Épisode #84

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Charlie

Temps d’écoute : 40’15 minutes
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– Salut les Ponots ! , le podcast itinérant et léger qui donne la parole aux personnes qui habitent ou gravitent autour du Puy. Aujourd’hui, j’ai vue sur les sucs et j’ai vu sur la Madeleine, et je suis avec Charlie. Comment vas-tu?
– Je continuerai bien hiberner là, on est au mois de janvier. Si je pouvais hiberner plus, ça serait super.
– Est-ce que tu peux te présenter aux auditeurs de ce podcast, s’il te plait ?
– Donc je m’appelle Charlie. Je travaille en tant qu’animateur nature et je forme les gens principalement autour de la reconnaissance et l’utilisation des plantes sauvages. C’est vraiment une passion pour moi de se relier à ses compagnons végétaux qui sont juste là, juste en bas de soi, faut juste prendre le temps de se baisser et il y a des merveilles à découvrir et à partager.
– On parlera un peu plus de tout ça tout à l’heure. Et est-ce que tu as une anecdote par rapport à la Haute-Loire parce que tu n’es pas d’ici hein.
– Moi je suis parisien, au début je le disais pas maintenant, je m’en fous.
– T’assumes maintenant.
– Ouais. Et alors, si anecdote, bah oui, quand je suis arrivé dans le coin, Ah, j’ai trouvé ça génial, y’ a une expression, tu sais, pour les gens qui reviennent à la campagne, on les appelait les prend l’air.
– Ah ouais ?
– Et j’ai trouvé cette expression extraordinaire. Tu sais un prend l’air, carrément je te prends ton air, tu vois. Alors il y avait autre chose aussi, y’avait comment ils s’appellent les petits insectes qui vont sur les, sur les pommes de terre ?
– Ah les doryphores.
– Doryphores. Voilà, bon, ça, c’est un peu plus classique, mais prend l’air, je trouve, c’est vraiment un niveau…
– Ah mais c’est poétique, je trouve, moi, quand même.
– Ouais c’est, c’est ça, c’est ça, c’est ça voilà.
– Est-ce que je peux te demander de faire le premier jingle avec la petite botte que tu vois là, s’il te plaît ?
– Bien sûr.

Musique jingle

– Magnifique. Vous n’avez pas vu le petit mouvement de tête, mais moi je l’ai bien vu.
– Je ne savais pas quand est-ce qu’il fallait que je m’arrête.
– Personne ne sait. Alors on va faire le confessionnel. Je te pose des questions, t’es prêt ?
– Non, mais on y.
– On y va. Allez ! Bleu ou vert ?
– Vert.
– Abeille, coccinelle, ou ver de terre ?
– Ver de terre.
– Pourquoi ?
– Lors de mes ateliers, ce que j’adore, c’est dépasser la fonction du vers de terre, parce que souvent, il y a le truc de à le ver de terre, il sert à faire faire de la terre. Tu sais, en faisant caca. Et non le ver de terre, c’est ce que je dis souvent, des fois j’invective un petit peu les participants, alors, plus ou moins gentiment selon comment je suis réveillé, mais c’est-à-dire que le ver de terre, il ne sert à rien, comme vous et moi. C’est-à-dire, il a une vie qui est vertueuse et si on peut être aussi vertueux que le ver de terre, ça peut être pas mal, alors bien sûr, en faisant autre chose.
– Printemps, été, automne ou hiver ?
– L’automne, c’est ma saison, c’est la saison où je suis né, c’est… Mais j’apprends de plus en plus à apprécier les autres saisons aussi ouais. Oui ben oui, le printemps oui, c’est génial, y’a les plantes qui arrivent. Mais l’automne, y’a quand même, y’a les plantes, y’a les champignons, y’a les fruits et surtout, il y a les odeurs, vraiment les odeurs pénétrantes, c’est incroyable.
– Et les couleurs aussi quand même.
– Et les couleurs tout à fait, tout à fait.
– Dessin au fusain, cyanotype ou tataki zomé ?
– Tataki zomé parce que ça casse les oreilles, voilà.
– Tu peux expliquer ce qu’est le tataki zomé ?
– Oui ben tataki zomé en japonais ça signifie teinture martelé. C’est grosso modo transférer des pigments sur un, sur de la feuille ou sur du tissu ou sur du papier, en tout cas sur une fibre. C’est très drôle. Moi, j’aime bien l’utiliser, parce que souvent on va avoir, ça permet aussi d’initier aussi à la chimie organique, et notamment à découvrir des substances qu’on appelle les tanins, qu’on peut révéler. Voilà, c’est drôle. On peut aller un peu plus loin.
– Et puis, c’est un passionné de musique. Donc, comme il le dit, comme ça fait du bruit, ça lui va très bien. Pétillant de fleurs ou kéfir ?
– Oh, pétillant de fleurs. Kéfir c’est ma chère et tendre qui s’occupe des kéfir, et pour moi, il y a suffisamment de ferments là, comme ça. Non, mais c’est très bon, les kéfir aussi.
– Il a peur que sa compagne écoute le podcast. Ah, attendez, attendez !
– Ce que j’aime bien aussi dans le pétillant de fleurs, c’est que des fois, selon les fermentations, ça peut être un peu plus alcoolisé et des fois c’est rigolo aussi.
– Ah oui ! Je vais peut-être me mettre finalement aux pétillants de fleurs moi plutôt que le kéfir. Waldorf ou Montessori ?
– Alors pour moi, il y a autant de pédagogies que de pédagogues. Donc, finalement, pour moi, c’est pas si important ça d’avoir ces labels qui sont souvent assez anciens, même si ben moi-même je suis impliqué dans une école associative, sur les hauteurs de Retournac qui est avec la coloration de la pédagogie Waldorf. Mais pour moi, avant tout, c’est l’humain qui est là, qui est présent, avec ses défauts, surtout parce que, voilà, il a ses qualités, mais surtout avec, voilà, avec qui il est et au contact des enfants. En tout cas, le problème dans la pédagogie c’est les pédagogues, ça c’est, une chose est sûre… Voilà.
– Alors graines de berce pour leur goût d’agrumes, ou les graines de maceron pour leur goût poivré ?
– Ben graine de berce, parce que ici il y a pas trop de macerons hein. En bord de mer, c’est formidable d’utiliser le maceron pour ce petit côté poivré en effet,. Non mais la berce, la berce, c’est quand même, pour moi, ça surpasse, parce que…
– C’est assez fort, quand même, la berce.
– Ah oui oui, c’est fort, c’est fort, c’est fort. Mais y’a ce côté agrume, presque coco des fois qui, en fait, qui surprend, c’est à dire… Moi, ce qui est surprenant, c’est qu’il y a ce côté exotique et qu’on passe juste à côté, sans le découvrir. Ca, c’est vraiment, ça marche très, très bien.
– T’as une petite recette là,justement, avec de la berce ?
– Oui, oui, ben ça peut être n’importe quelle macération, par exemple, moi, j’aime bien faire des bases de jus de pomme pour faire des cocktails. Donc, quelques, quelques graines de berce, faut faire attention, faut pas trop ou trop chargé, qu’on peut hacher alors en plus, la saveur va varier, si vous avez les, selon si les fruits sont verts ou secs, vous n’avez pas du tout à avoir les mêmes, les mêmes saveurs. Et donc voilà, vous les hachez, réhaussez avec un petit peu de citron. Allez, un jus de citron par 1 litre de jus de pomme, grosso modo, laissez macérer une demi-heure à peu près, éventuellement mixez si on n’a pas beaucoup de graines, puis filtrez, et là, ouah !, ça vous fait un jus de pomme délicieux. Puis, si vous voulez rajouter un petit peu d’eau pétillante, pourquoi pas un petit peu de vin blanc aussi pour faire un cocktail, c’est vraiment très, très, très intéressant.
– Je vais en trouver cette époque ?
– La berce, le problème, c’est que les fruits de berce, là, au mois de janvier, ils vont être ceux qui sont séchés, là, sur la plante, ils vont être plutôt moisis. Là, ça va être un peu tard, avec les pluies, les neiges qu’on a eu, mais non, non, là va falloir attendre le printemps, dans les prairies, un peu humide, vers le moi d’avril, mai, pour les plus précoces, on va commencer à avoir des choses intéressantes ouais. Avant, il y a les feuilles. On peut faire des délicieux pesto, par exemple avec.
– Développement durable ou soutenable ?
– Ni l’un ni l’autre. Je ne comprends pas ces termes. Ça me… Pour moi, c’est c’est trop technique et pour moi, le problème de la technique, c’est que la technique, elle égard de l’art. C’est comme un terme aussi… Il y a un terme aussi, qui est beaucoup employé, dont je me, pas je me méfie, mais qui je trouve éloigne de l’émotion qu’on peut avoir en étant au contact de la nature. Et ça, ça peut se faire même en ville, en regardant une plante qui sort de entre deux plaques de béton, qui fraye son chemin. C’est le terme biodiversité qui, en fait, je trouve, ramène à un terme comptable et en fait ça amène à des termes trop techniques qui moi me parle absolument pas. C’est froid, pour moi c’est froid.
– Oui, puis on peut mettre tout dedans et n’importe quoi, des fois. Voilà. Catherine Lenne ou François Couplan ?
– Ben je dirais François, parce que je me suis comme formé, j’ai fait le collège pratique d’ethnobotanique avec lui, une formation sur trois ans, et puis même avant, et puis là, on est toujours en ayant, toujours en contact, puisque je suis un des animateurs de terrain de sa formation, qui est en ligne maintenant. Après Catherine Lenne pour autant, est quelqu’un que je connais peu, je l’ai juste assisté une fois à une conférence d’elle sur la thématique des arbres, qui était, je trouve très intéressante. Oui, puis François, pour le côté, vraiment utilisation des plantes sauvages, c’est-à-dire- et là je reviens à la question précédente, l’aspect intégré, ou comment on dit… On s’abaisse à manger l’objet de notre étude tu vois. Tu vois, ce que font pas certains botanistes… Non, non, on va pas, on va pas manger les plantes, faudrait pas… Il y a différentes approches, il y a différentes approches.
– Alors conserves ou lactofermentation ?
– Ah ben lactofermentation, parce que il y a le côté vivant. Alors vivant dans le sens où on a un processus qui continue en fait de digestion par les bactéries de ce qu’on a mis. Que ça soit une choucroute, que ça soit d’ailleurs même du fromage, du saucisson, bon et même si, voilà, ce processus, à un moment donné, s’arrête, se calme. Et puis, surtout aussi, avec le sauvage aussi, il y a plein de trucs à faire. Par exemple les lactofermentations de prunelles, c’est extraordinaire, il y a des saveurs incroyables et en plus, c’est vrai que pour le côté santé, on a aussi davantage de minéraux, d’enzymes, en tout cas de substances qui sont un plus disponible pour le corps.
– Lierre ou saponaire ?
– Je dirais plutôt lierre, parce que le lierre, on le trouve… Il a moins cet effet facile, entre guillemets, c’est-à-dire ouah, ça marche tout de suite, ça mousse. C’est génial, t’es en …
– Mais moi c’est ça que j’aime avec la saponaire.Partout, il y en a, même le long de Bertrand de Doue.
– Mais le lierre là où il est génial, et c’est vrai que là, il faisait parti un peu de ces végétaux mal aimé à une époque, c’est vrai qu’on le coupait, on estimait qu’il étouffait les arbres. On est vraiment beaucoup revenu dessus, notamment avec des gens comme Catherine Lenne, à se rendre compte que, voilà, il se comporte pas comme un parasite. D’ailleurs, il faudrait même revoir aussi cette question de parasitisme, des fois un peu, la nuancer. Et le lierre non surtout parce que, ok, il contient des saponines, on peut faire de la lessive, etc. Mais surtout, il fleurit massivement à la fin de l’année, à l’automne, à la fin de l’automne et c’est une source de protéines, de nourriture extraordinaire pour les insectes, soit pour faire leurs réserves, pour les petites larves à venir au printemps. Autre chose aussi sur le lierre, vous allez avoir les fruits noirs là, qu’on voit en ce moment là, en début de printemps, et quand, des fois, y a rien à becqueter, il peut y avoir des petits passereaux qui peuvent tout à fait les manger. Alors, en revanche, nous, bien sûr, nous les humains, on n’est pas appareillé pour les consommer. Y a des saponines, des substances hypotentiques, des substances savons. Voilà. On ne mange pas son savon à la maison. On évite de manger les feuilles, les fleurs, les fruits du lierre, mais on peut profiter de leur beauté.
– Ok, on va écouter tes conseils, ne mangez pas le lierre.

À suivre…

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Le goût du Sauvage
Charlie Braesch
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Coups de coeur de notre invité