Épisode #47

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Nicolas

Temps d’écoute : 60’06 minutes
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– Salut les Ponots !, le podcast itinérant et léger qui donne la parole aux personnes qui habitent ou gravitent autour du Puy. Aujourd’hui, j’ai l’immense plaisir d’être avec Nicolas. Comment vas-tu, Nicolas ?
– Et bé, ça va bien.
– Est-ce que tu peux te présenter aux auditeurs qui écouteront podcast ?
– Et bé, je m’appelle Nicolas Savoye, voilà vingt ans que j’ai monté ce qu’on appelle, ce que j’appelle l’Atelier des Inventions Géniales.
– Beaucoup de gens te connaissent en Haute-Loire, certainement. Ben déjà, je te remercie de m’accueillir chez toi, on n’est pas très loin de ton atelier, juste à côté, et je voulais savoir si tu étais d’ici.
– Alors, je suis originaire du sud de la France, toute ma famille est du côté de Béziers, Narbonne, Perpignan, catalan, voilà. Après, je suis né à Clermont-Ferrand, mon papa était professeur dans le Puy-de-Dôme, donc j’ai passé dix-sept ans dans Puy-de-Dôme et puis après, je suis venu en Haute-Loire pour mes études, faire un BTS services en espace rural à Yssingeaux et après au Puy.
– Alors je vais te demander si tu as une anecdote en Haute-Loire, soit avec ton atelier, soit en tant que personne ?
– Une anecdote, aïe. Une anecdote. Parce que moi ça fait vingt ans que je suis par là, vingt-cinq ans, vingt deux ans alors les anecdotes ! Mais il y en a obligatoirement des anecdotes. Mais je ne l’ai pas.
– Alors on va passer au jingle, je vais te demander de faire le jingle avec cette petite boîte.
– Ouais.

Musique jingle

– Merci beaucoup. Et là, ça va être le moment du confessionnel, je vais te poser des questions. Je vais te faire deux ou trois propositions et tu choisis celle que tu veux. T’es prêt ?
– Oui.
– Alors cœur ou raison ?
– Cœur.
– Cœur ?
– Oui.
– Airboard, snorkelling ou parapente ? Tu choisis une des trois.
– Parapente.
– Parce que tu fais du parapente ?
– Oui, j’ai appris.
– D’accord. Tu es plutôt comme un coq dans l’eau ou comme un ours dans les airs ?
– Un ours dans les airs.
– T’aimes bien le vent ?
– J’aime bien le vent.
– En même temps, si t’as vécu dans le sud, Perpignan tout ça.
– Non, j’ai pas vécu dans le sud.
– T’y as pas trop.
– Non mais je travaillais à l’École du vent et avec Lionel Ales, la compagnie Latituds, on a passé dix ans à développer une super histoire. On a découvert, avec ce monsieur, l’existence d’un peuple du vent qui habite habite là-haut sur les plateaux du Mézenc, du côté des Boutières. Et alors, depuis cette rencontre avec ce peuple dont on a découvert des vestiges, et bé j’avoue que je vois pas le vent pareil, sachant que ces gens-là étaient capables de se nourrir de vent, de boire des bols d’air en fonction du vent de par où il arrivait. Ils avaient une façon aussi d’envoyer des messages dans le monde. C’est une machine qu’on a refait là, le ventographe qui permet d’envoyer des messages, quand ça souffle du nord, ça envoie des messages dans le sud. Et tu peux comme ça communiquer avec le monde entier. Ils avaient déjà inventé ça à l’époque et c’était, ce qui est étonnant, c’est que c’est quand même un peuple qui réussissait à faire voler certaines personnes qui, après deux ans de formation à l’École du vent, apprenez à voler. Parce que sur ce point du globe là, la gravité terrestre était moindre. Donc avec un peu d’entrainement tu pouvais, apprendre à décoller du sol quoi. Et donc toutes ces histoires, là, tout ça, j’avoue que le vent j’aime bien. Et alors après, j’ai appris à faire du parapente, j’ai encore plus aiguisé ça. Puis, dernièrement, on s’est fait tirer avec mes gamins, avec un mini parapente qu’on a, on s’est fabriqué un truc avec des trucs à roulettes, un vieux kart. On est monté dessus, on s’est fait tirer par le vent sur le terrain de foot, et on a vraiment beaucoup ri. On a fait des gamelles, mais c’était… Là vraiment, le vent était tellement fort que moi, ça me tirait par terre. C’était très drôle. Moi j’aime bien le vent, le vent et les oiseaux, parce que je fais beaucoup d’oiseaux dans mes machines, dans mes constructions, y’a quand même souvent des oiseaux. Des oiseaux et des arbres.
– Ouais, j’en ai vu un tout à l’heure, des arbres qui dansent. Jules Verne ou Léonard de Vinci ?
– Ah, un peu les deux hein ! Moi j’aime bien les deux.
– Mais tu peux prendre deux. Le festival les Nuits Ardentes à Orcines ou la Balade au Clair de Lune à la Clusaz ?
– Ben les deux, c’est super aussi. Nuées Ardentes ben ils nous ont fait confiance plusieurs années avec notre Tourne Chatouille qu’on a pu… Vraiment, c’est l’endroit où on l’a le mieux installé, dans une clairière, les gens devaient marcher pour nous découvrir. On avait tendu un grand filet bleu au-dessus du public avec des petites poulies, dans ces petites poulies il y avait des petites ficelles, dans ces petites ficelles, il y avait des petites étoiles. Et les gens pédalaient et, au dessus d’eux, toutes ces étoiles se mettaient en marche, comme ça, à la fin du jour. Et en-dessous de ces étoiles, il y avait une machine qui transformait les gens en oiseaux, et on a vécu de grands moments avec des enfants, des adultes, des ados, des personnes âgées qui ont joué le jeu de découvrir quel oiseau se cachait en eux. Moi je pense qu’on a vécu des grands moments poétiques, vraiment très forts. On est venu trois ans, parce qu’ils ont vraiment aimé notre truc. Et là j’y retourne cette année pour des ateliers un peu foldingues. Mais j’ai beaucoup aimé aller aux Nuées Ardentes. Et à la Clusaz, c’est super aussi parce qu’ils nous ont pris le Tourne Chatouille la machine à transformer les oiseaux et aussi, on y est reallé l’année dernière avec le vélo volant. Une énergie incroyable de l’équipe, c’est tous des raiders et donc cette énergie est très communicative. Donc, malgré le fait qu’il pleuve, qu’il y ait du vent tout ça, show must go on, ça a joué.
(rires)
– Donc, on garde les deux. Et tu seras aux deux cette année.
– Cette année je serais aux Nuées Ardentes.
– Pas à la balade nocturne.
– Et bé là, j’ai plus trop de machines à leur proposer. Faut que j’en fabrique d’autres.
– D’accord, bon, il te reste un petit peu de temps. Toucher, expérimenter ou ressentir ?
– Toucher, expérimenter ou ressentir. Pour moi, c’est un peu les trois quand même. Te touche, j’ai besoin, je passe beaucoup par les mains dans mon travail. Je ressens des émotions. J’expérimente. Ouais en ce moment, j’expérimente beaucoup. Par exemple, je suis en train , j’ai vachement appris de truc autour du bois. Des très vieux système de fabrication des feuillardiers, des mecs qui fabriquaient des lattes en châtaignier. Là, je suis en train de me fabriquer des tours à bois dans les bois, comme ils faisaient avant, entre deux arbres, avec des petites pointes. Et tu te fais un tour à bois avec une canne, une ficelle, deux morceaux de, deux clous clac et tu peux te faire un tour à bois. Tu travailles du buis, tu fais des choses incroyables. En ce moment, j’expérimente pas mal de choses avec le bois. Et qui sont des façons de faire très anciennes, et sans électricité.
– Où est-ce que tu prends ces façons de faire sans électricité ? Cette documentation ?
– Alors j’ai pas mal de bouquins, d’un monsieur qui fait du collectage, qui s’appelle monsieur Bernard Bertrand. C’est une espèce de vieux sage qui habitent dans les Pyrénées. Ch’ui allé le voir une fois, il était malade, mais on a quand même pu échanger. Et ce monsieur, il a monté les Editions du Terran et il a un magazine qui parle de la vannerie, le lien créatif dans lequel j’ai appris à faire plein de paniers. Après, je me suis baladé en Haute-Loire, on a plein de coins où on peut ramasser de l’osier. Mais moi après, je suis pas forcément fan de l’osier, j’aime bien l’osier mais après, j’aime bien aussi le noisetier, le châtaignier, le frêne. On peut faire de la corde avec de l’écorce de tilleul, on peut faire du brai de boulot, une sorte de goudron spécial avec l’écorce de bouleau, l’écorce de tilleul. Il y a plein de trucs comme ça. Là, c’est un peu le dernier truc que je regarde, mais c’est vraiment pour plus… Je ne mets pas vraiment dans mon boulot, mais c’est plus parce que je suis très curieux de ce qu’on peut faire avec ce qu’on trouve dans la nature. Et voilà donc je me suis fabriqué un banc à planer, j’ai appris à travailler avec une plane, le tour à bois, faire des lattes. Et puis après, j’ai plein de constructions et des fois, je me retrouve dans des projets où je fais, où je m’amuse à construire. Un jour, c’était au Château de Villeneuve-Lembron. On a eu un projet toute une année avec des écoles et je me suis fabriqué un grand monstre en vannerie avec des techniques différentes et variées.
– C’est celui que j’ai vu dans ta grange.
– Oui, il est toujours vivant. Voilà.
– Ok. Si tu avais un super-pouvoir, ce serait lire dans les pensées, ou la téléportation ?
– La téléportation.
– Tu préfères faire des ricochets dans l’eau ou siffler avec une herbe?
– J’aime bien fait faire les deux.
– Tu peux faire les deux en même temps., c’est un peu plus dur.
– C’est un peu plus dur.
– Les contes de Charles Perrault ou les contes d’Henri Pourrat ?
– Ah, j’aime bien les deux. Henri Pourrat, c’est quelque chose à lire. Sachant qu’il a, c’est un monsieur qui… Ben toujours pareil, Lionel Alès avec sa compagnie Latituds et la compagnie l’Envolante, ils ont fait des super lectures de Gaspard des Montagnes aux endroits même des veillées qui sont notifiées dans le Gaspard des Montagnes, ils ont fait un super truc là.
– J’espère qu’ils le referont cette année.
– Hein ?
– Ils vont le refaire cette année ou pas ?
– Ch’ai pas. Henri Pourrat, oui, c’est une langue qu’il faut apprivoiser. Pour l’insatnt, je n’arrive pas trop à le lire à mes gamins, mais de temps en temps j’y arrive, mais les histoires sont formidables dès qu’on se plonge là-dedans. C’est des histoires qui ont été collectées, des trucs qui viennent de tellement loin. Charles Perrault après, c’est toutes les grandes histoires qu’on connaît qui nous ont bercé quand on était gamin.
– Alors je vais te faire un aveu. Je suis la petite-fille de Félix, qui était cousin éloigné d’Henri Pourrat, conteur et qui était informateur pour Henri Pourrat. Donc voilà, c’est un univers que je connais un petit peu, qui est pas facile à lire effectivement. C’est pour ça que je vais contacter la compagnie pour savoir, j’ai loupé ses lectures et ça m’intéresserait de voilà, de voir tout ça quoi.
– Moi, j’aime bien cet univers du collectage, du fait qu’il fallait collecter, discuter avec les gens, passer du temps avec les anciens et se faire raconter des histoires. Et c’est fou parce que des histoires qui doivent peut-être être là depuis des centaines d’années…
– Elles changent.
– Qui sont usées jusqu’à l’os, réinterprétées par des gens, qui changent qui… C’est fou les histoires, un conte d’où ça part et jusqu’où ça arrive d’oreille en oreille.
– Mon grand-père me racontait, bon, j’ai été baignée par les contes de mon grand-père. C’était surtout des histoires locales en fait, des contes, légendes locales et je me rappelle, dans un livre d’Henri Pourrat, je crois qu’il raconte un conte à trente cinq ans, quelque chose comme ça, ça s’appelle la moutarde, et on le retrouve après. Alors je ne sais pas si c’est un livre d’Annette Pourrat, la fille d’Henri Pourrat, je sais pas. Quand il raconte le même conte a soixante trois ans et c’est pas du tout pareil. Le conte à évolué. Alors que c’est la même personne qui le conte.
– Mais c’est fou les histoires, enfin, l’univers des contes.
– Alors, je t’emmène faire une expérience un peu inédite. Tu préférais aller explorer le haut des arbres sur le radeau des cimes de Francis Hallé, ou explorer les fonds marins à bord de Denise, la soucoupe plongeante de Cousteau ?
– Ah plus le radeau des cimes tu vois. Et puis Francis Hallé, je l’ai vu plusieurs fois en conférence.
– Tu l’as vu à Saint-Julien quand il est venu ?
– Ah je sais plus, j’en ai vu plusieurs, j’en ai vu deux trois des conférences.
– Il est merveilleux hein ?
– Merveilleux. Et là maintenant, il y a Catherine Laine. Catherine Lenne à Clermont-Ferrand avec le Piaf, avec son collègue Moulia, et eux aussi font des super conférences. Alors, je n’ai pas encore vu des conférences. Je vais voir sur internet et je lis des bouquins. C’est des vrais bouquins de biologie, mais bien vulgarisés, mais pas trop. Et alors, ça, c’est formidable. Si tu lis Catherine Lenne, Francis Hallé, tu vas dans la forêt après, c’est plus pareil, c’est vraiment plus pareil. Tout ça, ça correspond aussi à toutes mes recherches avec le bois tout ça. Quand je vais dans la forêt. J’avais ça déjà enfant avec mon couteau. Je me rends compte que j’ai vachement appris des choses dans la forêt quand j’étais petit, et puis je suis en train de reprendre ça ces derniers temps. Les endroits où ça pousse pas pareil, les arbres sont pas foutus du même, ne me montent pas pareil, les endroits où d’un coup ça file plus droit, les fibres sont pas pareilles.
– L’intimité des arbres…
– Hein ?
– L’intimité des arbres.
– J’aimerais, moi j’adore, je me sens très, très, très bien dans une forêt.
– Prochaine question, les animaux géants de Jean-Luc Courcoult de la compagnie Royal de Luxe ou alors je ne sais pas si tu le connais, lui, mais il fait des animaux réalistes à base de récupération, c’est Edouard Martinet.
– Je connais pas Edouard Martinet.
– Ah, tu devrais regarder. C’est vraiment réaliste et très, très beau. C’est sûr que ce ne sont pas les animaux géants de Jean-Luc, mais bon, lequel choisis-tu ?
– J’avoue que Jean-Luc Coucoult, j’ai vu ça quand j’avais quatorze ans. J’ai ma tati qui m’a amené voir un spectacle du Royal de Luxe, appelé petits contes nègres pour les enfants des Blancs de Blaise Cendrars, cour du palais des papes ?
– Palais des papes oui quelque chose comme ça.
– On a attendu trois heures, sous la chaleur, ils nous aspergeaient avec de l’eau. Et à un moment donné, on est arrivé ce, devant un spectacle… Je crois que ce spectacle, je l’ai aspiré totalement. Je j’ai vu un truc qui, ce jour-là, m’a complètement emballé, complètement attrapé, complètement… C’était tellement génial, tellement inventif, tellement… Pas du tout ce qu’on a l’habitude de voir. Après ça, je me suis vachement mis à bricoler avec tout ce que je trouvais autour de moi. Je pense que ça m’a vraiment déclenché quoi. Je pense que des gens qui voient Jimi Hendrix, ils font du rock’n’roll et moi, j’ai vu Royal de lLuxe et ça m’a sacrément, ça m’a déclenché. Moi, je bricole depuis que je suis tout petit. J’ai des photos de moi quand j’étais gamin, où je fabrique plein de trucs avec du scotch, avec ce que j’ai quoi. Je fais exactement ce que font mes gamins aujourd’hui. Et là quarante et un ans. J’ai quarante et un ans, et ben je fais la même chose quoi. C’est la même chose que, sauf que j’ai grandi. Donc j’ai appris de nouvelles choses et je peux aller encore plus loin dans les délires quoi.
– C’est ça qui est beau. Cadeau ou audace ?
– Cadeau ou audace. Ben, j’aime bien faire des cadeaux.
– Ouais, et l’audace t’en as ?.
– Est-ce que j’ai de l’audace moi, je ne sais pas.
– Alors cadeau audace…
– C’est pas calculé moi.
– Cadeau, c’est l’anagramme d’audace, audace, c’est l’anagramme de cadeau.
– Ah d’accord, j’aime bien les deux, mais je suis plus attiré par le côté cadeau, parce que l’audace… Ouais.

– Est-ce qu’il a une odeur de ton enfance qui reste en toi, est-ce qu’il y a…
– Une odeur de mon enfance ?
– Question plus ouverte.
– L’autre jour, je vais déménager mes parents parce que… Je vais déménager mes parents, je vais les ramener sur la Haute-Loire parce que ils commencent à se faire vieux. L’autre jour, on a commencé le déménagement et l’odeur, bon qui est spéciale mais c’est l’odeur de la cage d’escalier qui là, n’était plus le même et ça m’a fait bizarre. Je me suis dit mes parents font bien de déménager.
– Est-ce que tu as un livre ? Tu lis beaucoup. Est-ce que tu as un livre on va dire totem ou je sais pas… A nous recommander ?
– En ce moment je suis, alors ça fait très longtemps que c’est sorti mais je suis toujours très en retard de tout. Mais c’est pas grave, c’est Fred Vargas avec le commissaire Adamsberg, hier soir, j’en ai fini un à minuit et demi. C’est exceptionnel. Cette écrivaine là, elle me, ça me plaît vraiment tellement ce qu’elle écrit. Elle arrive à… Ch’ai pas, elle va dans des recoins. Je n’arrive pas à expliquer le truc, mais ça me prend, ça me touche, le fait que ce commissaire soit à la fois complètement dans la lune et à la fois complètement branché. Il y a pas mal de trucs qui me parlent dans ce… Ah ouais Fred Vargas là, oulala qu’est-ce que j’ai aimé. Là, je suis déçu y’en n’a plus. J’ai tout lu.
– T’as tout lu ?
– J’ai fini hier. J’ai fini l’œuvre.
(rires)

– Il connaît tout de Fred Vargas. On va parler maintenant un peu du Puy, de la Haute-Loire, et je vais te demander si il y a un stand de marché que tu affectionnes tout particulièrement, au Puy ou ailleurs.
– Il y en a deux que j’aime bien. Ils sont juste à côté, c’est le stand de ceux qui vendent des pommes, ils sont là depuis vingt ans, même un peu avant. La famille Bissardon avec Marc et ses enfants, et ils font des pommes magnifiques. On a eu la chance d’aller faire la fête chez eux et d’aller voir leur culture qu’ils font avec un amour de la nature qui est merveilleux. Et vraiment ils ont toujours le sourire. Les gens adorent aller les voir. C’est de la joie en barre, ces gens vraiment. Voilà, je les aime beaucoup, même si je les vois pas assez. Et juste à côté, il y a Élodie qui avec son homme font de la farine, des pâtes, tout ça de manière biologique. Et voilà Élodie, elle venait faire mes ateliers au début de bidouillage, et puis au fur et à mesure, je l’ai vu lancer son histoire, et puis maintenant c’est devenu un sacré truc. Elle tout à la main et elle fait de très, très bonnes pâtes, de très, très bonnes farines, et elle est juste à côté de ceux qui vendent des pommes. Voilà, Élodie.
– Donc, on a pas beaucoup à se déplacer au marché, un stand après l’autre.
– C’est à côté de la bibliothèque.

– On a déjà parlé un petit peu de la famille Bissardon. Donc, on les retrouvera dans l’annuaire. On va parler d’association du Puy. Je crois qu’il y a une association qui te tient à cœur, tu peux nous en dire un peu plus ?
– L’Association Dis-moi où tu vis qui permet à des personnes qui se sentent éloignés de la culture d’avoir accès à des ateliers, d’expression artistique, mais ces ateliers ne sont là que pour, c’est juste un moyen, parce que le but de cette association, c’est quand même l’émancipation de ces personnes et du coup, à travers de ces ateliers, il se passe plein de choses hyper sympa. Et donc il y a de la danse, de la danse contemporaine, il y a…
– Du théâtre.
– Il y a du théâtre, des arts plastiques. Moi je m’occupe de tout ce qui est sculpture, art du bidouillage, du théâtre. Chaque année on fait un spectacle, on fait des expos, là, on prépare un loto.
On est en train de fabriquer une grande marionnette avec mon… Là ils avaient envie de faire un grand truc. Là, donc, on est partis dans un grand truc, ça les dépasse un peu, et c’est bien là, puisque jusqu’à présent, on faisait des petites créations, et là, j’ai senti qu’ils avaient envie d’aller plus loin. Donc, on y va et on passe des moments hyper sympa. Au final, ça commence à être un collectif de cent cinquante, deux cents personnes sur une année qui passe, c’est hebdomadaire, donc ça leur rythme. Ça, y a pas mal de gens qui viennent à plusieurs ateliers, ça leur rythme leur vie, et certaines personnes se remettent en selle, retrouvent du boulot mais ils restent attachés à cette association qui leur a fait du bien. On vit des grands moments, on fait des grands repas.
C’est convivial, c’est bienveillant, c’est pas prise de tranche. Tous les intervenants sont super. On s’entend bien. Là cette année, on essaie de resserrer notre collaboration entre nous.
Voilà pour réussir à ce qu’il y ait des ateliers, des choses qui se passent entre les ateliers, pour que le spectacle soit encore plus porté par les gens qu’on a en atelier. Voilà, faire que tout ce petit monde se rencontre, on se rend compte que le plus important dans le monde dans lequel on vit, c’est le lien.
C’est le lien. C’est vraiment ça qui sauve. Par exemple mon papa là qui est en train de tomber malade du côté de Parkinson et d’une atypie un peu bizarre. Ben la docteur m’a dit, le meilleur médicament, c’est le lien social. Il faut qu’il voit du monde, faut pas qu’il lâche.
Et donc je le vois à plein d’endroits différent donc être dans des associations, rencontrer des gens, se mettre en marche, arrêter d’avoir peur. C’est très important. C’est très important pour tout.
– On en parle souvent du lien social à travers Salut les Ponots !
– C’est très important.
– C’est très important. L’association dis-moi elle est à Ours.
– Elle est basée à Ours. On a un local que nous louons à la mairie. Je crois que c’est une location ch’ai plus. Et voilà on a une super salarié qui s’appelle Flore.
– Ouais. J’ai eu la chance de rencontrer Flore et certaines personnes qui font les activités, et j’ai eu un accueil vraiment formidable. C’est vraiment des gens extraordinaires.Tu prends plaisir…
– C’est très humain, très humain. Ça pète pas plus haut que ses fesses. L’artistique n’est pas non plus un truc comme ça mis au plafond. C’est juste encore un moyen pour que ces personnes retrouvent contact aux choses. Voilà. Là, mon dernier atelier on était une dizaine, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas été si nombreux et ça a rigolé, on a bu des coups de… Chaque fois, il y a Alain du secours catholique qui nous amène toujours un petit apéro avec des sirops tout ça. Ça rigole. Des fois on fait la galette, des fois il y en a qui amènent à manger des fois… Et on en rigole, et on voit ce que font les autres et je ne sais pas… Moi, j’aime beaucoup cette ambiance, parce que on est ensemble, on rigole, on crée, on se découvre, des fois y’en a qui sont très silencieux qui au bout de deux heures se lèvent et se disent mon dieu mais c’est moi qui ai fait ça, et je vois dans leurs yeux qu’ils pensaient pas être capables de faire ça. Donc là, je… Ouais !
– Ça leur donne confiance.
– Ça donne confiance comme moi ça m’a donné confiance quand j’étais gamin. Voilà.
– C’est très important. C’est une super chouette association.
– Oui, on est reconnu d’intérêt général je crois maintenant.
– Et ben, je pense.
– Quelque chose comme ça, depuis quelques mois, on a…Clac !

– On va parler alors créateur, artiste. Je sais pas comment tu veux… Voilà, est-ce que tu as quelqu’un d’autre à présenter que toi avant qu’on parle de toi ?
– Ah ben les Vieilles Valises.
– On va parler des Vieilles Valises.
– On va parler des copains.
– Ouais.
– Parce que ça, c’est incroyable.
– Ben tu en fais partie aussi.
– Ben oui oui. Ah ben ça c’est formidable, c’est vraiment le sel de la vie quoi. C’est un truc qu’on a inventé avec des copains. C’était en deux mille cinq aussi, un peu avant. Ça a duré quatre ans et demi les Vieilles Valises grâce aux super chansons de Sylvain, à qui il faut rendre honneur, parce que c’est quand même notre cher Sylvain qui, depuis que je le connais, écrit des chansons. C’est un garçon qui a besoin de ça, qui a besoin de la musique, qui a toujours écrit des chansons, toujours joué de la musique. C’est très important pour lui. Et on a, mais vraiment de la chance qu’il veuille, qu’il ait besoin de nous pour l’accompagner, quoi. Mais on est des copains parce qu’on a fait le même BTS, on habitait en coloc. Donc tout ça, c’est tout un petit bordel de truc. Et tout à coup, on s’est arrêté parce que ça devenait un peu trop, parce qu’on jouait trop, et c’était au moment, je pense, où chacun avait besoin de planter un peu ses racines. Et donc là on s’est retrouvé quand même quatorze ans ou quinze ans plus tard. On s’est rendu compte que tout le monde avait fondé une famille, la plupart en tout cas. Tout le monde avait monté un peu son affaire, son boulot, avoir une maison, enfin s’établir quoi. Maintenant on a tous autour de quarante ans, quarante cinq ans.
Tout le monde a un travail, un mec travaille à Orange, y’en a qui sont traiteurs, il y en a qui sont ouvriers agricoles, d’autres sont profs de batterie.
– C’est très diversifié.
– Très diversifié. Et on s’est retrouvés parce que le Sylvain avait de nouvelles chansons et je pense que, comme il nous l’a dit l’autre jour, et ben si une chanson n’est pas partagée, elle n’existe pas.
Donc là, il en avait plein dans sa besace, mais elles étaient que pour lui et son studio, peut être pour sa famille un peu, ses enfants, le soir au lit. Et tout d’un coup, je pense qu’il a dû ressentir…
– Le besoin de partager.
– Le besoin de partager, retrouver ses potes, parce qu’on sait tous quand même vachement mis dans nos vies de famille. Élever nos enfants enfin, tout ce qu’il y a à faire. C’est quand même grandiose, tout ce qu’il y a à faire quand on est papa ou maman. Et donc, du coup, là, les enfants sont un peu plus grands, demandent un peu moins d’attention et tout un coup je pense que la place pour ça est revenue. Et donc, il nous a appelés les uns après les autres, lentement, et puis tout un coup clac, on s’est tous retrouvés lors d’une réunion. Il a dit:allez, est-ce que ça vous dit ? Et là, on a tous dit oui, mon cher Sylvain.
– Et là, vous avez fait des heureux parce que, déjà, vous avez repris l’année dernière c’est ça les concerts ?
– Mais il y a un an, c’était début mars, trois mars.
– Et là, vous allez être au Buena Onda Festival, c’est complet.
– Et ouais, on va aller au Buena Onda, on va aller au Baraban à Grammond, là aussi, c’est complet. Là il nous arrive un truc de fou. C’est tout à fait étonnant ce qui se passe hein. Moi, je dois beaucoup aux Vieilles Valises parce que je pense que c’est grâce aux Vieilles Valises et au décor que j’ai fait avec les Vieilles Valises, parce qu’on était, on avait envie de ça à l’époque. Dans nos apparts, on avait plein d’objets de récup et, au fur et à mesure, on a construit des trucs et je pense que c’est comme ça que les gens ont vu que je fabriquais des décors. Alors je savais pas que je fabriquais des décors, mais je fabriquais un décor. Et après c’est voilà, première compagnie de cirque qui me demande un décor. Deuxième compagnie.
– Cyrclik.
– Hein ?
– Cyrclik.
– Cyrclik. Et du coup, me voilà vingt ans plus tard.
– Et toujours là. Toujours à faire des décors, toujours…
– Et là faut que je fasse une fougère pour une compagnie de Montpellier qui va se déployer. Ça, ça me passionne de faire ça.
– Oui, t’as acheté une nouvelle machine pour justement faire tous les petits éléments.
– J’ai acheté une machine à chantourner pour découper du téflon, parce que j’ai besoin de faire des… Alors je pourrais avoir une découpeuse numérique mais je sais pas me servir de ce truc-là et ça me fait chier le numérique. Donc, moi, je suis dans, j’aime les mains, donc je garde mes mains.
– T’as bien raison.
– Mais vous finir sur les Vieilles Valises, c’est une aventure exceptionnelle. On ne va pas beaucoup jouer parce que, justement, on est papa et que si on joue tous les week-end, ça va devenir complexe pour nos enfants et nos campagnes. Et puis, après, on a nos raisons à nous, chacun, et mais on va jouer quand même, parce qu’on en a vraiment très, très envie. Du coup, chaque fois qu’on arrive sur scène, je pense qu’on a très, très envie d’être là. Y a aucun phénomène de…
– Lassitude.
– Oh encore un concert en plus quoi. Voilà. Je pense qu’on est comme le public, on a très, très envie d’être là. Et du coup je pense que ça peut donner des concerts sympas, parce que vraiment on arrive, on est comme des gamins.
– Et puis je pense que les personnes qui vont être là seront aussi comme des gamins ce soir-là, les soirs de concert, j’en connais quelques-uns.
– Il se passe des trucs fous. Les gens qui viennent nous voir, c’était… Alors, il y a ceux qui avaient un peu notre âge à l’époque, vingt cinq ans qui maintenant ont notre âge quarante, quarante-cinq ans, cinquante ans, et puis y’a aussi les jeunes qui ont découvert ça quand il avait quinze ans à l’époque, mais qui pouvaient pas venir au concert. Donc, l’autre jour, on a vu arriver trois filles, par exemple, mais c’est le cas de plein de gens qui sont venus nous voir et qui disaient p’tain j’avais quinze ans, je ne pouvais pas venir jouer, je pouvais pas venir au concert. Et là, quinze ans plus tard, on est là.
– Je suis là.
– Je suis là.
– Ils ont attendu quinze ans.
– Y’en a qui connaissent les chansons et tout enfin c’est ça, c’est tout à fait étonnant à voir. Nous, ça… On n’a pas du tout imaginé ça, on a jamais, on a rien fait quoi. Y’a pas de réseaux sociaux, si un petit bout de facebook mais on a rien fait pour alimenter ça. Ce qui fait le truc, c’est que Sylvain, il nous fait de tellement belles chansons et que après, sur scène, je pense que les gens y voient un groupe de potes qui s’amusent. On est un groupe de potes qui s’étaient pas vus depuis un moment et qui là renoue et reprend du kiff ensemble. Ouais, c’est tout à fait étonnant, tous les concerts sont pleins. Les gens sont à fond, nous aussi. C’est très bon enfant et on sent qu’il y a une transmission des anciennes générations aux plus petits. Il y a des chansons qui parlent aussi bien aux petits qu’aux grands, on a tous les âges dans les concerts, ça fait chaud au cœur quoi. Dans ce monde où ça devient complexe, comme ils ont dit hier à France Inter, moment de désordre mondial.
Ben tout d’un coup, pendant cette parenthèse de deux heures de concert, et ben là, on se fait du bien.
On se fait du bien, je crois qu’on est là que pour ça.
– Ouais et c’est ce dont on a besoin en ce moment.
– J’en ai l’impression et c’est ce que j’essayais de faire avec mes machines aussi.

– Voilà, mais on va parler un petit peu de tes machines alors ?
– Ah oui mais on n’est pas obligé.
– Ah si, de ton atelier, dis-nous comment ça a commencé.
– Mon atelier… Alors moi je suis un petit garçon qui bricole depuis que je suis tout petit. Je vois comment font mes enfants, je pense que j’étais pareil. Et du coup, c’est de la bidouille, et c’est l’idée de s’amuser avec tout ce qui est autour de soi quoi voilà, je ne sais pas pourquoi c’est là en moi, mais en tout cas, c’est là. Et je fais une super rencontre pas en BTS, je fais une super rencontre au lycée, avec une plasticienne, Clorinde Coranotto qui, vraiment, pendant dix jours nous fait un atelier exceptionnel avec la prof Madame Melotto, au lycée Bonnefont, ont repeint entièrement le foyer socio-culturel. Et je sais qu’elle a dit à mes parents et qu’elle m’a dit à moi aussi, ce que tu fais avec tes mains, c’est très important pour toi. Elle a pas raccroché ça à une vie où je pouvais gagner ma vie avec ça, elle m’avait dit par contre, c’est très important pour toi, ne le sous-estime pas ce truc, c’est très important. Voilà, et donc elle a dit à mes parents de surtout me laisser faire. Elle m’a dit d’aller voir aux Beaux-Arts, elle m’a dit, à mon avis, ça va te plaire. Je voulais voir une journée pour voir à quoi ça ressemblait mais ça ne m’a pas plu. J’ai trop, trop envie de liberté. Pour moi, c’est vraiment…
– C’était trop codé, c’était trop…
– Je sais plus. Je n’y suis allé qu’une fois, mais ça m’a pas plu. Je sais pas, l’ambiance… Mais après, il y a des gens à qui ça va très bien et peut-être que si j’avais été plus grand… Maintenant aujourd’hui, j’aurais adoré peut-être faire ces trucs là. Mais à l’époque dans ma tête, c’était trop… Je… De la liberté. Je m’étais même dit qu’il ne fallait pas que je gagne ma vie en faisant ça dans ma tête, parce que c’était trop pur au fond de moi. Et donc j’ai beaucoup fabriqué de trucs en partant avec mon vélo, mon sac à dos, vider les vieilles maisons, pas vider, mais visiter les vieilles maisons.
Aujourd’hui, ils appellent ça l’urbex.
– Oui, tout à fait.
– Mais à urbex on pique rien. Alors que moi, à l’époque, je piquais, mais dans des maisons vraiment, pourries quoi, des trucs écroulés. Et je récupérais plein de trucs, et c’est fou, parce que depuis que je suis enfant, je trouve, les objets que je ramasse prennent place dans mon imaginaire quoi, direct !
– Donc, tu as pas l’image en tête de quelque chose que tu veux faire ?
– Ça dépend.
– Ça dépend de l’objet, ça dépend. Parfois tu…
– Quand j’ai commencé, au début, quand j’ai commencé, c’était vraiment les objets qui me donnent des idées. Et puis, en grandissant, tu découvres que tu sais faire des choses. Et, peu à peu, il a fallu, tout à coup, j’ai fabriqué des décors dont il fallait quand même faire des choses que les gens te demandent, mais avec ta manière à toi de faire. Donc là, c’est un aller-retour entre ce qu’on te demande de faire et aussi ce que les objets t’évoquent. Il peut y avoir des objets qui déclenchent tout, une forme d’objets qui va déclencher une machine géante, une fois, une dame au centre de récupération et valorisation des déchets Vacher, qui est mon partenaire depuis vingt ans. Je remercie Monsieur Matthieu Charreyre, qui est un super monsieur. Cette dame m’avait donné une mâchoire qui sert à expliquer aux enfants comment on se brosse les dents. Et cette mâchoire, elle m’a donné tout le personnage et après toute la machine et j’ai fait après un grand truc où le personnage marchait devant moi, j’avais un musicien accroché derrière, tout ça se déplaçait puis après, cette machine je l’ai sorti en école, on est allé à Tours avec cette machine, on est allé dans des cours d’écoles, avec des enfants, on a fait des animations et tout est parti d’une mâchoire qu’on m’a donné.
Et l’oiseau que t’as vu tout à l’heure, il est parti de juste, de cette griffe de pelleteuse que j’ai coupé, qui faisait un super bec et qui faisait bien un bruit de, de bec comme ça, de caquetage, de, comme les cigognes. Donc, ça dépend, il y a des objets qui vont me faire paf ! Des fois c’est des textures, des fois c’est un mécanisme d’un objet, des fois c’est… Et j’ai beaucoup d’idées aussi dans ma douche, je sais pas pourquoi mais quand je prends ma douche, tac, j’ai un moment de détente et pof, il y a plein de trucs qui me viennent. La machine pour faire le vélo volant elle m’est venue là.
Et après je, il y a aussi des des commandes où je mets en place des idées que j’ai pour des commandes, parce que j’ai fabriqué des machines pour la Belgique, pour des comment ça s’appelle…
– Ah c’est la plante là, qui mangent les mots là.
– Une plante cultivore et y’a aussi une machine qui réveille les livres, les cd, parce que c’est un magasin de seconde main, donc que des trucs d’occasion. Donc c’est des belges qui ont inventé toute une histoire de cousins, la famille Arnoux. Et là, j’avais découvert un système pour réveiller les livres avec des plumes, avec un chatouillage de plumes. Et ben ce chatouillage de plumes après, plusieurs années plus tard, et ben ce chatouillage de plumes est devenu un grand truc et j’ai eu envie que ces grandes plumes, de faire une sorte de chatouillage vraiment de grand luxe, de caressage, et c’est pour ça que j’ai fabriqué ce tourne chatouille, qui est une sorte de machine qui permet de mettre une personne au milieu et de lui faire tourner autour d’elle neuf bras mécaniques qui ont l’air un peu hostiles, mais qui, en fait, porte au bout des grandes plumes de paon. Et ces grandes plumes de paons viennent caresser, chatouiller, embêter les gens. Un peu comme si on faisait le truc sur la tête, comme ça là. Le truc qui nous, qui…
– Ouais qu’on aime bien là gratte…
– Je sais pas comment on appelle ce peigne.
– Le peigne qui s’écarte là pour prendre la forme de ton cerveau.
– Donc du coup de ce truc avec les belges, est venu cette alcôve de chatouillages, de caressage pour prendre soin des gens, avec un musicien déjà à l’époque, machine qui fonctionne sans électricité, avec un personne qui sert de contrepoids, comme dans les anciens moteurs de tourne broche médiévaux ou comme dans les horloges. Donc on met une personne tout en l’air, on lâche la personne redescend et sans énergie, son poids à elle fait que l’autre personne de l’autre côté se retrouve légère, caressée par des grandes plumes de plan, et puis après cette machine est allée jusqu’à devenir le Tourne Chatouille, qui est maintenant une machine assez complète, maintenant une grande installation avec costumière, musicien, chatouillage et la personne maintenant quand elle rentre dans cette machine, elle va découvrir quel est l’oiseau qui se cache au fond d’elle. C’est tout un rituel poétique et mécanique en couture et musique.
– Oui et puis les enfants comme les adultes se prêtent au jeu.
– Ah mais tout le monde. Voilà et l’idée comme ça, il a bien fallu cinq, six ans pour que ça arrive à terme et du coup, cette machine nous a amené à plein d’endroits. Là dernièrement, on l’a joué en hôpital psy avec le dispositif interSTICES à Clermont-Ferrand. Et là, on était avec des personnes qui sont dans ces services et ces personnes-là, avec cette machine là, il se passe des choses formidables. Ils peuvent vraiment laisser aller leur être comme ils sont et ils deviennent magnifiques. Ils deviennent magnifiques grâce à cette machine.
– Là, tu me parles de santé mentale, justement, j’ai une question, tu as passé une formation de secours en santé mentale. Est-ce que c’était pour alimenter tes projets, pour comprendre, pour… Ou ça n’avait rien à voir ?
– Ça, c’est dans le cadre de l’association Dis-moi. Vu qu’on côtoie dans nos ateliers tout type de personnes. Ils ont jugé, on a jugé pas mal de faire une petite formation de deux jours vraiment pour découvrir un peu comment gérer et comment faire les premiers gestes sur des personnes qui, tout à coup…
– Peuvent être affolées.
– Peuvent être affolées, peuvent monter dans les tours. Voilà. Ça m’a beaucoup servi aussi pour comprendre mieux les histoires de mon papa aussi. Voilà, la santé mentale, de toute façon, on en est entouré hein, puis nous aussi on peut y être… Il suffit qu’il se passe un truc incroyable dans nos vies, on peut aussi tomber là-dedans donc… Je pense que c’est pas mal de se renseigner, comment s’en sortir ?
– Moi j’avais une question aussi par rapport aux installations, est-ce que tu retourne les voir, est-ce que tu dois les restaurer une fois qu’elles sont en place ? Combien de temps elles restent ?
– Oui, il y en a que je vais restaurer, par exemple, à l’École du vent. J’y ai bossé dix ans et, de temps en temps, je vais rénover certains trucs qui sont vachement utilisés par le public. Là, faudrait que j’y aille par exemple, je sais qu’il y a une manivelle qui ne marche plus, mais on attend d’avoir un petit peu un groupe de trucs à réparer pour y monter. Après, j’ai fait une machine du côté de Chamonix, là-bas, pour l’office de tourisme de Cluses, pour des sortes de quêtes, des sortes de de jeux comme ça, dans les communes balcon, les communes à mille cinq cents mètres d’altitude, et là, on a fait un truc autour de la tradition horlogère. Et là, j’ai fait une machine qui permet de remonter dans le temps. C’est vraiment une grosse machine…
– L’horloge là ?
– Avec vraiment des… J’ai vraiment fait tourner des très gros engrenages, des petits, et j’ai fait une, vraiment une grosse horloge qui tourne à l’envers, avec poste de pilotage, système de programmation, mais tout ça, très très mécanique, sans électricité. Parce que vous l’aurez compris, moi, je vire toute électricité de mes machines.
– Voilà même celles avec lesquelles tu fabriques les objets. J’ai vu ton tourneur., enfin ton…
– Mon tour à bois.
– Ton tour à bois, c’est avec une ancienne machine à coudre.
– Avec un volant d’inertie. Voilà, toutes ces histoires de volant d’inertie, de contrepoids, de… Ça me passionne. Et surtout ça rend les machines encore plus poétiques, parce que du coup, c’est plus un bouton où on appuie y’a le moteur qui tourne, il faut inventer tout un petit bordel avant que ça tourne déjà, et donc du coup, ça apprend plein de trucs sur la force musculaire, sur les contrepoids, sur les volants d’inertie. Moi j’aime bien tous ces trucs-là. Moi ma poésie mécanique elle se crée là-dedans.
– Ta poésie mécanique, justement, est-ce que c’est aussi pour faire passer un message ? Est-ce que tu as un message à faire passer aux adultes, aux enfants, ou pas ?
– Je ne pense pas avoir de message très, très, très spécial. Est-ce que j’ai un message ? Moi je ne sais pas si j’ai vraiment un message et pourtant, j’ai vraiment l’impression de donner tout ce que je peux à chaque fois. J’essaie de renouer les gens avec quelque chose de… Croire en ses rêves. Ça peut paraître bateau comme ça, mais je pense que c’est pas mal quand même d’y croire. Est-ce que j’ai un message ? Hé hé hé, je ne sais pas si j’ai un message. En tout cas, je n’aime pas trop être donneur de leçon, donc je préfère que les gens se racontent ce qu’ils ont envie. Je ne préfère pas leur donner tout cuit, faut penser ça. Je préfère les laisser penser par eux-mêmes. Mais, c’est sûr que je fais des installations qui ne laissent pas indifférentes. La machine où les gens se transforment en oiseau, je leur propose vraiment d’aller au fond de leur imaginaire pour certains, retrouver leurs enfants, pour certains, laisser parler le côté de leur spontanéité, le côté de leur fantaisie. Je suis très attiré par la spontanéité des gens moi. Moi je fais plein de machines là-dessus. J’aime beaucoup que les gens soient surpris, aient pas le temps de réfléchir. Dès qu’on gomme ça, ça devient intéressant. Et c’est pour ça que j’aime bien bosser avec des malades mentaux, tout ça, parce que toutes ces personnes là, elles ont pas de filtre social et elles sont spontanées. C’est tellement extraordinaire, la spontanéité. Dernièrement j’ai découvert… Alors, j’avais déjà découvert le groupe Astéréotypie, qui est super ou c’est pas marqué, c’est ça qui est super, c’est que ce n’est pas marqué dans le titre. Ils sont quatre chanteurs, cinq chanteurs, c’est des jeunes qui font des ateliers d’écriture et de musique, avec des supers intervenants et ces intervenants, au vu de ce qui se passe et vraiment de l’incarnation des textes, ils se disent mais ces jeunes-là, il faut qu’ils montent sur scène avec nous. Ils ont monté un vrai groupe. Ils ont pas monté un groupe avec des handicapés. Ils ont monté un groupe avec des jeunes qui s’expriment et qui ont des choses à dire et il se trouve que là ce sont des autistes, mais ce n’est pas marqué. Et on le sait pas quand on va voir le concert. Parce que y’a des projets comme ça ou… Ah là, on va faire un opéra avec des handicapées.
– Oui, ils mettent en avant…
– Je trouve ça terrible, alors que non, on s’en fout. Ce sont des gens comme toi et moi sauf qu’ils ont leur sensibilité et ils vont la donner. Ils vont la donner sur scène tels qu’ils sont. Et on n’est pas obligé d’avoir une étiquette, tac ! Donc Astéréotypie et dernièrement, alors ça fait très longtemps que ça existe à priori, mais le Papotin.
– Voilà, j’allais te demander justement, voilà.
– Les Rencontres du Papotin.
– Les Rencontres du Papotin, ça fait très longtemps que ça existe.
– Ah, c’est génial. J’ai découvert ça moi, je ne savais pas que ça existait, mais j’ai vu qu’il y avait pas mal de gens de ce groupe après, c’est tout un petit monde.
– J’allais t’en parler tu vois, il y a des choses, il y a des personnes extraordinaires dans les Papotins.
– Mais oui.
– Tu as vu, il y a une fille qui ne parle pas, mais qui crée des histoires avec les mots, les petites lettres et tout…
– Tout à fait.
– Bab, j’ai perdu son nom. Mais bon, qui a fait des livres…
– Et oui, voilà, et moi, je le vois dans mes ateliers, dès qu’on enlève, dès qu’on y va quoi, dès qu’on prend du temps pour rencontrer l’autre, vraiment, qu’on y est vraiment et qu’on s’enlève un peu le masque, qu’on s’enlève des à priori et qu’on prend la personne telle qu’elle est dans le moment, ici et maintenant, il se passe des choses formidables quand même. Et donc, du coup, je suis très ému par la spontanéité des gens, des enfants et de ces personnes qu’il y a au Papotin là, c’est formidable. A priori, ce sont tous des personnes qui sont dites dans le spectre autistique et ces personnes-là, moi je les trouve formidables parce que il faut leur donner la parole, parce qu’elles ont leur manière à voir le monde.
– Comme tu dis, pas mettre des cases.
– Et puis toutes leurs remarques sont super. Je ne sais pas comment expliquer. Je veux pas tomber non plus dans le truc les handicapés sont magnifiques.
– C’est la spontanéité que tu aimes.
– Je les vois pas comme ça, moi, je vois des gens à qui tu donnes la parole que jusqu’à présent, on avait caché et à qui, maintenant, on donne la parole. Et c’est formidable, c’est un vrai vent de fraîcheur, pof !
– Ouais et puis c’est vrai, quand tu suis un, quand tu vois une émission, après ça, ça fait du bien.
Ils nous font du bien quoi, parce que, comme tu dis, il y a la spontanéité.
– Parce qu’ils disent ce qu’ils pensent, parce qu’il y a pas de calcul. Je crois que c’est ça, il y a pas de calcul, ou sinon il y a un calcul très à eux. Mais c’est vrai que moi, quand il y a plus de calcul, je suis… Ça me plaît bien. Parce que fiou c’est compliqué hein quand on est avec des gens comme ça, qui calculent qui essayent même de louvoyer. J’ai jamais rien compris à ça, je n’arrive pas à lire entre les lignes. Du coup, je suis entouré moi de personnes qui sont assez, comment ça s’appelle, assez franches quoi. Paf ! Voilà. Moi, je n’arrive pas à lire entre les lignes. Donc, je suis très, très attiré par tout ce qui est spontané. Spontané, sans filtre.
– Et est-ce que tu as des projets à venir sur la Haute-Loire ou…? Tu voudrais nous en parler ?
– Là je suis dans l’attente de propositions. Je suis dans l’attente, si ça se passe, je vais aller dans des supers endroits, mais je n’ai pas trop envie d’en parler parce que j’ai pas envie de…
– Alors peut-être, peut-être un projet plus sur la Haute-Loire dont tu m’as parlé un petit peu de ces projets là, dont tu es dans l’attente. Est-ce qu’il y en a d’autres dont tu peux parler ?
– Ben là, je vais faire pour la compagnie Filomène, avec qui j’ai déjà travaillé il y a quelques années. Alors je travaille sur chacun de leur spectacle mais à chaque fois ils me demandent des mécanismes très spéciaux. Sur leur premier spectacle, c’était vraiment une fleur qui devait surgir et une fleur métallique qui devait s’ouvrir vraiment, mais vraiment fallait qu’elle soit majestueuse.
Sur un autre spectacle, c’était vraiment une machine qui devait sortir d’un tas de fer et s’avancer sur scène et marcher. Et là, du coup, je me suis inspiré de ce fameux hollandais ou suédois là Théo Jansen qui fait des machines sur le bord de la plage avec des pattes là qu’il faut pousser par le vent, et le système de pâte qu’il a trouvé, ce monsieur. Il est révolutionnaire. Et ce qui est super c’est qu’il l’a donnée en, il l’a donné en open source, tout le monde peut… Et donc j’ai repris ce système de pattes et je leur ai fabriqué une machine qui fonctionne sans électricité, comme un automate avec en gros clac clac clac clac clac. On remonte un gros ressort hélicoïdal et quand on lâche la machine, elle se met à marcher toute seule quoi. Et dessus, il y avait un disque qui tournait en vinyle, enfin un soixante-dix-huit tours, et du coup, le spectacle c’était vie, et donc on voyait naître cette bestiole. La musique tournait au bon rythme, au fur et à mesure que le ressort se détendait, la musique tournait de moins en moins vite, mais elle faisait des à-coups, elle reprenait et, sur scène, on voyait une machine qui, tout à coup, avait la vie qui s’en allait. C’était très étrange à voir. Et là, il me demande de fabriquer une fougère, enfin en tout cas, plusieurs végétaux qui vont tout à coup poussé de manière mécanique sous un arrosoir. Il va y avoir un système de gouttes d’eau qui vont tomber, et moi faut que je fabrique un monde qui, tout à coup, se déplie. Voilà je suis au tout début et je suis en train de fabriquer…
– La fougère…
– La fougère.
– Je l’ai vu dans ton atelier. Donc atelier des inventions géniales, on va continuer à te suivre. Pour ceux qui ne te connaissaient pas, j’espère que, voilà, ils vont s’intéresser un petit peu plus à tes créations. Tu fais aussi de très belles illustrations.
– Et ben là, je viens de passer trois semaines à faire… J’avais vraiment envie d’apprendre la technique de la gouache un peu, de pousser plus loin. Et donc je fais une affiche là pour les vingt ans des Basaltiques. Alors je ne dis pas qu’est ce que ça va être, mais en tout cas je me suis régalée à faire ça. En plus, je suis vraiment fan de tout ce qui est livres pour jeunesse, enfin, les grandes illustrations. J’aime bien les grandes illustrations.
– Est-ce que t’as un auteur de livres de jeunesse en particulier, ou pas ?
– Ah, en ce moment je regarde pas mal les bouquins de Alexis Nesme, il a fait quoi, il a fait des Mickey. C’est extrêmement bien dessiné. Il a fait Horrifikland Land, il a fait aussi le voyage du docteur Grant (Les enfants du capitaine Grant), c’est super bien dessiné, et j’aime bien quand, comment ça vient du noir jusqu’à… Enfin au niveau des couleurs, c’est trop beau. Et donc, du coup, là j’ai passé vachement de temps au mois de janvier. En plus, il faisait bien froid, donc j’étais très content d’être au chaud. Et donc j’étais tout bien là, j’avais mes gouaches, mes supers pinceaux, ma grande feuille, mes podcasts, et vraiment, je me suis plongé là-dedans, à faire un grand crayonné. Enfin, je me suis vachement entraîné, j’ai fais deux semaines d’entraînement pour apprendre à faire mes personnages et après je les ai mis sur cette affiche, puis après je… Après, il a fallu faire le fond. Le fond, c’est du one-shot, fiu. Il a fallu le faire comme ça, je l’ai fait à l’aquarelle, et puis après, venir poser mes personnages dessus et tout ça, ce n’était pas de de l’intelligence artificielle, c’est vraiment… Donc, si je me plante, pzzz, nické ! Donc je me suis concentré, mais j’ai adoré me concentrer autant et vraiment, à aller jusqu’au au poil de cils de yeux quoi, je me suis régalée de mettre tous les petits détails que j’avais envie. J’ai vraiment pas du tout gagné ma vie là. Parce que j’ai vraiment beaucoup, beaucoup travaillé, mais c’est pas grave, j’ai pris ça comme une formation et donc, là, maintenant, j’en connais un peu mieux sur la gouache. La prochaine fois, j’irai un peu plus loin, mais là, je… Et surtout, je voulais faire un truc très en couleurs. Parce que là pour les Vieilles Valises j’avais fait des affiches en noir et blanc, et là, j’ai vraiment envie de changer et d’apprendre à manier les couleurs, et donc, j’ai vachement regarder le travail d’Alexis Nesme. Mais du coup, il y a aussi Rébecca Dautremer, qui est vraiment exceptionnelle, une grande créatrice.
– Ah oui, c’est génial.
– Alors elle est au plafond. Pour moi, elle est comme Camille, comme la chanteuse Camille. C’est ce genre de grandes personnes, de grandes créatrices, qui sont inspirées et inspirantes vraiment. Y’a aussi dernièrement mais je me rappelle plus comment il s’appelle, mais j’ai un bouquin d’un gars qui a fait une adaptation de Jules Verne et il fait des dessins trop beaux. Après, au niveau de mes ateliers. Là, je fais des ateliers à Blavozy avec des enfants depuis vingt ans aussi, je fais mes ateliers le mercredi aprèm. Avec les jeunes, on a inventé une machine de folie, de folie. Le quatre et cinq avril, on va sortir c’te machine pour le festival Artistes à tous vents.
– Ahhh, je pense que le podcast sortira après.
– C’est pas grave et là on va sortir une machine incroyable, une machine qui bouffe des, qui va manger des déchets, qui va les recycler à l’intérieur, parce qu’il a des gamins qui vont être dans le ventre et qui vont prendre tous ces déchets et les bricoler et après ça va sortir par le trou de fesses.
(rires)
Et ça va sortir des créations très étranges de c’te grande machine. Et puis en plus, ils ont inventé des effets spéciaux avec des ronds de fumée. On a appris à faire des ronds de fumée, des fusées qui décollent avec de la fumée aussi. On délire hein, les gamins, là je te dis qu’on fait péter au plafond, boom, ça pète. Et puis après, va y avoir un joli projet InterSTICES, parce que là, toute l’année, je vais à l’hôpital Sainte-Marie à Clermont avec des enfants de pédopsychiatrie et tout le personnel, tout le monde travaille, patients et soignants, et au final, il va y avoir un festival, le printemps culturel, le dix-neuf et vingt juin. Ça va se passer dans Sainte-Marie, à l’extérieur, normalement, et on va faire un grand défilé de toutes ces machines, avec aussi normalement, l’orchestre Sainte-Marie des Oreilles, la compagnie l’Excentrale. On va voir où ça nous amène tout ça, et on va avoir vraiment un grand défilé avec des machines folles, et du coup, ce qui est bien, c’est que ça, le projet a vachement emballé des soignants. Donc, du coup, tout le monde y est à fond, tout le monde donne des idées. Et donc, la création, c’est pas une création que des enfants ou création que des soignants, c’est une création de tout le monde. Et ce qu’ils ont vachement aimé aussi, c’est que entre services ils se sont rencontrés, parce que souvent, les services sont assez cloisonnés.
Et là, il y avait des services de pédopsy d’un peu différents pôles qui se sont rencontrés, qui ont discuté, qui ont rigolé. Et du coup, l’énergie est belle quoi. C’est une belle énergie. C’est super.
Je suis trop content.
– Merci beaucoup Nicolas. Tu veux rajouter quelque chose ?
– Qu’est-ce que je veux rajouter. Merci de t’intéresser aux gens.
– Mais j’ai pas fini en plus hahaha. Tu as parlé de podcast. Quand tu crées, tu écoutes des podcasts, est-ce que tu as un podcast à nous conseiller ?
– Il y en a un que j’aime particulièrement, c’est le temps d’un bivouac sur France Inter, avec Daniel Fiévet, des trucs d’explorateurs. C’est des trucs de biologistes, d’acousticiens, de gens qui ont des vies un peu incroyables et qui nous racontent le monde comme jamais on l’a vu. Par exemple, j’ai découvert l’existence de ce fameux photographe sous-marin là, qui prend un peu la suite de Cousteau, mais c’est pas du tout Cousteau par contre.
– Ah mais qui est à Marseille non ?
– Ballesta.
– Ballesta hum.
– Laurent Ballesta aïe aïe aïe.
– Bien sûr Laurent Ballesta à Marseille oui.
– Olala il est Incroyable ce monsieur.
– Il est génial hein.
– Il a une façon de raconter des choses, c’est un vrai conteur. Moi j’adore, et mes gamins du coup, ils adorent. On regarde beaucoup de vidéos de ce monsieur sur les requins sur la Méditerranée.
– Ouais, il est assez extraordinaire, je suis d’accord.
– C’est là que j’ai découvert aussi, je pense Catherine Lenne, puisque elle est venue intervenir aussi.
Parler des arbres. Là, ils font des découvertes incroyables sur des arbres. Comme quoi les fleurs seraient capables d’entendre arriver des abeilles quand même. Peut être une fleur serait… Moi pour mes machines c’est extraordinaire. Une fleur pourrait entendre arriver le bourdonnement d’une abeille. Et quand le bourdonnement de l’abeille arrive, hop la fleur fabrique du nectar. Alors, fabriquer du nectar, c’est pas Catherine Lenne, qui a trouvé ça. C’est d’autres trucs sur arte et tout ça mais, ils font des découvertes incroyables. Quand tu touches un arbre, il le ressent, les influx nerveux des trucs électriques.
– Ch’ai plus en Afrique, si c’est les baobabs que les girafes mangent, la girafe elle en mange un…
– Là ça fait un moment qu’ils en parlent.
– Et tout d’un coup, voilà les autres, forment un espèce de gel ou ch’ai plus quoi qui…
– Ouais elles deviennent pas comestibles. Du coup, les animaux s’en sont rendu compte et ils remontent le vent pour manger.
– C’est fou hein ?
– Mais ils peuvent manger que les feuilles d’en bas, parce que tout l’arbre devient toxique. Et c’est comme ça que il reste toujours à manger pour tout le monde. Parce qu’au début ils peuvent manger mais au bout d’un moment ça devient toxique, ils passent à l’autre. En fait, si ils mangeaient l’arbre entièrement y’aurait plus d’arbres.
– En fait, il y a un monde du silence. Un monde encore à découvrir.
– Tout est interrelié, c’est fou hein.
– Ouais.
– Alors avec ce Monsieur Bernard Bertrand là. Il a tellement écrit de livres formidables sur la nature, et c’est toujours pratico-pratique, c’est toujours ce qu’on peut faire avec l’ortie, qu’est-ce qu’on peut faire avec le pissenlit, qu’est-ce qu’on peut faire avec le tilleul, avec le hum… Et moi j’adore. J’adore, j’adore. Ça m’ouvre un monde fou quoi.
– Ça t’inspire.
– C’est dans ses bouquins que j’ai découvert qu’il y avait des tours à bois qu’on fabriquait directement dans la forêt en vraiment, avec absolument pas d’électricité, absolument pas de… Tu salis rien. Tu pars, c’est propre parce que c’est que du bois au sol. Le banc a planer, le fait d’aller en forêt et de fabriquer ton propre atelier en forêt. Et puis, après tout ça se dégrade et revient à la terre, et… Il est extraordinaire, ce Bernard Bertrand, il a écrit beaucoup de bouquins et il a collecté plein de gens. Et lui, c’est un véritable gamin qui expérimente encore, et je pense qu’il y a soixante-quinze balais. Et tu vois dans son regard, qu’il est tout le temps l’activité, c’est formidable.
– Il a les yeux qui pétillent.
– Il s’est fabriquer un canoé d’écorce comme les indiens. Il faut le voir faire ça. C’est vraiment un délire de gamin tu vois. Le mec a soixante-dix ans, et et voilà, il a appris tellement de choses avec ses mains qu’il est capable, il est aller rencontrer un indien, il a appris. C’est un bon délire. J’aime bien ce délire de… personnes curieuses. Curieuse du monde et des choses. Moi, je m’estime à peu comme ça, je suis très curieux.
– On le voit.
– Là j’ai appris la gouache, là j’apprends à tourner du bois.
– T’as appris la vannerie aussi.
– J’ai appris la vannerie, ça ça m’a vachement plus et c’est pas fini, parce que c’est très vaste, parce que apprendre la vannerie, c’est une vie, chaque truc, c’est une vie. Et moi je suis très éclectique, j’aime bien apprendre ça, ça, ça fait près. Je fais mon petit mélange.
Depuis le début, toutes mes machines sont faits de ce petit mélange de tout ça.
– Ça te nourri
– Voilà. Je suis expert en rien
– On aime bien que tu sois expert en rien, ça nous arrange. On va parler maintenant, on va passer à…

On a un slogan c’est Crache ta lentille, lentille gentille. Mais j’aimerais savoir si il y a un événement que tu trouves remarquable au Puy, ou qui se passe ailleurs et que tu aimerais, ou qui s’est passé au Puy, t’aimerais revoir, par exemple.
– A une époque, on a fait une fête de la récup avec des copains, et c’était super. On était dans la rue Grangevieille, on avait fermé la rue et les gens pouvaient venir bricoler dans cette rue. Grâce à Vacher, on avait réussi à amener tout plein de matos, et ça, c’était bien. Et je suis en train de me poser la question si je le referais pas et j’aimerais bien posé la question à la Rafistolerie si on ne le ferait pas ensemble, une fête de la récup.
– Oui je pense, elles sont intéressées, elles en parlaient dans leurs podcast justement de faire un festival comme un festival dans le jura.
– Dans le Jura ?
– Je crois que c’est dans le Jura, je sais plus. Faudra que tu leur demandes.
– C’est pas le Michtô festival ?
– Si c’est ça.
– Ah, c’est très fort. C’est la Cie Titanos.
– Cie Titanos.
– Cie Titanos. Ca ou sinon ce qui serait super, ce serait une têtes de rue au Puy. Ah ben ouais, le Puy s’adapterait bien à ça, parce que c’est une jolie ville.
– Pour le spectacle vivant c’est une ville tout à fait…
– Y’a plein d’endroits où il peut se passer des choses. A voir, mais là avec Coop’Art, on va peut-être… Tout ce rassemblement de gens du spectacle, au bout d’un moment, ça donne des trucs, quoi. On se rencontre, et puis les envies naissent, et puis on va voir ce qu’il va se passer. On a oublié de parler de Julie Plantevin.

– Ah, tu voulais parler de Julie Plantevin et ben vas-y, parles nous de Julie Plantevin.
– Mais là on est loin, au niveau de l’heure.
– Ah oui, je pense que là on va dépasser.
– On va tout exploser.
– On fera trois épisodes.
– Tu feras ton choix. Oui, je voulais parler de Julie Plantevin, à Allegre, avec sa compagnie La Culottée, et aussi le spectacle qu’on a fait ensemble, avec la compagnie des Aubes Sauvages là bas en Ardèche à Vernoux-en-Vivarais, on a fait un spectacle sur une manutentionnaire de la mort. J’ai fabriqué un cercueil pour ce spectacle. Et vraiment, j’ai été voir la première à Vernoux-en-Vivarais et j’ai été soufflée par ce qu’elles ont inventé ces deux filles là. Clémentine Jolivet, la metteur en scène et Julie Plantevin nous ont fait un spectacle où les gens, ils ont été embarqués dans un truc qui parle de la mort. Mais où on va rigoler, où on va avoir de l’émotion, on va pas sortir avec quelque chose de lourd au fond de la poitrine. Mais on aura vécu une sacrée expérience. Et les gens rigolent, pas en même temps. Il y a des grands moments de rire, mais aussi des moments de… Oui, je pense aux gens que j’ai perdu, mais en même temps, comme elle le présente, c’est tout à fait étonnant. Elle pousse… Elle a une colère hyper saine dans ce spectacle qui est très, très belle à voir. Vraiment, et elle va très, très loin. Et à la fin du spectacle, il y a eu standing ovation pour une première.
– Ouh !
– Vraiment, j’étais hyper, hyper ému pour elle.
– Le nom du spectacle ?
– Le spectacle s’appelle En Grandes Pompes. En Grandes Pompes, c’est une petite nana qui arrive avec des valises, et puis elle pose ses valises et nous raconte plein de trucs et va nous expliquer comment s’occuper des morts quoi parce que, c’est un peu mal géré, quoi. C’est toujours, à chaque fois qu’on perd quelqu’un, toujours la précipitation. Alors là elle nous explique un peu les choses, une formation un peu de premiers secours. C’est exceptionnel. Et au milieu de tout ça, elle pète un plomb. Un très, très beau plomb. C’est magnifique. Et sinon ben il y a sa compagnie, La Culottée où je leur ai fait une charrette aussi un peu spéciale qui est pour le spectacle les colporteuses des légendes. Un spectacle sourds et muets et malentendants, personne entendante un peu pour tout le monde. Sur scène, il y a une dame qui est sourde et muette et Julie. Et Julie elle est, comment ça s’appelle, elle est interprète en langue des signes. Et c’est un spectacle qui est donc visible par tout le public au final. Et c’est super ce qu’elles font toutes les deux. Voilà une très, très belle histoire de dragon avec, en plus, des mots qui sont transformés, elles transforment tous les mots, masculins en féminins. Ça lui donne une langue très, très spéciale. Et moi j’aime beaucoup Julie, une super énergie. Pfut. Formidable. Je peux l’écouter des heures. C’est une super conteuse. Elle raconte trop bien des histoires.
– On va suivre Julie alors. Je vais te demander de refaire le jingle. Hop ! On va arriver aux dernières questions.

Musique jingle

Allez des petites questions sur la Haute-Loire et après, je te demanderai le mot de la fin. Il faut que tu choisisses. En fait, pareil, hein, je te fais plusieurs propositions. Le festival Lézard d’hiver à Espaly, Nuits de Rêve à Rosières ou Chahübohu à Chadrac ?
– Ah, j’aime bien Nuits de Rêve. Je suis très attiré par Nuits de Rêve. Le cadre est formidable. Et puis, il y a quelques années, on y a participé avec, on avait trouvé un tracteur volant qui était passé dans le coin quoi. Il s’était passé un truc très étrange. Le tracteur volant, je ne vais pas en parlé là si on repart sur le tracteur volant, j’en ai pour trois heures. Cette histoire est folle. Si je vous raconte cette histoire, entre rêve et réalité, légende ou conte, on sait pas si c’est vrai, pas vrai, enfin c’est… Je pense qu’un jour on va la ressortir cette histoire du tracteur volant. C’est pas fini ce truc.
– D’accord, à suivre… Le plateau de la Margeride ou le plateau du Forez ?
– Alors je dirais… Attends, le Forez c’est vers…
– Quand tu vas vers la Chaise-Dieu, tout ça, c’est le nord de la Haute-Loire.
– Est-ce que c’est Fournols, Saint-Amand-Roche-Savine de tout ça.
– Plateau du forez oui.
– Alors Forez parce que Fourols. Et à Fournols, j’ai fait mon plus beau stage de toute ma vie. J’ai fait un stage avec un monsieur de l’ONF, Patrice Laffont, comme le présentateur de la météo. Merveilleux agent de l’ONF qui m’a fait découvrir des trucs dans la forêt. J’ai même vu un blob avec lui.
– Ah bon ?
– Il ne savait pas que ça s’appelait un blob.
– Ah, c’est génial !
– J’ai vu un blob, il m’a montré un blob.
– C’est extraordinaire un blob quand même.
– J’ai vu un blob se déplacer sur une souche, j’ai vu des tremblants, j’ai vu une tourbière qui se referme et donc des tremblants faits en sphaigne avec des arbres qui poussent dessus, et il m’a dit vas-y, saute. J’ai sauté, poum, et j’ai vu le sol partir comme une vague, c’était un sol forestier. Et les arbres étaient mis dedans et les arbres en fait quand ils deviennent trop grands et ben ils tombent parce qu’ils tiennent pas dans le sol, parce qu’en dessous y a de l’eau. Il y a peut-être un mètre de terre végétale, mais qui est de la sphaigne, c’est de la tourbière quoi et en dessous il y a de l’eau. Donc, en fait, tu marches, tu te rends pas compte, mais tu peux passer à travers. Et donc il m’a fait sauter et j’ai vu toute la forêt, tous les arbres faire wziou. Alors ça !
– T’es sûr que t’avais rien pris avant hein ?
– On a couru dans la forêt, vu les bûcherons métrer les arbres et puis après, j’étais avec un super copain de, comment s’appelle de… Un super copain Yohan Toulouse, avec qui on était dans le même stage, et on a fait plein de trucs dans la forêt. On a ramassé plein de trucs. On a fait des inventions avec de la résine, j’ai adoré ce stage.
– Alors, les éditions de l’Atelier du Poisson Soluble au Puy ou les éditions WB récup à Brioude ?
– Ah, les deux sont supers hein ?
– On en dira pas plus.
– J’ai travaillé pour WB moi.
– Oui, avec Imago Sekoya.
– Oui. Monsieur, comment il s’appelle ?
– Je sais plus.
– Franck Watel. C’est celui qui a découvert les cahiers des îles d’Auvergne.
– Les Îles d’Auvergne oui.
– Et moi j’ai, dans le cadre d’un chantier de fouilles, on a exhumé l’aileron d’un vaisseau spatial qui revenait du futur.
– La Belle Etoile ?
– La Belle Etoile. Ah ça c’était une aventure aussi. On a fabriqué ce truc, on est allé le planter au fond de la forêt. Personne ne le verra ce truc. On a fabriqué un truc de 8 m de haut.
– Il y est encore ?
– Il est encore oui oui. Y’a que les gars qui ramassent des champignons qui peuvent tomber dessus. Et on peut l’appeler, on peut visiter. Mais c’est un endroit tout à fait étonnant et là aussi, on est entre rêves et légendes, entre rêve et réalité. J’adore ce genre d’histoire où on sait pas le vrai du faux. C’est formidable.
– Alors, j’avais ben deux compagnies, compagnie Latituds, Polignac, c’est un théâtre de territoire, c’est, ça défend un peu le, enfin ça défend, je sais pas si ça défend mais ça parle d’identité occitane.
– Je pense que ça lui plairait, en ce moment il est en train de faire un spectacle autour de… Je me rappelle plus du poète, mais ils sont, ils travaillent sur de l’occitan. Il y a Mathieu Pignol, qui fait la musique, mon grand comparse avec qui je travaille souvent, Mathieu Pignol qui est aussi le grand compense de Lionel.
– Ou la compagnie Traverse à Brioude, des histoires aussi ancrées dans le territoire, mais qui s’appuient sur le réel.
– Et oui, là, je viens de finir leur décor là. Ils y sont en résidence la semaine prochaine et Maëlle est venue voir le décor hier. Elle est venue apprendre à le monter et le démonter. On l’a marqué tout, elle a pris des photos, des vidéos, donc, lundi, normalement, ils sont autonomes.
(rires)
– Prochaine question, difficile pour toi peut-être Lo Radzuka ou Yvan Marc ?
– Ah ben pour deux raisons différentes, c’est des gens que j’aime bien moi. Yvan Marc c’était mon professeur, mon prof de BTS d’éducation socioculturelle. C’est lui quand même qui nous a mis le pied à l’étrier avec les concerts, parce que avant, les Vieilles Valises c’était notre professeur, à plusieurs d’entre nous, des Vieilles Valises, et on s’est retrouvé à faire des concerts avec lui à l’époque où Mickey 3D fonctionnait vachement bien. Lui, il se trouve qu’il est de la famille de… Enfin, ils ont grandi ensemble dans le même village. Et donc, du coup, on s’est retrouvé à faire les premières parties de Mickey 3D le week-end. Donc la semaine, c’était mon prof et le week-end, on allait faire de la musique avec lui et on a fait des dates incroyables. On avait dix-huit, dix-neuf ans et on a joué. On a quand même joué à la Cigale à Paris quoi, à l’Elysée Montmartre.
On a joué à la Fiesta des Suds, aux Docks-des-Suds à Marseille, où on a joué au Ninkasi Kao, on a joué au Palais des Spectacles. T’imagines, t’as dix-neuf ans.
– Ouais.
– Ça fait cinq mois que tu fais de la musique avec ton prof.
– C’est clair. Je pense pas que ce soit une expérience que beaucoup de jeunes…
(rires)
– C’était énorme, c’était génial, ça, ça a duré le BTS. A la fin du BTS, on a arrêté avec Yvan Marc et on a monté les Vieilles Valises. Mais on a monté les Vieilles Valises vraiment, parce que Sylvain avait des chansons et Sylvain avait trop envie, on été lancés quoi.
– On dit merci à Sylvain.
– Ah mais Sylvain… Formidable, un mec d’une humilité et d’un talent fou. Il aimerait pas qu’on parle de lui, mais c’est pas grave.
– C’est pas grave, il écoutera peut-être pas le podcast de toute façon. Le sentier des Étoiles ou le sentier des Chibottes ?
– La sentier des Étoiles c’est où déjà ?
– C’est vers Saint-Julien-Chapteuil, quand tu montes à l’observatoire.
– L’observatoire. Je vais souvent aux Chibottes moi avec mes enfants.
– Ouais. Je l’adore, j’avoue, j’adore. Théâtre du Mayapo ou théâtre de l’Alauda ?
– Ah les deux parce que moi, j’ai bossé avec les deux. J’ai fait plein de trucs pour le Mayapo et plein de machines. Avec l’Alauda, on a fait de grosses machines, on a fait des trucs qui leur ont vachement servi sur des festivals, le spectacle Mytik Itak, avec un grand bateau qui roulait. Un grand bâteau avec vraiment une forme très spéciale qui leur a bien plu. Ils ont fait des super costumes. Ils l’ont bien, c’est vraiment un spectacle où le décor, ils l’ont vraiment bien attrapé quoi. Et puis après, il y a le spectacle Hysteria Malefika, en collaboration avec la compagnie Les Monts Rieurs. Là, on a fabriqué une vinaigrette. C’est un véhicule à porteur un peu spécial. Et puis après le Mayapo, qui résiste depuis tant d’années aussi. C’est des compagnies qui sont un peu de la même époque je crois. Ca fait trente, quarante ans que ça existe. Voilà.
– Ce sont des dinosaures.
-Là dans les Vieilles Valises, on a Jean-Pierre Surel qui nous suit, c’est un gars de l’Alauda.
– D’accord.
– C’est notre, on l’appelle notre coach, c’est lui qui nous fait les lumières. Moi, j’imagine le décor, il le met en lumière. On fait des éléments ensemble, on rigole bien.

– Merci pour tout ça Nico. Je vais te demander maintenant, pour toi quel est le lieu le plus poétique en Haute-Loire ?
– Mais moi j’aime bien, c’est pas le plus poétique, mais j’aime bien, j’aime bien ma petite vallée là .
– La Borne.
– La vallée de la Borne, et dans cette vallée, il y a quand même plein de grottes. On a une énorme grotte au fond de la vallée, là-bas, en partant du côté de Borne qui est un peu dangereuse parce que le plafond s’effondre, mais c’est vraiment une grande grotte. On a les grottes des Estreys, on a les grottes qui sont au dessus du jardin de monsieur P., des grands apics basaltique, les gorges des Estreys, la gorge de la vallée de la borne, qui sont vraiment impressionnants.
– T’as une petite coulée de lave là à Saint-Vidal.
– Là, on est dans une faille entre deux coulées de lave.
– Ouais.
– Et j’aime beaucoup ma petite vallée moi. Il y a plein de coins et de recoins, je commence à connaître un peu, où les arbres poussent. Dernièrement, j’ai remonté toute la vallée de la borne avec… J’avais trouvé à la déchetterie, un truc de de pêcheurs, et je me suis amusé à remonter du début jusqu’à la fin. J’ai placé un peu des pièges photographiques pour choper la loutre, mais je n’arrive pas à la choper. Pas quand j’ai réussi à choper le castor, parce qu’on a le castor à Brives-Charensac. A priori, il remonte un peu, mais là, avec ce qui s’est passé, je sais pas ce qui s’est passé pour lui hein.
– Le castor, oui voilà, c’est la question que je me demandais, parce que moi j’avais vu, tu sais, les… Quand ils taillent les… En nettoyant les bords de la loire, il y a deux ans, on avait vu, avec un ami Manu, ouais leur taille-crayon.
– Ça peut être des arbres gros.
– Et c’était la question que je me posais. Est-ce que, je l’avais demandé à Laurie, qui court beaucoup sur les rives à Brives-Charensac, elle a revu une loutre y’a pas longtemps. Donc, je me dis, est-ce que le castor est revenu, parce que je me suis posé cette question justement après…
– Ce qui s’est passé ?
– Oui. Alors on m’a dit qu’il s’adaptait.
– C’est un animal de l’eau donc il a dû se mettre à l’abri, il a dû le sentir arriver avant tout le monde le montage de l’eau. Et par contre ça, il mange beaucoup de saules et à Brives-Charensac, c’est la folie comme il y a plein de saules qui sont tombés. Je suis pas vraiment naturaliste, donc, du coup, enfin, je ne suis pas naturaliste. Et du coup moi les castors c’est Yakari, et c’est, c’est l’Amérique quoi.
(rires)
Et donc, après, j’ai trouvé des petits bouquins tu sais, je me suis rendu compte qu’il avait été réintroduit, que ça avait bien marché, et que c’était remonté et que là on avait de sacrés castors, pas des petits castors hein. J’ai amené mes gamins voir ces trucs-là, c’est incroyable de voir…
– C’est génial hein !
– Les zones d’abattage, les zones où ils mangent, les réfectoires. On n’a pas trouvé les huttes, mais on a vu toutes leurs traces, tous les endroits où on sent qu’ils sortent de l’eau tout ça. Voilà. Je trouve tous les cacas de loutres, les épreintes comme on appelle, mais je l’ai pas vu, je l’ai pas encore vu. – Elle se joue de toi et toi.
– J’aimerais vraiment la voir. Mais faut que je parte très tôt. Faut que je fasse comme Vincent Munier, que j’aille m’immerger dans l’eau et rester des heures.
– Alors moi, ça m’a fait marrer. J’en ai vu en Alaska. J’ai eu la chance d’aller en Alaska et j’ai vu une loutre. C’était rigolo, pour manger, elle se mettait sur le dos et puis voilà, elle cassait tu vois les aliments sur le ventre. C’était trop rigolo quoi, c’est chouette.
– Ça devait vraiment être trop beau quoi. Mais avec mon piège photographique j’ai trouvé… Avec mes gamins, on a mis des petits trucs et on en a vu passer de tout l’univers des renards, des lièvres, des blaireaux, des… et c’est rigolo de les voir très calmes dans la nature. Ils se doutent de rien, et ils passent, ils sont calmes, ils mangent. La vie est paisible. Voilà.
(rires)

– Et ben écoutes, je vais te demander le mot de la fin. Si tu as un dicton ou une expression.
– Oh, il y en a plein des expressions. Heureux les fêlés, car ils laissent passer la lumière. Ça je l’aime bien. Dans chaque adulte, il y a un enfant qui se demande ce qu’il s’est passé.
– Et est-ce que une expression à toi ?
– A moi ?
– Ouais. Un mot que tu dis souvent ou… Je sais, par exemple, que pour toi…
– Quand je charge mon camion, je dis beaucoup, allez, on va le quicher là. Parce que souvent on part avec des camions pleins quand on part sur des festivals. Je dis beaucoup quicher les choses. C’est un mot qui me vient du sud. Allez on quiche! Piuu ! On pousse ! Row ! Et on ferme la porte. Blu ! Mais après, qu’est-ce qu’il y a comme expression ?
– Il y a un truc que tu as dit, je trouve, qui est joli, c’est que les déchets que tu récupères, ce sont des objets en manque d’amour.
– Ben ouais.
– C’est poétique hein.
– Ouais si on veut. Je ne pense pas l’avoir inventé ça mais… De toute façon on invente jamais rien mais je suis assez persuadé que c’est que c’est bon de réussir à voir du beau dans du laid. C’est à dire que tous ces objets qui arrivent à la poubelle, au centre de tri, là-bas, surtout des objets qui, tout à coup, ont vécu quand même. Un avis, un truc, quelqu’un les a pris et a dit j’en veux plus, je le jette.
– Puis ils ont une histoire.
– Il se passe la même chose pour certaines personnes dans le monde, notamment pour nos amis qui sont différents, qui sont atypiques. Et ben du coup, je trouve ça très important de remettre tout ça en scène devant tout le monde et on s’habitue à vivre ensemble nom de dieu, s’il vous plaît.
(rires)
– Merci beaucoup Nicolas. À très bientôt.
– Merci beaucoup à toi.
– À bientôt, ciao ciao.
– Ciao ciao.

Temps d’écoute : 60’06 minutes
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Coups de coeur de notre invité