Épisode #61

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Sam

Temps d’écoute : 49’04 minutes
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– Salut les Ponots !, le podcast itinérant et léger qui donne la parole aux personnes qui habitent ou gravitent autour du Puy. aujourd’hui, j’ai le plaisir d’être avec Sam. Comment vas-tu ?
– Ça va, ça va.
– Ça va, ça va ? Est-ce que tu peux te présenter aux auditeurs qui ne te connaissent pas ?
– Alors moi, je m’appelle Sam. On m’appelle aussi Sama ou Samuel, ça dépend. Je suis originaire du Puy et je m’occupe notamment d’une association qui s’appelle Lanuit au Puy-en-Velay. Donc, on a notre tiers-lieu. Je suis musicien, tatoueur et d’autres choses aussi à côté, coordinateur, etc. pour l’association.
– Tu fais plein, plein de choses.
– J’essaye.
– T’es pire qu’un couteau suisse, un couteau ponot. Voilà donc, tu es né au Puy.
– Tout à fait je suis né au Puy-en-Velay, le dix janvier quatre vingt treize.
– T’as toujours vécu au Puy ou pas ?
– J’ai vécu au Puy, jusqu’à mes études, en études, je suis parti à Clermont. Après, je suis allé un peu à Lyon. Après je suis parti à l’étranger Thaïlande, Cambodge. Je suis allé en Nouvelle-Zélande, j’ai habité un peu en Nouvelle-Zélande après je suis allé en Indonésie, je suis revenu au Puy, puis je suis allé à Lyon. Après je suis revenu au Puy et après ben je suis reparti aussi un peu en Asie, plus récemment là, je suis rentré il y a deux ans, deux-trois ans.

– Est-ce que tu as une anecdote par rapport au Puy ou la Haute-Loire ?
– C’est une anecdote un peu bizarre, mais il y a beaucoup de gens qui ne connaissent pas un lieu qui s’appelle Saint-Quentin, qui est sur la commune de Chaspinhac. Beaucoup de gens connaissent la cascade de la Beaume, le lac du Bouchet, etc. C’est des lieux qui me tiennent à cœur énormément, mais Saint-Quentin, j’ai… Moi, j’ai découvert ce lieu l’année dernière parce qu’on a organisé un événement là-bas. Avant, je connaissais pas et pour moi, c’est le lieu le plus beau de Haute-Loire. Il faut y aller, il faut aller voir un lever du soleil ou un coucher du soleil là-bas, c’est incroyable.
– Je peux que dire oui, parce que moi c’est un des premiers lieux que j’ai connu, je suis là depuis quatre ans tu vois, donc je connaissais avant toi, finalement. Et c’est vrai que je le fait découvrir encore aux personnes qui sont d’ici en fait, on a l’habitude toujours d’aller dans les mêmes lieux. Donc, voilà le petit village de Saint-Quentin. Il faut marcher un petit peu, mais bon, une demi-heure ça va.
– Il y a vingt minutes de marche et puis y’a un petit bar associatif, faut regarder sur internet, sur facebook, l’association du village sauvé de Saint-Quentin et de temps en temps c’est ouvert. Donc, quand c’est ouvert, il y aura sans doute Franck ou quelqu’un d’autre qui pourra vous accueillir, vous expliquer un peu le lieu et puis vous servir un café ou une boisson fraîche.
– Puis c’est, la vue est magnifique de là-bas. Je vais te demander de faire le premier jingle. Tu es musicien, donc ça va être facile pour toi.

Musique jingle

Facile hein ! On a tous fait ça quand on était petit ou presque. On va faire le confessionnal. Je te pose des questions. C’est des propositions. Tu choisis ou t’appelle un ami si tu es en difficulté chat, chien ou licorne ?
– C’est compliqué. Ça dépendra des jours. De base, je suis plutôt chat, en ce moment, c’est plutôt chien. J’ai beaucoup d’amis qui adorent les licornes, donc le week-end on dira c’est les licornes.
– Skate ou BMX ?
– J’ai fait les deux. Je me retrouve plus dans le skate, je consomme beaucoup de vidéos de skate, alors que du BMX, j’en consomme un peu moins.
– Tu vas au skatepark un peu ou pas ?
– Je l’ai jamais roulé le skatepark encore. Non, je ne suis jamais allé facile, j’y suis allé avec mon chien, mais j’ai jamais roulé le skatepark, à mon grand désarroi, ça fait deux ans que j’essaie de trouver un moment pour y aller et je ne trouve pas le temps.
– Écoute, tu prends une longboard, tu mets le chien devant et c’est parti quoi. Caravane ou palace ?
– Caravan palace.
– Alors, si tu étais un pianiste, tu serais le pianiste de l’espace de Moebius, de Jean Giraud, ou le pianiste de l’océan de Novecento et c’est Alessandro Baricco.
– J’ai un grand amour pour le travail de Moebius, donc je parlerai de Moebius plutôt.
– Ben ouais. Live ou DJ set ?
– Live, mais ça dépend de la situation on va dire.
– Ça dépend de l’humeur un peu, de tes compositions que t’as fait ou…
– C’est ça. En fait, je prends plus de plaisir avec le live, mais je partage plus facilement en DJ set on va dire.
– Bien répondu. Eh ben, justement, j’ai trois filles, Suerte, Eclectica ou Marina Rabita ?
– Je connais que la première. Donc, je dirai Suerte.
– Suerte elle est de Lyon c’est ça ?
– Elle est de Lyon ouais.
– Ouais j’aime bien ce qu’elle fait. J’ai écouté un petit peu donc… Aérien ou terrien ?
– Ah moi je suis terre à fond, mais je travaille de plus en plus dans l’aérien avec ma femme. Mais non plus terre quand même avec les volcans, tout ça, terre.
– Recueillement, lâcher prise ou expression ?
– Ouf recueillement, lâcher prise ou expression ? Euh… Le recueillement dans l’expression pour mieux lâcher prise.
– Haha il est très fort, si tu ne faisais pas DJ comme tu fais, tu serais plutôt dans une fanfare techno comme Meute, une fanfare allemande où tu ferais de l’accordéon électro comme Grayssoker ?
– Plus, je suis plus Meute que Grayssoker, mais je pense que je ferai plus un truc, euh… à la Grayssoker tout seul que dans une fanfare. Mais je préfère la musique de Meute. J’aime beaucoup en concert. C’est incroyable.
– Ouais, je les ai vu à Marseille, ils sont terribles. Turbo Sound ou Yamaha ?
– Hahaha. Ben pareil, ça dépend, pour la maison Yamaha et pour que ça tape fort dehors Turbo Sound.
– Ouais parce que j’ai regardé, je me dis, c’est quoi la différence ? Et je tape sur internet. Je vois des petites enceintes et je me dis mais c’est assez puissant, ce truc ?
– Ouais ben Yamaha on va dire c’est un peu plus, c’est plus pour de l’écoute. Par exemple mes enceintes de monitoring ça va être du Yamaha. Les enceintes que j’utilise pour mon spectacle, ça va être du Yamaha. Les enceintes que je vais utiliser pour les événements, pour mixer à l’extérieur, etc. Ce sera du Turbo Sound, c’est plus costaud on va dire.
– Si tu devais faire une représentation, par exemple avec ton futur, ton spectacle que tu as actuellement en tournée. On en parlera tout à l’heure. Ce serait au Cabaret Sauvage à Paris ou dans le Théâtre Antique d’Orange. Où aimerais tu le faire ?
– Plus Théâtre Antique d’Orange. Je connais les deux lieux et pour le côté patrimoine et grandeur, je pense, je préférerais Orange quand même.
– Ouais, je pense que ça doit claquer un petit peu plus. Petite ville ou grande campagne ?
– Ben la petite ville à la campagne quoi, toujours, toujours. Non, mais oui, la campagne, campagne à fond. La petite ville a ce problème, pas la mienne hein de Petite Ville, mais je reproche un peu, venant vraiment de la campagne, campagne. Je reproche un peu aux petites villes de pas avoir les avantages de la ville et de pas avoir non plus les avantages de la campagne. J’ai vécu un an au Puy. Et ouais non, c’était un peu dur. C’était super avec mon coloc Raoul, si tu m’entends, j’ai adoré ces moments, mais j’aime bien sortir en slip boire mon café, quoi.
– Tu peux tenter ici, mais bon, ch’ai pas… Alors, je ne sais pas si je vais prononcer comme il faut, parce que bon, je suppose que c’est ça. C’est le festival PHNMN (Phénomène) Fréquences à Saint-Etienne ?
– Ouais.
– Okay, ou le Zouav’Fest en Normandie, ou Nuits Sauvages Phonolithe en Ardèche ?
– Pour la proposition Nuits Sauvages, c’est vraiment un festival très chouette où j’ai eu l’occasion de jouer. Le lieu est incroyable. Je vous invite vraiment à y aller. Peut-être quand le podcast sera sorti, ce sera déjà passé.
– Euh, c’est début août, donc ce sera la même semaine.
– Voilà, ça va sortir en même temps que le podcast. Je vous invite vraiment à aller là-bas. Après sinon Zouav’Fest, c’est quand même démesuré. C’est génial. J’ai, on a joué un spectacle là-bas et ouais non Zouav’Fest, c’est incroyable. Mais c’est plus à l’ancienne, on va dire, c’est plus des jeunes qui ont créé Nuits Sauvages là où Zouav’Fest, c’est un plus le monde de la, on va dire de la free party, de la techno de… C’est des gens entre quarante, ouais autour de quarante ans qui ont monté ça, mais c’est très cirque. Je crois que leur, ils disent le, un peu le mot d’ordre du festival, ces technos zébrures et volupté. Et ça porte très bien son nom, c’est très circassien. C’est très, c’est marrant ça, il y a des gens qui vendent des huîtres au milieu du dance-floor et tout c’est, c’est quelque chose quoi, c’est quelque chose.
– Si t’as le petit vin blanc qui va avec, c’est bon.
– Y’a souvent le petit vin blanc qui va avec.

– Ta routine avant de te produire ?
– Le montage.
(rires)
Montage, montage, montage. J’aime bien prendre au moins une heure pour moi seul où je vais boire un verre, peut être méditer un petit peu, ou prier un petit peu, et puis, on va dire me détendre, mais m’ont souvent vu dans mon auto prod. Le problème, c’est que, ben, on fait un peu tous les posts en même temps et souvent avant de jouer ben y’a le montage, peut-être réceptionner les gens, s’occuper de du petit speech, lancer les caméras si on veut filmer, lancer l’enregistrement, les derniers réglages, etc. Mais idéalement, oui, c’est une demi-heure, une heure, tout seul. Et puis un gros câlin avec l’équipe avec laquelle je bosse et puis Go !
– Est-ce que t’as une petite faiblesse ?
– Je crois que j’en ai plein des faiblesses.
(rires)
Euh… La fête hein, la fête.
– Ben oui mais c’est de la joie, c’est de l’amour. Voilà du partage. Donc, ça peut se comprendre.
– Du lâcher prise, du lâcher prise.

– Alors maintenant on va parler un petit peu du Puy, de la Haute-Loire, et je vais te demander si il y a un ou des commerçants que tu aimerais mettre en avant ?
– Avec notre association, Lanuit, on a ouvert un tiers-lieu il y a deux ans de ça, dans la rue Raphaël et juste en face de nous, enfin pas tout à fait juste en face, juste un petit peu à côté d’en face, certains sauront, il y a Pinson, le Pinson Coloré, qui est un proche maintenant, qui tient une petite brocante avec plein de choses. C’est un personnage vraiment atypique. Il n’est pas originaire d’ici, si je crois qu’il originaire d’ici, mais il a beaucoup habité à Toulouse mais il a ouvert sa brocante ici depuis quelque temps et c’est vraiment quelqu’un de super, et voilà, je conseille vraiment d’aller, d’aller le voir. Et de l’autre côté, toujours en face de nous, mais un peu plus haut, il y a monsieur Aznar, qui est un joaillier, carrément, qui travaille notamment l’or et tout et qui propose, je ne me souviens plus du nom, mais c’est des colliers qui, avant, c’était les jeunes mariés qui recevaient ça. Donc, ça, c’est une croix souvent, une assez grosse croix en collier. Il me semble que c’est un peu sa spécialité et il fait un travail… Enfin que moi je trouve magnifique, très ancré dans le patrimoine et chez nous, à la fois brut mais à la fois très travaillé. Enfin, c’est… Je vous invite vraiment… C’est un peu cher, mais c’est du travail d’orfèvre, quoi, voilà donc, c’est… Je sais que moi-même, ma mère, c’est un peu le seul joaillier qu’on côtoie, avec la famille, quoi, mais c’est ouais, c’est vraiment incroyable ce qu’il fait.
– Puis c’est un monsieur très charmant, j’ai eu l’occasion de le rencontrer cette semaine tu vois et il est très charmant.
– Il est passionné de plein de choses. Non, il est sympa et c’est un personnage je pense à rencontrer.

– Est-ce que tu as un artisan maintenant ? Je crois que tu as un ami artisan dont tu voulais parler.
– Je voulais parler de Simon Jalade, qui est un de mes meilleurs amis, qui œuvre beaucoup aussi pour notre association et qui, lui, travaille le bois, qui propose plein de choses. Autant il va faire des cuisines que des étagères, que plein d’autres choses. Il est très à l’écoute, il travaille de manière très, très, très professionnelle. En ce moment, il travaille sur la maison qu’on est en train d’acheter avec ma femme et ouais, non, il est vraiment très pro, il est très à l’écoute, en plus il travaille bien et ouais, non, Simon, Simon Jalade, Conception Bois. SJ Conception, je crois, sur instagram. Et j’en rajoute un autre, pareil, qui travaille en ce moment beaucoup à la maison et qui est un très bon copain. Euh Gitou, Jordan Enguehard qui est maçon et pareil… Là, on parle d’un mec qui tombe le taf de trois personnes, qui est très à l’écoute et ouais donc c’est des gens qui sont très professionnels et qui travaillent très bien.

– C’est super. Est-ce que tu fait le marché ou pas, t’as pas le temps peut être le samedi matin ?
– Je l’ai eu fait. Maintenant j’ai un peu moins de temps. Je pense que pas mal de gens de ma génération ont fait comme moi, c’est-à-dire pas l’indétrônable, mais l’inévitable poulet, poulet Momo. On l’a toujours appelé poulet Momo. Je ne pense pas du tout qu’il s’appelle comme ça, mais le stand de poulet à côté de la bibliothèque, voilà, qui ouvre le matin assez tôt.
– C’est les rôtisseries foréziennes non ?
– Oui, peut-être, je ne sais pas. Et donc, on a beaucoup mangé du poulet chez lui. Et puis, sinon, il y a quelqu’un de mon village qui travaille très bien, Gaillard, saucisson Gaillard, qui est renommé, qui est quelqu’un de mon village Agizoux quoi, qui habite, euh, presque un voisin. Donc, voilà, je pense que je donnerai ces deux personnes.

– On va peut-être parler de toi en tant qu’artiste. Après, je sais pas si tu as d’autres artistes à nous présenter. Vas-y, dis-nous tout !
– Pas mal dans la musique depuis que je suis petit. Donc après sous différentes formes. Là actuellement, ben je fais du live. Donc, du live, pour ceux qui ne savent pas, enfin c’est de la musique live, de la musique électronique on va dire, l’utilisation de machines, etc. Ou dans le spectacle que je fais avec ma femme Éphémère, ou, en fait, je pars de zéro et je créé au fur et à mesure. Donc, voilà ça, c’est un peu entre de la musique ambiante et de la musique un peu du monde. Il y a du kalimba, y’a du chant il y a… Certaines personnes y trouvent un peu des similarités avec ce qu’on peut entendre dans les églises des fois, quelque chose de très solennel. D’autres personnes trouvent que ça ressemble un peu à de la techno à certains moments. Enfin, voilà, sinon je suis aussi DJ à côté. Je me présente un peu à droite, à gauche, avec le collectif. Et puis, sinon, à côté de ça, ben je suis tatoueur. J’ai enfin trouvé… Enfin, ça fait cinq ans que je pratique et là, j’ai enfin trouvé mon… On va dire mon style, entre guillemets, j’essaie de… Le patrimoine et la culture ancestrale humaine me porte très à cœur. J’ai toujours été passionné par les châteaux, Tout ça, puis après, plus tard, en voyageant, les temples en Asie, etc. Et donc j’essaye de proposer un style qui s’approche de la gravure, on va dire, à l’ancienne, mais du coup avec le tatouage, et du coup je qualifie ça de néo gravure. Voilà. Quelque chose que j’aime bien, bien, bien travaillé.
– Si on veut se faire tatouer, on te contacte sur insta. C’est ici, au sein de Lanuit Art que ça se fait ?
– Très récemment, j’ai ouvert mon shop dans le tiers-lieu qu’on occupe avec l’asso du coup, au vingt six rue Raphaël, et sinon, bah voilà, vous pouvez retrouver mon travail sur instagram. Je m’appelle Ancestra.ttt, trois fois le T, ancestra comme ça se prononce. Vous pouvez trouver mon travail un peu là-dessus, me contacter là-dessus et sinon ben passez carrément. Là je viens juste de finir, le jour où on enregistre ça, je viens de finir ma devanture et du coup, si vous passez devant le vingt six rue Raphaël, vous trouverez les informations pour me contacter, un peu de mon travail.
– Et pour ton travail de DJ live, t’es connu sous… Tu nous l’as dit le nom tout à l’heure donc sur insta…
– Sama S4m4 avec donc premier Sama.S4m4 avec des quatre à la place des a, et sinon, ben plus facilement sur le l’instagram de Lanuit, donc, @lanuit.art. D’ailleurs, j’aimerais bien souligner que on dit Lanuit ou Lanuit.art. C’est la nuit, tout accroché, mais pas des la espace nuit, espace bon c’est un peu… Voilà, juste, c’est Lanuit, collectif Lanuit.
– Parce que .art en fait, c’est un nom de fichier, hein, c’est ça.
– C’est exactement ça en fait, c’était que le collectif, on a cette envie d’être déjà transdisciplinaire et du coup, on est aussi dans le numérique, parce que bon on est à l’ère du numérique, etc. On utilise beaucoup ces outils là, que ce soit par le live, que ce soit par la musique, que ce soit par les logiciels qu’on utilise, par la communication, par photoshop, etc. Et du coup, plutôt qu’avoir un Lanuit, point jpeg, comme un… Ou point word, doc ou un truc comme ça sur l’ordinateur, on a décidé de mettre le point art, voilà. Mais on dit Lanuit, Lanuit c’est bien, collectif Lanuit.
– Mais après .art, oui, on peut le comprendre, moi au début je croyais que c’était art pour artistique, tu vois, mais finalement, ça se prête bien aussi non ? Je ne me trompe pas ?
– Oui oui, c’est pour l’artistique, tout à fait, c’est la… Mais souvent, les gens ne savent pas trop comment dire, est-ce qu’on dit Lanuit art, est-ce qu’on dit Lanuit.art, est-ce qu’on dit… Dire Lanuit, c’est très bien.
– Est-ce que tu veux rajouter quelque chose par rapport à ton travail d’artiste ?
– Ben, je joue ce spectacle du coup avec ma femme donc, Éphémère qui est un spectacle de tissu aérien, de danse et de musique électronique. Donc, on a plusieurs représentations dans l’été, notamment là, après la sortie de ce podcast. La prochaine, ça sera au festival qu’on organise à Saint-Quentin du huit au dix août. On jouera aussi au château Rochebaron fin août. Et après, sinon des DJ set, j’ai plusieurs DJ set un peu à droite, à gauche. Voilà.

– On regardera sur instagram de toute façon pour se tenir au courant. Il n’y a pas de soucis, et on va parler un peu plus de Lanuit du coup. Je dirais plus Lanuit art, je dirai Lanuit, donc, avec, notamment, ce festival qui se prépare du huit au dix août, comme tu le disais, qui sera dans le merveilleux village de Saint-Quentin. Est-ce que tu peux nous donner un petit peu la programmation, brièvement, voir un peu comment ça va se dérouler ?
– Alors c’est un festival participatif déjà, ce qui est pour nous une chose très importante. On essaye de s’affranchir un peu… la situation aujourd’hui, la situation culturelle est un peu délicate. Il y a plein de festivals qui dépendent des aides et qui y voit des coupes budgétaires et qui, au final, tombent. Nous on a cette démarche où on touche un petit peu des aides à côté, mais par exemple pour ce festival, on veut pas forcément en toucher. Donc, c’est participatif. Il faut savoir que tous les gens qui travaillent sur le festival, personne n’est payé. Donc, ça, ça nous tient à cœur. C’est un festival d’arts vivants, de musique. Donc, il y a des spectacles, il y a de la musique, mais il y a aussi des ateliers le samedi après-midi qui sont produits, proposer, entre guillemets, en gratuité. Donc là, cette année, il y a du macramé, il y a une initiation au système modulaire, au synthétiseur modulaire, il y a du tissu aérien, il y a une conférence sur le village de Saint-Quentin qui sera enregistrée d’ailleurs. Voilà, et après, en terme de musique, c’est assez éclectique. Justement, nous aussi, on a ce choix de… Là où certains festivals ou certains lieux proposent un peu une programmation en fonction de ce qui est à la mode et où les gens ne peut pas forcément s’exprimer. Nous, on va un peu à l’encontre de ça et on dit bon, si il y a un artiste qui vient, nous on lui laisse carte blanche, il passe ce qu’il a envie. Donc, il y aura vraiment un peu de tout en terme de musique. Et il y a des artistes des quatre coins de la France. Il y a des parisiens, des gens de clusters collectifs qui descendent, il y a des gens de vers Strasbourg, Dijon, y a des bordelais, des marseillais qui remontent, il y a des gens de Limoges, etc. De Lyon aussi. Et voilà, cette année, notre pari, c’est de faire venir justement ces gens qu’on côtoie plus ou moins ou qu’on connaît de par notre parcours. On leur a proposé, certains ont dit non, il y en a pas mal qui ont dit oui, la majorité ont dit oui, malgré le fait qu’ils ne soient pas payés ni rien. Et donc voilà l’idée, c’est de faire connaître un peu ce lieu et notre collectif à des gens extérieurs on va dire de la Haute-Loire, mais aussi proposer à des altiligériens d’écouter des gens qu’ils n’auront pas forcément l’occasion de voir ailleurs. Parce que c’est des artistes qui se produisent surtout dans les grandes villes, en fait, et qui vont pas se produire dans des villes comme le Puy-en-Velay, en fait. Donc, euh voilà, il y a un peu ça.
– Alors, c’est une sacrée organisation, parce que si… Bon certaines personnes ne connaissent pas, comme tu disais le village, de Saint-Quentin. Mais il n’y a pas, on va dire, d’eau, d’électricité, il faut monter la caravane. Vous allez monter la caravane, donc, ça passe, apparemment, ou pas ?
– Alors oui non, c’est très technique, y’a l’eau mais y a pas d’électricité. Donc, il faut acheminer l’électricité. Après nous, on fait aussi le pari de… Enfin, quelque chose qui nous est très cher avec l’association dans les évènements qu’on organise, c’est l’entre-soi. On va dire, enfin l’entre-soi, le bon côté de l’entre-soi, c’est-à-dire quelque chose d’assez intimiste. Donc là on a un festival, je crois qu’il y a deux cents places en vente. Donc, avec les artistes, les bénévoles, etc. Il y aura maximum deux cent cinquante personnes pendant trois jours. Et nous, on aime beaucoup ces formats où les gens peuvent se rencontrer. Ça nous permet aussi d’avoir moins de frais. Mais bon mine de rien, vu qu’on aime bien faire les choses correctement, et qu’il y aura beaucoup de scéno, beaucoup de sons, oui, c’est une sacrée organisation de tout monter là-haut, Ben nous, pour donner un ordre d’idée, on va être une dizaine à arriver le lundi ou le mardi, le festival est le week-end, et on va finir de démonter aux alentours du mercredi. Donc oui, je crois que j’avais compté l’année dernière, y’a plus de deux cents heures de travail, je crois, deux cent cinquante heures de travail juste sur le montage, sans compter tout le travail en amont, de coordination, d’organisation, etc. Juste sur place, monter, faire le festival, démonter, il y a entre deux cents et trois cents heures de boulot quoi. Ouais, c’est un gros pari, mais c’est aussi ce qui rend les choses belles on va dire. Déjà e site est incroyable et, en plus de ça, réussir à amener une proposition telle quelle là-haut, ça va être compliqué. Enfin, c’est compliqué, mais ça rajoute quelque chose aussi. Enfin, c’est… On aime bien les lieux comme ça. Là, par exemple, avec le spectacle Éphémère, on vient de filmer quelque chose à la cathédrale. Donc, là aussi, c’est un certain pari et on va filmer autre chose en lien avec ce spectacle à la cascade de la Beaume, et ça aussi, c’est enfin c’est nous des choses qui nous, qu’on trouve génial, en fait, le fait d’aller filmer le spectacle la cascade de la Beaume. Donc, ça veut dire descendre tout le matériel, etc. Monter la structure et tout, ça va être, c’est une méga prise de tête pour, peut-être, pour certaines personnes, pour pas grand-chose, mais pour nous le rendu c’est, enfin, c’est c’est des défis, quoi … Disons qu’on aime bien se mettre des défis, un peu… Un peu… Pas bête, mais un peu ouais, des fois un peu bête.
– Mais ça en vaut le coup. Et le tissu, tu disais, la hauteur de la structure, c’était combien de mètres ? – C’est huit mètres de haut.
– Donc quand vous connaissez la cascade de la Beaume. Voilà, quand il faut tout descendre, ça doit pas être léger.
– La structure fait cent vingt kilos, mais en plus de ça, y aura le groupe électrogène, toutes les lumières, tout toute la cablasse qui, c’est ce qui pèse le plus lourd, les câbles, et on va essayer d’en filmer. En fait, le pari à la cascade de la Beaume, c’est de le filmer un peu de jour, mais de le filmer de nuit aussi, parce que il y a des belles images de la cascade de la Beaume. Encore, il n’y a pas beaucoup des images au drone de cette cascade, mais là, l’idée, ça serait de la, on va dire de l’éclairer et de la filmer de nuit éclairée, chose qui n’a jamais été faite. On pense que ça peut être vraiment, vraiment chouette, quoi.
– C’est sûr, et puis voir la cascade autrement, on a l’habitude d’avoir les mêmes photos. Moi-même, j’ai mis une photo que tout le monde a vu sur l’insta. Donc, là, c’est… Moi, je vais attendre avec impatience, en tous les cas.
– Ah si, juste en fait, voilà, j’ai oublié de dire quelque chose par rapport à ce spectacle Éphémère. C’est un spectacle que grâce à la région, au département, à la mairie de Solignac, à la mairie de Vorey, à la mairie de la Chaise-Dieu, à la mairie de Bas-en-Basset et avec le soutien du collectif et de l’association Lanuit, c’est un spectacle qui a pu rentrer dans un processus de mise en valeur du patrimoine. Et donc là cet été, on va le donner, comme je disais tout à l’heure, à Saint-Quentin, à Rochebaron, mais on a pu le donner à l’auditorium de la Chaise-Dieu, à l’Hôtel-Dieu au Puy, dans les gorges de l’Arzon à Vorey et à d’autres endroits. Et en fait l’idée, avec ce spectacle, c’est de mettre en valeur le patrimoine et justement d’avoir des espaces de patrimoine. Le spectacle en fait s’adapte à chacun de ces endroits et essaye de venir souligner la beauté de l’espace.
– Parfois, c’est plus compliqué pour vous, parce que, du coup, l’installation est pas la même d’un lieu sur l’autre. Une fois c’est à l’extérieur, une fois c’est à l’intérieur. Enfin, c’est toujours à l’intérieur ou… Ben non puisque ben oui…
– Le seul à l’intérieur, ça a été l’auditorium de la Chaise-Dieu, sinon tout en extérieur. C’était ça aussi qui nous tenait à cœur, avec Estelle du coup, ma femme, c’était d’arriver avec une proposition qui rentre en résonance déjà entre elle et moi, mais aussi avec le lieu et avec le public, pour avoir un espèce de moment complètement hors du temps, dans la contemplation. Pour nous, c’est très important, dans ce monde où tout va très, très vite, d’avoir cette demi-heure, trois quarts d’heure de spectacle où le temps s’arrête, avec ces lieux qui sont magnifiques quoi. Pour nous, c’était important, c’était une bonne piste pour lancer ce spectacle.
– Ouais, tout à fait, moi, j’ai hâte de voir le prochain. Par rapport à l’association à Lanuit, il y a un petit mot qui voilà, qui m’avait interrogé, Lanuit service de médecine holistique et alternative.
– Oui, c’est notre bio insta. Ben en fait le l’idée de Lanuit, c’est venu vraiment avec du temps, ça a pris beaucoup de temps à se mettre en place. L’idée de cette association, à la base, il n’y avait pas du tout l’idée de l’association, l’idée du collectif est arrivée petit à petit, mais en fait, c’est arrivé un peu d’un constat qui est un peu celui de bon les gens n’ont pas forcément le temps et tout. Mais sur, en fait, on a créé l’association avec le premier spectacle qu’on a créé il y a cinq ans. Ma femme me tapera sur les doigts parce qu’e ce sont sans doute pas les bonnes dates. On va dire cinq ans et en fait, c’était un spectacle très engagé, pas forcément politiquement parlant, mais qui parlait du transhumanisme, qui parlait de la femme, de la place de la femme dans la société, etc. Et en fait, on est arrivé à un constat, après des nuits et des nuits et des nuits de discussion avec ma femme, du coup. Souvent, quand on propose la fête et donc la nuit, parce que bon bah, parce que pour nous la nuit, c’est un certain moment etc. Où on peut faire la fête et tout. Mais souvent, quand on veut faire la fête, c’est pour fuir les choses et en fait, nous, on essaie de se dire. Non, en fait, il faut pas se dire qu’on va fuir les choses, il faut mettre la lumière sur les choses, mais mettre la lumière sur les choses d’une manière bienveillante. Et même si les choses vont pas, faut pas venir à des soirées techno pour se défoncer la tête. C’est pas ça l’intérêt. L’intérêt, c’est de venir en soirée techno, même si tu vas pas bien, pas pour forcément que t’évader, mais pour refaire le lien avec des choses qui peuvent être plus importantes et qui peuvent t’apporter du bonheur en fait, voilà. Et service de médecine holistique et alternative. C’est juste qu’on trouvait que c’était marrant un peu de faire une blague, que voilà, on n’était pas, comment dire, qu’on n’était pas forcément un collectif à… Je sais même pas ce qu’il y a d’autre ?
– Ah je sais pas mais celui-ci m’avait plus, donc…
– Il y avait une liste, j’avoue, il y avait une liste, je savais pas quoi choisir. J’ai vu ce truc, je me suis dit tiens, c’est rigolo, et ça colle un peu avec l’à côté, on va dire et du coup, vas-y go, on fait comme ça.
– Moi, j’avais rencontré l’association de Saint-Quentin après votre premier festival et les mots qu’ils m’ont dit, les premiers mots, c’est ouah mais ces jeunes, j’ai jamais vu des personnes aussi bienveillantes, respectueuses, donc, ça ça fait partie… Vous avez pas une petite charte au sein de l’association comme ça. Parce que là tu parlais de, justement, de pas venir faire une soirée techno pour se défoncer mais pour justement se libérer de certaines choses.
– Mais en fait, on a essayé de le mettre sur papier. On a un manifeste qu’on peut retrouver dans tous nos événements, etc. Je saurais pas le redire actuellement, mais en fait c’est plus une… Quand on a monté cette structure, on va dire, cette entité, ce collectif, Lanuit, c’est vraiment beaucoup, beaucoup, beaucoup de nuits de discussion, etc. Petit à petit, ça s’est monté en fait avec des personnes qui sont proches de nous, avec qui on partage un socle de valeurs communes en fait, qui vont être, par exemple, la bienveillance, faire attention aux autres, etc. Mais aussi certains goûts artistiques, encore que il y a des personnes qui font partie du collectif qui n’ont pas du tout les même goûts artistiques que d’autres, mais vraiment, par exemple, ne serait-ce que cette bienveillance et ce truc de la fête, du coup. Après beaucoup de discussions, on a du coup développé entre guillemets cette association et ce collectif est en fait avec deux directions. La première, c’était que voilà, Estelle et moi du coup, c’est nous qui avons créé la structure, on va dire le collectif, qui sont à l’initiative de. Donc, on est, entre guillemets, la première couche de l’oignon. Et on va être, on va dire, entre guillemets, l’essence, l’âme de Lanuit avec une vision particulière. Voilà, pour nous, c’est la nuit, c’est pas juste une association, c’est aussi un projet de vie, en fait, avec lequel on s’est retrouvé nous ensemble, avec lequel nous on a construit et dans lequel on se projette pendant des années. Ensuite, il y a lds gens du collectif, qui seront la seconde couche de l’oignon, en fait. Et qui vont être le centre de décision, le centre d’action, les manager sur les différents événements, etc. Donc des gens qui sont vraiment, qui sont très, très important, sils ont fondamentales pour tout ça. Et ces gens-là, on va dire, ça va être le cœur de l’association et du projet. Ensuite, il y a la troisième couche on va dire de l’oignon, qui est le corps de Lanuit. Donc, on a l’âme, le cœur et le corps. Le corps ça va être tous les gens qui sont juste, on va dire, qui sont adhérents à l’association mais qui vont donner un coup de main sur les événements, qui vont pas forcément s’investir énormément, mais qui, quand ils auront du temps à donner ou quand ils verront la possibilité et donneront du temps pour ça, Et ensuite, il y a la quatrième couche. On va dire qui va être la famille autour du corps, qui est là juste, peut-être les adhérents, ou juste les gens qui participent à nos événements et qui nous donnent un peu de bienveillance, nous donnent un peu de force, etc. Sans forcément être bénévole, sans forcément prendre des décisions au sein, et du coup, on avait, il y a un peu cette idée-là, on va dire avec laquelle on a construit l’association. Et à côté y a aussi au sein même du collectif, on va dire, on avait, on s’est un peu cassé la tête pour essayer, en fait de faire quelque chose outre l’aspect financier, outre l’aspect on va dire shiner genre sur les réseaux, et tout nous, tout ça, c’est pas trop notre truc, nous, ce qu’on voulait, c’était aussi un terreau, quelque chose pour s’exprimer, en fait. Et pour donner la possibilité à chacun de s’exprimer. Donc, on fait beaucoup de là, on essaie de rendre les choses accessibles pour tout le monde, on fait de la médiation culturelle, on fait des ateliers, on fait des cours, etc. Etc. Des open platines, des trucs pour que chacun puisse s’exprimer. Mais tout ça aussi, au sein du collectif, on avait essayé de créer quelque chose donc on cocréé un espace de confiance. Cet espace de confiance, il peut permettre à chaque, une, personne en fait c’est un espèce de cercle vertueux, ou si tu crées un espace où les gens sont en confiance et où les gens peuvent s’exprimer à l’aise, en fait, ils vont s’exprimer, ils vont dépasser leurs limites. S’ils dépassent leurs limites, ils avancent et en fait, ils vont, ce dépassement et le fait qu’ils avancent dans leur vie et dans leur pratique artistique, ça va permettre à l’ensemble du collectif de s’élever, en fait. Et donc, on a construit Lanuit autour de cette idée, en fait, de cercle vertueux de voilà. Il faut que être dans la bienveillance, qu’on soit en conscience, et tout. Et donc quand il y a quelqu’un comme Franck Jarniat de Saint-Quentin, qui dit que ben oui, on est dans la bienveillance qu’on rend les choses. C’est que pour nous, en fait, on est un peu des weirdo on est un peu des, avec les gens qui font partie de ce collectif, des gens qui sont un peu des gens bizarres et tout, mais en fait, on est juste des gens où pour nous, le monde il va pas du tout comme il devrait être et du coup, on essaie de recréer un peu le monde dans notre association avec nos systèmes de valeurs et de comment devrait être le monde à notre sens, pour que nous on se sente bien à l’intérieur. On se met pas non plus des œillères, et on reste complètement connecté à la réalité. Mais sur, par exemple, un événement comme Saint-Quentin, qu’on donne dans un espace qui n’est pas le nôtre et qui est tenu par une autre association, ben oui, c’est normal de rendre l’espace plus propre que comme on nous l’a donné, c’est normal de s’intéresser à comment ça se passe avec eux, c’est normal de faire la démarche d’aller vers la mairie, d’aller vers même les habitants du village pour essayer de voir qu’est-ce qu’il en pense, etc. De mettre en place des choses pour que ces habitants du village, ben peut-être, qu’ils puissent venir, peut-être gratuitement ou à prix libre, sur l’événement, parce que c’est leur village aussi, enfin, c’est leur commune, et pour nous, c’est normal en fait, et pour nous, le monde devrait se passer comme ça. C’est pas vraiment le cas, mais au moins nous, quand on fait nos trucs et qu’on déjà entre nous et ben on est bien.
– Puis, ça a des répercussions sur la vie des personnes. Quand on assiste à un événement comme ça avec des personnes comme vous, ben voilà quoi, ça finit bien.
– Et même d’un point de vue associatif tu vois, il y a quand même beaucoup de gens, enfin nous, on s’en rend compte maintenant. La part associative, on va dire, elle prend, on a… On a réussi à faire un peu, pas le tri, mais de, à se poser par rapport à ça. Mais je sais qu’au début, quand on a monté l’asso et qu’on a ouvert le lieu, Moi, c’était très compliqué de mettre de la distance. En fait, il y a beaucoup de gens qui venaient, qui étaient dans le besoin, qu’on essayait d’accompagner, et ça nous bouffait un peu la vie. Maintenant, ça nous bouffe, moins la vie, parce qu’on a appris à mettre des distances, à faire attention à nous aussi, parce que si tu fais pas attention à toi, en fait t’aide personne. Mais on se rend compte, mine de rien, qu’au, grâce à cette association même des gens qui sont pas forcément dans l’artistique, et ben y’a des gens qui vont venir commencer à voir un peu comment ça se passe, puis qui vont être intéressés, puis vont petit à petit devenir bénévole, et puis qui vont petit à petit prendre des responsabilités au sein de ce truc. Et en fait, tu te rends compte que ben même, enfin nous, on a fait ça à la base pour l’artistique, mais en fait, ça rayonne pas forcément que sur les artistes et qui a des gens qui sont pas forcément dans l’artistique, qui ont peut-être une petite sensibilité pour nous, ce qu’on propose, et pour l’univers artistique dans lequel on évolue. Mais qui se retrouvent et que ça les permet de briller tu vois. Et je ne dirais pas de nom, mais je sais que je pense à quelqu’un, par exemple, qui est de plus en plus investi dans l’association et qui est fière de l’être et qui le dit à qui veut l’entendre. Et ça fait trop plaisir de voir cette personne qui était pas du tout sûre d’elle à la base et qu’il là maintenant, elle s’épanouit et même elle prend de la place. Et quand il faut dire merde à quelqu’un, elle dit merde à quelqu’un quoi. Et c’est, non, ça, c’est c’est vraiment génial.
– Vous allez être reconnu d’utilité publique. Attention !
– Non non non. A une époque, on voulait l’être, mais c’est trop compliqué après. C’est qu’en gros, c’est plus ton asso, c’est l’asso de l’état un peu quand t’es d’utilité publique et du coup, en terme de subventions, en termes de ce que tu peux faire, tout ce que t’as le droit de faire, tu représentes quelque chose quand t’es d’utilité publique et nous on aime bien quand même avoir notre indépendance et on ne veut pas, à aucun moment on veut que les gens nous disent non, c’est pas comme ça qu’il faut faire, c’est comme ça, ça c’est hors de question.
– Je comprends tout à fait. A Lanuit, il y a plein de choses qui se passent aussi. J’ai vu par exemple pour la fête de la musique, le Maratheuf.
– Ouais.
– Ah, ça m’a fait plaisir ça, vingt-quatre heures non-stop.
– Ça, c’était… En fait, je suis quelqu’un qui a beaucoup, beaucoup, beaucoup d’idées à la seconde et le problème, c’est que vu que j’ai une certaine place dans l’asso, je pense que certaines personnes, enfin que les gens de l’association des fois, n’osent pas me dire Sam, c’est une idée de merde. Et là, clairement, c’était enfin non, c’était pas une idée de merde, c’était bien, mais non, c’était très dur, midi, midi, pfouuuu, non.
– Ah tu m’étonnes.
– Non, c’était très dur, mais oui, mais au moins on l’aura fait quoi.
– Vous serez arrivés jusqu’au bout. Il y a des soirées aussi, techno tattoo, où on peut… C’était la deuxième édition cette année, c’est ça ? Enfin, je sais pas si vous en faites plusieurs dans l’année.
– On en a fait deux dans l’année et là, on fait, la troisième, mais bon, le podcast sera passé et c’est un format je pense qu’on va faire régulièrement, ou bah, en fait, on ouvre un peu plus tôt. On propose des entrées moins chères en début de soirée et moi, en tant que tatoueur, peut-être même qu’on va faire ça avec d’autres tatoueur, je propose des flashs et donc les gens peuvent venir se faire tatouer en même temps faire une soirée. Ça fait un turnover intéressant, il y a des gens qui viennent plus pour le tattoo en début de soirée et puis après, c’est remplacé par les gens qui sortent des bars. Voilà, c’est un format qu’on aime bien.
– Vous avez aussi le carnaval d’Ostera. Troisième édition, d’Ostara pardon.
– On a fait la troisième édition cette année. Quand, tout à l’heure, je parlais de porter l’attention sur etc. Il y a aussi quelque chose qui est très cher à notre cœur avec Lanuit, qu’on a un peu du mal en ce moment à mettre en place, mais c’est le côté, entre guillemets, spirituel, et donc maintenant je le fais un peu moins, mais avant, toutes les soirées qu’on faisait, c’est en lien souvent avec le calendrier païen et donc là, par exemple, le carnaval d’Ostara, bon, souvent parle de carnaval, mais peu de gens savent que, en fait, que le carnaval tombe pas loin, normalement, de l’équinoxe. L’équinoxe qui est aussi le changement de saison et qui était en fait une fête païenne à la gloire d’Ostara donc qui est une déesse. Et donc, on aime bien se réapproprier ça par exemple pour Halloween en fait. On fête pas Halloween, on fête Samain, qui est la fête originelle. Et donc, ouais là, cette année, on l’a fait avec, en partenariat avec la mairie de Solignac-sur-Loire, et donc voilà, on a proposé une sorte de micro festival qui a duré, je crois que ça a commencé vers midi, quatorze heures, ça finit à quatre heures du matin. Où l’après-midi, c’était tout en gratuité, avec beaucoup d’ateliers. Il y avait de la danse, il y avait du tissu aérien, il y avait de la musique modulaire, il y avait des techniques du spectacle de la lumière, des techniques de mise en scène du spectacle. Il y avait du maquillage, il y avait plein de choses, et ensuite, le soir, une proposition musique techno. Soirée techno un peu plus classique, où on a fait venir ça, je suis assez fier, 69db, qui est un membre de Spiral Tribe et Spiral Tribe pour ceux qui savent pas, c’est un peu eux qui ont amené la techno en France, plus ou moins les free parties et le mouvement techno. Donc, c’est un des piliers du mouvement techno, dans… En Europe en tout cas, et qui est venu mixer, pour pas grand chose, à nos côtés et qui a validé l’événement, et ça, c’est aussi… Se faire valider par ses pairs.
– Génial !
– Ouais, c’est ça, c’est une belle reconnaissance. D’ailleurs, ce mec fait avec sa femme, propose des retraites méditatives. Donc sans drogue, sans alcool, sans rien. Même dans le silence. Ils ont un projet qui s’appelle Wave Arising. Je vous invite à regarder. Il est installé dans le secteur, ils habitent tout en haut de Retournac, pas très loin et ouais, non, c’est vraiment super ce qu’il fait. Je vous invite vraiment à regarder, à vous intéresser ceux qui savent pas, je sais que la techno en ce moment est très à la mode et il y a beaucoup de gens qui savent pas d’où ça vient tout ça. Allez regarder des reportages sur Spiral Tribe, aller regarder des… Voilà. Et apprendre plus d’où ça vient tout ça quoi.
– La techno ouais c’est quoi, euh… Les années quatre-vingt. Il y a plein de sous-genres et tout. Mais moi, j’ai du mal, je te disais entre la transe, la psytrance, la hard musique, j’ai un peu du mal…
– Ça aussi, c’est un truc avec lequel on essaie de se battre un peu aujourd’hui…
– Les cases.
– Ouais, les cases. C’est que peut-être que pour toi, la psytrance ça va être ça, peut-être que pour moi c’est être un autre truc et en fait, même pour un artiste, aller lui dire ben toi en soirée, tu mixes quoi ? Moi à chaque fois qu’on me dit tu mises quoi ben je dis ça dépend en fait, ça dépend du système son, ça dépend de la vibe, ça dépend de l’événement, ça dépend de plein de choses. Je peux mixer plein de styles différents. Donc, je vais te dire, pour te faire plaisir, je vais te dire, je vais mixer ça, mais en fait, je vais sans doute pas mixer ça. Par exemple, la dernière soirée qu’on a fait au local, j’avais prévu de mixer un truc un peu mental, un peu bizarre, un peu chéper et ben en fait les DJs avant moi, qui était des DJs du collectif, ont foutu le feu en mode techno, un peu poët poët, rigolo, happy, et moi, quand je voulais faire mon truc mental, ça n’avait juste pas sa place et les gens n’avaient pas envie d’écouter ça, en fait, et donc, du coup, j’ai pas du tout fait ce que j’avais prévu. Et des fois, c’est un peu dommage de forcément mettre un genre et de… Après, c’est humain, on est comme ça, notre cerveau, il veut mettre dans des cases, c’est plus facile, mais c’est un peu dommage, je trouve, dans l’artistique du moins, de vouloir mettre des étiquettes un peu sur…
– Mais moi ça me rassure, parce que c’est la techno quoi.
– Oui, voilà, la musique électronique, techno n’importe. Même il y a des gens qui vont dire ben non c’est pas de la techno. T’as des gens qui vont dire ben si ça c’est de la techno. Par exemple ben là au festival, on a fait le choix de pas annoncer les genres.
– C’est carte blanche pour tous.
– Voilà, chacun fait comme il a envie et après, on compte aussi sur le bon vouloir des gens. Ah, c’est moi qui m’occupe de la progra du festival et je vois un peu l’identité artistique de chacun, et j’essaie quand même de faire quelque chose de cohérent, que tu vois, ça ne soit pas bah, justement, quelqu’un qui fout le feu avec des tubes des années quatre-vingts à deux heures du mat. Peut-être mettre un mec qui va faire un truc un peu plus méditatif et contemplatif après, pour mettre derrière un truc qui tape, c’est paut être pas malin. Donc c’est aussi un peu comme ça, en fonction des identités artistiques de chacun, essayer de créer quelque chose de, un line-up, on va dire du coup une programmation qui a du sens, un ordre, et puis après chaque ben chaque… C’est au bon vouloir des artistes aussi de respecter ce truc-là quoi.
– Oui voilà parce que peut-être qu’ils te feront une petite surprise.
– Oh, je me fais pas de souci.
– Ok. Et pour le locale de Lanuit du coup, il y a des permanences. Comment ça se passe ? Il faut adhérer, comme on adhère ?
– Alors du coup, c’est un, on est sous un régime de cafés, bars associatifs. Donc en soi, les portes sont ouvertes, mais pour consommer il faut être adhérent. Donc, après, on a on a plusieurs formules d’adhésion, on va dire et après, oui, il y a une permanence les vendredis, de quatorze heures à vingt heures, où on propose ben le bar qui est ouvert, mais on propose aussi on a un accès wifi avec la fibre, qui peut être intéressant en centre-ville. Du coup c’est aussi un espace de co-working, en sachant qu’on a aussi la cave en bas. Cet été, ma femme va donner les cours de tissus en bas et de renforcement musculaire. C’est au bon vouloir de chacun de venir. Et puis si il y en a qui veulent, par exemple, utiliser ça un peu comme une salle de sport, ou venir essayer de faire de la musique en mode salle de répète, ou quoi. Ben c’est au bon vouloir de chacun de venir s’approprier le lieu, sachant que, juste, la seule chose qu’on demande, c’est que les gens qui viennent sur ces créneaux là et qui utilisent le lieu en tant que tel, il faut qu’ils soient adhérents, donc c’est adhérent à l’année. Il semble que c’était ce qu’on avait dit. C’est pas moi qui m’en occupe de ça, mais voilà une adhésion à l’année après, je crois que la demi-journée est à neuf euros en co-working. On essaie de proposer un espace de co-working à tarif.
– Très abordable.
– Voilà, c’est ça.
– Est-ce que tu veux rajouter quelque chose ?
– Ah oui, bah si si, il y a aussi un truc, on donne des cours et on fait de la prestation musicale donc, on a notamment une caravane un peu en mode guinguette et donc si… On ne veut pas faire des grosses, grosses prestations trop, comment dire…
– Avec une jauge trop importante.
– Oui, ou même des trucs trop. Ch’ai pas comment dire le terme mais trop généraliste. Mais si vous aimez bien la musique qu’on passe, si vous connaissez un petit peu, si vous aimez bien la techno, etc. Que vous voulez faire un mariage ou un anniversaire ou un truc comme ça, et ben on peut vous proposer des prestations assez intéressantes. On a tout le matériel, on peut répondre à vos besoins. Juste voilà ce qu’on veut, c’est de aussi pouvoir nous exprimer de notre manière on va dire. On n’est pas des DJs de mariage classique. Mais si vous voulez faire un anniversaire, une bringue entre potes ou quoi, et que vous avez un petit budget, on peut carrément réfléchir. Il y en a pour tous les budgets. Bon si vous avez cinquante euros, ça va être compliqué, mais ça peut aller de, ch’ai pas moi, de quatre cents euros à trois mille euros et on peut définir ensemble une prestation qui soit en accord avec ce que vous voulez. On est à l’écoute. Et voilà.
– Vous aviez fait le festival Roc, Roc & Eau.
– Oui ben Roc & Eau par exemple, c’est clairement une prestation qu’on a donné comme ça. Donc, eux, ils avaient un budget, ils étaient intéressés par quelque chose, et ben nous, on est venu et on a fait en fonction de leur budget. Donc là, on avait proposé une animation musicale l’après-midi. Le spectacle le soir, du tissu aérien. Derrière, on a fait une animation musicale le soir et une partie de la nuit, et le lendemain, on a refait un peu d’animation musicale et une initiation au tissu aérien, et donc, on essaie, ça c’est un des formats qu’on aime bien. Vu qu’on a autant des techniciens son des artistes, des gens qui font du spectacle vivant, de la lumière, qu’on a notre matos, etc. On peut vraiment s’adapter à chaque situation puis on a l’habitude, on aime bien nous s’adapter et puis voilà.

– Merci Sam. A lors à Salut les Ponots !, on a un slogan c’est Crache ta lentille. Dans Crache ta lentille en fait, il y a deux choses que je vais te demander. Je vais te demander si il y a un événement que tu trouves remarquable au Puy ou en Haute-Loire, ou alors s’il se passe ailleurs, que tu aimerais voir en Haute-Loire.
– Ben je vais parler, je vais faire un peu d’auto promo. Je vais parler du festival A La Tombée De Lanuit, donc, ALTDL, qu’on organise à Saint-Quentin du huit au dix août. Donc voilà, avec une programmation, un spectacle vivant et musique, des ateliers. C’est un festival pas très cher, en essayant de proposer quelque chose de accessible à tout le monde. Je crois que le pass week-end trois jours est à…
– Quarante euros.
– Ouais, trente cinq euros même actuellement, et pour plus de quarante heures de son, des ateliers gratos, enfin voilà, on essaie de proposer un truc pas cher, et avec un bar et de la bouffe, pas chers non plus. Les bières sont à deux euros. On fait des assiettes à 5 euros. Enfin voilà, c’est pas cher. Même les soirées qu’on donne au local. On se dit que, pour certains moment en tout cas, j’étais des fois dans des situations de précarité, etc. Avec pas forcément d’argent pour faire des choses. On se dit que voilà, tu peux venir à une soirée au local avec dix euros et ça peut te permettre de rentrer, on fait des tarifs moins cher qu’en t’arrive en début de soirée. Tu peux rentrer pour cinq euros. Derrière la bière, elle est à deux euros. Je veux dire, même si t’es pas adhérent, t’as l’adhésion flash à un euro, tu peux venir boire deux bières, même si t’as que dix balles quoi.
– Même votre spectacle Éphémère, les prix sont totalement dingues.
– Oui bah le spectacle, les prix sont à cinq euros. En l’occurrence avec le… Ben si, au festival il y a une billetterie avec le festival pour voir juste le spectacle. C’est possible de venir le voir à Saint-Quentin. Mais oui, en fait, on a ce truc de… L’argent en fait, c’est une barrière et bon, il en faut, etc. Mais c’est pas ce qui va cadencer nos vies. On est beaucoup dans collectif à avoir des, on va dire, des life styles et des trains de vie un peu particuliers. Et il y a des gens, des fois, qui viennent au local quand y a plus de place. Ils sont des liasses, mais vas-y, regarde-moi, je vais dépenser trois cents euros ce soir dans ton bar, quatre cents, cinq cents euros. Il montre les billets et nous on leur dit non, mais mec, enfin, on s’en fout. Non, on n’est pas dans ce truc-là, on est à l’écart de ce système-là. On essaye, on fait forcément partie du système mais pour nous, c’est pas le plus important, l’argent, et en fait, je préfère quelqu’un qui a que dix balles à dépenser, mais qui va venir à neuf heures du soir quand on ouvre les portes parce qu’en fait, c’est quelqu’un qui a vraiment un intérêt pour ça, que le mec qui va arriver à deux heures et demie du mat toquer à la porte dire rouais, j’ai des sous. En fait, frère, t’a des sous, mais tu t’en fous de nous, tu viens juste ici parce qu’on est ouvert et parce qu’on a de l’alcool, sinon tu serais pas là. Et donc, ces gens-là en vrai, on…

– Oui, vous voulez des personnes qui partagent, qui changent, qui s’expriment avec vous, quoi. Ok, ça marche. Est-ce qu’il y a quelque chose que tu changerais au Puy, à la Haute-Loire ?
– Mais après, maintenant qu’on a un peu d aide pour le spectacle, je peux pas, je ne peux pas tout dire.
(rires)
Non, en vrai, je trouve qu’on est dans une bonne voie là où, à une certaine époque peut-être, le Puy, y’a beaucoup de gens de ma génération qui ont quitté le Puy parce que, voilà, c’était particulier, c’est quand même une ville, de par son héritage culturel, etc. Qui était, on va dire, un petit peu à droite, qui était un peu conservatrice, qui était un peu tout ça. Là mine de rien, force est de constater que nous, déjà ce qu’on fait, il y a plein de gens qui disaient que votre truc, ça va durer trois mois, puis ça va fermer. On est toujours là, on n’a pas vraiment eu de problème que ce soit politique, que ce soit d’ordre… Alors, oui, il y a des gens, il y a peut-être quelques racistes. Il y a notamment dans notre rue, un endroit peut-être que j’aimerais bien que ça ferme, mais bon chacun… Ça le priverait de sa liberté d’expression. Je ne suis personne pour dire ça, mais non, je trouve qu’on est sur la bonne voie, même quand on voit la Marche des Fiertés par exemple.
– Oui.
– Nous, l’année dernière, on avait fait un, un événement, il y avait la journée mondiale de la lutte contre l’homophobie et la transphobie. Qui nous sont des, sans parler d’être LGBTQ+ ou je ne sais pas quoi. Juste voilà, nous on est dans la bienveillance, on pense que tout le monde a sa place dans le monde. On avait fait un événement et je sais que ça avait été compliqué. Il y a eu un peu des menaces, on avait subi quelques menaces, y avait des gens, une espèce de milice qui était montée pour que, pour que justement, les gens soient en sécurité dans notre rue, et tout. Et ben là cette année, la marche des fiertés. J’ai l’impression que ça, c’est que ça s’est plutôt bien passé. Y’a toujours deux trois, deux trois débiles enfin c’est pas des débiles, mais souvent c’est de la bêtise, les gens…
– Oui parce qu’ils ne connaissent pas, ils ne vont pas vers les autres et connaissent pas et ils sont peut être jamais partis d’ici.
– Mais je trouve que c’est bien, non, non, je changerai… J’espère juste qu’on n’aura pas trop de gens de la ville qui vont trop venir chez nous, parce qu’on est quand même bien à la campagne et dans nos campagnes, on aime bien avoir de la place. Non, mais je ne changerais rien, même d’un point de vue… Nous on est apolitique, complètement apolitique. Non, en vrai, je changeraiz pas grand-chose je pense. Peut être ouais, un peu plus d’éducation et un peu plus, de… Mais même, les jeunes, là, de plus en plus les jeunes ils sont connectés, ils savent plus que nous à leur époque, on va dire. Mais non, je trouve qu’on est dans, on est sur une bonne voie. Si, un peu plus d’argent pour les… Pas forcément notre festival, parce que nous, on n’en veut pas, mais peut-être un peu plus d’argent pour, ouais voilà, pour la culture, et peut-être laisser les gens qui font la culture au Puy-en-Velay la faire. Je pense notamment au Roi de l’Oiseau. Je veux pas parler pour eux non plus, mais je sais que là, pour l’Oiseau, c’est compliqué, parce que il y a de plus en plus de répression, on va dire, on exige d’eux des choses qui sont compliquées à mettre en place, notamment. Voilà, je veux pas trop, pas trop épiloguer au niveau de la sécurité. C’est un peu compliqué. Le Roi l’Oiseau, c’est les gens du Puy qui font le Roi de l’Oiseau. Si on empêche les gens du Puy de faire le Roi de l’Oiseau, le Roi de l’Oiseau, y’aura plus de Roi de l’Oiseau. C’est pas cantonné le Roi de l’Oiseau au parc Henri Vinay qui va faire quelque chose. Le Roi de l’Oiseau, c’est les gens qui organisent le Roi de l’Oiseau, mais c’est aussi tout un chacun qui décide de s’habiller Renaissance, de faire la fête dans la rue, de participer au spectacle, des initiatives, etc. Faire de l’hypocras, etc. Et des fois, peut-être, peut-être, la seule chose que je changerais, ça serait à essayer de donner un peu plus, de laisser un peu plus les gens faire en vrai.
– Ouais parce qu’ils ont des super idées en plus. C’est très intéressant. Quant moi j’écoute les personnes qui parlent au micro, justement avec leurs idées, leurs envies. C’est chouette, si on pouvait leur donner un petit peu d’aide, ce serait bien, plutôt que d’aller contre tout de suite.
– Même sans parler d’aide, parce que justement, c’est un peu …
– Même soutenir comme ça.
– Juste ne pas les empêcher de faire, parce que aujourd’hui, s’exclure, c’est clair, il y a de moins en moins de budget et la situation économique est ce qu’elle est donc, c’est pas forcément trop donner de l’aide, mais juste laisser faire les gens qui veulent faire des choses en fait, parce qu’il y a beaucoup de situations, voilà, je peux prendre l’exemple du Roi de l’Oiseau mais y’en a plein où on va leur mettre des bâtons dans les roues parce que, machin, il faut faire comme ça, il faut faire comme si il faut… C’est bon, c’est bon laisser, laisser les gens faire un peu.
– Jingle ?
– Allez !

Musique jingle

– Il était plus long celui-là je crois, ouais ouais. T’as vu, t’étais plus motivé. Petites questions sur la Haute-Loire. On va voir si tu la connais bien. Ton excuse, ça serait plutôt je peux pas, j’ai atelier collier de lentilles, ou je peux pas, j’ai une séance de domptage d’artisous ?
– Domptage d’artisous.
– Hey, circassien un petit peu dans l’âme, finalement. Le prieuré de Chanteuges ou l’Abbaye Saint-André de Lavaudieu ?
– Je vais être complètement transparent avec toi-même. Je crois que j’ai vu Chanteuges, mais je connais pas l’autre.
– Donc on comprend Chanteuges. Se baigner au Pont de Chadron ou au Pont de Goudet ?
– A Chadron à fond. C’est mon village, enfin, je viens pas de Chadron, je viens de Solignac mais la plage du Pont de Chadron est sur la commune de Solignac et oui, je la connais par cœur.
– Chaque petit caillou. Les Monts du Devès, où les Monts de la Margeride ?
– La margeride.
– Alors pour une retraite méditative de vingt quatre heures. Tu passerais vingt quatre heures dans une tente suspendue au viaduc de la Recoumène, ou alors dans une cabane perdue en pleine forêt de Cistrières.
– Ah, Cistrières, à fond, ouais.
– Elle est bien dense cette forêt. T’es plutôt Lafayette ou Germaine Tillion ?
– Germaine Tillion, je ne sais pas qui c’est.
– Ah oui, il y a beaucoup de gens qui ne la connaissent pas. Germaine Tillion était une résistante. Elle est née à Allègre et elle est morte à cent un ans.
– Je vais pas écorcher. Germaine à fond.
– Germaine Tillion. Merci, t’es de ma team, parce que je suis Germaine aussi. Ah ben, du coup ben l’endroit. Voilà, tu fais déjà le festival dans un endroit assez exceptionnel, on va dire, mais peut être qu’il y en a un deuxième exceptionnel endroit où tu aimerais faire quelque chose, peut-être pas forcément festival, peut être le spectacle Éphémère ?
– Un lieu qui est dingue qui est assez connu, et je trouve, c’est dommage qu’il a plus de chose qui se passe là-bas après je sais que c’est un peu compliqué parce qu’il y’a toute une partie privée, mais c’est le Bois des Seigneurs et, globalement la Denise. La Denise qui est un lieu dingue. Il y a cette vieille carrière en contrebas. On a eu l’occasion de filmer des choses là-bas. Ça, c’est chouette, ben après la cascade de la Beaume, parce que c’est mon village et que c’est quand même une cascade exceptionnelle pour avoir un peu parcouru le monde. Je sais que mon ex me détestait à chaque fois qu’on allait voir une cascade en Nouvelle-Zélande ou à ou en Thaïlande. A chaque fois je lui disais non mais la mienne, elle est mieux quoi. Et sinon un spot que j’apprécie tout particulièrement, c’est en descendant, justement sur Chadron, y’a un rocher, je sais plus son nom, sur le bord de la route. Donc, il faut se garer, puis remonter la route à pied. Il y a un rocher avec une ancienne via ferrata en dessous, il y a un point de vue sur la Loire qui est dingue et je sais que c’est un endroit de recueillement où j’essaie d’aller régulièrement.

– C’est l’heure du dicton. Je vais te demander, voilà, je vais te donner le mot de la fin avec un dicton, une expression , je t’écoute.
– C’est une expression bien de chez nous, je pense, c’est Faï pas cau !
– Haha, je sais pas si… Alors je vais encore avoir du mal à l’écrire en patois. Mais là, juste avant de partir, tu me l’écriras, ça marche ?
– Je suis incapable de l’écrire. Le patois, ça s’écrit pas trop en vrai. Ça se dit quoi.
– Je te remercie Sam pour ton accueil.
– Pas de souci, merci.
– Et te dis à très bientôt.
– Merci à toi, au revoir !
– Ciao ciao.

Coups de coeur de notre invité