Épisode #04

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Ramirez

Temps d’écoute : 34 minutes 21
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– Salut les Ponots ! le podcast itinérant et léger qui donne la parole aux personnes qui habitent ou gravitent autour du puy.
Et aujourd’hui j’accueille, j’accueille une personne anonyme. Comment vas-tu personne anonyme?
– Je suis curieux et surpris de m’entretenir avec toi, et ce qui est déjà spécial, c’est que tu changes de voix, de façon de parler, puisque le micro est ouvert.
– Je ne savais pas. Merci de me le faire remarquer.
Tu peux te présenter un petit peu sans dire qui tu es ou pas ?
– Oui.
– On t’écoute.
– Alors je n’ai pas de collants bleus, je ne rajoute pas mon slip rouge par dessus mon collant bleu pour mettre une cape rouge et sauver tout le monde. donc, ce n’est pas moi.
– Mince ! Je croyais avoir affaire à un super-héros aujourd’hui, je suis déçue, je vais peut-être repartir.
– Et donc, moi je suis un ponot de naissance qui n’est jamais vraiment voyagé. Donc, ça fait un demi-siècle que je suis ponot.
– Wahooo, je crois que tu es le premier ponot, ponot, vraiment ponot, que j’interviews.
– Oui, mais c’est bien, parce que ça mettra un peu de mixité dans ces interviews…, j’allais commencer à dire une bêtise.
– Oui mais tu peux.
– Tu as interviewé donc des étrangers avant moi ?
– Wouais.
– Ah, ouais,
– Oui, mais c’est parce que je t’ai cuisiné pendant dix ans avant de pouvoir faire l’interview.
– Alors, le ponot peut être un petit peu fermé comme ça. Il faut prendre le temps pour le connaître.
– C’est ça, ça met du temps. J’ai bien remarqué. D’ailleurs, tu, tu peux nous dire pourquoi on appelle, moi je sais pourquoi on appelle les habitants du Puy-en-Velay les ponots.
– Est-ce que c’est par rapport à la via Podiensis?
– Non.
– Non, je ne sais pas pourquoi le Puy ça peut devenir ponot.
– Je m’y suis intéressée, ça m’a toujours fait rire Ponot, ce nom-là tu vois. Et dont j’ai lu, en fait, avant, les habitants du Puy-en-Velay, c’étaient des anitiens, c’est joli anitien. Après, c’est devenu podot.
– J’avais podot.
– Voilà, et en fait, à cause qu’un hiver, ils ont tous été enrhumés. Ils ont eu un problème de nalala, nasalisation et on a dit ponot.
Ponot, ponot, tu vois, podot mais avec le problème de nez : ponot.
– Donc ça, c’est une info qui vient pas d’un historien, mais peut-être d’un youtubeur.
– Non d’un historien. Je te jure donc ça m’a fait rire, cette petite histoire.
C’est à cause d’un problème de nez que les habitants du Puy-en-Velay, s’appelle ponot et plus podot. C’est fou hein ?
– C’est les ravages des virus de l’hiver.
– Ouais, c’est ça. Bon, ben, super. Donc toi, t’es là depuis cinquante ans, t’as jamais bougé.
Jamais, jamais ? T’es pas allé étudier ailleurs ou travailler ailleurs ?
– J’ai fait des sortes d’études pendant quelques années à Clermont est un peu plus loin, et puis le boulot m’a ramené au Puy. J’ai toujours vécu et travaillé au puy.
– D’accord, et est-ce que tu as une anecdote à nous donner sur le Puy ?
– Ça va pas venir tout de suite.
– On verra au fil de la conversation.
– Oui, ça sortir
– Quand ça reviendra, tu me feras signe. Ok.
Bah écoute, on va faire le jingle, allez. Je te donne la petite boîte magique.
Fais gaffe, elle a soixante ans, non plus de soixante ans.

Musique Jingle

– En fonction de la vitesse, ça peut faire une musique vraiment flippante.
– Oui ou on peut s’endormir avant la fin du podcast.
– Alors là, on va pas dire exactement où on est, mais je crois que nous sommes passés pas loin de la pierre des fièvres à la cathédrale, tout à l’heure et il y a un téléfilm qui a été tourné par là dernièrement. Donc, ça, c’est ton anecdote. Il y avait ch’ai pas quoi pour france 3.
– Ah oui crimes, meurtres …
– Meurtre au Puy ?
– Meurtre au Puy-en-Velay, t’as pas joué dedans ?
– Non.
– Non ? Ils ne t’ont pas voulu ? Parce que moi j’avais demandé pour faire le cadavre mais ils ne m’ont pas voulu.
– Ahhh oui.
– C’est intéressant ça, c’est un premier rôle.
– J’aurai bien fait l’assassin peut-être.
– On pourra se le refaire.
– Voilà donc, la pierre des fièvres a été prêtée, on va dire, pour qu’une scène se tourne.
– C’est là où on trouve, oui, justement, la personne qui…
– Tout à fait oui. Donc ça, je le dis à tous nos amis qui adorent cette série, que je n’ai jamais regardé, donc ne la regardez pas. Donc, on trouve le cadavre sur la pierre des fièvres. C’est spoiler, voilà.
– Oh, c’est le début en général, donc, tu ne spoiles pas grand chose.
Bon, je t’enlève ça parce que je sens que tu vas me faire des bêtises.
– J’adore cet objet.
-T’as vu, il est beau hein ?.
– Sexagénaire.
– Oh oui, des années 60, je pense. Il est bien conservé hein ?

Voilà, alors, donc, je vais te poser plein de petites questions. C’est le confessionnal. C’est pour en savoir un petit peu plus sur notre invité mystère aujourd’hui.
Tu as juste, voilà, je te fais deux propositions, ou trois ou quatre, puis tu me dis celle que tu préfères. Ça marche ? Ça va c’est facile ça.
Limace ou escargot ?
– Escargot, c’est un peu… Je déteste les camping-cars, mais lui, il a quand même sa petite maison sur le dos.
– Ouais c’est pas mal hein et puis, il est hermaphrodite, il fait ce qu’il veut.
– Oui.
– Je sais pas comment ça marche, mais…
– Je ne sais pas là, c’est un moment de l’interview que je ne vais vraiment pas développer, j’ai peur de dire des bêtises, donc je resterai anonyme.
– Polo ou marcel ?
– Polo.
– Ouah t’es classe toi, ponot classe.
– Oui oui, ceux de marque là tout ça.
– Un ponot en polo lacoste, un truc comme ça ?
– Ralph lauren
– Ah oui pardon ! Oui, Lacoste, c’est petit.
– Alors un petit conseil aussi : aller à la friperie, vous prenez un polo, n’importe quoi, et sur un pin’s, vous collez un bonbon Haribo.
– Ah ben ouais, ça marche.
– Et ça, c’est génial, ça marche.
– Tu vas voir demain, on va voir tous les ponots qui vont arriver avec leur polo Lacoste Haribo.
– Voilà.
– Ah ouais, c’est pas mal, c’est une bonne idée. J’adhère.
Leader ou suiveur ?
– Escargot.
(rires)
Suiveur : mourir pour des idées, d’accord ?
– Wahoo !
– Mais de mort lente.
– Wahoo ! Spinoza ou Einstein ?
– Dernièrement, j’ai lu un joli texte que l’on prête à Einstein, je sais pas si c’est de lui ou de, on s’en fout d’ailleurs, qui parle d’amour. C’est une lettre d’amour de Einstein à sa fille. C’est super beau, mais je sais pas si c’est de lui. Et alors Spinoza, je ne connais pas vraiment.
J’ai juste un, un polar, une série noire qui s’appelle… tu peux, tu feras des bips après, pendant le montage ?
– Euh ben je vais faire en même temps que tu parles là.
– Donc, c’est Spinoza (bip!) Hegel, voilà, je recommande.
– Ok, Spinoza (bip!) Hegel, ça marche.
J’ai lu un petit truc sur Spino… sur Einstein, qui avait visité je ne sais plus quoi, la maison de Spinoza est c’était un peu son… Il s’était un peu inspiré de Spinoza, tout ça, tout ça, tout ça… non, ça ne te dit rien, comme t’aimes bien Einstein ?
Il disait: je crois : «Je crois au dieu de Spinoza…» voilà il disait un truc comme ça Einstein parce que Spinoza était beaucoup pour la nature… tu vois… plutôt que Dieu…
– Wouais, en ce moment je suis chez Nietzsche et Jung, alors… et aussi un peu Homère, Homère.
C’est bien Homère.
– Je connais bien Homère.
– Simpson toi ?
– Ouais… Ah c’est pas de celui-là que tu parlais ?
– Non, là, le conteur.
– Ah ouais.
– Le conteur grec. On n’est pas sûr qu’il ait existé, mais ses histoires sont chouettes.
– Tu as une histoire préférée d’Homère ? Une en particulier ?
– Non, moi, je ne connais pas toutes ses histoires. Je connais un peu l’Iliade et l’odyssée, mais après…
– Classique.
Cinéma français ou cinéma américain ?
– On ne choisit pas cinéma, cinéma bon ou cinéma mauvais.
– Ah d’accord..
– Non, du bon.
– Voilà, tu as tout dit.
– Voilà.
– Pastis ou ricard ?
– Ni l’un ni l’autre.
– Gaston Statler ou Victor Waldorf ?
– Alors je ne connais pas Victor, honnêtement. Et ni Gaston d’ailleurs, mais Gaston quand même.
– C’est le Muppets show, c’est les ptits vieux du Muppets show.
– Ahh d’accord, c’est les deux ptits vieux qui râlent, ahhh, j’en connais deux, j’en connais deux au Puy.
– T’en connais deux ?
– Wouais, j’ai beaucoup de tendresse pour eux.
– Tu veux pas dire leurs prénoms ? Ils ont des surnoms, peut-être ?
– Et ben Gaston et Victor on va les appeler à partir de dorénavant.
– Victor, c’est celui avec la moustache.
– D ‘accord.
– Voilà, on a enfin révélé le nom des petits vieux du Muppets show qu’on recherche depuis…
– Voilà, merci pour cette recherche.
– Je vois ton sourire aux lèvres là et …
– J’y crois plus que l’histoire de l’étymologie de podot, ouais, le rhume là machin…
– Sisisi, je te jure. Je te retrouverai le texte.
– C’était en deux mille vingt là, c’était quand on avait des papiers pour circuler librement.
– C’est ça.
Alors Hubert Félix Thiéfaine ou Bernard Lavilliers ?
– Alors mais là encore
(rires)
Ben, c’est pas possible. Je choisis les deux.
– D’accord, ok .
– Ouais, ouais, ouais.
– Melon ou pastèque ?
– Peut-être un peu plus de sucré dans le melon.
– Ouis alors moi je préfère le melon à la pastèque, parce que la pastèque, ce qui est pénible, c’est que tu as les petites graines là qui sont toutes au milieu. Là, c’est le bordel. Le melon, au moins, tu vois, c’est tout centré quoi, tu enlèves tout.
– Ouais, c’est un truc de feignant.
– Ouais ouais voilà, melon.
Alors, si tu aimes un peu le cinéma : Reda Kateb, Melvil Poupaud, Vincent Macaigne ou Bacri ?
– Jean-pierre forever.
– Tout à l’heure, on a discuté un petit peu avant. Donc, quand tu m’as parlé du lui, bon, okkkk. J’aime bien Vincent Macaigne moi. Tu connais un peu ?
– mais je les connais moins. Après par défaut, j’ai un peu choisi.
– Philosophie ou psychologie ?
– C’est pareil ?
– Même chose ?
– C’est un grand gloubiboulga de la même chose.
– Oui mais on aime bien inventer des mots pour la même chose des fois aussi en France.
– Oui mais après, tu peux parler de spiritualité et tu peux parler de neurosciences aussi. Tu peux tout mélanger.
– Action ou vérité ?
Là, on a de la musique.
– Action ou vérité ?
Pff alors soit tu me demandes après de faire une action débile dans une flaque là, puisqu’il vient de pleuvoir.
– Tu me donnes des idées, fais gaffe !
– soit tu vas me poser une question…
– Non, je te demande juste si tu préfères action ou vérité, il n’y a pas d’entourloupe, je ne vais pas te…
– Tu me pose vraiment des super colles. Tu vois, ch’ui trop dans philosophie, machin, parce que je me dis wahooo action ou vérité.
Action, allez , action.
Non, mais parce que je réponds ça vraiment aussi pour me débarrasser, je sais pas…
-…de la question. T’en as rien à faire de ma question, en fait.
– Ça, c’est la vérité, oui, la vérité.
– Loi de dieu ou loi de la nature ?
– Pareil en fait, moi je réponds jamais.
Mais dieu, c’est la nature.
– Wais et puis dieu est dans la nature et en chacun de nous.
– Ouais, et un truc super important que j’aime bien dire, c’est que, surtout au marché des fois, le samedi matin à des gens, c’est quand même dans les gens, même chez l’être humain le plus pourri de la création, il a une petite parcelle de lumière en lui.
– On a toujours quelque chose à apprendre, même du plus…
– Même si, des fois, t’as quand même envie de donner un coup de pelle à des gens.
– Des fois tu cherches. Il faut chercher un peu plus longtemps que pour d’autres …
– Faut gratter
– … Faut gratter. Il y a toujours un petit truc quelque part, il y a une lumière d’espoir.
– donc, c’est pareil, dieu nature, on l’appelle comme on veut.
– Celle-là est plus facile : pipi debout ou pipi assis ?
– Dans la nature debout. Pour le respect de l’entretien des water closet assis.
– C’est bien, tu penses aux femmes là non. Pour éviter que la petite goutte tombe à côté, ou c’est…
– Ouais puis si il y a un magazine. Tu peux rester cinq minutes peinard aussi, t’es mieux assis.
– Si tu étais une invention, question un petit plus ouverte.
– Que serais-je ?
– Ouais
– Une invention. Je ne sais pas si j’étais l’invention, c’est un peu particulier comme question.
Mais si j’étais une invention qui me plairait peut-être d’utiliser c’est la téléportation.
– Pour toi qui n’a jamais voyager vraiment.
– Oui, justement, voilà pour dire pof, j’apparais dans un autre lieu et je me suis…j’ai fait l’économie de la distance, j’ai fait l’économie du temps passé.
Même si je sais que le voyage est un chouette truc. Mais pas, le voyage tel qu’on le vit aujourd’hui, on monte dans un, on va d’un aéroport à un aéroport.
Donc la téléportation pour la vitesse, sinon avoir vraiment le temps de faire le voyage dans la lenteur. A pied.
– Tu as déjà fait le chemin de Compostelle, tout ça ?
– Pas vraiment non. Toujours des réponses.
– Par petits bouts ?
– Oui jusqu’à Conques, mais…
– Des réponses qui restent un mystérieuses.
– Mystérieuses.
– Comme ton personnage aujourd’hui.
– Certes oui, je suis allé jusqu’à Conques en moto, en défonçant le chemin. (rires)
Avec un petit souvenir sympa de s’être fait chasser par les golfeurs du golf de Aubrac, je ne sais pas où, qui étaient mécontents que nous piétinions leurs greens…
– Leur pelouse.
– …avec nos crampons.
(rires)
– Ils ont couru longtemps après vous ? Non, ça va ?
– Non, ça va.
– Ils se sont essoufflés au bout d’un moment.
-Les gens sont bienveillants souvent.
– Bon, ça va. Est-ce que tu as une définition du bonheur?
Ah non. Je crois que… tiens là où on est face à une œuvre d’art, c’est peut-être une enfilade de perles de joie, le bonheur.
– Aaaah, joli,
– Mais c’est parce que ça me sort là tout de suite, comme ça. J’ai pas de définition
– à cause de l’œuvre d’art ?
– J’avais pensé à la joie plus qu’au bonheur.
Le bonheur, c’est peut-être un état un peu constant d’observation de cette joie. Mais avant d’observer sur tout une vie, autant picorer les petits moments qui peuvent être présents.
Voilà c’est potes Spinoza ça.
– Non, c’est de toi.
– Ouais ou de Gaston Lagaffe peut être.
– Gaston Lagaffe ?
– J’y pensais quand tu me disais les deux petits vieux du Muppet Show. Gaston et victor.
– Parce que tu aimes bien Gaston Lagaffe ?
C’est vrai ?
– Ouais, là, c’est pas très radiophonique. Mais je viens de faire un petit namaste à Gaston Lagaffe.
C’est au-delà de bien aimer, j’ai un grand respect pour lui.
– C’est vrai ?
– Ah oui oui.
– Et t’as genre un coussin Gaston Lagaffe chez toi, tu dors…
– Hum, non, non, non, alors j’ai peut-être une petite bagnole de Gaston, son tacot.
Un truc en plastoc qu’on achète dans certaines librairies, et je dois avoir un Gaston latex aussi.
Sachant que le Gaston latex est lui-même à l’intérieur des bd de Gaston.
J’ai un petit Gaston, un petit personnage qui peut se plier. Ouais, j’aime beaucoup Gaston.
– Ça veut dire qu’un jour t’es rentré dans une papeterie
– non
– T’as acheté des truc, c’est un euro au départ. Après, c’est deux euros. La semaine d’après, c’est dix euros. Après, vingt euros, trente euros, là, c’est les séries non ?
– Non, je me souviens même pas l’avoir acheté. C’est un peu de l’héritage.
– Et bien écoute, on va continuer sur des questions qui concernent plus le Puy, le centre-ville du Puy. En sachant comme toi tu es natif d’ici, tu connais un peu tous les commerçants.
Est-ce qu’il y a un commerçant que tu aimerais mettre un petit en avant, au Puy, un ou deux, comme tu veux.
– Oui. Mais c’est pareil, c’est comme ça me vient, mais j’aime bien nos amis cordonniers.
Et il y a une belle famille de cordonniers au Puy. Il y a l’oncle qui est rue Saint-Jacques et qui lui-même, avant, était dans une autre petite rue, pas loin de la rue Saint-Jacques sur d’autres générations et il y a son neveu qui est faubourg Saint-Jean.
Et c’est des chouettes endroits où, je me sens un peu chez moi, c’est…
En plus, ils ont un beau métier ils ressemellent des chaussures.
Et on est toujours bien accueillis avec le sourire.
– Tu aimes bien un peu…, prendre son temps. La lenteur tu parlais de lenteur. Mais les beaux métiers comme ça, un cordonnier, ou voilà, on achète une paire de chaussures, on ne la change pas. Quand la semelle va plus, on repart, on répare…
– On répare oui.
– On fait vivre l’objet jusqu’au bout.
– C’est escargot, tout ça.
– Philosophie de l’escargot.
– Et est-ce que ces cordonniers ont un nom ?
– Oui, c’est la famille Aurelle. Alors je leur demande pardon, j’ai oublié leurs prénoms respectifs.
Il y a le tonton rue Saint-Jacques et faubourg Saint-Jean, son neveu. Ils sont vraiment tous très sympas et complémentaires apprenants, ils se renvoient les uns vers les autres quand ils savent qu’ils n’ont pas le matos. C’est très, très bien.
– Tu as un autre commerçant qui te vient en tête, ou tu voudrais plutôt parler du… tu nous as parlé du marché tout à l’heure, plutôt un producteur qu’on peut trouver sur le marché ?
– Alors ça, c’est toujours dangereux, parce qu’après
– Ils vont être jaloux les autres.
– Y a la jalousie, non, il y a le côté, j’ai envie dire pubs. Et ce qui me fait très peur, c’est que que on se fasse ensuite envahir de gens qui vont : « ah ouais, tiens, on va essayé telle ou telle personne ».
Ouais j’ai, c’est cette crainte de l’invasion touristique.
Mais…
Je fais une petite pause là, donc, parce que c’est quand même un moment important en termes animalier, je pourrais dire : y a un vol de corneilles donc, face à nous.
(rires)
– Je ne dirais pas ce qu’on voit.
– Ne rit, ne rit pas, et donc, et donc dieu qui est nature…
– Voilà.
– …laisse s’envoler ses oiseaux.
Voilà. Après non, des commerçants ouais, je, ça ne me vient pas tout de suite non plus, mais il y a des restos, y’a plein de petits endroits.
– Mais tu me disais qu’il y avait un bar où tu te retrouvais assez souvent, place du ?
– C’est place du Martouret
– Martouret, je sais jamais ou place du…
– place du Clauzel,
– place du Clauzel devant, Martouret derrière, c’est entre la mairie et l’office du tourisme.
– A la frontière, un bar frontalier.
– Il s’appelle comment ?
– La Main Ô Fût. Haut lieu de rassemblement des pépés du Muppet Show qui peuvent s’attabler le matin pour ressasser des critiques, râler beaucoup en lisant le journal.
Voilà, Café croissant. Un chouette endroit, mais n’y allez pas surtout parce que
– Non
– Non parce qu’après, il y a plein de gens et on n’est plus peinard.
– On ne sera plus tranquilles.
-Les conso vont augmenter.
– Ben c’est ça quoi et puis on a un super serveur qui t’amène ta boisson avant que tu l’ais commander parce que il est devin.
– Donc ça, c’est un péril de notre ville du Puy. Pour moi hein ?
Après si on est ultralibéral, on peut être ravi d’avoir ces afflux touristique qui, effectivement, font vivre l’économie, une partie, une partie de l’économie locale.
Et tant mieux. Tant mieux ou tant pis, je ne sais pas, pour ceux qui en profitent.
– Mais surtout l’été.
– Un ponot râleur Muppet Show quinquagénaire voit ce changement pas toujours d’un bon œil.
– Gaston il râle et Victor derrière en rajoute.
– Et Gaston Lagaffe lui, il prendrait la voix. Il prendrait sa vie, son vieux tacot et il irait voir ailleurs, parce qu’il n’a pas envie de rester là.
– Il ne s’embête pas avec des questions existentielles.
– Non, non.
– Ok. Donc, on a fait le tour.
– On était au Fût, à la Main au Fût.
– Et on n’est pas mal à la Main au Fût, on y reste souvent longtemps.
– Oui.
– Et on parle aussi des fois des artistes. Toi, tu as un artiste à nous présenter ?
– Oui, un artiste qui a fait des œuvres de rue. Un artiste qui, avec un de ses camarades, artiste photographe, ont une petite boutique rue Raphaël. Boutique éphémère qui a assurée déjà deux ou trois saisons estivales : la boutique vagabonde.
Voilà, si vous êtes dans une minuscule rue là qui qui va de la rue Raphaël à la rue Pannessac, ça s’appelle la rue Chamarlenc et dans cette rue là, il n’y a non pas des bas-reliefs, mais des peintures sur les soubassements des murs. Ça, c’est sympa ça.
– Et en plus ça égaie.
– Alors ça égaie et puis en plus pour un observateur qui sait un peu ce qui se passe dans cette rue avec les noctambules. C’est super drôle de voir parfois des touristes l’été qui s’allonge au sol pour être pris en photo devant une fresque où il est écrit: ici, c’est le Puy.
Sachant que, le soir, la promenade des chiens voire des gens qui ont bu trop de bière, se finit aussi contre ce mur. Donc, moi, ça me fait quand même assez rigoler.
– C’est ta joie quoi, ton petit bonheur de l’été.
– Et je leur dis hein, je leur dis non, ne vous allongez quand même pas.
Donc, c’est Rémi qui est peintre et Gaël qui est photographe ont cette boutique là.
La boutique vagabonde, j’espère que je me plante pas de nom de boutique.
– Non, c’est ça.
– Faut pas mélanger avec l’œil vagabond qui est rue chèvrerie et qui un bouquiniste aussi.
– Toma.
– Toma très sympa. Non mais il y a plein de gens à connaître au Puy qui méritent vraiment et qui sont là toute l’année aussi.
– Oui.
– Ca, c’est important parce qu’il y a aussi parfois, bah voilà, l’afflux touristique. Ça veut dire que il y a de l’effervescence estivale et puis que parfois, ces artistes artisans sont plus là l’hiver et des rues sont complètement désertées.
C’est là où on voit un peu l’artifil, artifi, aide-moi ici.
– Artificialisia…sation de la ville.
– De la vie, de la vie sur place.
– Après, on a des associations quand même qui essayent de maintenir un dynamisme et une certaine vie au Puy. Tu voudrais peut-être nous parler d’une association ?
– Ah non, ah non vraiment, non, non. Alors là pas du tout non.
Non j’ai en tête une assoc dont je crois tu as déjà parlé le P’tit Café.
– Oui, le P’tit Café.
– Alors c’est le café jeunes pousses qui a son, on va dire son siège au P’tit Café. Place du Marché Couvert, place de la Halle.
Vraiment un chouette lieu avec des personnes qui, très motivées, on est toujours bien accueilli avec de nombreuses activités très différentes pour tous les âges.
Même si on n’a pas de jeunes enfants, il faut pas hésiter à aller faire un tour là-bas. C’est très sympa. – Oui, c’est un tiers-lieu, on peut dire que c’est un tiers-lieu.
– Vraiment, c’est un tiers-lieu.
– Voilà tout le monde y est le bienvenu. Et puis, ils ont l’hiver, non pas le Cahier de l’Après, comme j’ai dit précédemment, mais le Calendrier de l’Après. Je m’excuse.
– Tu as dit ça toi ?
– J’ai dit ça oui, et tu peux mettre une petite gifle si tu veux, mais non ?
– Ça m’arrive rarement, mais non tout de suite, là ça va hein ? non ?
– Je me suis ratrappée.
– Par contre, eux, ils auraient pu.
– Oui.
– Notamment le chevelu, et qui a pas l’air commode, ah ouais ouais.
– Ouais, avec ses grands cheveux là ? Le JB national.
– Vraiment un chouette lieu, et donc ce Café Jeunes Pousses est étroitement on va dire, partenaire aussi d’une autre assoc qui est un peu moins de visibilité par défaut de communication sur les réseaux sociaux. C’est une petite assos de quartier qui s’appelle Vivre en Vieille Ville.
Voilà ou alors, qui est composé exclusivement, pour l’instant, de gars du Muppet Show.
Qui râlent beaucoup mais qui font pas grand-chose, voilà.
– Ben il y a bien des soupes, des trucs comme ça, qui se font de temps en temps non ?
– Il y a la soupe des voisins qui se fait autour du vingt, vingt et un décembre.
Pour l’instant, c’est un petit peu la seule activité, mais le printemps qui va bientôt arriver, il y aura sûrement de nouvelles recrues et plein de bonnes idées.
– Mais il vaut mieux peu d’activités et qu’elles soient bonnes que beaucoup et intéressantes.
– L’escargot est tout à fait d’accord avec ça.
– Alors, justement, tu me parlais des petits vieux du muppet show. Est-ce que tu voulais parler de quelqu’un d’autre au Puy ou c’est bon ? on fait un petit peu le tour.
– On fera jamais le tour.
– On fera jamais le tour mais une prochaine fois.
– On fera jamais le tour mais peut être que pour ma version d’aujourd’hui, ça sera bon, on aura fait le tour. Non, je pense pas, un grand philosophe, une personne d’envergure nationale qui est, par sa pensée, par sa bonté, me vienne à l’esprit. Non, j’ai pas d’idée.
– Mais c’est pas grave. A Salut les potos, on a un slogan, tu le connais ?
– C’est en français ?
– Oui. Crache ta lentille !
– Crache ta lentille ?
– Oui.
– Ah ouais, moi je vais vraiment cracher. Y a une immonde lentilles dégueulasse en plastoc qui est mis sur un rond-point, le rond-point des Fangeas quand on arrive au Puy. Euh, ouais, ouais, ouais.
– Ça tu l’aimes pas celle-là.
– C’est artistiquement proche du nain de jardin, mais ça peut être rigolo.
– Artistiquement proche du nain de jardin. D’accord.
(rires)
– Est-ce qu’il y a un événement au Puy, on va dire, remarquable pour toi, ou qui peut, qui mérite d’être révélé au monde entier, ou alors un événement qui ne se passe pas au Puy, mais que tu aimerais voir ici, par exemple ?
– Y’a pas un événement, mais plutôt un mode une philosophie de vie. Je crois que c’est partit d’Italie du nord, c’est un peu ancien, j’ai pas les références, après on s’en fout. C’est le concept de Cittaslow.
Ville lente. Citta en italien ça doit vouloir dire ville. Je prononce mal.
– Je parle pas italien.
– Et en tout cas, c’est plus qu’un événement. C’est une façon… mais peut être qu’il y ait moins de gros événements et des petits événements, mais qui soit vraiment, qui viennent d’en bas, j’ai envie de dire.
– Plus les citoyens qui soient…
– Plus une énergie citoyenne et peut-être moins besoin de rameuter la terre entière pour dire regardez, on va faire ci ou ça au Puy.
– Ok, alors qu’est ce que tu changerais au Puy, tu changerais ces gros événements ? Cette publicité qu’on fait…
– Moi je changerais rien, parce que tant que l’appareil à se téléporter n’existe pas, je veux pas avoir des ambitions à vouloir changer quoi que ce soit.
Mais je vais peut-être faire un pas de côté, plutôt. C’est moi qui vais changer d’air maintenant.
– C’est vrai ?
– En me mettant à l’écart du Puy. Parce que…
– Tu vas aller à la campagne ?
– Je vais peut être aller à la campagne ouais.
– Il faudra qu’on amène la Main Ô Fût à la campagne ou ?
– Elle ne bougera pas, je viendrai moins souvent, c’est tout.
– Petit jingle ?
– J’ai le droit ?
– Ouais, tu as le droit.
– Bon qu’est-ce qu’on fait là ?
– Comme tu veux.
– On fait une musique de film d’horreur ?
– Allez, vas-y.
– Ou, on fait un petit truc joyeux pour se dire au revoir ?
– On ne se dit pas encore au revoir, il reste un petit peu de questions.

Musique Jingle

– Ah mince, ah ouais, moi je pensais que c’était bon, que je pouvais rentrer tranquille?
Gniiiin
– C’était horreur. Là, c’est ça ?
– Horreur, malheur.
– Horreur malheur. Allez, je vais te poser des petites questions, comme tout à l’heure pour le confessionnal, mais sur la Haute-Loire, je vais te demander de choisir entre deux propositions, deux ou trois.
Le château d’Artias ou le château de Rochebaron ?
– Artias.
– La Borne ou le Dolaison ?
– La borne.
– Jules Vallès ou Jules Romain ?
– Jules Vallès.
– Dege ou Sohan Street ?
– Dege. Parce que je pense à la Desges dans la vallée de la Desges, affluent de la vallée de l’Allier.
Je ne le connais pas vraiment. Et Sohan Street, il trône dans mon salon.
– Il sera content de l’entendre. Mais il le sait déjà.
– Ben, il le sait. C’est pas lui, c’est son œuvre.
– J’imagine bien, parce que le pauvre s’il reste dans ton salon.
– Redis-moi son prénom.
– Patrick.
– Ben, j’ai accroché Patrick au-dessus de la cheminée.
– Il souffre pas trop ?
– Bon, truite de Vourzac ou de truite du lac du Bouchet ?.
– Je savais même pas qu’il y avait des truites au lac du bouchet. On va dire Vourzac, sachant que, je vais balancer des trucs un peu horribles, je peux y aller ?
– Vas-y !
– Euh, je suis super déçu. Chez le poissonnier ponot là on ne trouve même plus des truites de Vourzac, c’est des truites de chez pas où.
– De chine ?
– Ben je sais pas.
– On va lui demander.
– C’est dommage
– Donc un petit appel là au poissonnier …
– Non, mais il fait ce qu’il veut.
– Oui c’est ça mais bon, ce serait bien quoi, des petites truites de Vourzac.
C’est pas très loin.
Cour de l’hôtel-dieu au cloître de la cathédrale ?
– Le cloître.
– Blesle, ou Lavaudieu ?
– Ah, t’es dur quand même. Blesle.
– Viaduc de la Recoumène ou le Pont du Diable.
– Alors, le pont du diable, y en a tellement des Ponts du Diable.
– Chalençon.
– Au château de Chalencon.
– Chalençon, Chalencon ?
– Chalencon je crois.
– Oui c’est peut être ça.
– Oui, de la vallée de l’Ance ?
– Oui, c’est ça.
– Alors je vais dire, mais je vais prendre la Recoumène pour un artiste local parce que ça me fait toujours beaucoup rire.
– C’est à dire ?.
– C’est un chanteur, je vous recommande Auguste Wood.
– Ah oui oui, il est de l’Ardèche.
– Ouais, mais bon, ça va.
– Mais je le connais Auguste.
– Tu connais Auguste, c’est magnifique. Bon, il a une chanson qui s’appelle, qui s’appelle, qui s’appelle…Enfin le refrain c’est : jetez-vous d’un pont.
Donc, prenez tout ça avec du second degré, bien sûr, mais c’est très, très drôle.
– Il y a des choses à ne pas reproduire chez soi dans ton interview.
Augste Wood, oui bien sûr que je connais, on a un point commun, dis donc:
– Alors on va faire un jingle.
– Allez vas-y

Musique Jingle

– Il fait moins flipper celui-là.
– Ouais, il est plus rapide.
Alors je vais te demander un lieu où tu aimes te retrouver pour faire la fête avec des amis en Haute-Loire, est-ce qu’il y a un lieu particulier ? Être en pleine nature.
– Oui, j’ai.
– Mais tu ne le diras pas.
– J’ai un ou deux lieux. Souvent, c’est chez les copains, c’est pas un lieu moi, j’aime l’intimité, j’aime qu’on soit peu nombreux.
Donc faire la fête, c’est quelque chose que, ça fait un petit moment que j’ai pas cette envie.
De festoyer beaucoup. Donc, non, j’ai pas d’idée particulière. Après, j’avais quelques repères, quelques bistrots qui ne sont plus là.
Voilà, pas de problème chez les uns, chez les autres.
– Et tu es pour les, donc toi, tu es ponot, donc tu vas me dire que trois bises, c’est évident.
Ou si on t’en fait moins des bises, ça te pose problème ?
– Ça ne pose aucun problème.
– Ça te pose aucun problème ?
– Non.
– On peut te faire deux bises, quatre bises, une bise ou pas de bise du tout.
– Je suis pas habituée à quatre. Ça me dérange pas dans l’absolu, mais ça commence à faire beaucoup.
Et après, une embrassade de camarades, c’est bien aussi sans bises, c’est bien.
– Un hug.
– Un hug wouais.
– Est-ce que tu as un mot de la fin? un petit dicton. A la invité mystère, puisque je n’ai pas le droit de dire ton prénom.
– C’était pas une histoire de droit, c’était une histoire de … Nous nous sommes accordés là-dessus simplement. Oui, j’avais peur de raconter énormément de bêtises.
– Ouais, c’est ça.
– Dire du mal… de…
– Non, ça va, c’est rester correct.
– Un petit mot de la fin ?
– Ouais.
– Pfff.
– Ah, c’est ça ton mot de la fin ?
– Non, mais c’est dur, c’est dur tu vois… d’être pointu.
– C’est la question la plus dure, c’est pour ça qu’on fini là-dessus.
– On fini là-dessus ? Et ben, on va dire qu’on finit pas.
– On finit pas ?
– On finit pas, c’est le mot de la fin.
– Ça marche.
– On se dit à tantôt. A tantôt, quelque part,
– On dit ton prénom ou pas. Non ?
– Ramirez
– Ramirezzzz !!!
(rires)
Seuls certains comprendront.
Eh ben, merci beaucoup Ramirez.
– Merci pour Spinoza.
– À bientôt.
– À bientôt.

Temps d’écoute : 34 minutes 21
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Coups de coeur de notre invité