis partie pendant plusieurs années et donc j’ai connu la ville, avec ses avantages, ses inconvénients. Après, c’est pas du tout la même vie. Les raisons aussi qui ont fait que je suis revenue, c’est aussi parce que la ville a changé de taille je trouve. Quand on était enfant, c’était quand même une petite commune. Il nous manquait beaucoup de choses. Aujourd’hui, c’est plus le cas. On est une ville de taille moyenne, on a une vie culturelle très riche, moi, c’est ce qui me manquait peut-être un petit peu aussi quand j’étais petite, et donc y a plus cette frustration, je pense. Mais ouais, je suis née ici.
– Je vais te demander de faire le premier jingle. Voici la petite boîte.
– Le jingle.
Musique jingle
Salut les Ponotes et les Ponots !.
– Ah génial, c’est la première fois qu’on me le fait celui là, super.
– Ah t’as vu, on commence par les ponotes.
– Ah ouais, génial, merci beaucoup. C’est vrai que moi, j’ai mis salut les Ponots dans le nom mais bon.
– Oui mais je sais qu’il y a pas de…
– Alors j’essaye des fois de faire l’écriture inclusive, mais ça peut être compliqué.
– Oui oui, c’est ça.
– On va faire le confessionnel. Je te fais des propositions et tu me dis celle que tu préfères ou pas, tu peux appeler un ami. T’es prête ?
– Non, j’ai pas d’ami.
(rires)
– Que des chats !
– Que des chats !
– Alors, celle-là tu vas l’aimer. Tique ou puce ?
– Puce. Oui, parce que les tiques, ça transmet quand même des maladies qui peuvent être trop grave donc, et puis c’est assez atroce à enlever. C’est dégueulasse. Donc à choisir, puce. Voilà, en sachant que le chat n’est pas très touché par les.
– Ouais non, c’est vrai.
– Non non.
– Moi, il en a jamais donc je sais pas. Thé ou café ?
– Alors moi plutôt thé. Ça a toujours été une de mes grandes passions. C’est aussi pour ça que j’avais envie d’ouvrir un salon de thé pour en vendre. Pour avoir du thé bio de grande qualité. Je suis très exigeante sur les saveurs, je suis très difficile. Ça me fait plaisir que les clients aujourd’hui, ils aiment ce qu’il y a sur la carte, parce que j’y ai passé vraiment beaucoup de temps. Et je buvais pas du tout de café et en fait, c’est depuis que je suis ici que j’en sert aux clients que j’ai appris aussi, parce que j’avais envie d’avoir une carte de qualité et que j’ai dû en goûter plusieurs. Donc en fait, ça m’a ouvert au café. J’en buvais pas du tout, mais maintenant oui.
– Mais là, le thé glacé est super bon.
– Et ben merci c’est gentil.
– C’est la première fois que j’en bois un aussi bon, voilà.
– Et les chats l’aiment beaucoup, alors c’est des chats de salon de thé. Ils boivent du thé, ils finissent le thé des clients dans leur tasse, c’est… J’avais jamais vu ça.
– Mais on partage tout ici.
– Voilà, alors on partage tout, et c’était le destin aussi des chats. Il fallait qu’ils se retrouvent dans un salon de thé, je pense, c’était écrit.
– Là, j’ai deux petits dictons. Tu vas me dire celui que tu préfères, que tu trouves le plus, le plus vrai peut-être. Les chiens ont des maîtres, les chats ont des serviteurs.
(rires)
De Dave Barry. Et le deuxième. Au plus profond de nous, nous sommes tous motivés par les urgences, par les mêmes urgences, les chats ont le courage de vivre sans s’en préoccuper. Qu’est-ce que t’en penses, Jim Davis ?
– Ha, je ne connaissais pas du tout cette phrase. Je pense pas qu’il s’en préoccupe pas parce que le chat aime son confort quand même. Surtout, ceux là. Je le regarde en plus, ils sont en train de se prélasser là, tu vois. Et oui, dans ta première citation, c’est vrai qu’on fait souvent de grandes différences entre le chien et le chat, y’en a pas tant que ça, finalement. Moi ce qui m’a le plus surpris de vivre comme ça, vu que je vis avec eux une grande partie du temps. Vivre avec un groupe de chats, j’ai appris énormément sur le chat. Pour moi, c’était un animal très indépendant et qui se fichait un peu de son maître, et je vois à quel point, eux, ils sont à l’écoute, à quel point ils sont curieux, à quel point ils interagissent avec les gens. Le groupe aussi, qu’ils composent avec toutes ses hiérarchies, comment ça évolue aussi avec le temps, parce que le chef n’est pas toujours le même forcément. Et donc, oui, on le prend pour un animal plus indépendant. Mais les dernières recherches ont montré que c’était uniquement lié au fait que le chien fait très attention à la parole. Donc, il va utiliser le fait qu’on lui parle, il va intégrer les mots, le vocabulaire, etc. Alors que le chat, ça l’intéresse pas. La parole, c’est quelque chose qui ne l’intéresse pas, encore qu’on voit des chats qui sont dressés et qui peuvent répondre à certains mots. Mais ils communiquent autrement. C’est en fait la seule différence que je vois aujourd’hui entre les deux, c’est le fait qu’ils communiquent autrement, et c’est ce qui rend le chat finalement intéressant pour la thérapie, c’est que il va pas utiliser la parole. Il va être plus, peut être, dans le ressenti dans l’approche, dans la distance, à l’inverse. Et c’est différent par rapport aux chiens, mais c’est juste une différence. Ils sont très complémentaires.
– Ouais. Moi je me rappelle un jour j’étais malade, le chat est resté vers moi quoi, le temps que j’étais malade. Donc c’était plutôt cool, c’était plutôt sympa. Cuisiner ou manger ?
– Manger.
– C’est plus facile de mettre les pieds sous la table.
– Oui mais c’est ça. Alors je le dis toujours que c’est très frustrant de faire la cuisine. T’y passes une demi-heure, tu la manges en cinq minutes. Le pire, c’est le macaron. Voilà, j’ai fait des macarons une fois dans ma vie, je ne recommencerai plus jamais. Une heure et demie pour le manger en trente secondes. Donc ça, c’est définitivement pas pour moi. Et non, j’adore manger, mais j’aimerais bien aussi faire à manger pour les gens. C’est vrai que j’y avais réfléchi à faire à manger le midi également. Après, aujourd’hui, c’est mon activité de thérapeute qui, moi, me correspond le plus. Donc, j’ai pas envie de développer cette activité là, mais ouais, j’aime bien aussi l’idée d’avoir un restaurant. De toute façon, ça m’a porté pour créer ce lieu. C’était mon intérêt aussi pour le fait de faire la cuisine. Et j’en fait un petit peu, je fais les gaufres, je fais les gâteaux. Mais oui, manger, alors ça, ça, ça, même quand je vais pas bien, moi je mange. Le jour où je ne mangerai plus, je serai morte.
(rires)
C’est-ce qui me manquera le plus en fait, je pense.
– Facebook ou Instagram ?
– Ah, j’aime les deux. J’aime les deux. J’aime beaucoup Instagram parce que je suis quelqu’un de très visuel. Je préfère les arts visuels, la photographie, le cinéma. Donc, évidemment, toutes les vidéos, toutes les belles photos, c’est plutôt sur Instagram. Ce qui est dommage aujourd’hui avec Facebook, c’est qu’il est plus utilisé pour échanger avec ses proches. De plus en plus, en fait, les gens regardent du contenu et n’en mettent plus, mais parce que ils acceptent pas l’idée d’être critiqué ou de… Et puis parce que il y a cette nouvelle mode de, je donne mon avis négatif à tort et à travers, je dis bien négatif, parce que quand c’est pour donner un avis positif et ben c’est extrêmement intéressant, mais quand c’est pour dire du mal ou pour agresser bon ben voilà, là c’est… On perd l’intérêt du truc et malheureusement, c’est un réseau qui s’est perdu à cause de ça, mais c’est dommage parce que…
– Moi j’ai arrêté à cause de ça Facebook.
– D’accord. Parce que pour les commerçants notamment, c’est quand même un lieu d’information, c’est une mine d’or. Voilà.
– Mais n’importe qui, même des personnes qui n’ont jamais mangé dans ton resto, par exemple, peuvent faire un avis défavorable.
– Oui voilà, c’est un peu dommage. Oui, c’est un peu dommage.
– Alors, quand tu t’habilles, tu mets d’abord ton pantalon et ensuite tes chaussettes ou d’abord tes chaussettes et ensuite ton pantalon ?
– Je me suis jamais poser la question. A, je crois que je mets les chaussettes d’abord. Oui, oui, j’en mets peu, parce que j’aime pas.
– Ok.
– Ouais.
– Mais tu mets des pantalons quand même ?
– Oui, oui, oui, oui, oui, mais à égalité avec les robes. Oui, oui, j’ai mis très longtemps parce que… J’ai mis très longtemps à aimer la féminité, ce qui est féminin. Quand j’étais enfant, on disait de moi que j’étais un garçon manqué. Ça fait partie vraiment de mon histoire personnelle. Ça a été un cheminement. Quand j’étais enfant, j’étais persuadée que c’était merveilleux d’être un garçon et que c’était nul d’être une fille. Mais pourquoi aussi ? Parce que j’avais conscience déjà à l’époque, que nous, les petites filles, on nous dit d’être sage et de rester dans notre coin, et que les garçons ont tous les droits. Non, je voulais absolument être un garçon. J’ai mis du temps à comprendre que je pouvais être tout simplement une fille comme j’ai envie, mais ça, ça a été très long.
– Oui puis c’est avec l’évolution de la société aussi quoi.
– C’est ça, c’est ça, et puis c’est encore pas très bien vu, quand tu parles trop, quand tu donnes trop ton avis, n’est-ce pas ?
(rires)
Voilà, on a beaucoup plus de liberté qu’avant, mais pas tant que ça. Voilà moi, je suis passée pour une dingo auprès des banques avec mon projet. J’avais des hommes qui m’ont regardé avec des grands yeux, qu’est-ce que c’est que cette fille qui veut faire des thérapies avec des chats, servir des cafés. On n’y comprend rien à son projet. C’était ça le discours. Voilà donc, ça fait partie de l’histoire pantalons, robes, tu vois. La fille a mis longtemps…
– A éclore.
– Ouais, exactement, exactement. Et puis, et puis, à devenir féministe. C’était l’étape d’après. D’assumer ce discours et puis de déplaire puisque ça déplaît.
– C’est pas grave.
– C’est pas grave.
– Du moment que tu restes toi même.
– Exactement.
– Olive ou cataire ?
– Ah, par rapport aux chats. Alors, j’ai du spray de cataire, ça les rend fous.
– Ouais. Oui, oui, oui. Alors les olives, oui, c’est vrai, j’ai remarqué les chats chez moi.
– Ils adorent.
– Il adore ça et, ah oui la cataire. Donc, il y a des chats à qui ça ne fait rien du tout, mais les miens, ouais, ça les… Ils se frottent sur les tapis, et ça fait beaucoup rire les clients ça quand je leur donne les jouer avec l’herbe à chat, ouais, ouais.
– Moi j’avais un chat, les olives, il me les piquait carrément alors que je les mettais à la bouche. Par contre, les olives, on peut leur en donner, mais à peine, je crois que c’est, ça peut être toxique après pour eux.
– Et puis, oui, comme ça les rend un peu fou…
– Oui c’est vrai que les miens aussi le sont assez déjà, donc…
– Ouais c’est ça, ils sont assez dérangés comme ça. Comme je le dis toujours, le chat c’est un monde à part.
– Californie, Hawaï ou Inde ?
– J’aime beaucoup les États-Unis. J’ai toujours beaucoup aimé les États-Unis. Moins en ce moment, à cause d’un homme roux. Mais ouais, j’aime beaucoup la culture américaine. Je rêve d’aller en Californie, encore plus à New-York, ça c’est sûr. Je sais que je sais que j’irai un jour, j’espère. Et oui, en plus, la Californie c’est un état maintenant, avec plus de liberté qu’ailleurs, plus de dialogue social, plus de droits pour les minorités. Donc, oui, c’est un état très intéressant.
– Mais écoute-moi, je suis aller à Seattle, juste au dessus de la Californie et, franchement, je conseille, parce que l’accueil était génial. Je voulais aller petite à San Francisco, en Californie, mais c’est vrai que je retournerai avec plaisir à Seattle, super accueil donc tu vois, y’a pas que San Francisco.
– C’est vrai que si je pouvais y aller plus souvent et puis y rester un petit peu, j’avais envie d’y vivre c’est sûr, pour vraiment être immergé, en fait, parce que quand on est touriste, bon, non, c’est pas pareil, hein. Oui, voilà, et voilà maintenant c’est compliqué déjà parce que le trajet est très long. J’ai regardé il y a pas longtemps une émission sur le Concorde où on était aux États-Unis en trois heures voilà, et il disait, à juste titre, à la fin du documentaire que c’était compliqué maintenant d’expliquer à la jeune génération qui fallait huit heures maintenant pour y aller. Alors que on est dans des avancées technologiques qu’on n’avait pas à l’époque. Mais là, pour le coup, c’est…
– On va demander le retour du Concorde. En plus, c’était un bel avion.
– C’est compliqué avec le carburant et ouais ouais ouais.
– Ton moment favori de la journée ?
– Le soir. Moi, je suis quelqu’un du soir, définitivement pas une lève-tôt, vraiment pas. Ça a toujours été une grande souffrance pour moi de devoir travailler tôt le matin. C’était, ça faisait partie d’ailleurs, de ce qui m’a poussé à créer mon entreprise, hein. C’était travailler à mon rythme. Et voilà. Le soir où je suis très active, je fais beaucoup de choses. C’est sûrement aussi les heures où je suis le plus créative. Ça peut aller jusqu’à deux heures du matin. Sans problème, où à une heure du matin, je suis en pleine forme. Ouais.
– On va parler un petit peu du Puy, de la Haute-Loire, pas que du Puy. Je crois, comme tu es à Espaly, tu as des commerçants à me présenter sur Espaly.
– Oui, c’est ça, c’est… Moi, je m’identifie plus aux personnes qui ont créé leur activité, comme moi, à l’extérieur du centre-ville. Moi, c’était pas pour fuir le centre-ville, c’est que je n’avais pas envie de faire un bar à chats où on entre juste comme ça, par curiosité, on boit un verre, vite fait et on s’en va. Donc je savais aussi que ben j’allais avoir moins de clients parce que que tu perds les clients de passage. Mais… Ouais, c’était une vraie volonté pour moi d’être un petit peu à l’extérieur. Donc je suis assez admirative des gens qui sont un petit peu à l’extérieur et qui ont un peu les mêmes difficultés que moi en tout cas, qui sont confrontés à des communes avec moins de passage. Donc, on a une petite épicerie qui s’appelle l’épicerie d’Espaly, qui est ouverte tard le soir et également le dimanche. Donc, c’est bon à savoir si vous avez besoin de quelque chose, vous savez que vous pouvez venir, dans le centre d’Espaly, il y a l’épicerie qui est toujours ouverte, qui est complémentaire du coup à l’épicerie qui existe au rond-point depuis longtemps.
Et on a aussi un garçon qui est originaire de la réunion qui a ouvert un petit restaurant et qui fait des plats à emporter aussi. On peut manger sur place ou emporter. Donc ça s’appelle le Maloya, et je l’encourage aussi, parce que c’est pas, c’est pas évident d’ouvrir un petit local comme ça. Donc, il y a beaucoup de passage sur l’avenue, mais c’est différent par rapport à être en centre-ville, c’est certain.
– J’ai vu quelques photos, ça a l’air d’être extrêmement bon, samoussas, tout ça là.
– Oui oui.
– Donc, on mettra les coordonnées. T’avais un autre commerçant on va dire plus, plus particulier, plus sur Brives-Charensac, plus attrait avec les animaux. Donc, tu peux nous en parler un petit peu ?
– Donc, si, Oscar et Félix, c’est Pascale qui est devenue toiletteur canin et félin, qui est en reconversion professionnelle et que j’ai eu la chance d’accompagner dans son parcours. Voilà qui a fait toute une formation et ce projet de création d’entreprise voilà, avec tous les aléas qu’on connaît des premiers refus et puis, persévérez, pas lâcher, avoir une concurrente qui ouvre en même temps. Voilà. Et donc, aujourd’hui, elle est installée, elle sait très bien s’occuper des chats. C’est pas tous les toiletteurs qui s’occupent des chats, parce que c’est compliqué à toiletter quand même un chat. Il comprend pas qu’est-ce qu’il fait là. Le chien, il va écouter son maître. Donc c’est différent. Mais voilà, avec le chat, je pense qu’il faut beaucoup, beaucoup de patience. C’est quelqu’un qui a beaucoup de patience. Donc elle s’occupe des chats à poils longs. C’est quelqu’un de très, très gentil, qui adore les animaux, on peut lui faire confiance.
– Donc, on va voir Pascale, si on a un gros chat angora, par exemple, ou un autre, si on a besoin, voilà, de lui faire faire un petit toilettage. On va parler d’association ?
– Oui, alors, j’ai plusieurs associations qui viennent ici. J’avais très envie d’accueillir toutes les personnes en situation de vulnérabilité. Donc, j’ai des maisons de retraite qui viennent avec leurs résidents, des accompagnants avec des personnes qui peuvent avoir la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson, par exemple, et donc des personnes qui sont confrontées à l’autisme. Et notamment le GEM Autisme, qui s’appelle le Chat Typique. Donc c’est une association qui me touche beaucoup peut-être parce que j’ai toujours été confronté à l’autisme au cours de ma vie. J’avais une cousine qui était autiste et puis moi, pour moi aussi s’est posé la question aussi un jour de est-ce que je vais pas certains symptômes également, puisque je suis hypersensible, je suis quelqu’un de très introverti, qui n’aime pas le bruit, qui n’aime pas l’agitation, qui a besoin comme ça d’être, d’avoir le cerveau occupé en permanence, qui rumine beaucoup, qui a beaucoup d’anxiété. Bon, ça me permet aujourd’hui de faire ce je fais, c’est d’accompagner les personnes, dans leur situation de souffrance. Ça me permet de les comprendre. Puis, j’aime beaucoup cette association parce que, voilà, elle permet aux gens de se retrouver sans jugement, sans même forcément, qu’il y ait eu un diagnostic puisque c’est très long d’avoir un diagnostic. Donc ils sont, voilà ils sont, ils peuvent être accueillis tout de suite. Ils font plein d’activités différentes et j’aime bien les accueillir ici.
– Une autre association que tu accueilles, tu me disais ?
– Alors c’est le GEM Galaxie. Donc, c’est un peu le même fonctionnement, c’est des personnes qui ont les mêmes problématiques. Donc là, on est plus sur des troubles psy, quels qu’il soient et qui se retrouvent pour faire des activités sans… C’est le même principe. On n’est pas obligé d’avoir eu un diagnostic, on peut y aller tout de suite déjà pour être accueilli, pour parler, pour sortir de l’isolement. C’est ça, c’est ça qui est important. J’aime bien ces associations qui permettent aux gens de sortir de l’isolement. C’est important.
– Je connais un peu les deux, mais plus moi le GEM Galaxie. C’est vrai que ils adorent, quand on leur demande ce qu’ils font comme sortie, ben voilà, le bar à chat, ça arrive dans les premiers hein.
– Ouais ouais, ben, ça me fait très plaisir, parce que c’est vraiment ce que je voulais, c’était créer un lieu différent où on peut accueillir tout le monde, sans jugement, chacun à sa place, peu importe son orientation, son handicap. D’ailleurs, j’ai un petit chat avec un handicap. Ça c’était une volonté aussi de ma part pour que les personnes, les enfants, puissent s’identifier. Et puis, c’est un lieu silencieux alors souvent, enfin souvent non, ça arrive régulièrement que les clients me disent ah c’est dommage, y’a pas de musique, mais c’est une volonté. Y’a pas de bar silencieux, et moi ça me manquait personnellement. Et j’aime le silence, j’en ai besoin et c’est pour ça que y’a du silence ici, pour correspondre… Voilà, maintenant c’est Myrtille qui monte sur la table. Pour correspondre justement aux gens qui en ont besoin. Donc ici on peut lire un livre, travailler. C’est un lieu silencieux, et ça, je pense que quand on n’est pas bien, on a besoin de ce silence là.
– C’est moi qui ai hérité de Myrtille, elle est sur mes genoux maintenant tu vois. Alors, ils ont fouillé mon sac hein, ici, voilà, on a la fouille obligatoire du sac quand on arrive par les chats.
– Je précise que ce n’est pas moi qui ai dressé les chats à voler. Parce que dès que il y a quelqu’un qui arrive, il a un chat dans son sac à main. Mais c’est pas moi. Je ne suis pas responsable.
– On va parler d’artistes.
– Oui.
– Que peux-tu nous dire sur les artistes ?
– Ce qui me fascine, c’est tous les gens qui créent des choses chez eux, que ce soit des bijoux, des tableaux, du dessin, d’ailleurs il y a tous les enfants qui affichent leurs dessins ici sur le mur. Que ce soit autour du thème du chat ou pas spécialement, mais ça m’a, ça m’a toujours fasciné, ça, à quel point les gens sont artistes, et on ne le sait pas forcément, parce que souvent aussi, ils n’osent pas montrer ce qu’ils font tout simplement.
– Oui, puis à l’école, je crois que c’est pas des choses qui sont mises réellement en avant quand on est petit.
– C’est vrai, c’est vrai. Et j’aime bien accueillir ici des personnes qui font des créations. Donc y a un espace boutique, puisque c’est assez grand. Donc j’ai pu aussi faire cet espace là. Donc ça m’arrive de prendre comme ça en dépôt des œuvres, que soit de la poterie, des bougies, des bijoux… Donc là j’ai les créations d’une jeune femme qui s’appelle Mélissa, ses créations, donc sa page Instagram et Facebook, ça s’appelle meli.making et elle fait vraiment des œuvres d’art avec des tissus. Donc c’est, quand on a des tissus souvenirs que ce soit nos vêtements quand on était enfant, quand on était bébé, mais aussi peut être d’une personne qu’on a perdu ou du linge de maison, peu importe en fait hein. Et elle, elle va faire des objets. Donc, ça peut être des coussins, des peluches. Elle fait des ours en peluche, là pour ici elle a fait un chat. Elle peut faire un peu l’objet dont vous avez envie, et ça permet de garder comme ça, de conserver ses souvenirs au lieu de jeter ses vieux vêtements ou de les donner. Et je trouve que c’est vraiment magnifique ce qu’elle fait. Elle a vraiment vraiment beaucoup de talent et j’aime ça le, je dirait le talent ordinaire, c’est pas, c’est pas péjoratif, mais… Ouais, ce côté comme ça, amateur, ça ça me plaît ouais.
– Donc, si on est artiste amateur et qu’on fait sur le thème du chat, on peut venir te voir pour essayer de savoir s’ils peuvent exposer ici.
– Faut pas hésiter, en tout cas déjà, j’en parlerai sur ma page, c’est sûr, oui oui.
– C’est génial. On a déjà parlé, on a bien évoqué le bar à chat, mais peut-être que tu pourrais nous présenter les petits chats que tu as en ce moment avec toi ici.
– Alors, il y six chats, sept avec moi, comme je le dis toujours. Donc les premiers à être arrivés, c’était les chatons. C’étaient Summer et Zelda et Stella, donc le petit chat qui a trois pattes. En fait, quant j’ai terminé les travaux ici, j’ai regardé sur les réseaux sociaux les chats qui avaient besoin d’être récupérés, qui étaient en difficulté. Eh ben, c’était le destin. Du coup, ça s’est fait très vite, parce que sur les réseaux sociaux, il y a toujours beaucoup de chats en difficulté dans les villages, dehors. Ils sont arrivés tous les trois en même temps. Y’avait donc Stella avec son petit handicap qui a été récupérée par des bénévoles qui nourrissent, en fait, les chats errants et qui avaient vu ce petit chat que les autres ne laissaient pas manger, qui allait pas survivre en fait hein, et qui se demandaient bien qui allait le récupérer, parce que c’est pas évident de donner à l’adoption un chat qui a trois pattes. Mais moi, j’avais très envie d’avoir un chat en situation de handicap pour sensibiliser au handicap justement. Après ben pareil sur les réseaux, j’ai vu Elf. C’était une jeune femme qui pouvait pas la garder, puisqu’elle se retrouvait en appartement et son chat était jamais sorti. Elle voulait la placer en intérieur, donc c’est bien tombé. Y’avait Myrtille qui était dans un refuge qui s’appelait les chats de poubelles. Donc myrtille, elle a été jetée à la poubelle, d’où le nom du refuge. C’était une jeune femme qui s’occupait de chatons qui sont jetés. Elle a dû arrêter cette activité parce que c’est très difficile financièrement de maintenir en refuge, ça a un coût colossal. Donc, c’est voilà, elle a fait plusieurs années. Elle avait beaucoup de mérite et Myrtille vient de son refuge. Et en dernier ben Roxane, voilà. Pareil, je l’ai vu sur les réseaux sociaux, et c’est vrai que c’était un petit chat qui ressemble à un chat siamois aux yeux bleus. Je l’ai trouvé très joli. C’était vraiment le destin, à chaque fois pour qu’ils se retrouvent ici. C’est une croisée des chemins.
– Ils ont tous leur petite place, mais après ils doivent changer souvent de place je suppose ou non, ils ont une place attitrée ?
– Non, attitrée, je pense pas. C’est plutôt des questions hiérarchiques, par exemple, si je me mets dans le hamac et que je suis pas le chef, je peux me faire virer par le chef, ça c’est sûr.
– C’est qui le chef , c’est Summer ou pas du tout ?
– Le chef c’est plutôt Elf.
– Elf.
– Oui, parce que c’est la plus âgée avec Myrtille, et puis ben, ça été la seul adulte au milieu de chatons. Donc je pense c’était facile aussi pour elle d’avoir cette place. Parce que c’est pas… C’est un chat très calme, c’est pas un chat dominateur mais… Ouais, comme elle est restée assez grande par rapport aux autres… Après c’est vrai que des chatons qui vont pas dehors, ils vont rester petits, ils sont restés plutôt petit, les chats. Donc ouais, c’est plutôt elle la cheffe, ou en tout cas, ils ont chacun leur caractère. Ca c’est sûr. Ouais !
– Quel chat n’a pas de caractère ?
– Ouais, c’est vrai, mais c’est ici, ils ont pris chacun une place, en terme de caractère en tout cas, ouais, ça c’est sûr. Et chacun peut s’identifier à un chat, je pense, oui oui.
– Donc quand il y a une bêtise de fait, tu sais à peu près qui peut l’avoir fait, comme ouvrir une porte…
– C’est un chat aux yeux bleus. Et comme il n’y a qu’une…
– Ah elle a l’oreille qui a bougé.
– C’est ça, oui, oui, oui, n’est-ce pas?
– Là, tu proposes aussi, parfois, donc, tu as le travail de zoothérapie comme tu disais. Alors, les personnes viennent, comment ça se passe ?
– Donc, c’est des rendez-vous en individuel. Je reçois aussi des groupes, comme on disait les maisons de retraite et tout ça, mais pour vraiment faire un travail intéressant, c’est sur rendez-vous. Donc, on parle de médiation animale pour parler du lien qui est créé par le chat. C’est un triangle en fait hein, il y a le patient, il y a le thérapeute et il y a l’animal. Et l’animal, lui, il a pas de volonté d’être dans une séance de thérapie ou d’être thérapeute hein. C’est uniquement le lien, qu’il va faire avec la personne. Donc souvent les personnes qui prennent rendez-vous, par exemple, elles ont peur d’aller dans un rendez-vous de psychothérapie classique, on va dire, avec un psychologue. Le mot leur fait peur. Elles viennent ici de, peut être d’abord, parce qu’il y a les chats, ça les rassure. Les gens savent qu’on va peut-être parler dans un premier temps tout simplement des chats, de la vie quotidienne avec les animaux. Et c’est ça qui va débloquer ensuite le reste de la parole. Mon rôle, c’est d’accompagner les gens vers un parcours médical s’ils n’en n’ont pas.
– Oui, parce que toi, tu n’es pas médecin, tu es psychothérapeute.
– Voilà, je ne suis pas médecin, et je suis pas psychologue non plus. Donc mon rôle, c’est d’accompagner les gens dans ce parcours s’ils en ont besoin. Souvent, ils viennent ici et ils ont pas eu de diagnostic ne serait-ce que sur la dépression ou le burn-out. Ils ne savent pas comment s’y prendre. Parfois, ils n’ont pas de médecin traitant ou ils le voient peu, ils en n’ont pas, puisqu’il y a de plus en plus de gens qui n’en ont pas. Donc comme ils savent pas quoi faire, ils cherchent sur internet. Ils voient mon site, ils voient le lieu, ils savent qu’ils peut venir comme ça, juste pour discuter. Donc, des fois c’est même sans rendez-vous, hein, c’est même parce qu’ils viennent boire un café. Et mon rôle, c’est de les amener sur un parcours complet, donc de voir un médecin, d’oser parler de sa situation. Mettre des mots. C’est pas simple de mettre des mots sur la dépression. Ça fait peur. Expliquer. Beaucoup. Qu’est ce que c’est, aller voir un psychiatre, décrocher un rendez-vous si on n’en a pas eu. Parler des traitements qui existent parler des diagnostics. Et puis les amener vers un parcours, vers un psychologue si y’a besoin. Pas se substituer à ce qui n’est pas mon métier, en tout cas. C’est un pont. Donc, le premier pont c’est le chat et le deuxième j’espère que c’est moi. C’est vrai que moi, voilà, les personnes que j’ai amené jusqu’à consulter, oser consulter un psychiatre et prendre un traitement dont ils avaient besoin. Oui, c’est un succès, parce qu’ils n’y arrivaient pas, iIs n’y arrivaient pas, ça leur faisait peur. Et donc, tu vois, je suis, comment dire, le public n’est pas celui auquel je m’attendais. J’ai beaucoup d’hommes, par exemple. Je pensais que j’allais pratiquement avoir que des femmes et c’est pas du tout le cas. J’en ai, mais j’ai beaucoup d’hommes, et je pense que c’est parce que c’est peut être plus facile pour une femme d’aller voir un psychologue parce que ça va moins lui poser de problème. Nous, les femmes, on n’a pas de soucis avec, parler de nos émotions, par exemple. Donc on va prendre plus facilement un rendez-vous pour en parler, un homme, pas forcément. Donc, il va commencer par moi. Et ça, ça m’a vraiment étonné, mais je suis ravie. Je suis ravie, parce que c’est qu’il y avait un besoin, il y avait un manque. Et c’était mon souhait de créer un lieu qui manque.
– T’as été le premier et le seul maintenant bar comme ça à ouvrir dans le coin quoi.
– Oui et avec une volonté comme ça, thérapeutique.
– Oui.
– Parce que c’est vrai que moi, ben, j’ai eu le coup de cœur, quand je suis allée à Clermont-Ferrand et que j’ai… C’est ce qui avait vraiment déclenché ma vocation.
– Oui, t’es allée voir un bar qui a fermé, je crois maintenant.
– Oui, voilà, elle a fait six ou sept ans, et puis elle a décidé de fermer pour passer à autre chose. Et c’était un des premiers en France. En premier, c’était Paris, et je crois que elle était quasiment la deuxième ou la troisième après Lyon, mais elle était vraiment une des premières. Et j’en avais entendu parler en Asie, quand il y a eu les premiers, en Asie, au Japon, en Chine. Et quand je suis allée là-bas… Encore une fois, c’est un lieu qui me correspond, qui me correspondait totalement, qui correspondait à ce que j’étais. Ce besoin de silence, Ce besoin d’être avec les animaux, d’être dans un lieu calme ou on peut lire, où on peut se reposer, ou on peut ne rien faire, si on a envie. Ce qui m’avait énormément marqué aussi, c’était que les gens se parlaient. Moi, je dis pas que dans un bar, on se parle pas, mais c’est pas pour les mêmes raisons. Ça m’avait vraiment marqué. Moi je suis quelqu’un qui va pas parler spontanément comme ça avec les autres, je suis beaucoup trop introvertie et en fait le chat fait le lien entre les gens. Et tu joues avec les chats. Les chats viennent sur toi, vont sur le voisin, et puis, comment dire… Tu vas vers les animaux donc tu vas vers le canapé où il y a les chats, il peut y avoir d’autres gens, et tu commences à discuter avec les gens. Et je trouvais ça mais extraordinaire. Je me suis dit mais c’est incroyable, ce lieu. Et quand je suis sortie de là, je me suis dit il faut que tu le fasses, il faut que tu le fasses. Et ça a été, et c’est resté comme ça dans ma tête plusieurs années, et j’aurais tellement pas supporter que quelqu’un d’autre le fasse ici, que c’est ce qui m’a poussé vraiment, ça me faisait très, très peur, parce que je… Moi, dans mon entourage, personne n’a créé son entreprise comme ça. C’était pas dans… Mes parents ils travaillaient voilà. On était ni commerçants, ni rien du tout, et puis je n’avais pas d’argent. Je me suis dit comment tu veux faire ça ? Ca la question financière, c’était vraiment… Et puis fallait quitter mon boulot. Il fallait… J’accompagnais des gens en reconversion, mais la question se posait pas vraiment pour moi. Hé, mais ouais, c’était, ça m’avait tellement marqué. Et je trouvais que ça manquait tellement un lieu comme ça que je me suis dit il faut que tu le fasses. C’était, c’est devenu obsessionnel, et quand l’envie est plus forte que la peur, voilà, ça aboutit à la création. J’ai pas lâché.
– C’est bien et t’es encore là et on espère pour longtemps avec toute ta petite famille. Tu proposes aussi au sein de ce bar à chat donc tu fais aussi des massages ?
– Ouais. Alors les massages, c’est moi qui ai voulu me former à ça, parce que quand j’étais moins en dépression, en burn-out, c’était la seule chose qui me faisait du bien. J’avais tellement d’anxiété. Je n’arrivais pas du tout à lâcher prise dans la journée. Moi, tout ce qui est relaxation, méditation, ah ça ne marche pas du tout sur moi. Donc, il y avait le massage. Vraiment, on parle de la reconnexion au corps, mais moi, c’était vraiment ça, ça m’aidé à prendre conscience de l’instant présent, d’arrêter de réfléchir , d’être dans une ambiance comme ça de détente, avec de la musique, avec des bougies. Donc, j’ai eu envie de le faire pour le proposer. Je me dis que ce qui me fait du bien à moi, ça peut faire du bien aux autres. Donc, j’ai appris ces techniques-là, et c’est vrai qu’aujourd’hui je m’en sers. Il y a des gens qui viennent me voir et qui sont dans des situations d’anxiété terrible, comme moi j’ai pu traverser. Et dans un premier temps, ils vont pas arriver à parler, ils vont arriver uniquement à accepter de se détendre un petit peu.
– Mais c’est tout complémentaire de toute façon. Et tu proposes quoi comme massages ? Alors, tu as l’hawaïen, tu as le californien, tu as aux pierres chaudes et indien c’est ça ?
– Et tout ce qui est indien aussi, voilà. Et ça fait partie de la formation que j’ai eu. Et c’est vrai que c’est pas dans notre culture de s’occuper à la fois de l’esprit et du corps. Bah, ça se fait en inde. C’est pour ça que, justement, on apprend les techniques de massage indienne. Chez eux, si le corps va mal, l’esprit va mal, et réciproquement. Et un médecin, dans la médecine ayurvédique, on s’occupe des deux.
– Oui.
– Voilà. Chez nous ça ne se fait pas. Mais je pense que c’était mon souhait aussi d’avoir un lieu où on peut s’occuper des deux et de toute façon en médiation animale, ce qui fait beaucoup de bien ben c’est le fait de toucher l’animal, de le caresser et de lui faire des câlins. C’est pour ça qu’on utilise la médiation animale. C’est aussi beaucoup une thérapie tactile et c’est ce qui va déclencher la détente, c’est ce qui va déclencher la parole, c’est lié.
– Moi j’ai deux chats, je suis super détendue.
(rires)
– Alors ça ne fait pas tout hein.
– Peu être un peu trop des fois.
– C’est pas une baguette magique. Et encore, je dis toujours mais si c’est du plus, c’est du plus, et voilà, ça a un coût aussi, parce que alors, il y a des mutuelles qui acceptent de le rembourser. Moi, j’ai plusieurs personnes, si ce qu’ils appellent la médecine douce fait partie des options de sa mutuelle, on peut avoir un remboursement. J’ai quand même beaucoup de personnes qui ont cette option. On envoie une facture et c’est remboursé.
– Mais peut-être que, petit à petit, ça va venir. Tu vois moi à la base, j’étais hydrothérapeute, il y a très longtemps, donc tu vois les soins en thalasso tout ça, c’était pas reconnu mon diplôme d’hydrothérapeute maintenant ça l’est et donc peut-être que ça le sera, on ne sait pas dans combien de temps mais…
– Et oui, oui, c’est très triste. On parle actuellement beaucoup de la santé mentale, que ça doit être une problématique prioritaire, et c’est vrai. La santé mentale, notamment chez les jeunes, se dégradent depuis le confinement, et puis aussi parce que c’est une génération qui voit ben que la planète est foutue. C’est compliqué hein, ils ont du mal à trouver leur place. Mais aujourd’hui, c’est très triste parce que on te rembourse le plus facilement du monde une boîte de médicaments et par contre tout ce qui peut faire du bien à côté, ça reste compliqué.
– Et qui peut te coûter moins cher finalement.
– Je pense qu’à long terme, il vaut mieux faire une thérapie plutôt que de prendre des médicaments. Encore une fois, l’un ne va pas sans l’autre. Le traitement, comme je dis toujours aux gens que je reçois, c’est la béquille. Quand vous vous cassez une jambe, on vous dit il faut une plâtre, il faut une béquille. Vous hésitez pas. De la même manière, quand on va vraiment mal et qu’on a besoin d’un traitement, il faut le prendre. Il faut pas en avoir peur, il faut le prendre. Mais les deux devraient être remboursés, ça c’est sûr, ouais, .
– Est-ce que tu veux rajouter quelque chose par rapport à ce lieu magnifique ?
– Accueillir aujourd’hui des groupes de parole, plus des choses autour de la thérapie, toujours, ouais, ouais.
– D’accord. On est bien ?
– Par rapport au lieu, on est bien.
– On est bien par rapport au lieu.
– On n’est pas trop dérangées par les chats. J’avais peur.
– Mais non, regarde, il y en a qui font…
– Ah oui, ils nous observent d’en haut, je n’avais pas vu.
– J’ai un ami qui est venu de Marseille là, avec, donc j’ai un chat qui est assez peureux, mais bon, elle a trouvé sa place finalement entre ses pieds et, du coup, elle passe énormément de temps à se laver. Il disait il a un problème ton chat, il arrête pas de se laver.
– Et oui, mais alors le chat, il fait ça pour se détendre. Oui, oui, c’est de l’auto-massage en fait. C’est pas du lavage, enfin, surtout ici, ils vont pas dehors, ils sont propres. C’est de l’auto-massage en fait, c’est pour ça qu’il y passe autant de temps.
– À Salut les Ponots !, on a un slogan, c’est Crache ta lentille !
– C’est rai.
– Mais oui, on n’en a pas parlé tout à l’heure, mais je vais d’abord te demander s’il y a un événement que tu trouves remarquable en Haute-Loire ou ailleurs, si jamais il ne se passe pas en Haute- Loire… Si jamais y’a un événement que t’aimerais bien voir ici, par exemple.
– Les événements que j’attends le plus c’est toujours les événements culturels. J’aime beaucoup le salon des artistes. Alors y en a deux en plus maintenant il y en a un au centre Pierre Cardinal, il y en a un à la Commanderie Saint-Jean, toujours dans cette idée…
– Amateur.
– Ouais, c’est ça de voir les œuvres comme ça qui sont créées chez les gens. Et moi j’aime beaucoup, c’est de très grande qualité en plus, je trouve. Et puis, dans un autre domaine, ce que j’attends le plus dans l’année, c’est quand il y a la publication de la programmation du théâtre. Parce que le théâtre, c’est vraiment une de mes grandes passions. J’adore ça. Et je trouve qu’on a une qualité ici qui est vraiment exceptionnelle, la programmation au théâtre et au centre culturel. Bon là actuellement il va être en travaux, donc il y en a plus trop, mais on a une programmation quand même, en terme de spectacles, qui est phénoménale. Pour avoir été, pour avoir vécu à Lyon, on a… C’est équivalent aujourd’hui hein. On a les spectacles en tournée qui passent dans les grandes villes et qui viennent chez nous après. Et c’est très éclectique. Y’a de la danse, y’a de la musique. Voilà, on est vraiment, on a de la chance. On a vraiment de la chance, alors pareil ça a un coût hain. Voilà, c’est cher le théâtre. Mais moi, pour moi, ce que j’attends le plus à chaque fois, c’est ça, c’est l’annonce de la programmation.
– Après les troupes du coin, c’est pas très cher. Des fois voilà, on a dix euros même pas, alors, qu’on voit que, oui les artistes qui viennent d’ailleurs ça peut être très cher. Mais sinon faut en profiter, ou avec l’Atelier des Artss, voilà, ils font des choses merveilleuses. Donc voilà, je conseille à tout le monde. Si voulez faire plaisir, voilà, y a aussi ceux du coin qui sont très, très bien.
– C’est ça, et puis, les arts vivants, les arts du spectacle, c’est une expérience qu’on n’a pas avec la télévision, même le cinéma. Moi, ce que je préfère au monde, c’est le cinéma. Je suis une très grande cinéphile, mais encore une fois, le théâtre, voilà, avoir les acteurs devant soi, le fait qu’il soit sans filet. Ça procure une émotion unique qu’on a pas.
– T’as de l’échange et de l’interaction que tu ne peux pas avoir devant une télé.
– C’est ça. C’est ça.
– Est-ce qu’il y a quelque chose que tu changerais au Puy ou à la Haute-Loire ?
– Ce que je changerais, c’est… Il nous faut aujourd’hui, je pense, un vrai soutien aux associations qui font du social et qui font de la prévention. Alors après, c’est pas uniquement un choix local, voilà c’est national. Aujourd’hui, les associations comme le CIDFF ou les plannings familiaux qui accompagnent les femmes, les jeunes filles pour l’accès aux droits, pour la prévention, pour l’accompagnement et ben elles sont en vraie difficulté. Voilà, et on sucre les subventions à tous ces gens et c’est scandaleux. On fait le mal en fait, on le paye très cher, on voit que l’insécurité arrive chez nous. C’était quelque chose qu’on connaissait pas trop. On n’avait pas vraiment un monde criminalité chez nous. Aujourd’hui, voilà, il y eut des vols et des coups de couteau en centre-ville. On se dit mais qu’est-ce qui nous arrive ? Ben, qu’est-ce qui nous arrive, c’est qu’on abandonne les gens qui sont en difficulté. Voilà, on supprime des postes d’éducateurs… Moi, j’ai grandi à une époque où, dans les banlieues ben, il y avait des éducateurs. Les jeunes, ils étaient accompagnés, ils avaient quelqu’un à qui parler de leurs problèmes à la maison. On faisait des activités artistiques avec eux, des activités culturelles, des sorties. On les emmenait en vacances, parce que c’est des jeunes qui partent pas en vacances, mine de rien. Et en supprimant tout ça dans les quartiers, eh ben voilà, on en paye le prix aujourd’hui. On a enfermé les gens, on les a isolés. Et l’isolement, ça créé…
– Ça rend fou.
– Voilà, ça rend fou. Ça créé le malheur, ça créé de l’envie, de a jalousie, des conflits. Et aujourd’hui on a besoin de refaire ça, en espérant que ce ne soit pas trop tard et qu’on puisse récupérer tout ça,
– Refaire du lien social.
– Refaire du lien social. Alors ce qui est tragique, c’est qu’on veut nous vendre l’idée qu’on n’a pas les moyens, que ça coûte trop cher et qu’il faut faire des économies en supprimant ça. Donc, ça, c’est un mensonge. C’est uniquement parce qu’on veut pas prendre l’argent là où il est. Comme je dis toujours, aucun problème que ce soit de société ou pour toi personnellement, ne vient du fait que quelqu’un bénéficie d’une aide sociale ou d’un accompagnement social. Si on t’a vendu cette idée, on t’a menti, y a de l’argent pour faire ça. Il y a de l’argent pour la santé, y a de l’argent pour les priorités et pour la paix. Pour la paix de notre société, de notre ville, pour l’écologie. Voilà moi après, je suis quelqu’un de très militant. On voit bien que les gens sont malheureux, qu’ils ont plus d’argent. Ça, c’est plus possible. Donc, voilà ce qui manque. Il manque des espaces verts. Quand on détruit, faisons des espaces verts. Tu vois, là, en bas de la rue, on a détruit des vieux bâtiments. Tout le monde s’est extasié devant la vue absolument magnifique qu’on avait de la ville à cet endroit-là. Pourquoi est-ce qu’on n’a pas fait un jardin ? Pourquoi est-ce qu’on n’a pas faim un parc pour que les gens se retrouvent ? Voilà, on refait des immeubles, donc tant mieux pour les gens qui vont y habiter et qui vont avoir une vue magnifique et des appartements climatisés, mais je pense que c’était pas la priorité quoi. D’ailleurs, ils ont du mal à les vendre, c’est marrant.
(rires)
Voilà le parc. Je pense que ça aurait bénéficié à plus de gens.
– Et sur ce, on va faire un petit jingle encore.
– Allez !
– Allez !
– Je reprend la boite.
Musique jingle
Et je redis, Salut les Ponotes !.
(rires)
– Par contre, les ponots, elle ne le dit pas là.
– Non, non.
– Voilà, elle est fâchée. Non, je plaisante. Ben je vais te poser des questions sur la Haute-Loire, comme tout à l’heure un peu le confessionnal. Je te fais des propositions et tu me dis ce que tu préfères.
– D’accord.
– Marmotte du Mézenc ou loutre de la Loire ?
– Hannn. Alors, je n’ai vu ni l’une ni l’autre. J’aimerais, j’aimerais. Si marmotte, j’ai vu, pas chez nous. Un jour, j’ai fait une rando et j’ai eu la chance de voir des marmottes. Mais oui, j’aime tellement les animaux et j’aimerais voir les deux c’est sûr et des castors. Alors je rêve de voir des castors. Tu sais que les castors sont de retour chez nous.
– Oui, alors là, il ont été un peu, avec la crue… Moi, j’avais vu carrément leur travail, si tu veux, sur les bords de la Loire, à Brives-Charensac, on le voyait. Bon bah, là, par contre, ouais, ils doivent être allé un peu plus loin mais…
– Et tu as entendu cette histoire, là, je sais plus dans quel pays, c’est des castors qui ont fait le travail des ingénieurs, t’en a entendu parler ?
– Non.
– Alors c’est dans…
– Au Canada ?
– Non, non, non, non, non, c’est en Europe, non, non, c’est en Europe, hein, je crois. Et donc il y avait un projet comme ça de retenue d’eau pour réaménager, alors c’était un projet écolo, c’était pour réaménager toute une zone et ça allait coûter extrêmement cher. Donc, il y avait des études en cours, on se demandait où est-ce qu’on allait trouver l’argent pour le faire. Et des castors se sont installés…
– Des castors bénévoles.
– Ils ont fait tout le boulot, non mais voilà comme quoi… On sous-estime le pouvoir de la nature.
– Ah oui, la nature, elle sait se régler d’elle-même, les est plus forte que nous.
– Ils ont créé une zone humide, tous seuls.
– Ouais.
– Oui et pile à l’endroit où il fallait.
– En plus.
– En plus alors là pour le coup…
– Chapeau les castors ! Vedelou, je sais pas si on prononce comme ça, ou lentilles ? C’est un veau qui est élevé au lait de vache entier.
– Bon, ok .
– Et entier, et du coin le lait hein, pas d’ailleurs.
– D’accord. Alors, j’aime pas les lentilles, j’ai jamais aimé ça. Je suis pas une bonne ponote. Pourtant j’aime beaucoup les champs de lentilles, c’est très beau, mais je n’en mange pas et le veau non plus.
– Ben l’artisou alors, tu veux de l’artisou ?
– Ah, non, non, non, non, alors je ne suis pas végétarienne, je mange à l’occasion.
– Qu’est ce que tu manges d’ici alors ?
– D’ici ? Les myrtilles.
– Ah ben voilà. Alors, je reprends lentille ou myrtille ?
– Alors myrtille. Oui, oui.
– Ça marche.
– Myrtille le chat câlin que les clients connaissent bien, le chat peau de colle.
– Oui, oui, j’ai bien vu. Là mes chats vont être contents, parce que je vais bien sentir la myrtille.
– Nous avons des poils noirs partout. Toi, tu es habillée en noir, tu as bien fait.
– Mais je savais qu’il y aurait Myrtille. Paddle au lac du Bouchet ou alors descente de l’Allier en canoë kayak.
– J’ai fait les deux. J’ai fait du paddle au lac du Bouchet en hiver et je suis tombée dans l’eau.
– Aïe.
– Oui, c’était un grand moment, c’était un grand moment. Le paddle, c’est plus calme.
– Ouais.
– Ça me correspond mieux, mais j’aime bien le canoë.
– On prend les deux écoute.
– On a la chance de pouvoir, d’avoir ces cours d’eau qui nous permettent… Puis, c’est des sports nature, c’est pas des sports à moteur. Ouais.
– Donc c’est bien, ça fait pas de bruit.
– Ouais.
– Sauf si on crie de joie.
– C’est ça.
– Saint-joseph d’Espaly ou Notre-Dame-de-France ?
– Ah ben là forcément, forcément notre Saint-Joseph on y tient. Oui, oui, oui très contente qu’ils aient pu le restaurer quand même. Voilà, c’était compliqué, c’était une décision pas simple parce qu’effectivement c’est un monument…
– Énorme.
– Il faut décider de soutenir… Ben voilà. Il fait tellement partie du paysage de la ville, on n’imagine pas la ville sans cette statue.
– C’est comme si t’enlever la Tour Eiffel de Paris.
– Ben oui, c’est… La vierge, elle va pas… Il y a la vierge, il y a la chapelle Saint-Michel et puis il y a le Rocher d’Espaly, il fait partie du truc hein.
– Et je crois bien que je l’ai vu faire un clin d’œil à Notre-Dame-de-France, là l’autre jour.
– Oui, oui, oui.
– Le Velay ou le Meygal ?
– Ah ben le Velay, moi je suis née ici, donc le Velay.
– Elle est chauvine hein.
– Ouais ouais ouais, tout à fait.
– T’as bien raison.
– Et puis, j’aime bien cette idée, tu sais que le Velay, c’était une… Euh, c’était pas l’Auvergne, comme on dit.
– Ah mais ça l’est toujours pas, moi je suis auvergnate, pure auvergnate, c’est pas pareil.
– C’est ça, c’est ça. J’aime bien cette idée qui a Firminy, par exemple, avec nous historiquement et puis culturellement. Voilà.
– Ouais.
– C’était une région différente à la base.
– Une région à part.
– Oui et puis très rattachée au sud. Ouais, on est le sud, le midi de l’auvergne, comme on dit.
– C’est ça.
– Ouais.
– Château de Beaufort à Goudet où le château d’Artias.
– C’est où le château d’Artias ?
– Vers Retournac. C’est une ruine au sommet d’un piton, c’est très joli.
– Ok, ok, ah ben tu vois, enfin, j’ai dû le voir en photo, mais ouais ouais. Mais il me reste plein de choses à découvrir. D’ailleurs, c’est ce qui est extraordinaire chez nous, c’est à quel point il y a énormément de choses à voir et qu’on n’a jamais tout vu, même si on est né ici. Y’a toujours des choses qu’on connaît pas et qu’on a pas visité ou on s’est pas promener, et puis qui sont réhabilités, qui sont remis en valeur, on fait des chemins de randonnée. Oui, oui. Des festivals des fois. Ouais. Quand tu vois Rochebaron, par exemple, c’est extraordinaire ce qu’ils ont fait avec ce lieu, avec le spectacle, comme ça, des aigles, c’est formidable. C’est… Chaque lieu maintenant arrive…
– A se démarquer.
– Ouais, ouais, c’est ça, et puis à avoir une deuxième vie.
– Ça, c’est bien quand on peut, justement voilà, donner une deuxième vie à un lieu.
– On est quand même une département très actif pour ça, je trouve, oui, oui.
– Salon de l’Être à Blavozy, qui se passe en octobre, ou la fête de la chèvre de Saint-Front qui se passe depuis mille neuf cent quatre vingt dix sept.
– C’est vrai c’est vrai. Ah bon ben moi j’aime tellement les animaux. Et j’aime bien, alors c’est pas chez nous, mais j’aime bien aussi aller à Aubrac. Ah ouais, ça, c’est tellement beau. Ouais…
– Ça y est, elle est partie. Je l’ai perdu. Je voulais te demander s’il y avait quelque chose que tu n’avais pas encore fait en Haute-Loire et que tu rêverais de faire ?
– J’ai fais de la montgolfière il y a pas longtemps, parce que je l’ai gagné à un concours.
– Alors tu vas rigoler parce que ma sœur m’avait gagné une place. Je vais peut être la faire là dimanche, mais dans le Puy-de-Dôme, donc, j’ai un peu du mal à l’affaire. Mais elle a gagné un concours aussi et elle me l’a donné.
– Moi, je sais., enfin, je pense que je l’aurais fait, mais j’avais du mal parce que je savais que j’allais avoir peur. D’ailleurs, ça fait peur, enfin, ça fait peur. Mais, encore une fois, parce que c’est naturel d’avoir peur, tu prends de l’altitude comme ça., c’est pas normal. Donc, ton cerveau, premier réflexe, il panique. Et puis après, c’est tellement beau, ce que tu vois, que t’y penses plus, t’y pense plus du tout, heureusement. Et, il y a des fois, tu réfléchis, tu dis s’il se passe quelque chose ?
– On m’a dit que c’était l’atterrissage le pire non ?
– Oui, alors, surtout pour moi, puisque nous, il y avait du vent. Donc, on s’est écrasé dans un champ, mais faut pas le dire. Je n et’ai rien dit hein, c’est une info que je ne t’ai pas donnée.
– Mais je crois que ça arrive souvent, de toute façon.
– C’est vrai, non, mais c’était bon enfant. Après on a rigolé mais voilà, t’y penses pas, t’y penses pas au début.
– Oui, mais en parapente c’est pareil, des fois on tombe, on fait pas attention, on se dit ouah on a l’habitude et puis ça arrive qu’on tombe un peu quoi.
– Me dis pas ça, parce que, comme activité que je n’ai pas encore fait, j’aurais pu te dire parapente. Et en fait…
– Ah non, c’est génial, c’est génial le parapente.
– C’est vrai ?
– Ça fait pas du tout peur.
– Alors, oui, il paraît que ça ne fait pas peur parce que tes pieds touchent pas le sol et que, du coup, t’as pas cette sensation que t’es en hauteur. Je ne sais pas si c’est vrai.
– Donc, c’est ce que tu rêverais de faire et que t’as pas encore fait.
– J’oserais jamais.
– Mais si.
– Tous ces trucs, genre le saut à l’élastique.
– Ah ça non.
– Et tu sais la tyrolienne là, ils ont fait une tyrolienne vers je sais plus quel le pont.
– La Recoumène tu as aussi une tyrolienne.
– La Recoumène, ouais c’est ça, ça j’aimerais ouais.
– Et ben voilà.
– Ouais, je vais réfléchir.
(rires)
Le pire, c’est que les chats n’auraient absolument pas peur. Ils pourraient marcher sur la corde, ça leur posera aucun problème.
– Et ben écoute, tu te mettras dans la peau d’un chat, et puis voilà.
– Mais de toute façon, je dis en permanence qu’il faut pas laisser sa peur dominer. Empêcher, en tout cas de faire quoi que ce soit. Lutter contre la peur, ça a toujours été mon credo. Ouais.
– Ben on attend une petite photo de toi sur ton insta de toi sur la tyrolienne. Voilà.
– Je vais me mettre en chat.
– C’est un défi.
– Tu sais, maintenant, il y a des sacs à dos vitré là pour emmener son chat partout. On voit sur Instagram. Peut-être que j’aurais moins peur avec un chat, je ne sais pas.
– Stéphanie, on arrive à la fin. Ça va être l’heure de nous donner son dicton, ton expression.
– Alors mon dicton, c’est, je reprends mes notes, parce que je ne veux pas me planter. Ceux qui pensent que c’est impossible sont priés de ne pas déranger ceux qui essayent.
– Ah, génial !
– Et dans cette idée que si on a un projet comme j’ai pu avoir à un moment, il faut le faire. Il faut pas écouter les avis négatifs, je dis pas qu’il faut être inconscient attention, mais voilà, quand on a un projet dans la vie est surtout atypique, ben, tout de suite, on est confronté à l’incompréhension, à la peur des autres. Et puis au rejet, au non. Non, je ne te suis pas, non, je ne te prête pas d’argent. Donc, c’est compliqué, mais il faut pas lâcher.
– Il faut croire en soi et y aller.
– Il faut pas lâcher, il faut croire aussi que les bonnes portes vont s’ouvrir. Je dis toujours aux gens que j’accompagne, il y a des portes qui vont se fermer, ça c’est sûr. Vous allez être confrontés au désespoir, et c’est permis, c’est permis, on a le droit de désespérer. On a le droit de lâcher son projet, même pendant des années. L’important, c’est de le reprendre. L’important, c’est de pas lâcher. Je reste persuadée que dans la vie, y’a qu’vraiment, que si on persévère on est récompensé. On dit aussi il y a un bon dieu pour les courageux. Alors moi, je suis totalement agnostique, donc j’ai pas choisi cette citation, mais oui, je crois au destin. En tout cas, je l’ai bien vu avec ce lieu où j’ai mis des années à trouver un lieu et où, tout à coup, ben il y a ça qui est en vente. Je rencontre la personne et puis c’est moi qui décide de vendre parce que, parce que je les touche, parce qu’ils sentent que ça va être aussi probablement une histoire familiale, un cocon et que ils avaient envie que ça devienne ça. C’était vraiment… Je crois au destin. Je crois aux bonnes portes qui s’ouvrent au bon moment. Et donc voilà, il faut, il faut essayer, il faut le faire, il faut retenter. Si on dit non, tu vas voir ailleurs. Si on ferme la porte, tu passes par la fenêtre. Bon, pas prendre de risques inconsidérés, encore une fois. Mais ouais, pas, ne laisse pas la peur dominer ton envie. Et c’est dans tous les domaines, que ce soit dans les relations affectives aussi. Si t’as peur, tu vas nulle part. Il faut pas, il faut se battre à tout prix et plus, plus tu vieillis, plus tu as peur. Pourquoi ? Parce que la peur, elle vient de l’expérience, des expériences négatives, elle est humaine. C’est parce qu’on a peur qu’on n’attente pas à sa vie, à part quand on fait du parapente.
(rires)
Non, mais la peur. Voilà, c’est un instinct.
– Ouais.
– C’est qui nous empêche de faire des choses inconsidérées, mais ça a tendance à prendre beaucoup de place avec le temps. Plus on vieillit, plus on est réticent, on se sent fatigué, on se dit c’est pas pour moi, je vais pas y arriver. Donc pareil, s’orienter vers les personnes qui t’encouragent, choisir les bonnes personnes aussi. Aller chercher les personnes qui t’encouragent.
– Je pense qu’on peut venir faire un petit tour à l’Atelier des Chats, parce que c’est le vrai nom du coup. Voilà, Je dis bar à chat depuis tout à l’heure, mais c’est l’Atelier des Chats.
– Comme c’était un atelier, c’est ce qui a fait aussi le nom, c’est pour ça que je l’ai appelé comme ça, pour ce côté collaboratif aussi et ah oui, oui, j’aime quand les gens viennent me parler de leurs projets. J’essaye toujours de les encourager au maximum. On peut pas faire des miracles, mais de par mon métier, mon expérience, puisque ça fait maintenant dix-huit ans que j’accompagne des gens, que ce soit en reconversion professionnelle, en réorientation ou en thérapie. Ben voilà, j’ai aussi un réseau et je connais les aides financières qui peuvent exister. J’essaye de toujours trouver des solutions. J’aime ce côté comme ça.
– D’aider les personnes.
– Cherchage de solutions. Ouais, ouais, ça, c’est mon truc. Et puis, parce que je suis quelqu’un qui passe son temps à réfléchir, malheureusement, ça me rend très malheureuse de réfléchir tout le temps. Mais ouais, pour ça, pour le coup, ça aide. Oui.
– Donc venir voir l’Atelier des Chats, Stéphanie et toute sa petite tribu. Je te remercie beaucoup, Stéphanie. Merci pour ton accueil. Merci, les chats, hein, Myrtille.
(Chat qui parle)
Je te dis à très bientôt.
– Merci, au revoir.
– Ciao, ciao.
Temps d’écoute : 60’01 »39 minutes
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