Épisode #62

Accueil » Épisodes » episode » Épisode #62

Benoit

Temps d’écoute : 51’42 minutes
Télécharger la transcription
fr .pdf 108ko

– Salut les Ponots !, le podcast itinérant et léger qui donne la parole aux personnes qui habitent ou gravitent autour du Puy. Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’être avec Ben. Comment vas-tu Ben ?
– Ben, écoute, ça va bien, il fait beau, j’ai le plaisir de recevoir, donc ça va, c’est cool.
– On est bien ici dans ta boutique. Est-ce que tu peux te présenter aux personnes qui ne te connaîtraient pas encore ?
– Donc je m’appelle Benoit Maguin, j’ai une cinquantaine d’années. Je vis au Puy depuis presque vingt ans. J’ai une boutique depuis très peu de temps sur le Puy, depuis deux ans, de coutellerie, affûtage et réparation mais ça fait vingt ans que j’exerce le métier de coutelier en Haute-Loire, voilà.
– Parce qu’à la base, tu n’es pas né au Puy.
– Non, je suis de Saint-Étienne. Donc je suis issu d’une famille d’armurier stéphanois depuis plusieurs générations. Et je préférais venir m’installer en Haute-Loire il y a une vingtaine d’années. J’y suis bien. J’ai pas très envie d’en repartir.
– Ça marche. Merci de me recevoir pour cette interview et je voulais te demander si tu avais une anecdote par rapport au Puy ou la Haute-Loire ?
– Alors oui. Je fais le Roi de l’Oiseau, comme beaucoup de monde au Puy, sur un camps qui s’appelle Trolvergne et où on fait de l’animation, au niveau forge notamment. Un jour une dame vient nous voir, un peu timide, en nous disant excusez-moi, mais c’est vos vraies têtes ou c’est vos têtes du Roi de l’Oiseau quoi. Voilà, alors je peux entendre qu’on a des fois des têtes un petit peu fatiguées, la fête…
– Fatiguées.
– Voilà un peu fatigué, disons que, un peu de fatigués, dépeignés. Mais bon, ça nous avait bien fait rire quand même à l’époque quoi. Maintenant, c’est un peu moins drôle, on entend beaucoup ah c’est comme à la télé, c’est comme le meilleur forgeron.Ça, ça nous agace plus que ça nous fait rire par contre, mais bon voilà. Donc non, ça c’était, c’était rigolo, c’était il y a quelques années déjà.
– Un petit clin d’œil à cette dame alors. On va, je vais commencer par te demander de faire le premier jingle de cette interview, avec la magnifique boîte que tu vois là qui reste secrète. Et c’est à toi.
– Ah la boite secrète, quelle chance. Maintenant, je sais, à quoi elle ressemble, j’ai de la chance. Donc, il faut que je fasse un petit tour de manivelle et puis voilà.
– Plusieurs.

Musique jingle

Nickel, il y en aura un deuxième. Tu peux la garder vers toi.
– Je tournerai dans l’autre sens pour voir si…
– Ouais si tu veux, ça marche, ça marche. On va faire ce qu’on appelle le confessionnal, c’est pour essayer de te connaître un petit peu plus à travers des questions. Je te fais deux trois propositions et tu me dis ce que tu préfères.
– Allez !
– C’est facile. Vin ou bière ?
– Au carrément bière.
– T’en as une préférée ?
– Non, je vais dire Vellavia parce que c’est ma voisine, mais j’aime bien toute les bières.
– Ok, ça marche. Chèvre, cerf ou vache ?
– Cerf.
– Foot ou rugby ?
– Rugby clairement.
– Ah, bien, pour quelqu’un de Saint-Étienne, un stéphanois… Bon, quelle équipe de rugby tu supportes ?
– Ben Clermont hein en local, même si ils ne sont pas ultra performants ces derniers temps quoi mais voilà, on reste régional et fidèle on va dire.
– Tu fais plaisir à mon cœur de clermontoise. Je te remercie. C’est la tradition écoute. À Clermont, on est bon des fois en début de saison, puis après, voilà, mais faut jamais, faut jamais trahir la tradition quoi. Il reste régulier. Ébénisterie ou armurerie ?
– Armurerie pour quelque chose de plus complémentaire, on travaille de l’acier, on travaille du bois, on va avoir beaucoup, un panel beaucoup plus large de compétences.
– D’accord. Mais toi, tu as fait une formation aussi en ébénisterie, de toute façon.
– Formation d’ébénisterie qui est obligatoire pour entrer dans les écoles d’armurerie, donc soit… Le prérequis pour entrer dans les écoles d’armurerie, c’est soi ébénisterie, soit mécanique générale. Je suis passé par l’ébénisterie pour le côté affinité par rapport au travail du bois, des crosses, c’était un chemin qui me semblait plus logique quoi.
– Oui, qui te sert maintenant.
– Et, au final, qui est aussi beaucoup plus manuel que la mécanique. Alors je vais me faire des amis mais c’est des tours de manivelle les mécaniciens, ça tourne des petites manivelles. C’est pas vraiment… C’est pas manuel quoi, c’est de la manivelle quoi.
– Je vais te proposer trois films où il y a des scènes avec des couteaux, des armes tranchantes. Tu vas me dire quel film tu choisis. On a des série de combats justement, katana dans kill bill. Kill bill 1, le secret des poignards volants, ou Edward aux mains d’argent.
– Burton. Edward aux mains d’argent clairement pour… Pour son monde quoi, pour son imaginaire. Pour… Ouais, je suis plutôt fan de Burton, j’aime bien.
– La Passion des Couteaux, ou Excalibur.
– La Passion. On fera un bisous à Anne-Cécile.
(rires)
Non, la passion clairement, qui est, déjà qui est un beau magazine. Qui est un magazine unique et uniquement cadré là-dessus par rapport à Excalibur, qui fait partie d’un groupe avec Cible, avec d’autres, d’autres revues un peu… Pas trop dans mon axe quoi. Excalibur, c’est pas trop, c’est pas trop ma tasse de thé quoi. J’ai eu à faire à eux pour des articles où ça c’est pas très bien passé avec le journaliste, qui nous a manqué, qui a pas… Qui écoute pas ce qu’on lui dit quoi. Ce qui est quand même un peu dommage pour un journaliste. Non non, ça restera clairement la Passion des Couteaux. Historiquement ça a été les premiers aussi à me consacrer des articles et ouais, de grosses affinités avec leur ancien, leur ancien propriétaire, c’est pas propriétaire, comment on dit, leur ancien rédacteur en chef. Et maintenant, avec Anne-Cécile, qui a repris derrière, ça se passe aussi très bien. Donc voilà, donc clairement, ça sera ça.
– Ok.
– Définitivement.
– La question peut-être la plus bête du podcast, de l’épisode. Tu préférerais qu’on dise de toi que tu es chaud comme la braise ou froid comme l’acier.
– Alors il y a des connotations là dedans, allez, je suis chaud comme la braise, on va y dire.
– Plusieurs salons, le Bled Chaud à Muides-sur-Loire, Coutellia à Tiers ou le Scat à Lyon ?
– Le seul que je fais et là aussi pour des raisons éthiques, j’allais dire, c’est le Scat à Lyon, clairement. Ça reste, ça reste tout pour moi. On a était très mal reçus à Thiers.
– Mince.
– Les dernières années, et c’est ce qui est à l’origine, justement, du salon qu’on a créé nous, qui s’appelle Lames en Table, qui se passe chaque année à Saint-Vidal, en Haute-Loire bien sûr, c’était de prendre le contre-pied de ça. Thiers a une salon qui propose trois cent cinquante exposants. C’est une usine. Faut payer une fortune pour y participer. Vous êtes nourris avec un plateau repas dégueulasse. Vous demandez une bouteille d’eau, en tant qu’exposant, on vous fait payer deux euros. On voulait pas ça quoi, on voulait quelque chose où les gens aient le temps de discuter entre eux ou où les exposants aient le temps de discuter entre eux, que les clients puissent poser des questions, etc. Et c’est pour ça qu’on s’est mis à faire des salons à petite échelle. On a une quarantaine de participants à Saint-Vidal, on n’en veut pas plus. La salle ne peut pas en accueillir plus. Ça nous va très bien et c’est surtout ce qui est intéressant, c’est qu’on a fait plein d’émules sur partout en France. C’est à dire que maintenant se réorganisent plein de petits salons à échelle plus humaine, quoi, où on passe un bon moment entre couteliers et où, c’est pas simplement un endroit où on vient travailler et fourguer du couteau quoi.
– À quelle période il se fait, c’est quoi novembre, octobre-novembre ?
– Toujours le dernier week-end de juin.
– Pardon, ah ben voilà, ben Stéphanie euh…
– Le salon Lames en Table ou le salon de Lyon ?
– Lames en Table.
– Lames en Table, toujours le dernier de juin. Celui de Lyon se faisait, n’existe plus à partir de cette année.
– Ah mince.
– Cette année il ne se fera pas. Il était mi-novembre, mais il y en aura plus, ça a été dissout.
– Ok.
– La municipalité de Lyon écologiste, partant du principe que le couteau est une arme, ils ne veulent plus de salon du couteau.
– Ok.
– Choix discutable.
– Super. Voilà bon, ben on n’en dira pas plus.
– J’en suis, j’en suis un peu attristé quoi. Il faut arrêter de voir le couteau comme une arme. C’est un outil, c’est vraiment, c’est encore une fois… Dans l’arme à feu, on dit c’est pas l’arme à feu qui est dangereuse, c’est la personne qui la manie. C’est comme un stylo. Quand vous avez un stylo, c’est pas le stylo qui fait des fautes d’orthographe, c’est la personne qui le manie. L’arme à feu, c’est la même chose, le couteau, c’est la même chose quoi.
– Le stylo peut être considéré comme une arme. Moi j’ai une mine de crayon à papier, juste là, un petit truc bleu, là, si tu le vois depuis le… Ouais, depuis je sais plus quand, mais…
– Mais c’est ça, de toute façon, à partir du moment où on a décidé de faire du mal à quelqu’un, il y a tellement de… On peut pas interdire les tournevis, on peut pas interdire les haches, on ne peut pas interdire les cutters. Faut arrêter de stigmatiser tout le monde. C’est tellement facile de montrer du doigt, ah c’est à cause de ceux qui font des couteaux.
– Moi j’ai une pique à cheveux là elle est magnifique, elle est très pointue, donc elle peut faire beaucoup mal.
– Les japonaises avaient ça aussi à l’époque.
– Loupe d’Amboine, Cocobolo, Ébène ou Ziricotte ?
– Aaaah. Mon cœur balance entre le Ziricotte et le Cocobolo, qui sont deux bois que j’affectionne particulièrement. Quoi que, le Ziricotte est très beau, le Ziricotte.
– Ok. Alors j’ai appris qu’il y avait deux bois qui ne coulaient pas, c’était l’Ébène et le Gaïac, ou le Bois de fer.
– Ouais, ouais, c’est vrai. C’est deux bois qui ont une densité qui est extrême hein. Y’a le Bois de fer d’Arizona, qui est un bois qui est fouetté par le sable, qui est obligé de pousser très, très serré, très, très dense, qui est un bois d’ailleurs qui n’est pas très agréable à travailler parce qu’l abîme beaucoup les outils, il est plein de sable. Donc voilà, il est très beau par contre. Et après, oui, on a des bois qui ne flottent pas, voilà, donc ça reste des…
– Faut pas l’utiliser pour faire un bateau quoi ou…
– Non, il faut éviter, ou pour un sous marin.
– Pour une bouée.
– Même pas un sous-marin, tu resteras au fond, donc… Aucun intérêt.
– Aucun intérêt, ça marche. Si on te laissait enfermé pendant quarante-huit heures, tu préférais rester enfermé quarante huit heures avec quelqu’un qui a un accent à couper au couteau ou qui n’est pas le couteau le plus aiguisé du tiroir ?
– C’est compliqué ça, de quel accent on parle ? Il y a des accents qui me sont insupportables.
– Ah oui moi aussi. Alors, l’accent canadien, je suis désolée pour certains canadiens français mais pour moi, il est insupportable. Donc je pourrais pas.
– Moi j’adore. Alors moi si c’est avec un canadien ou une canadienne, avec plaisir, parce que j’adore. – Ah mais t’as déjà travaillé avec eux, ou pas, parce que moi oui, c’est dure.
– J’ai eu des copains quand j’étais en Corse qui étaient canadien et je m’y ferai beaucoup plus facilement, j’ai même tendance à prendre leur accent quand je reste trop longtemps avec eux, mais par contre voilà, quelqu’un avec l’accent du sud, mais clairement, je préfère rester avec quelqu’un d’idiot.
– D’accord. Ben, ça dépend de l’accent alors, c’est ça qui fera le choix. Pascal Renoux, Nicolas Couderc ou Charles Roulin ?
– Ah pfff, y’a beaucoup de monde sur ce choix là.
– Y’a le meilleur ouvrier de France, y’a Nico Couderc, qui dénote complètement avec l’image qu’on peut avoir d’un meilleur ouvrier de France. Pour l’anecdote, ben il était là cette année au salon, y’a un copain qui vient me voir en me disant, ouais, il paraît qu’il y a un meilleur ouvrier de France sur le salon. Ben, voilà, ben il était juste à côté de nous, et je lui ai dit ben ouais c’est Nico. C’est vrai qu’il ne ressemble pas du tout à un meilleur ouvrier de France quoi. Et malgré tout, il fait des couteaux qui sont somptueux et qui, surtout, sont complètement déroutants, complètement déroutant, des couteaux qui ne sont pas pointues, qui sont rectangulaires aussi bien que quand ils sont ouverts, que quand ils sont fermés, et c’est ça qui est chouette avec une fabrication qui est ultra précise et ultra finie, enfin, très, très beau. Mais après Charles Roulin, Charles Roulin…
– Et oui !
– Charles Roulin.
– Et oui, un peu unique lui aussi.
– Charles Roulin qui est un autodidacte, c’est un monsieur qui était platrier peintre et un jour il a dit ben moi, je vais faire des sculptures dans des couteaux. Et il fait des micros sculptures dans la lame et dans le manche, et quand on replie le couteau, on a des scènes complètes. Il mettait des heures à faire ça. C’est un monsieur assez âgé, il a formé une relève, mais c’est un monsieur qui doit avoir ou facile…
– Il doit avoir dans les quatre vingt ans hein ?
– Ouais, il doit avoir quatre vingt balais, pas loin, Charles, je pense. Je connais très bien les deux et c’est compliqué pour moi de te dire, je préfère l’un ou l’autre. C’est différent, mais c’est ça aussi dans la coutellerie, c’est qu’il y a un panel tellement large que tu peux aimer des choses qui… Là entre Nico Couderc et Charles, c’est le grand écart quoi. C’est une école très classique et une école ultra moderne, avec une approche complètement déroutante.
– Ouais, alors Nico il est du Cantal non, et Charles suisse.
– Euh Charles Roulin, il est en Suisse.
– Ouais.
– Voilà. Euh, alors que Nico, oui, il me semble qu’il est…
– Il me semble qu’il est du Cantal mais peut être que je me trompe.
– Je ne sais plus du tout d’où il est Nico. Ca tu me poses…
– Et ben voilà.
– Faut que je lui demande.
– Tu lui demandera.
– Je lui poserais la question la prochaine fois.
– Forge à gaz ou forge à charbon ?
– Là aussi, chose compliquée. C’est deux écoles qui s’opposent, c’est la tradition contre la modernité et le côté pratique et fonctionnel de la forge à gaz. La forge au charbon parce que il y a ce côté traditionnel, ça te ramène à des odeurs, ça te ramène à un travail ancestral que j’adore mais qui, par exemple, n’est pas du tout pratique avec ma coutellerie actuelle. Ma coutellerie actuelle, quand je fabrique de belles pièces forgées pour mes clients, je fabrique une lame et je fais le couteau. Allumer une forge à charbon, ça revient à allumer un barbecue pour faire cuire une saucisse quoi. C’est à dire que ça va mettre énormément de temps à se préparer et puis tu vas perdre énormément de matière parce qu’une fois qu’elle est incandescente, de toute façon, elle finira par se consumer. La forge à gaz, elle va être plus rapidement mise en situation, on va pouvoir forger plus vite et puis, surtout, dès que je coupe le gaz, ben terminé, plus de perte d’énergie, plus rien. Elle a aussi ce côté où elle ne te met pas l’atelier tout noir et où elle te met pas les poumons tout noir. Et ça aussi, c’est agréable. Donc, je suis passé, il y a maintenant six ans, à la forge à gaz plutôt que charbon, même si l’atelier porte encore les stigmates de la forge au charbon de l’époque, voilà. Mais c’est vrai que, sur les manifestations, comme le Roi de l’Oiseau ou autre, c’est vrai que j’aime bien forger, j’aime bien faire un retour au charbon pour ce côté, ce côté plus, plus traditionnel.
– Oui, mais bon, c’est pour préserver ta santé aussi, donc c’est pas mal.
– Oui aussi c’est pas mal quoi, des fois alors, voilà, comme tout le monde, on se préoccupe pas trop quand on est plus jeune, puis après, voilà on commence à se dire tiens, peut-être qu’il faudrait faire attention quand… Donc, je sais pas s’il est pas trop tard, mais en tout cas…

– Est-ce que tu lis, et si tu lis, quel est ton livre de chevet ou un livre à recommander.
– Qu’est-ce que c’est mon livre de chevet à l’heure actuelle ? Alors je me suis remis dans l’Affaire Charles Dexter Ward de Lovecraft. Moi j’aime bien, peu sombre, un peu dark, mais j’aime bien quoi. Je reprends un peu mes classiques, j’allais dire, beaucoup d’heroïc fantasy quoiqu’il en soit.

– Si tu n’avais pas créé le vellave, quel couteau aurais-tu aimé créer ? Couteau qui existe.
– Un couteau que j’aurais aimé créer et qui existe. Ah, ça, c’est bonne colle ça tient. L’Yssingeaux, j’aime bien l’Yssingeaux. L’Yssingeaux, c’est un couteau assez simple, il est régional, il est le papa de beaucoup d’autres couteaux régionaux. Beaucoup de couteaux régionaux découlent de la forme primaire de l’Yssingeaux. J’aurais bien aimé être le papa de l’Yssingeaux tient, ça aurait été rigolo ça.

– Ok. On va parler du Puy et de la Haute-Loire et je vais te demander de présenter un petit peu tes coups de cœur. On va commencer par un stand de marché. Si tu as le temps de faire un petit peu le marché le samedi matin.
– Alors j’ai pas beaucoup le temps de faire le marché, mais clairement ce serait le stand de Raph. Alors je ne pourrais même pas te dire son nom de famille, je ne sais plus, c’est Raph quoi, qui est paysan boulanger et qui fait un pain et des brioches qui sont vraiment chouettes. Donc je sais pas s’il écoute le podcast. Je lui passe le bonjour, je lui fais un bisou, donc, ça serait ça, ça serait, ça serait Raph et son pain.
– Est-ce que tu peux dire où il se situe au Puy-en-Velay ? Il est devant les halles, c’est ça. Là où il y a le marché couvert.
– Alors, il est sur la partie des Halles, le long des halles, voilà. Ouais, ouais, c’est ça.

– On va parler commerçants au Puy, en Haute-Loire.
– Eh ben on va dire Orane, Orane qui a une petite brocante.
– Ô Belles Images.
– Voilà, c’est ça, Ô Belles Images qui est sous la place de la mairie, je ne sais plus la rue… Je ne sais plus. Il y a Beaucoup de choses que je ne sais pas au final, tu vois. Donc ouais, elle est juste en dessous de la mairie, en face de chez Descours le bijoutier. Une jolie boutique. Je trouve ça pas très cher voilà clairement.
– Ouais, elle a de très belles choses.
– Ouais des chouettes trucs, elle chine beaucoup elle-même, enfin ça reste, une belle, voilà des belles boutiques enfin comme moi j’aime c’est à dire que vraiment soigné au niveau de la déco, etc. Bien mis en valeur.

– D’accord, donc Orane Ô Belles Images. Euh… Restaurant bar ?
– Alors là, ce sera chez François, Chez Mon Pote. Chez mon pote le nom du restaurant, même si c’est un copain aussi, qui est clairement ma cantine quoi, dès qu’on a l’occasion, soit tout seul, soit avec des copains, on va manger là bas quoi, ça reste vraiment un endroit convivial, on y mange bien. Ouias, je m’y sens bien moi.
– Ouais, on est bien accueillis par François. Ce matin, j’ai eu le droit à un petit carré de chocolat, on s’y est croisé par hasard.
– Voilà, on s’est croisé là par hasard. Effectivement, voilà, c’est ça, c’est ce côté vraiment, j’allais dire convivial et chaleureux quoi. François, ça reste un personnage. C’est rigolo, ceux qui fréquentent le marché le samedi matin le savent, des fois, ça crie un peu fort, des fois ça… Mais c’est ça qui est chouette, c’est vraiment sympa. Non, non, ça clairement, je lui passe le bonjour aussi.

– On va parler artiste. Tu as une artiste, je crois qui n’est pas très loin de ta boutique.
– Alors, oui, on va vite traverser, c’est-à-dire traverser la rue, et puis on va aller chez Elsa, qui est illustratrice, qui fait des dessins qui sont à la fois, à la fois touchant, à la fois techniquement bien réalisé, mais surtout très engagé, souvent. Ouais donc, ce serait ça pour toutes ces choses-là, puis pour la personne aussi quoi.
– Tu peux donner le nom de sa boutique ?
– Alors c’est Louizïa. À chaque fois, j’essaye de pas trop l’écorcher, c’est Louïzia voilà. Donc ben rue Raphaël. Voilà. Ça fait partie des gens de la rue aussi, et ça, c’est bien, ça permet de redynamiser. Là, on a aussi une nouvelle bijoutière qui s’est installée, ça redynamise un peu la rue qui est souvent un peu une rue oubliée au Puy-en-Velay. Pendant la saison, c’est clair qu’on est une des plus belles rues, je pense pour le commerce. Mais dès que la saison se termine, c’est un peu plus compliqué quoi.
– C’est vrai que les personnes restent rue Pannessac et oublient les petites rues.
– Les ponots ont du mal à monter rue Raphaël quoi clairement quoi.
– Ben ça monte. Y’a une pente à je ne sais pas combien de pourcentage là.

– Ok. Associations du Puy. Tu en as plusieurs ?
– Ouais, en étant complètement égoïste je dirais, je dirais Lames en Table qui est donc l’association qui organise le salon de Saint-Vidal dont on parlait tout à l’heure. C’est une association de copains, dont plusieurs sont couteliers, et aussi également sur le Puy ou sur la Haute-Loire. On s’est réunit pour créer un événement qui fasse parler un peu du couteau d’art et qui nous permette de faire découvrir ça au public quoi. Donc ça, c’est vraiment une assos de copain, donc c’est plutôt sympa et bonne ambiance. Voilà.
– Elle se fait dans quelle salle à Saint-Vidal, enfin, dans quelle salle il se fait ce salon ? Dis-moi.
– Alors, une question qu’on nous pose beaucoup, ça. Alors, on n’est pas au château, on est juste à côté, dans la salle des fêtes de la commune voilà. Qui est complètement attenante au château, qui est magnifique et qui se prête bien aux expositions. Une salle très en longueur, qui est agréable, avec des températures comme on a pu avoir à la dernière édition où il a fait extrêmement chaud. Ben c’est des murs qui font un mètre d’épaisseur. Donc, on est au frais, on est pas mal. Puis, c’est vrai qu’une démonstration de forge, là juste à l’extérieur, au pied du château, c’est quand même sympa, ça a plus de sens qu’en plein centre-ville, sur du goudron. Donc, non, c’est ça ouais, ça reste un bel endroit, et ça se prête bien à ce qu’on voulait faire quoi.
– Donc dernier week-end de juin en général.
– C’est ça, dernier week-end de juin. Donc, les gens peuvent venir nous voir. Il y a des gens qui viennent de Paris, de Belgique, de Suisse, donc les gens peuvent venir du Puy aussi.
– Ils sont un petit peu moins loin, vous pouvez faire du covoiturage même si ça fait trop loin.
– C’est les plus compliqués à faire venir le locaux, c’est pas si évident, même si cette année on fait cinq cents entrées sur une seule journée. Donc c’était quand même pas vilain non plus.
– Ça se passe que sur une journée ?
– Ça se passe toujours que sur une seule journée. Ca permet… On a des couteliers qui viennent, qui viennent de très loin. Enfin, de très loin, qui viennent de Belgique, qui viennent d’Italie, qui… Donc ça leur permet de pouvoir rentrer chez eux relativement sereinement et sans… Et puis on part du principe que de toute façon, ce sont les gens qui sont intéressés. C’est condensé, ça fait une journée un peu intense. Puis nous, ça nous permet de ranger le lendemain quoi.
– Finir tranquillement. Une autre association ?
– Et oui, ça évite d’empiéter sur notre temps de travail.
– Oui, c’est ça.
– C’est chronophage pour organiser des choses comme ça. C’est extrêmement chronophage. Nous, ça nous ampute quelques journées de travail où on les consacre au salon, quoi donc… Mais on fait ça avec plaisir et par passion donc… Donc voilà.
Et l’autre association, ce sera l’association à laquelle j’adhère, Trolvergne qui est une association du Roi de l’Oiseau, où on participe à la reconstitution avec tout un tas de choses différentes au niveau artisan, on a de la forge, on a la poterie, on a des cuillères en bois, enfin la fabrication de cuillères en bois dans une ambiance plus que conviviale. Une vieille association là aussi.
– Vous serez où cette année, parce que tu le sais déjà. Non, tu peux nous donner votre emplacement. – Oui, on sait où on est. On est place du For, juste au pied de la cathédrale. On va essayer de tout faire rentrer là, parce que c’est pas très grand non plus, mais c’est chouette, ouais.

– Est-ce qu’on peut parler de toi maintenant en tant qu’artisan, qu’est-ce que tu peux nous dire un petit peu sur ton parcours ?
– Et bien, mon parcours, comme on disait tout à l’heure, j’ai commencé par être ébéniste, j’ai fait CAP BEP. Après, je suis entré chez les armuriers où j’ai fait CAP BEP Brevet des Métiers d’Art. Après quoi, j’ai fait un petit tour de France, qui est interne aux armuriers, qui est pas du tout le tour de france des Compagnons du Devoir et après quoi j’ai décidé de faire du couteau plutôt que de l’arme à feu et la seule chose qui manquait dans ma formation, c’était la forge. Et du coup, j’ai été me former chez un monsieur qui s’appelle Jean-Jacques Astier, qui est à Tournon en Ardèche et où je suis resté six mois avec lui pour apprendre la forge de coutellerie qui est encore différente de la forge de bâtiment. Nous, on travaille que l’acier qui est une forge un petit peu différente du fer pur quoi. Donc voilà et après ça, eh bien, je suis parti en Corse pendant cinq ans voilà où j’ai rencontré un monsieur qui s’appelle Frank Thomas, l’Atelier du Lotus. Un monsieur qui est décédé ben là il y a quinze jours, donc un peu, un petit peu compliqué, mais voilà, qui était un monsieur qui a énormément influencé ma coutellerie, quelqu’un qui m’a dit viens travailler à l’atelier. Et pendant cinq ans on a travaillé ensemble très, très, très régulièrement. Lui m’a fait comprendre beaucoup de choses sur, en tout cas, l’esthétique en coutellerie voilà. Je suis resté donc cinq ans en Corse, après quoi je suis revenu sur le continent, comme on dit quand on est là-bas. Et j’ai travaillé deux ans pour une société qui s’appelle Mercorne, qui est à Langogne, qui est un des leaders nationaux, même européen, j’ai envie de dire au niveau des fournitures de matières de coutellerie, c’est-à-dire que, coutellerie, lutherie, bijouterie. Ils fabriquent certaines matières, mais surtout ils vont importer beaucoup de matières précieuses de bois, d’ivoire, d’ivoire de mammouth, des choses un petit peu, un petit peu hors du commun avec passion. Pomme qui est la patronne de Mercorne, elle m’a beaucoup aidé à mes débuts et en plus, elle est vraiment ultra, ultra passionnée de tout ça, quoi. Donc voilà, un petit boulot chez Mercorne et puis après, on avait décidé d’ouvrir une boutique au Puy-en-Velay avec un ami à moi qui s’appelle Philippe Jourget. Donc on a eu une boutique place du marché couvert, à la place du tatoueur c’est Skellington.
– Oui.
– Entre Chez Laure et Chez Mon Pote, coincé… Coincé dans l’angle.
– Au bon endroit.
– Voilà, c’était pas mal. Cependant… Alors moi, je suis parti plus tôt que Philippe. J’ai été débauché, mais on a tenu ça huit ans, je pense.
– C’est là que le Vellave a été créé ?
– C’est à cette époque-là que le Vellave a été créé sur un constat, ben c’était, à part l’Yssingeaux, le Puy-en-Velay, lui, n’avait pas de couteau historique. Donc, on s’est dit bon, on va créer ce qu’on appelle un néo-régional, c’est à dire un couteau de poche qui sera un petit peu local, fabriqué sur place, en tout cas quoi. Donc, il est né il y a… J’ai calculé ça l’autre jour, il est né il y a dix huit ans c’est ça donc c’est chouette.
– Bientôt les vingt.
– Bientôt les vingt, voilà, on va faire une série anniversaire. Voilà, après moi, je suis parti travailler pour un monsieur qui s’appelle Pierre-Yves Rochette, qui avait besoin d’un armurier pour ouvrir une coutellerie.
– A Sanssac-l’Eglise.
– A Sanssac-l’Eglise, oui c’est ça. Avec qui on s’est bien entendu, avec qui j’ai travaillé pendant quelques années, je ne saurais dire exactement combien mais au moins sept ou huit ans. là aussi en parallèle de mon activité de coutellerie. Pierre-Yves a décidé d’arrêter l’armurerie et moi, je me suis tâté à soi reprendre derrière lui, soit retourner faire des couteaux à temps plein, finalement me revoilà.
– Et après, tu es venu au Puy.
– Alors, récemment, oui, j’ai décidé de réinstaller une boutique au Puy du constat que je me faisais un peu fâché par mes clients, notamment pour l’affûtage qui me disaient ouah, c’est pénible, on est obligé de monter jusqu’à Vergezac, il faudrait que tu sois au Puy, etc. Donc bon, réfléchissons à ça.
Le constat étant aussi que ben ça fait dix ans qu’il n’y a plus de véritable coutellerie au Puy-en-Velay, même plus de dix ans quoi donc… Donc là aussi, bon il y avait une place à prendre entre guillemets quoi. Je mets beaucoup de choses entre guillemets moi non ? Bref, en tout cas, voilà, il y avait un besoin là, le plus gros c’était l’affûtage et la fourniture de couteaux qui soient de belle qualité. Donc on essaye de répondre à ça, du mieux qu’on peut et puis avec du service voilà. Alors maintenant de toute façon, une boutique où tu proposes pas du service, c’est compliqué. C’est, la concurrence avec internet, et quand même un peu raide. J’essaye de me garder le plus, le plus possible au tarif, et puis de proposer du service, par exemple tout ce que je vends, tout ce qui sort de la boutique, l’affûtage est compris, par exemple, dans le tarif, ça permet, ben ça permet d’avoir un intérêt à venir consommer chez un commerçant local plutôt que un commerçant qu’à l’autre bout du monde, voilà.
– Et pour certains couteaux. Est-ce que tu peux nous dire le temps minimum pour faire un couteau et le temps maximum ? Suivant le couteau. Tu me présentes genre deux couteau, celui qui est le plus rapide à faire, le plus long puis le prix en découle, bien sûr et puis ça dépend des matériaux.
– Ne parlons même pas d’argent, c’est pas joli. On va parler alors de temps sur un couteau, je dirais que ça peut aller de deux heures, de deux heures pour faire un couteau, à quinze jours. Donc forcément que le résultat sera clairement pas le même. Comme tu disais aussi, le prix ne sera certainement pas le même. Un couteau fait deux heures, je pense notamment au petit brut de forge donc où le manche et la lame sont forgés d’un seul bloc, ou on va faire les traitements thermiques, enfin tout ce qu’il y a à faire dessus, ça va prendre deux petites heures. Et après des couteaux beaucoup plus travaillés, avec du damas, avec les sculptures, avec des matières précieuses, etc. On va, on peut travailler longtemps dessus. Je crois que le plus long que j’ai travaillé dessus, ça doit être une grosse dizaine de jours .
– Toi, tu continues à dessiner des couteaux, à les fabriquer. Comment ça se passe ? Tu fais des petits schémas ?
– Alors ma façon de travailler a bien évolué depuis que j’ai attaqué à bosser il y a une vingtaine d’années. Avant, je prenais un manche et avec cette matière là, alors je me disais ben tiens, je vais faire un couteau en fait, où le couteau était fait en fonction de la matière, quoi. Et puis, et puis ça a évolué, et de plus en plus c’est moi qui impose à la matière. C’est à dire que je dis non, moi j’ai fait un dessin, il faut que mon couteau ce soit ça fini donc en avant. Je descends beaucoup plus, beaucoup plus dans la matière, je laisse très peu de matière brute finalement. Je la travaille énormément. Je dessine beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup sur des carnets et des carnets. Au final, je dois faire quoi, je ne sais pas, quinze grosses pièces par an quoi, quinze gros couteaux sur, j’en sais rien, plus de cent dessins quoi. Des fois j’ai une idée ou je vois quelque chose dans la rue, au musée, je fais un petit croquis vite fait. Des fois, je me rappelle plus à quoi ça correspond.
(rires)
Mais bon, c’est pas grave. Ouais, j’essaye d’avoir une coutellerie qui soit, qui reste pas stagnante quoi, qui soit en perpétuelle évolution, même si c’est souvent des remises en question. C’est souvent des moments où on se dit j’y arrive pas, je tourne toujours en rond, je fais toujours la même chose, alors que pas forcément mais c’est l’idée qu’on s’en fait quoi. Il n’empêche que j’ai un style de coutellerie qui est extrêmement marqué, où on n’a pas besoin de venir voir s’il y a mon nom marqué quelque part sur le couteau, généralement de loin…
– On reconnaît la patte.
– Voilà, on sait que c’est de chez moi. Après, ben le problème d’un style ultra marqué, c’est que ça plaît ou ça plaît pas, mais au moins on est fixé.
– Tu vas peut-être faire un livre du coup avec tous tes dessins, ou… Un jour tu peux imaginer faire ça ou pas.
– Alors les dessins quand quelqu’un m’achète la pièce, enfin le couteau, souvent le dessin est donné avec.
– Ah, c’est génial ça !
– Ouais, c’est un peu le principe de pièce unique. C’est à dire qu’il a aussi la garantie que je referai pas un couteau avec le même dessin, en fait le dessin me sert après dans la fabrication, me sert de gabarit. Je reviens dessus souvent, d’ailleurs. Ça porte les traces, c’est tout noir, des fois, il y a des traces de sang, parce que je me suis coupé machin, ça ressemble plus à rien, mais les gens sont contents d’avoir ça, c’est rigolo. Et voilà, c’est un peu comme au certificat de garantie quoi, voilà, quand c’est commandé quoi.
– Ouais parce qu’on peut te faire des commandes en te disant voilà je voudrais un couteau avec tel ou tel matériau, mais on peut pas t’imposer, je veux dire la forme d’un couteau. Comment ça se passe ? Je peux te dire tiens, je veux ça, ça, comme ça, je veux que ce soit comme ça. Non, c’est pas possible, parce que tu es un créatif, artiste, artisan. On ne peut pas imposer quelque chose.
– Non, on peut rien m’imposer du tout en plus, je suis quelqu’un, je suis une caboche en plus quand j’ai décidé que c’était pas ça, c’est pas ça. Si tu viens me voir pour faire un couteau, c’est déjà que tu as vu mes couteaux et que mon style te plait. Ça ne servira à rien de venir me voir en me disant je voudrais un couteau, mais avec le style d’un confrère à moi, ou un truc que t’as vu sur internet, ou machin, c’est pas du tout comme ça que ça va fonctionner. Il faut déjà que t’aime mon style et que tu es un projet que moi, j’ai envie de faire. Il faut être un peu sexy quoi, il faut me rassurer, il faut me parler gentiment, il faut un peu m’amadouer. Il faut un peu m’amadouer.
– Faut venir avec une bière.
– Ouais aussi, ça marche aussi. Donc, voilà ouais, c’est clairement… Je prends pas beaucoup de commandes chaque année. Il faut que ce soit un projet qui me plaise, que j’ai envie de réaliser, que ce soit quelque chose d’un peu exotique ou un peu, un peu un défi ou…
– Donc je peux venir te voir en disant voilà, je suis Stéphanie, je veux un couteau et, suivant ma personne, en discutant un petit peu, tu peux avoir un couteau qui te, voilà qui te vienne tout de suite en tête, ou pas ?
– Alors tout de suite en tête pas… J’aime bien discuter avec les gens, quoi qu’il en soit, qui viennent commander un couteau, de préférence de visu, pas au téléphone, certainement pas par mail. Mais oui, ça me permet de poser quelques questions, de cerner un peu la personne, de voir ce qu’il aime de ce qu’il n’aime pas, lui montrer des choses, d’arriver à comprendre un peu, de d’essayer d’évaluer et de voir ce qui pourrait lui proposer. J’ai besoin, oui, j’aime bien ce côté-là, vraiment, vraiment de pouvoir rencontrer la personne et de lui fabriquer un couteau. C’est pas le couteau lambda, c’est un couteau qui est pensé pour la personne qui est là oui.
– Ok. Je vais te faire un petit test, un petit jeu. J’ai trouvé un couteau, bon tu vas le voir hein, c’est un couteau très connu hein des auvergnats.
– Le couteau mystère.
– Le couteau mystère. J’ai des doutes hein, je me dis que c’est un vrai, je me dis que c’est un faux. Attends, je l’ai mis dans la poche, je dois pas avoir le temps de me balader avec mais voilà, tiens, je te laisse l’ouvrir. Parce que j’ai des doutes. Je n’ai pas la croix du berger, je me dis est-ce que c’est vrai. La mouche, elle est pas assez travaillée, est-ce que c’est un vrai, je ne sais pas.
– Eh ben, alors donc, c’est… On est en plein dedans hein. C’est un Laguiole parce que les gens nous voient pas, j’ai dans les mains un Laguiole qui, qui est complètement pakistanais.
– Ah voilà !
– Donc, on les reconnaît, on les reconnaît de très, très loin, avec, on le reconnaît notamment à des finitions…
– La mitre ?
– A des finitions sur les mitres oui qui sont…
– Grossières.
– Qui sont très significatives. On va voilà, on a des, tout un tas de petits détails, les mouches qui, les mouches qui n’ont pas la forme de, j’allais dire les formes des mouches de par chez nous.
– Elles n’ont pas trop de beaux détails.
– On a peut être des mouches, voilà… On a un tire-bouchon dessus qui n’est pas opérationnel. Il est clairement beaucoup trop petit pour servir à quelque chose. Donc à part pour de petites, petites bouteilles. Non, après normalement si, bon je vais pas le faire là, mais je dois pouvoir tordre la lame et la laisser en place.
– Ah si, tu peux.
– C’est des aciers… Non, on va éviter parce que… Mais clairement ces des lames voilà qu’on peut tordre un petit peu facilement. Donc non, bon après, comme disait un de mes maîtres d’apprentissage, le meilleur couteau, c’est celui que t’as dans ta poche, quand t’en a besoin.
– Je l’ai jamais dans ma poche celui-là.
– Donc voilà, mais il peut être pakistanais, ou il peut être voilà… Tout dépend les valeurs que tu défends et la qualité que tu souhaites avoir dans ta poche quoi, c’est toujours pareil.
– Ça me réconforte. Je ne l’ai pas acheté celui-là. Merci beaucoup Benoit. Je vais inviter tout le monde à venir voir ta boutique parce que, déjà, ce que tu fais, c’est magnifique et la boutique en elle-même est super belle, avec ton beau comptoir là que tu as chiné certainement quelque part…
– Oh, je me suis pas bien cassé le bol à chiner. J’ai cherché un comptoir et j’ai un copain qui ah, mais au fait, j’en ai un qui traine au fond de mon garage, je crois. Je crois. C’était le je crois qui était intéressant, mais il a fallu démonter la moitié du garage et, effectivement, il y avait ce très beau comptoir, je l’aime beaucoup, il est très très chouette. On l’a un peu dépoussiérée on l »a pas touché du tout, je l’ai juste recirer un petit peu sur le dessus, histoire que ça soit, que ça soit joli, mais on l’a laissé tel quel dans son jus. On m’a proposé de me le racheter, j’en sais rien, vingt fois peut-être depuis que j’ai ouvert la boutique je crois.
– Tes peaux aussi, on a proposé de te les racheter, tes peaux d’ours de…
– Les peaux d’ours de la boutique. Alors, les peaux d’ours de la boutique, c’est deux peaux de noire du Velay, qui viennent de chez Jacques Chapat qui est un tanneur au Puy. Et c’est vrai que, l’une à côté de l’autre, comme ça, elles font très peau de bison, très peau d’ours. Les gens me posent des questions rapport à ça. Mais qu’est ce que ça exactement? donc, je m’amuse à répondre n’importe quoi. Mais voilà, alors qu’en fait, elles sont là parce que quand mes enfants viennent à la boutique, ils les prennent et s’en servent pour se mettre dans un coin, s’asseoir dessus et faire leur téléphone ou leur tablette. Pour être le premier but, c’est ça, décoratif et puis…
– T’es sûr que c’est pas pour faire ta sieste ?
– J’aimerais bien. Tu sais que j’ai pensé, là pour la saison, à m’acheter un petit transat un peu dur en forme pour me mettre du temps de midi. Mais je me dis que si je commence comme ça, c’est mort. Non, là, elles sont vraiment décoratives ouais. Après, j’ai plein de choses qui ont été récupérées, de droite, de gauche, etc. Qui ont été soit chinées, soit… J’aime bien ce mélange un peu avec des objets de diverses provenances. Et puisque, ce qui est très rigolo, c’est que quand j’ai commencé à mettre ça, j’ai des clients qui m’occupe, j’ai vu que vous aviez notamment, j’ai quelques chapeaux militaires, troisième Empire pour celui-là là-haut qui nous regarde. J’ai des clients qui m’ont dirt moi j’ai ça qui traine ou ça qui traine et qui m’amène d’autres pièces pour mettre dans la boutique et c’est rigolo quoi.
– Ouais.
– C’est un mélange un petit peu de différentes choses. J’ai des choses qui viennent de chez Orane comme on disait tout à l’heure, j’ai des choses qui m’ont été données, comme là le moule à cierges qui est une pièce aussi qui intrigue énormément le monde avec des suppositions plus folles les unes que les autres. J’ai entendu des moules à si…
– Des moules à saucisses knacki.
– Ça pourrait presque. Moule à cigares, ça ressort souvent ça, alors que pas du tout, les moules à cigares sont en bois les trois quarts du temps donc. Voilà donc, ouais, l’idée, c’était d’avoir une boutique qui ne soit pas comme toutes les coutelleries ou souvent c’est hyper entassés dans les vitrines. Voilà, je voulais qu’il y ait quand même une, un petit côté exposition, comme ce qu’on trouve avec les cadres notamment. Les cadres ça vient d’un autre constat, c’est que les vitrines en verre, ça coûte un bras. Quand j’ai regardé les prix, je me suis dit mais ils me les vendent pleines à ce prix là, c’est pas possible. Donc, j’ai cherché dans ma petite tête quelque chose qui me permette ben d’avoir des vitrines, qui soit sympa, à un prix un peu plus abordable, et du coup, j’ai été chercher des cadres chez Emmaüs, et puis j’ai fait un petit caisson derrière qui me permet d’avoir ce système qui est sympa, qui met bien en valeur et qui, je pense, qu’il participe bien quand même à l’ambiance générale de la boutique quoi. Donc, le principe est là, c’est vraiment d’exposer des choses de façon assez aérée et d’avoir une ambiance qui soit, je vais dire, un petit peu cabinet de curiosités, un petit peu… Sans oublier qu’on est là quand même pour travailler le couteau.
– C’est clair. Moi, tes petits casiers là, me font penser à Ambert, j’allais toujours vers un, un petit marchand de bonbons, tous ça ou de gâteaux et qui avait tout dans des…
– Dans des petites vitrines comme ça, c’est ce que j’appelle des vitrines antiquaires, mais ça a sans doute un autre nom, mais ouais, j’aime bien ce principe-là. J’aime bien aussi le fait… Alors, j’ai beaucoup de choses du coup qui sont sous vitrine parce que déjà une pour moi, je reste détendu par rapport au fait, même quand j’ai beaucoup de monde devant la vitrine, je n’ai pas grand chose d’accessible, comme ça, et puis ça engage vite la conversation avec les gens. Tiens, est ce que je peux voir si, est-ce que je peux voir ça. Et au final, on sort les affaires des vitrines, on regarde, on discute. On y a pas ce côté où on peut se, en gros, se servir soi-même et se faire sa propre idée. Je fais sortir quelque chose. Je serai là pour expliquer ce que c’est, comment ça été fait, etc.
– Oui et chaque couteau est bien mis en valeur je trouve comme ça.
– Oui, j’espère, j’espère qu’on en, j’espère que c’est ça, c’est vraiment… Je regarde en même temps que toi celles qui nous entourent. C’est comme si je les découvrais pour la première fois. Voilà, c’est ça, c’est que c’est pas tout bourré dans une vitrine et on voit chaque couteaux. Chaque couteau qui rentre ici est quand même choisi. Donc, j’essaie de mettre en avant le choix que je propose et d’expliquer facilement aux gens pourquoi j’ai choisi ce couteau là, pourquoi j’ai ce que je fabrique moi, j’ai ce que fabrique les copains quoi.
– Est-ce que tu peux donner rapidement un peu le nom de certains couteaux que tu as ici ? Peut-être celui que tu affectionne le plus. Bon, ce sera peut-être, j’espère, un des tien.
– Alors oui, j’ai les miens forcément, j’ai le Vellave et depuis récemment une série d’Yssingeaux. Mais après, je j’ai la chance d’avoir plein de copains couteliers qui me mettent des pièces, qui me mettent des pièces en confiance. Donc j’ai Mickaël Moing qui est à Saint-Privat d’Allier, qui est un vieux copain, on a attaqué ensemble à faire des couteaux il y a plus de vingt ans. Donc, on est en confiance et entre amis, il fait aussi partie de l’association Lames en Table voila. Qui me place quelques couteaux parce que c’est compliqué, Micka fait peu de couteaux qu’il vend par internet, et qui partent très, très vite. C’est compliqué d’avoir un de ses couteaux et moi j’ai la chance d’en avoir quelques-uns, toujours à la boutique. Donc, c’est l’avantage d’être copains. Je suis une des rares boutiques à avoir des couteaux à Micka parce qu’il bosse avec personne d’autre. Voilà, après, je vais avoir un copain qui est de Lyon, qui s’appelle Eric Depeyre aussi, qui me confie beaucoup de couteaux où là c’est la diversité des manches qui est folle, je le voit d’ici, là les couleurs, c’est, ça reste spectaculaire. Je vais avoir quelques autres, artisans sur Thiers, sur Laguiole avec qui je vais travailler, plutôt en confiance quoi. Et proposer un produit qui, certes, n’est pas fabriqué par moi, mais qui, malgré tout, est artisanal, de bonne qualité. Et après, on va compléter tout ça avec de l’industriel de bonne qualité, comme les incontournables Victorinox, les Opinel, les Mora, etc. Des choses qui sont, qui sont vraiment incontournables en coutellerie.
– Ton couteau préféré à toi, que tu fabriques, lequel est-ce ?
– Que je fabrique moi ?
– Est-ce qu’il y en a un qui te tient plus à cœur que les autres ? Un seul.
– Forcément que j’ai un Vellave dans ma poche, alors que je me suis même pas fabriqué moi, que un apprenti m’a fabriqué. Parce que moi, je n’ai aucun couteau à moi. Depuis tout le temps que je fais des couteaux, j’en ai jamais eu. Chaque fois, je m’en suis fabriqué un, soit je le donnais à un copain, soit c’est un client qui s’est roulé par terre pour me l’acheter. Donc, au final, j’ai pas de couteau à moi, j’ai des couteaux des copains pas mal, parce qu’on se les échanges, parce que souvent, on a des couteaux des copains, mais qui ont des petits défauts, parce que parce qu’on ne peut pas les vendre et qu’on les traîne avec nous et tu dis ben tiens je te le file…
– Ah ben ça me fait penser du coup, quand on t’offre un couteau, tu donnes la petite pièce pour pas couper le fil de l’amitié ?
– Bah, bien sûr, oui ça reste une vieille tradition ça. Je ne sais pas d’où elle remonte, d’ailleurs, exactement, mais on en entend souvent parler. Oui, dans le doute.
– Dans le doute, il vaut mieux, même si c’est que un centime.
– Ça coûte forcément pas cher et ça nous évite des problèmes. Donc, ben voilà, non, un couteau de chez moi, si je devais avoir un couteau là, qu’est-ce que… Si je pouvais, je porterais un couteau fixe, mais la législation française n’est pas très d’accord avec ça. Mais clairement, je porterais un couteau fixe de chez moi, c’est un peu ma spécialité. Ben après, au quotidien, je porte un Vellave quoi, en ivoire de mammouth, très joli et très élégant.
– Très élégant. C’est la classe ! Est-ce que tu veux rajouter quelque chose par rapport à ton travail, par rapport à ta boutique ?
– J’essaie d’avoir quelque chose d’honnête, souvent les gens m’entendent dire bah, en gros, ben non, je n’ai pas ce que vous voulez, sans essayer de leur vendre forcément, quelque chose d’autre. Quand on est chez moi, j’espère qu’on vient chercher du conseil, j’essaye de faire ça le mieux possible et en toute transparence. Si c’est un produit artisanal, je vous le dirais, si ce n’est pas artisanal, je vous le dirais aussi. Si je l’ai choisi, comme on disait tout à l’heure, c’est que malgré tout, il y a une certaine qualité. Voilà, mais c’est comme tout quoi. Malheureusement tout a un prix. Donc, je ne peux pas descendre en dessous d’une certaine qualité quoi, j’ai pas envie de ça.
– C’est normal.
– J’ai pas envie de proposer des produits bas de gamme juste pour proposer un prix qui est celui qu’on peut trouver sur internet. Faut malgré tout que les gens comprennent qu’un couteau bien fait avec de bons matériaux, ça a un coût et que ce coût là, il est incompressible au bout d’un moment. Donc, on ne peut pas avoir de couteau, un couteau à dix balles voilà, à part Opinel. Mais respect, c’est quand même une institution Opinel, mais il y a qu’eux qui sont capables de sortir des couteaux comme ça. Mais voilà, c’est d’avoir vraiment un conseil et d’aiguiller les gens dans un choix qui est ce qu’ils recherchent pas forcément le plus cher du magasin, mais ce qui correspond à leurs besoins et leurs envies, à leurs moyens.
– Oui puis, si on craque sur un couteau, on peut toujours économiser pour… ouais, petit à petit…
– Très souvent je vois ça, ou souvent les gens économisent, puis viennent me voir au bout d’un moment. Soit sur le couteau est encore souvent offert pour une occasion, que ce soit un anniversaire, une fête des pères, un noël.
– Sans oublier de donner la petite pièce.
– Voilà, sans oublier de donner la petite pièce.

– Ça marche, merci beaucoup. A Salut les Ponots ! on a un slogan, c’est Crache ta lentille ! Et en fait je vais juste te demander, voilà si il y a un événement que tu trouve remarquable au Puy, en Haute-Loire, ou alors s’il existe ailleurs que tu aimerais bien voir au Puy ou en Haute-Loire.
– C’est compliqué comme question.Tiens ça me… Je ne sais pas, non, je, je, j’aime bien, plus d’expo et plus de choses, peut-être au musée ou un autre musée en parallèle, peut-être plus dans les arts modernes, mais non, c’est bien en plus on a une belle expo là, tout de suite. Je sais si tu as eu l’occasion…
– Pas encore. Oui, sur le Japon.
– L’expo sur le Japon ouais. Très belle expo. Trop beau, ça fait plaisir quoi. J’y suis déjà allé une fois, j’y retournerai vite. Pour la voir au moins une fois de plus, forcément très inspirant pour les couteliers quoi.
– C’est ça, c’est ce que j’allais dire. Est-ce que tu changerais quelque chose au Puy ou à la Haute-Loire ?
– Non, sans rentrer dans la politique, on va rien changer du tout. Non, on y est bien je trouve, on a encore une qualité de vie qui est agréable, le Puy, c’est un gros village quoi, même si le centre-ville souffre un petit peu là ces derniers temps. Les commerçants notamment, on est un petit peu, on est un petit peu bousculé, on nous aide pas trop trop, enfin en tout cas c’est l’impression générale qu’on en a. La municipalité n’est pas forcément derrière nous, avec les stationnements en été, qui sont, qui sont payants à toute heure du jour et de la nuit, avec des CFE qui ont été délirantes cette année. Non, avec avec plein de choses où la musique a été retirée des rues, on a enlevé toutes les enceintes qui diffusaient un peu de musique. C’est un peu triste, notamment en période de Noël. Ce Noël, j’ai trouve ça particulièrement triste, comme le marché de noël aussi qui malgré tout draine les gens sur la place du Breuil et plus du tout dans le vieux Puy quoi. Voilà. Donc ouais, peut-être quelque chose à réfléchir de ce côté-là.
– Pour rendre un petit peu plus vivant le Puy. Merci beaucoup, c’est l’heure du deuxième jingle.
– Ah ouais ! Alors ce coup-là, je le tourne dans l’autre sens, parce que je veux voir si ça amène quelque chose de différent.

Musique jingle

Moi, je le préfère comme ça.
(rires)

– Merci beaucoup. On passe aux questions sur la Haute-Loire que tu connais bien forcément. Pareil, je te fais deux propositions, tu me dis celles que tu préfères. Artisou ou sarassou ?

– Ahhh sarassou !
– Ca ressemble un petit peu aussi au sarasson c’est ça, de Saint-Étienne.
– Et ouais. Et oui, et oui.
– Tu ferais plutôt une expo à la Chaise-Dieu, ou au Doyenné à Brioude ?
– Ah Doyenné, il paraît que c’est chouette hein. Je l’ai pas…
– T’es jamais allé ?
– J’ai pas vu, j’ai pas vu. Donc fait trop froid à la Chaise-Dieu.
– Alors, cette année, à la Chaise-Dieu, c’est Depardon, et c’est Dubuffet au Doyenné donc deux belles expos je pense. Il faut faire les deux cette année, c’est sûr.
– On ira faire les deux alors. On trouvera un peu de temps pour aller faire ça.
– Quand il fait bien chaud, tu vas à la Chaise-Dieu du coup.
– Oui voilà, on regardera la météo.
– Oh, il y a un petit plan d’eau pour te baigner en plus, donc… Le Dolaison ou la Borne ?
– Dolaison.
– Ok. Lentilles de Thiolent donc pas très loin de Vergezac forcément, ou la truite de Vourzac, pas très loin non plus.
– Alors, moi, je mange pas du tout de poisson, j’aime pas ça du tout. Donc, clairement, lentilles en plus, bon, effectivement, moi je suis, je suis en plein milieu, l’atelier est en plein milieu de la zone Aop donc lentilles, donc clairement.
– Château de Thoras qui est en Margeride ou le château de Chalencon ? Je sais celui que tu vas choisir…
– Alors château de Chalencon, parce que j’ai habité longtemps à Chalencon au pied du château, dans une petite maison juste au pied du château, qui est un chouette petit village hyper préservé où les voitures ne peuvent pas circuler, les lignes électriques enterrées…
– Le pont du Diable…
– Le pont du Diable, pont roman…
– La vallée de l’Ance.
-… le pont roman hein derrière, il est un peu moins connu que le pont du Diable, mais on peut faire un petit circuit qui est sympa, et puis il y a de chouettes baignades en bas aussi.
– Alors je fais un peu mon agence immobilière. Mais le château de Thoras est à vendre quatre cent quatre vingt quinze mille euros.
– C’est donné.
– C’est pas cher pour un château. Rien n’est à refaire, c’est en Margeride. Et voilà.
– On a un immobilier en Haute-Loire, qui est peu cher.
– Ah ben là c’est moins cher qu’au Puy. C’est sept cents euros le mètre carré. Donc, allez-y. Château de Thoras, en vente depuis début juin, je crois. Donc, tu vois, je fais un peu de la promo.
– Tu te reconvertis. Non mais voilà, il est clair que si tu entends parler de ça, ben voilà. Moi j’ai de la famille qui habite aux Deux Alpes, on est on est sur des prix au mètre carré, t’as un studio pour quatre cent et quelques mille balles.
– C’est clair.
– Donc non non c’est…
– Soit petit studio dans les Alpes soit grand château en Margeride, très beau coin en plus. Portail roman de l’Abbaye de Vorey ou la porte Saint-Georges.
– Celle qui est à Henri Vinay, elle est belle.
– Ok, dernière question cirque de Billière à Saint-Pierre-Eynac ou alors cirque de la Coste et du Nouveau Monde, c’est un cirque de basalte à Saint-Haon.
– Tu as dit à Saint-Pierre ?
– Oui, cirque de Billière, tu sais, avec la statue tout en haut.
– D’accord. Oui, ben ça c’est chouette.
– C’est une balade sympa à faire là-bas.
– C’est une jolie balade ouais. Donc j’ai la famille un peu là haut, on l’a fait plusieurs fois…
– Saint-Pierre-Eynac, ok. Si tu devais donner un nom à un couteau, un nom de la Haute-Loire, ça peut être une montagne, ça peut être autre chose. Quel nom pour un futur couteau pourrais-tu choisir ?

– Pour un futur couteau… Qu’est-ce que j’avais pensé l’autre jour,… Ah j’avais pensé le Mont Bar, un Mont Bar, je trouvais que ça passait bien.
– Ouais.
– C’est un nom de couteau qui était bien. Et puis c’est juste, c’est très proche de chez moi, là-haut donc ouais un Mont Bar c’est sympa je trouve. Le nom, enfin, quand on met ça sur un couteau, je trouve ça cool quoi.
– C’est pas mal et un endroit tranchant comme un couteau en Haute-Loire ?
– Tranchant comme un couteau, qu’est-ce qu’on…
– Ah ben ça, tu vois ce que tu veux dedans.
– Qu’est-ce que, ouais c’est… Tranchant comme un couteau ? Euh… Ouah, tranchant comme un couteau, c’est compliqué. Un endroit que j’aime bien ben le lac du Bouchet, en automne. Je suis assez en automne, en été, il y a un peu trop de monde. En automne, on se croirait presque un peu, un peu au canada, c’est un endroit que j’aime bien, où c’est vraiment…
– Avec l’accent que tu aimes bien.
– Ah ouais voilà, je prends l’accent pour la peine quand on fait la balade, le mec insupportable. Non non ouais, le lac du Bouchet en automne. Ouais, avec des couleurs folles quoi, ouais j’aime beaucoup.

– Allez ça marche et on va finir par ton dicton ou ton expression. Tu as d’ailleurs une petite histoire par rapport à ce dicton, cette expression.
– Mon expression favorite que j’emploie toujours et qui a beaucoup guidé tout ce que je fais dans la coutellerie. C’était un petit cadre qu’il y avait au-dessus de mon poste de travail quand j’étais en apprentissage chez Jean Luquet, qui était un Meilleur Ouvrier de France et c’est une des expressions de Meilleur Ouvrier de France, qui dit va plus haut, il y a moins de monde.
(rires)
– Ah c’est pas mal, j’aime bien. Et en plus, c’était un canevas, c’est ça.
– Oui, c’était un canevas qui avait été brodé par sa femme. Donc c’était, c’était rigolo, il y en avait plusieurs, comme ça, pausés un petit peu au-dessus des établis, dans la pièce, et celui-là c’était celui qui était au-dessus de mon poste de travail réellement et que je regardais de temps en temps en me disant des fois, mais qu’est-ce que je fais là ? Tellement c’était dur comme apprentissage, mais bon, c’est un apprentissage qui m’a énormément apporté quoi, très dur, mais qui m’a énormément apporté, et j’aime bien cette doctrine, elle est bien.
– Redonne la nous.
– Va plus haut, il y a moins de monde.
– Merci, Benoit. A très bientôt.
– Avec très grand plaisir.
– A bientôt. Ciao, ciao !
– Bisous !

Coups de coeur de notre invité