#Épisode 93

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Axel

Temps d’écoute : 34’58 minutes
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– Salut les Ponots !, le podcast itinérant et léger qui donne la parole aux personnes qui habitent ou gravitent autour du Puy. Il y a quelques temps, je suis tombée amoureuse des ygules et des djakhmas et aujourd’hui, j’ai la chance d’être avec leur créateur, Axel. Comment vas-tu, Axel ?
– Bonjour, ça va très bien. Et toi, Stéphanie ?
– Ouais je suis bien là, j’ai une belle, Notre-Dame-de-France et puis le rocher Saint-Michel, ce fabuleux rocher et toi, ça va ?
– Ben écoute ça va très bien, petit soleil en ce moment, on profite du beau temps avant qu’il fasse trop chaud.
– Et voilà c’est qu’il ne vient pas d’ici, il va se présenter d’ailleurs à vous. Axel, peux-tu petit dire un petit mot aux auditeurs de ce podcast ? Qui es-tu ?
– Moi, je suis Axel Elie. Je suis un illustrateur et je vis au Puy depuis deux mille vingt-deux.
-Tu viens d’où ?
– Je viens de Normandie, dans l’Orne.
– Donc, du coup, la chaleur ici tu l’as supportes mal ?
– C’est pas grave, il fait frais la nuit.
– Tu es un animal nocturne ou plutôt diurne ?
– Non, plutôt diurne. Quand j’étais plus jeune, j’étais nocturne, mais c’est bon, je me suis calé sur la diurnalité.
– Est-ce que tu as une anecdote par rapport à la Haute-Loire ?
– Alors, c’est une anecdote qui date d’il y a quelques semaines. J’ai des amis qui sont venus me voir au Puy et je l’ai emmené voir la cascade de la Beaume. Et parmi ce groupe d’amis, j’ai donc une bretonne qui s’est empressée d’y tremper les pieds. Je me suis dit tiens, je vais faire pareil, et c’était tellement froid que j’en ai eu mal. Alors, du coup, j’ai fait cinq pas avant d’abandonner.
– Courageux mais pas téméraire c’est ça ? Je te remercie pour cette présentation et je vais te demander un premier défi aujourd’hui, c’est de faire le jingle avec la petite boite que tu vois là.
– C’est parti.

Musique jingle

– Très court mais efficace écoute, on aime bien. Confessionnal. Je vais te faire des propositions et tu me réponds ce que tu veux, ok ?
– C’est parti.
– Alors bic ou acrylique ?
– Bic.
– Ça a été rapide. Pourquoi
– J’adore le bic. C’était l’un de mes tout premiers outils, entre guillemets, de travail. Même si c’était pas encore un travail, au moment où je l’utilisais. Mais j’ai toujours aimé dessiner au bic.
– Et puis c’est plus facile à mettre en place aussi.
– Je ne sais pas, c’est plus facile, mais en tout cas j’ai plus de mal mentalement avec la peinture. J’aime bien le rendu, mais ça me demande plus d’efforts. Alors que le bic, c’est juste de la patience.
– Furtif magazine, ou alors Métal Hurlant, un magazine culte de mille neuf cent soixante quinze, qui existe toujours.
– Je dirais Métal hurlant, ça ne touche plus. J’ai bien aimé l’expérience Furtif, mais Métal Hurlant.
– T’as été publié dans le premier numéro un de Furtif magazine hein, c’est ça ?
– Oui, c’est ça.
– Et je crois qu’ils en sont au troisième ou au quatrième.
– Ils sont en train de préparer le troisième.
– Mais ça a l’air d’être chouette. Studio Ghibli ou le studio Fortiche.
– Ghibli.
– Ola direct Ghibli.
– J’aime beaucoup ce qu’on fait Fortiche, mais mon coeur restera à jamais du côté de Ghibli.
– Princesse Mononoké ?
– Mon préféré. Quasi tous les Ghibli, je je les adore tous d’une manière différente, mais je les adore presque tous.
– Couleurs ou symboles ?
– Couleurs.
– Tu utilises quand même pas mal de symboles aussi dan tes dessins.
– Genre ?
– Du genre, quand tu fais des hommes torches, des choses comme ça.
– Ah oui, mais c’est juste parce que… Je sais pas, ça sonne bien mentalement dans ma tête ce genre d’association, mais moi, c’est plus les couleurs ui me plaisent dans les images.
– Tu te verrais plutôt dans l’univers de Yaelokre, je sais pas si je prononce correctement, Justin Gérard ou Konstantin Kostadinov ?
– Youuuh…
– Ah, ils sont tous très différents.
– Je dirais Yaelokre.
– C’est un univers très particulier. Est-ce que tu peux décrire rapidement son univers ?
– Yaelokre, on parle bien de celle sui fait aussi chanteuse ?
– Oui, tout à fait.
– Ok. Alors Yaelokre, c’est un univers un peu chill, fantaisie, avec des masques, beaucoup de vêtements très jolis, et c’est aussi une chanteuse, donc… Euh, donc, elle a créé ces personnages autour de l’univers de sa chanson, et moi, ça, c’est quelque chose que j’aime autant visuellement que auditivement.
– C’est très original. On voit pas ça souvent. Je crois qu’elle a persé sur tiktok d’ailleurs…
– Ça lui est déjà arrivé de faire des ouvertures de concert d’Aurora.
– D’accord. Non, voilà. Donc, si vous connaissez pas Yaelokre, allez voir un petit peu. Voilà, son insta. Hein ?
– Foncer voir.
– Foncer voir, voilà. Musée le Muz de Claude Ponti qui est un musée en ligne fait pour les œuvres des enfants, le Musée du Dessin et de l’Estampe Originale à Gravelines, dans le nord, ou alors le Musée de la Bd à Angoulême ?
– Moi Claude Ponti. J’adore, c’est… Je pense indirectement, mais je pense que c’est lui qui a fait qu’aujourd’hui je fais de l’illustration.
– Future ou passé ?
– Futur, ouais, futur.
– Deux mondes fictifs, la terre du milieu de Tolkien, ou alors la nation de Panem dans Hunger Games de Suzanne Collins ?
– Ben, je dirais Tolkien, parce que c’est probablement un des trucs qui m’inspirent aujourd’hui même, je trouve que c’est un peu vieux. En même temps Hunger Game, j’ai même pas lu et j’ai pas tant accroché que ça au film donc ben ça reste Tolkien.
– C’est une très bonne raison. Plusieurs festivals ou événements. Tu préfères les Utopiales: le festival international de science-fiction à Nantes, que tu dois connaître puisque tu tu as fait tes études là-bas. Ensuite, tu as Cidre et Dragon, le festival médiéval fantaisie à Melville-Franceville ou alors l’Inktober que tu peux faire sur instagram au mois d’octobre.
– Ah du coup, ça serait les Utopiales. J’y ai été deux, trois fois et c’était trop cool à chaque fois. Cidre et dragon j’aimerais bien découvrir, mais un peu loin, donc j’ai jamais été découvrir. Et l’Inktober, bon, ça reste un défi artistique plus qu’un événement.
– Oui, c’est un défi, mais un sacré défi quand même. Faut tenir hein ?
– C’est vrai.
– Tu fais que du bic, à ce moment-là, quand tu fais l’Inktober ?
– Quand je fais l’Inktober Inktober oui. Après, ça m’arrive de faire d’autres défis mensuels. Par exemple, j’avais fait le Mélotober en deux mille vingt-trois, ou là, j’avais fait seize peintures à la gouache.
– Et c’est quoi, ce défit là ? Mélotober ?
– Alors, le Mélotober, c’est l’artiste Mélo qui s’inspire de Inktober pour faire ces thèmes, et donc c’est un peu chill et tout, on fait un peu comme on veut. Et moi, je m’étais fixé comme thème général le chara design. Donc, en fait, je faisais un personnage en rapport avec le thème du jour et le tout à la gouache, et je m’étais inspiré un peu du style Ghibli justement.
– Mais c’est bien, ça permet de progresser aussi, de sortir un peu de sa zone de confort.
– Parce que le l’Inktober ouais, en fait, c’est des thèmes mais qui ont pas forcément de rapport entre eux, et je pense que c’est ça aussi qui joue dans le fait que les gens, ils ont du mal à avoir une continuité et tout. Et le fait d’avoir un thème principal auquel l’associer avec un thème journalier, chose que du goût ça fait un fil rouge, et c’est plus facile de dire je vais aller jusqu’au bout.
– Tu peux créer une histoire en même temps, t’as tes personnages. Une dystopie mille neuf cent quatre vingt quatre de George Orwell, ou alors une science-fiction, l’île du docteur Moreau d’Herbert George Wells ?
– J’ai lu aucun des deux, mais j’ai vu un film de mille neuf cent quatre-vingt-quatre du coup donc bah,par défaut, je choisi mille neuf cent quatre-vingt-quatre, mais c’est un choix limité quoi.
– Moi, j’ai pas lu les livres, j’ai juste lu la bd mille cent quatre-vingt-quatre donc voilà. Chacun son truc. Les images me parlent mieux parfois. Si, tu faisais partie d’une bande de copains, tu serais celle de la Horde du Contrevent, les vingt-trois membres qui remontent à pied leur vie durant, depuis l’enfance, le monde jusqu’à atteindre la source de l’extrême Amont, alors il y a huit siècles d’échecs. Donc la trente-quatrième orde normalement devrait y arriver. Mais ça, il faut lire le roman de Alain Damasio, ou alors les Fremens qui développent d’ingénieux moyens de survie pour dompter la nature et vivre avec elle dans le vaste désert battu par les vents violents de Dune de Frank Herbert ?
– Je préfère les Fremens. J’ai beaucoup plus d’admiration pour le Fremen que pour la horde du contrevent.
– C’est quoi ? C’est leur apparence…
– C’est leur culture, leur philosophie, même le monde dans lequel ils vivent, qui est fascinant pour moi. Non pas que la Horde du Contrevent, ça soit fascinant, mais voilà, j’ai été beaucoup plus touché par Dune que par la Horde du Contrevent.
– Alors, deux métaphores, la terre est bleue comme une orange de Paul Élouard ou le souvenir, c’est la présence invisible de Victor Hugo ?
– Je crois que je préfère Victor Hugo, le souvenir c’est la présence invisible. Je préfère ça, ça sonne mieux.
– Là je vais te poser une question ben juste très facile, un peu plus ouverte. C’est quand même tu toujours avec soi. Quel objet ?
– Souvent mon casque de musique. J’écoute presque tout le temps de la musique.
– J’aurais parié sur un bic tu vois, j’aurai perdu.
– Non, le bic c’est assez rare que je me balade avec un bic parce que les gens en fait ont des stylos la plupart du temps. Donc si jamais j’ai besoin d’un bic, je sais que je peux en trouver un facilement. Alors que un casque bon ben, je préfère que ce soit le mien plutôt que celui des autres.

– C’est vrai. On va passé au Puy, je te poser des questions, je vais te demander tes adresses coup de cœur du Puy, de la Haute-Loire. Pardon, tu n’es pas obligé de rester sur le Puy. Je vais te demander si il y a un commerçant que tu affectionnes tout particulièrement ?
– Et ben j’adore acheter mes mangas, mes livres illustrés, enfin tout ce qui est rapport à l’image, j’achète tout à Interlude. Voilà, j’adore aller à Interlude, même si j’ai pas toujours les moyens d’y aller.
– Mais quand tu y vas, tu craques. Et pour quel…
– Je fais pas semblant. jeu basant l’envoi.
– Quel livre tu conseillerais en ce moment, même si toi t’as pas pu craquer pour lui en ce moment ?
– Alors, y’a un roman graphique qui est sorti il y a pas longtemps. J’ai oublié le nom de l’autrice parce que j’ai une mémoire des noms catastrophique, mais le livre, ça s’appelle La langue des vipères et c’est aux éditions Rue de Sèvres.
– Quelque chose comme ça.
– Voilà, c’est sorti ce mois-ci, il y a quelques jours. Moi, je conseillerais de foncer parce que je suis l’artiste qui a dessiné ça depuis un moment et moi j’adore ce qu’elle fait. Donc, foncez voir ça si vous êtes curieux.
– Et ben super. Donc, on a un petit nom à donner, on va aller voir Julien, Max… Heyyy stp stp je veux ce truc là.
– Je courrai me l’acheter dès que je pourrai.
– Donc voilà, si voulez faire un petit don pour qu’Axel puisse…, si vous voulez acheter ses illustrations, comme ça il pourra aller acheter le livre qu’il, voilà qu’il nous a donné. Tu fais le marché ?

– Le marché, moi j’aime beaucoup. Sur la place du Plot, il y a un petit stand qui vend des olives, de la tapenade et des céréales, tout ce qui est graines un peu séchées, moi j’adore manger des olives, donc, c’est souvent là que j’achète mes olives et ma tapenade d’olives.
– T’as pas le nom, c’est sur la place du Plot ?
– Sur le place du Plot, juste à côté de la boulangerie qui a ouvert l’an dernier, je crois, avec la devanture bleue.
– Juste à côté de la maison M alors.
– Ouais, c’est ça.

– Est-ce qu’il y a un resto-bar aussi que tu nous conseillerais ?
– Alors en restaurant, moi je conseillerais le Gokai Ramen et j’ai oublié le nom de la rue.
– Avenue Foch.
– Ouais où c’est deux amis à moi, Badre et Shaka, qui ont ouvert le Gokai Ramen, ils font des super ramen, super bon. J’ai été trois fois déjà. Voilà, j’y retournerai bien parce que on se régale.
– Alors est-ce que tu peux nous donner les heures d’ouverture, tu sais quels jours ils sont ouverts parce que je crois qu’ils sont pas ouverts tout le temps.
– Le mardi ils ne sont pas ouverts, mais les autres jours, il me semble qu’ils sont ouverts.
– Le mardi, voilà, il me semblait que c’était fermé, effectivement. De toute façon, on mettra les coordonnées.
– Ils sont au basket.
– Ahhh ils font du basket ?
– Peut être que tu pourra les interviewer.
– En faisant la cuisine ou du basket, je sais pas, les deux.
– C’est des passionnées.
– Passionnés de basket, donc je vais miser sur le basket alors. Tu as un autre restaurant ou bar ?
– Ouais l’Apollonel, cuisine grecque. C’est super sympathique quand on est plusieurs parce qu’ils font des plats à partager et pour les végétariens comme moi et ben c’est très bien parce qu’il y a plein d’options végé.
– C’est clair et puis il y a toujours toute la petite famille, des fois il y a les enfants qui sont là, il y a la maman, le papa, ils sont super sympas.
– Ouais, il faut réserver un peu en avance, mais franchement, ça vaut le coup.
– On est très bien accueilli et voilà, il y a le petit ouzo aussi si on veut, voilà… Non, tu bois pas ? T’as pas bu de l’ouzo ?
– C’est quoi l’ouzo ?
– Alors l’ouzo, c’est l’apéritif grec.
– Je ne bois pas d’alcool.
– Ahhh tu ne bois pas d’alcool.
– Mon palais a décidé que l’éthanol c’était pas bon.

– Ben écoute, il est bien ton palais, garde. Ma foi, c’est pas mal. Maintenant, je vais te demander de me parler d’une association.
– Ben pour le coup, moi je ne connais pas beaucoup d’associations en Haute-Loire. Fut un temps, je connaissais le Béluga, qui était une librairie associative, mais il me semble qu’ils ont fermé et sinon, bah, le Temps des Chimères. Association tournée sur les activités ludiques, ils sont tous très sympathiques. Moi, je vais de temps en temps au Temps des Chimères qui sont organisées deux fois par mois les samedi au centre pierre cardinal, où les gens se rejoignent et où on joue à des jeux, des jeux de société, des jeux drôles, des jeux de cartes, etc.
– D’ailleurs, c’est au salon du jeu et de l’imaginaire que je t’ai rencontré, que j’ai découvert mes ygules et mes djakhmas.
– Exactement, puisque j’ai fait la l’affiche pour l’événement, la onzième édition deux mille vingt-six, qui s’est déroulée le week-end de pâques. Voilà donc j’y avais mon stand et c’est là qu’on s’est rencontré.
– Les couleurs vives de tes dessins m’ont sauté dessus et ont fait: houhou, on serait bien avec toi, donc du coup voilà, j’en ai acheté deux, j’ai craqué.
– Tu as bien fait.

– Oui, j’ai bien fait. Je suis très contente. Je les adore. Je vais te demander maintenant si tu as un artiste de cœur.
– Au puy-en-velay, je dirais Manoel Verdiel, qui graphiste mais aussi illustrateur et qui fait, je trouve, de super visuels à mi-chemin entre l’illustration et le graphisme, souvent pour des affiches. Moi, je vous conseille d’aller voir le travail de Manoel Verdiel. C’est très joli ce qu’il fait.
– J’ai découvert son travail un peu quand je suis arrivée au Puy, et c’est vrai que… Je ais pas si il avait pas fait une une de Bonjour Marcel aussi, il me semble, il me semble. Donc, je devais l’avoir découvert à ce moment-là. Donc là, on le trouve à la Brasserie du Digital quand il est ici ?
– Ouais, il travaille à Brasserie du Digital, il est là souvent.

– Ben écoute, il est temps Axel, de parler de toi. Je sais bien que tu n’aimes pas trop te mettre en avant, mais héhé, tu es au micro de Salut les Ponots !, tu ne risques rien. Comment en es-tu venu à l’illustration ? Première question, toute simple.
– Comme la plupart des enfants, je gribouillais. Mais la différence est que moi, j’ai pas arrêté de gribouiller, donc petit à petit, je me suis amélioré et puis, le goût du dessin ne m’a jamais quitté. Donc assez rapidement, j’étais en primaire, je me suis dit bah, plus tard, je ferais quelque chose dans le dessin. Je savais pas quoi, mais je savais que je serais dans le dessin, et ça s’est précisé au lycée. Après avoir fait mes options art plastique, que je trouvais chiantes à mourir, je me suis dit faut pas que je fasse de l’art plastique. Et j’avais une amie à l’époque, qui était une classe au-dessus de moi, qui a été à l’école Pivot à Nantes et dont je savais là-bas, via elle, qu’il y avait un cursus en illustration et ça me botté bien. Donc, euh, quand j’ai eu mon bac L en poche, ben je suis allé à Nantes faire mes études à Pivot. Donc j’ai fait une prépa, ensuite j’ai passé le concours, pour entrer en tronc commun général. Et puis, après le tronc commun, j’ai fait deux années de spécialisation en illustration, et ça m’a beaucoup plu.
– Et là, tu, donc, tu réponds à des commandes, ou tu crées, tu crées aussi les mondes imaginaires, qu’est-ce qui te plaît le plus ?
– Alors je fais les deux. Je réponds à des commandes, donc que, par exemple, j’ai déjà travaillé pour un magazine d’illustrations Furtif qui, justement, réunissait une trentaine d’illustrateurs illustratrices, et j’ai déjà fait aussi des cartes pour des romans des autrices indépendantes, des affiches, des illustrations d’intérieur. J’ai déjà fait des illustrations pour un jeu de société aussi.
– Qu’est-ce qui te plairait d’autres de faire ?
– On a signé un devis avec une société de chauffagiste à Genève, qui veut un tableau pour décorer ses bureaux. Donc, je vais peindre une peinture d’un mètre dix par un mètre dix à l’acrylique.
– Mais c’est toi qui choisis le thème. Comment ça se passe ? Là, ils t’ont demandé quelque chose de précis ?
– Alors, ils m’ont pas demandé quelque chose de précis. J’avais des thèmes, donc chauffagistes, futurisme et abstraits, et je me débrouillais avec ça. Donc, je leur ai proposé plusieurs trucs donc j’avais carte blanche dans ces thèmes-là. Et ils ont choisi une des propositions que j’ai faite donc je vais la développer et je vais la peindre.
– Ça, c’est chouette quand t’as quand même une certaine liberté quand on demande un travail.
– Ben ça dépend des gens, parce que moi, c’est vrai que j’ai assez de facilité quand on me laisse des libertés, mais d’autres personnes, aiment bien quand c’est cadré ce qui là moi me déplaît. Si j’ai trop de contraintes, et que c’est trop orienté vers quelque chose, c’est là où, très vite, ça peut me frustrer. – Oui, ça bride ton imagination et t’es moins créatif, finalement ?
– Oui, mais après il y a toujours moyen d’être créatif, mais plus règles et moins il y a d’espace pour.
– Pour respirer. Et alors j’ai regardé un petit peu ton insta et tes mondes imaginaires comme on dit. Avec tes ygules, oui, on va dire que c’est un gros scarabée tu me dis ?
– Oui, c’est à mi-chemin entre une sorte de reptile, qui a des énormes plaques, qui a l’allure d’un scarabée. Donc, oui, je ne fais pas que des commandes, j’aime aussi créer des choses. J’aime particulièrement ce qu’on appelle le world building, qui consiste à créer des mondes imaginaires de toute pièce et les enrichir au fil du temps, éventuellement pour en faire quelque chose ou pas, c’est mon plaisir personnel. Donc, je crée des mondes imaginaires et j’illustre dessus et j’écris dessus aussi.
– J’ai beaucoup aimé. Tu fais aussi des cartes.
– Oui, je fais des cartographies, j’adore les cartes. La cartographie c’est fun.
– Donc toi tu prends pas un gps, mais tu prends une carte IGN quand tu te déplaces quelque part.
– Alors, souvent, moi, ce que j’aime bien faire quand j’ai le temps, c’est que je repère mon trajet sur google maps et ensuite je fais de mémoire le trajet. Comme si je j’avais repéré mon trajet sur une carte classique ou un atlas.
– J’ai tendance à faire ça un peu, on se moque de moi parfois, mais c’est pas grave. Au moins, je perds jamais la connexion et ça me permet de travailler la mémoire à mon âge.
– Exactement ça permet de travailler le cerveau. Et c’est toujours bon de faire travailler sa caboche.
– Voilà exactement. Alors, quand j’ai regardé un petit peu ton insta, tout tes mondes… Non pas que ton insta aussi. Tu as… Sur artstation tu es.
– Oui, là, c’est plus une vitrine en mode portfolio en ligne. Voilà, c’est moins un réseau social qu’un portfolio en ligne. Mais oui, du coup, je suis aussi sur artstation. J’avais une page facebook fut un temps, qui existe toujours, mais c’est juste que je ne l’alimente plus parce que j’ai peu de visibilité dessus et puis j’ai un peu la flemme de facebook, c’est un peu archaïque maintenant.
– Voilà, c’est un petit peu vieux jeu. Pardon pour ceux qui l’utilise. Mais sinon dons sur insta, après moi, je me suis plongée un peu dans tes mondes imaginaires et je ne sais pas pourquoi, j’ai une BD qui s’appelle Little Nemo in Slumberland, c’est un petit qui rêve, on voit ses rêves. Et j’avais l’impression, à travers tes dessins de me dire ouah il doit rêvé de ça si ça se trouve… Comment est-ce que tu t’inspires ?
– Et ben ça vient pas de mes rêves, parce que je me souviens très, très, très rarement dans mes rêves. Et puis, le peu que je m’en souviens, ça se dessine pas vraiment. Voilà, c’est des trucs un peu sans queue ni tête, un peu, un peu foufou, c’est pas particulièrement intéressant à dessiner. Non, moi ça, mes inspirations, ça vient donc plutôt des des jeux vidéo auxquels j’ai joué, des livres que j’ai lus, des films que j’ai regardé, les films d’animation, notamment les Ghibli, par exemple. Quand on découvre mon travail, on se rend compte que j’aime beaucoup les créatures. Ça me vient à la fois des dinosaures que j’aimais quand j’étais petit, donc Jurassic Park, mais aussi des jeux auxquels j’ai joué. Je suis un fan de la série de jeu Monster Hunter avec tous ces monstres dragoniques. Je suis pas très pour la chasse, mais en même temps, c’est des jeux où on incarne un chasseur et je m’éclate quand même, donc…
– Voilà, sans tuer personne donc, c’est bon.
– Voilà, c’est bon, je n’ai pas la charge morale de mes actes dans les jeux vidéo, ça va.
– Donc, c’est bon, mais j’ai vu aussi… Ce qui est intéressant sur ton instagram, et comme tu me le disais tout à l’heure, c’est que tu expliques tes personnages, voilà, t’as un petit côté explication, c’est de voir que, des fois, tu peux t’inspirer de peintures qui peuvent être aussi bien de l’époque médiévale que de l’époque de l’indus. Tu t’inspires de peintres… T’as des milliers de sources d’inspiration. C’est pas défini, t’as pas toujours la même logique dans l’inspiration. Y’a pas une routine que tu mets en place ou quelque chose pour trouver l’inspiration.
– Non, non, vraiment, au moins, je m’inspire de tout ce que j’aime en fait. Enfin, je ne mets pas tout ce que j’aime dans ce que je fais, mais j’ai une masse de choses que j’aime bien et que j’adore, et quand j’ai besoin de faire quelque chose, soit j’ai une idée assez concrète de ce que je veux faire et je vais détailler en allant voir dans ce que j’ai mis de côté dans mes inspirations, soit je vais me balader dans, par exemple, sur artstation, il y a tout un outil qui permet de mettre de côté des illustrations d’autres artistes qu’on a aimé et de les trier par catégorie. Et donc moi j’ai plein de catégories, que ce soit l’architecture, le chara-design, des objets, des armes, des outils, des paysages, des stylisations, des créatures, des véhicules. J’ai plein de petits dossiers comme ça et quand j’ai envie de créer un truc, je vais là-dedans et je pioche. Souvent, en fait, j’ai pas des choses précises en tête. J’ai une idée générale qui est extrêmement floue, et c’est en allant fouiller dans toutes ces images, ses inspirations que j’ai mis de côté. Par rapport au mood de départ que j’ai, je vais sélectionner plein de choses, je me fais une planche avec toutes les inspirations qui me plaisent et, en fait, ce que je vais créer, c’est un mélange de tout ça avec l’idée générale que j’avais de base.
– Mais tu vas quand même chercher des peintres du Moyen-Âge.
– Autant des peintres du Moyen-Âge que je peux aller chercher des illustrateurs contemporains ou des illustratrices aussi.
– Est-ce que tu peux t’inspirer à de la vie de tous les jours, je veux dire, en dehors des choses que tu trouve par exemple sur artstation de, par exemple d’événements qui peuvent se passer, comme on n’a juste pas des manifestations on ne sait jamais comme les gilets jaunes, comme il y a quelques temps, comme le covid, par exemple, comme le changement climatique. Est-ce que tu peux t’inspirer de ça ou pas du tout ? Tu t’écartes de ça ?
– Si si je peux m’inspirer, ça peut aller, j’ai une petite mallette à mon bureau qui me sert de support à mon ordi et le mécanisme pour clipser la mallette avait une forme et ça m’a inspiré pour une de mes créatures. Ça peut être aussi bête que ça et des fois, ça peut être des choses plus complexes. Par exemple, j’avais fait une illustration pour noël deux mille vingt-trois, le thème c’était sur le réchauffement climatique, et donc, en fait, j’avais fait des lutins qui prenaient en otage les cadeaux de noël et qui partaient en mer, sur un glacier, pour manifester justement contre le consumérisme.
– Je la vois cette illustration. C’est pour ça que je ris parce que j’ai lu. Il faut lire sur les petites pancartes, les mots, j’adore, j’ai kiffé cette illustration.
– J’ai essayé d’imaginer les slogans militants de lutins et avec le père noël qui est resté sur la banquise qui est là en mode merde mais qu’est-ce qu’ils font ? Ils vont gâcher Noël.
– J’ai adoré cette illustration, j’étais morte de rire. Ce qui est bien, c’est que vous avez l’illustration en entier et après, il fait des petits zooms, donc du coup, on lit bien ce qui est écrit sur les petits panneaux donc allez voir…
– Ouais donc parfois, je fais des illustrations plus militantes, même c’est rare, parce que je sais que c’est des choses qui peuvent crisper les gens quand on prend des positions, mais moi, je m’en cache pas et après je peux faire des choses beaucoup moins subtiles. Je sais pas si t’as vu, mais j’ai fait un triptyque.
– Les lumières mortes ?
– Les lumières mortes exactement où, justement, c’est une vision très noire de certains concepts, par exemple la religion, le productivisme, la lutte de classe, etc. Ou, en fait, j’ai fait des personnages qui sont caractérisés par des lumières. Par exemple, les religieux, c’est des cierges, les patrons d’entreprises, c’est des gros cigares, les militaires, c’est des fusées éclairantes, le peuple, c’est de simples bougies, des petites chandelles, etc. Etc. Et oui, ah oui les scientifiques, c’est des lampes à gaz, des lampes halogènes, des lampes à pétrole, etc. J’ai fait un triptyque sur ces thèmes-là, mais c’est une vision très noire et un peu ancrée dans une époque steampunk. Mais c’est des choses qui m’ont été inspirées par des choses d’aujourd’hui, parce que certaines choses n’ont pas changé entre les années mille huit cent cinquante et nos années deux mille vingt à nous.
– Mais j’ai beaucoup aimé cette série-là. Ton travail peut être différent, là entre les ygules justement, et les hommes lampe-torche, c’est complètement différent. Donc, c’est bien qu’on n’ait pas toujours la même, la même trame, je trouve. Tu vas chercher des trucs loin quand même.
– Oui, sauf qu’il y a un truc qui me caractérise, c’est que quand je fais souvent la même chose, ça m’ennuie vite et j’ai tendance à abandonner si ça dure trop. Donc c’est pour ça que je touche à plein de choses différentes, justement pour faire de nouvelles choses, et pas rester trop longtemps dessus, parce que y a le risque que j’abandonne en fait.
– C’est pour ça qu’on verra jamais une BD de toi.
– Exactement, et c’est pour ça, je m’étais déjà essayé à la BD, mais c’est quelque chose qui est beaucoup trop répétitif et long pour moi. Donc, l’illustration, c’était un bon compromis parce que ça permet de faire plein de choses, alors que la BD bon, j’ai beaucoup du coup d’admiration pour les gens qui font de la BD parce que c’est un travail monstre, mais moi, c’est un travail pour lequel j’aurais pas la patience malgré ma grande passion sur certaines choses. C’est le côté répétitif de devoir accompagner un personnage sur plus de soixante pages, ça, c’est quelque chose que j’aurais beaucoup de mal à faire.
– Peut-être pas maintenant, peut-être plus tard. Peut-être que tu vas prendre une certaine maturité artistique, qui sera autre et qui fera que t’auras besoin, tu vas t’attacher un personnage puisqu’il n’existe pas encore et que, bientôt, tu vas créer, que là t’auras pas le choix.
– Je pense que ça passera plus par l’écriture que par le dessin.
– Oui, parce que tu écris aussi.
– Alors, j’écris, j’ai rien publié et il n’y a rien de publiable pour l’instant, mais j’ambitionne d’écrire sur les univers que j’illustre.
– Ah, c’est génial.
– Voilà, non, peut-être qu’un jour il y aura des romans, mais peut-être qu’un jour pas, parce que ça reste un plaisir avant tout. Si je me rends compte que, finalement, bon bah, c’est pas ce dont je suis capable, je me réserve le droit de revenir en arrière, mais dans tous les cas, il y aura toujours des illustrations sur mes univers.
– Mais réserve toi déjà le droit d’être heureux avec ce que tu fais déjà, prend du plaisir. Enfin moi. j’apprécie énormément donc, je suis content que tu aies répondu oui à l’invitation de Salut les Ponots !. Est-ce que tu veux rajouter quelque chose par rapport à ton activité, par rapport à ta passion qu’est l’illustration ?
– Non, je sais pas trop quoi dire.

– Non, c’est bien puis il a une belle petite moustache. Écoute, je vais te poser maintenant d’autres questions. Je vais te demander notamment, si il y a un événement que tu trouves remarquable en Haute-Loire, ou alors s’il se passe ailleurs que tu aimerais voir ici ?
– Alors en événement remarquable en Haute-Loire ? J’ai été très agréablement surpris par le Roi de l’Oiseau que j’avais jamais entendu parler avant d’arriver au Puy en deux mille vingt-deux.
– Tu es arrivé un peu au hasard aussi.
– Oui, je suis arrivé complètement au hasard, c’était juste commode financièrement. Et puis, finalement, je trouvais que les gens étaient très sympas, que l’architecture est très jolie, qu’il y a beaucoup de jolis coins en Haute-Loire à visiter. J’ai parlé de la cascade de la Beaume tout à l’heure, mais il y a d’autres coins aussi, mais ouais, du coup, je connaissais pas du tout le festival du Roi de l’Oiseau. Moi, j’aime beaucoup décrire ça à mes proches, quand je leur en parle pour leur vendre le Puy, je leur dis que c’est une sorte de taverne à ciel ouvert, et moi ça m’éclate.
– C’est vrai que c’est un peu ça.
– Voilà, c’est une gigantesque taverne à ciel ouvert avec plein de gens costumés.
– Hier, je lisais des mèmes sur genre, des mêmes des gens qui sont de Haute-Loire et justement, t’en as une sur le Roi de l’Oiseau où tu as la gueule du parisien qui arrive en plein Roi de l’Oiseau alors qu’il est pas du tout… Moi, ça m’est arrivé, en vrai, un parisien qui me dit mais vous êtes habillés comme ça toute l’année tu vois, qui était très, très surpris donc… Ça peut choquer. Je comprends.
– Non, ça va. Moi, je suis arrivé en janvier, quand j’ai emménagé au Puy, donc j’ai eu plusieurs mois avant de voir le festival du Roi de l’Oiseau. Je me suis dit waouh, c’est vraiment fun.
– Tu le fais chaque année du coup ?
– Alors je participe pas parce que je n’ai pas les moyens de me faire un costume, mais oui, je flirte un peu, je visite les stands, je regarde les gens qui se costument, je regarde le défilé aussi quand je peux, et sinon je me contente juste de regarder les gens éméchés, à deux heures du matin, sous cinq degrés, fin septembre, en pleine nuit, en train de danser et de boire. C’est très drôle aussi.

– Il y a un spectacle avant après, pendant, c’est exceptionnel. Tu as raison. Et est-ce qu’il y a quelque chose que tu changeais en Haute-Loire ?
– Au Puy ça manque de séances en VO sous-titrée français au cinéma.
– Voilà, le cinéma !
– Voilà, je trouve que y’a pas assez de séances et il y a déjà des films que j’ai renoncé à voir parce que ce n’étais pas en VO, et j’ai beaucoup de mal avec les vf. Attention, les VF sont très bien, mais c’est juste, je sais pas, j’ai un blocage là dessus. Je préfère écouter en VO.
– Bon, un petit mot, qui sera peut-être entendu, sait-on jamais, une séance spéciale.
– S’il voulait en faire plus, oui, pas de soucis.
– On prend.
– Je suis sûr qu’il y a plein de gens qui viendraient voir ces séances en VO.
– Un spectateur, c’est déjà pas mal, c’est mieux que zéro. Alors, je te remercie pour tout ça. Je vais te demander de refaire un jingle. Le dernier c’est parti.

Musique jingle

Et voilà, c’est facile. Il a testé un petit peu avant quand même, t’appréhendais ?
– Non, je voulais juste savoir à quoi, à quoi je devais m’attendre comme genre de son.
– Petites questions sur la Haute-Loire. Hop hop hop, on va commencer par… Je vais te demander si tu préfères les lentilles ou l’artisou ?
– C’est quoi l’artisou ?
– L’artisou c’est le fromage avec… Tu connais pas l’artisou, oh lalala, lalala. Achetez lui de l’artisou. Offrez lui de l’artisou.
– Faut savoir que j’aime les fromages, mais en fait, j’en connais que très peu.
– Alors l’artisou il a des petits… C’est vraiment la spécialité d’ici puis il a des petites bestioles qui font la croûte du fromage mais on les voit pas.
– Et ben non, quitte à choisir, je préfère les lentilles, j’aime bien les lentilles. Ouais, t’as pas envie de manger des bestioles, et oui, t’es végétarien, c’est pour ça non ? T’es végétarien ?
– Oui, je suis végétarien.
– Voilà donc, on va dire que l’artisou n’est pas pour les végétariens.
– Surtout que ça en fera plus pour les autres.
– Voilà, ça en fera plus pour les autres. Alors, j’ai parlé de deux auteurs. Je ne sais pas si tu les connais, je vais parler de. ..Je vais te demander si tu connais Frank Watel, qui a écrit les carnets de voyage d’Imago et Séquoia, voilà c’est un monde un petit peu imaginaire, imaginé en deux cent dix-neuf quand l’Auvergne est recouverte d’eau. Il a même fait une carte, une grande carte, dans son carnet de voyage, avec les endroits où on peut trouver des écrevisses. Ou alors, est-ce que tu préfères le monde de Zelihan, avec Wandering Soul ui est une mangaka qui vient d’être publiée au Japon. Ça y est son premier livre, l’étoile de paris a été publié, je crois, le vingt-trois mars au Japon. Et c’est pas rien. Lequel des deux mondes choisirais-tu ? Frank Watel ou alors Zelihan ?
– Je vais faire des déçus, mais je connais aucun des deux.
– Alors je m’en doutais.
– Je connais aucun des deux.
– Tu serais plus alors que plus carnet de voyage d’un monde imaginaire qui s’est passé en deux cent dix-neuf, ou plutôt mangaka ?
– Ben de ce que tu m’as décrit, ça a l’air plus fun le carnet de voyage en mille deux cent dix-neuf.
– Alors il y en a eu plusieurs, là il y en a six carnets des Îles d’Auvergne mais il en a fait d’autres et une exposition, tu l’as loupé, à Interlude en deux mille vingt cinq, juillet deux mille vingt cinq. Mais bon Franck Watel est pas très loin, il est à Brioude, si jamais un jour tu as envie de le rencontrer.
– Écoute Franck, si jamais on se croise…
– Voilà, je pense que son monde pourrait te plaire. Autre question, on y va, la légende du loup de Montclar. Alors, c’est un loup qui était, un loup-garou qui était lancé contre des habitants d’un village opposé pour leur faire peur, ou alors le gouffre de Connangles, où là il y aurait un homme qui serait tombé avec sa charrue et ses bœufs, et par beau temps, on voit encore, on les voit encore apparaître au fond du gouffre ?
– Ben, la légende du loup ça ressemble un peu trop à celui du Gévaudan, donc je choisirais la charrette.
– Allez la charrette. Il paraît qu’on les voit encore, il faudra qu’on y aille Tout se passe vers Brioude, il y a des trucs bizarres vers Brioude. Parce que c’est pareil pour Imago et Sequoia hein.
– Tu devrais aller faire des podcasts par là-bas.
– Ouais, je vais aller par là-bas, je vais arriver sur Brioude. Tu choisirais plutôt le château de Léotoing ou le château de Rochegude ? Ce sont deux châteaux sur des pitons rocheux que tu ne connais pas non plus, c’est ça ?
– Non, mais les châteaux sur des pics rocheux, c’est très bien. Donc, je dirais les deux.
– Ok.
– Est-ce qu’il y an a qui t’a l’air mieux que l’autre ? Qu’est-ce que tu peux me dire d’eux ?
– Ah non, il y en a un vers Brioude, encore ! Le château de Léotoing et Rochegude, Rochegude, il est très sympa. Il y a une belle chapelle vers Saint Privat d’Allier. Donc, Rochegude, peut-être…
– J’aime bien, l’Allier donc je dirais Rochegude.
– Allez, Rochegude. Qu’est-ce qui te ferait le plus peur, qu’est-ce qui te donnerait le plus des sueurs froides ? Moi, personnellement, ça me donne des sueurs froides, c’est la potence d’Allègre, ou alors le puits de quatre-vingt-trois mètres de profondeur, à la forteresse de Polignac ?
– Je dirais le puits de la forteresse de Polignac, parce que, même si je n’ai pas le vertige, c’est impressionnant quand même de s’imaginer tomber de cette hauteur.
– Moi, ch’ai pas la potence, ça me fait penser à un truc… Je sais pas… Elle t’inspire quoi la potence d’Allègre toi ?
– Ben je vois pas ce que c’est.
– Tu vois pas ? C’est l’a porte d’un château, on dirait une potence où ils pendaient les gens. Ce qu’on ne sait pas c’est que Axel se déplace beaucoup à pied, dont c’est vrai que là j’ai trouvé des endroits qui étaient un petit peu loin du Puy-en-Velay, mais bon… Si tu avais un décor à choisir, est-ce que ce serait le décor lunaire de la carrière du Mont Denise, qui est juste en dessous du Mont Denise, ou alors le bois des Seigneurs vers Polignac ?
– Le bois des Seigneurs, à Polignac.
– Tu l’as déjà vu celui là ?
– J’ai dû y passer quand je fais mes voyages à pied, ouais, je dirais le bois.
– Ça marche, il y a des grands pins, des pins énormes, des fois des petits écureuils, on a l’impression d’être dans le livre de la jungle. Tu es un fan d’architecture, alors quel est le pour toi le bijou architectural au Puy-en-Velay, le bijou caché ?

– Alors des bijoux, il y en a plein parce que moi j’aime beaucoup les bâtiments au Puy. Peu importe leurs époques d’ailleurs, enfin sauf les plus récents. Mais ça, c’est personnel. J’ai du mal avec les architectures modernes, mais non que ça soit la tour Pannessac… Et le mélange d’architecture et d’époques qu’il y a dans le centre du Puy, voilà, toute est sympathique, même la chapelle, bon c’est pas le Puy-en-Velay mais Aiguilhe. La chapelle ou la basilique de Saint-Pierre, à Espaly.
– C’est vrai qu’on l’oublie un petit peu hein. Tu es monté jusqu’en haut, parce que des gens, des personnes parfois n’osent pas aller là-bas alors, c’est très beau. Tu as vu la chapelle donc. Celle dont tu parles c’est celle qui est dans les rochers.
– Ouais ouais si si, j’ai tout visité, il y a juste la statue que je n’ai pas pu visiter parce que les fois où j’y étais, elle était fermée d’accès parce qu’elle manquait de s’écrouler, mais il y a eu des travaux, il me semble récemment, mais j’y ai pas été depuis les travaux. Mais si si, j’y étais à deux trois reprises. J’ai visité la chapelle, la basilique. J’aime particulièrement, justement, la partie qui est creusée à même la roche. Ça, c’est vraiment stylé, avec l’ambiance, l’ambiance chaleureuse, les petites lumières, les vitraux assez chaud et tout. Non, c’est vraiment très, très joli, faut aller voir.
– Faut allé voir puis après donc, vous montez jusqu’à, vous montez jusqu’à la statue, on rentre un petit peu dedans, à côté de la statue, en bas de la statue, il y a un petit jardin et juste avant de monter, justement, vous pouvez prendre un petit café auprès des dames là du magasin et c’est parfait, vous êtes tranquilles.
– Avec vue sur le Puy-en-Velay en plus, avec des petites explications historiques sur le coin, donc ouais c’est sympa.
– Après, il y a une vue qui est sympa aussi, c’est au cimetière là-bas, d’Espaly, où tu vois vraiment tous les monuments, Espaly, Aiguilhe et le Puy. Je sais pas si tu as déjà eu l’occasion.
– J’ai pas été si loin, mais je le saurais à l’avenir.

– Dernière question, et pas des moindres, ton expression ou ton dicton.
– J’ai pas vraiment d’expression, de dicton, mais des trucs que j’aime bien, genre mon prof, bon, c’est pas de lui, mais mon prof de peinture, quand j’étais à l’école, disait souvent pour parler de peinture, et justement, d’inspiration et tout, il disait rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Par rapport au fait que ben on va jamais réinventé l’eau chaude, en fait, on va toujours s’inspirer des anciens et de la culture qui nous a vu naître, etc. Et une autre phrase que j’aime beaucoup aussi, c’est choisir, c’est renoncer. Fatalement, quand on choisit quelque chose, c’est forcément au détriment d’autres choses. Donc, il faut accepter que, des fois, on renonce à des choses pour en choisir d’autres.
– Merci beaucoup, écoute, je te souhaite tout plein de bonheur avec tes illustrations. D’en faire plein avec plein de couleurs, plein de ygules et voilà que je tombe encore amoureuse, Voilà, je vais continuer à te suivre avec beaucoup d’intérêt. J’espère que les personnes en feront tout autant, auront la curiosité de découvrir ton travail et de te faire travailler aussi. Merci beaucoup Axel.
– Merci à toi Stéphanie, pour ce moment. Et puis, euh, je te souhaite une bonne continuation et une bonne réussite aussi avec tes podcasts, que tu continues depuis un moment déjà j’ai l’impression.
– Deux ans, écoute, on va essayer une troisième année.
– Allez !
– Je suis pas sûre, on verra. A très bientôt. Ciao, ciao !

Coups de coeur de notre invité