Temps d’écoute : 27’09 minutes
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– Salut les ponots ! , le podcast itinérant et léger qui donne la parole aux personnes qui habitent ou gravitent autour du Puy. Et là, je me suis éloignée du Puy, on va dire à peu près trois quarts d’heure. Je suis actrice après Yssingeaux, je suis à l’est de la Haute-Loire pour retrouver, je suis venue retrouver Clément. Comment vas-tu, Clément?
– Bonjour et ça va très bien, merci.
– Clément comme ça, ça parle pas aux auditeurs de ce podcast. Donc, est-ce que tu peux te présenter, s’il te plaît?
– Alors oui, donc, je suis clément. J’habite à Lapte et je suis artiste. Je fais de la gravure et de la peinture.
– Es-tu né où Clément ?
– Alors je suis né en région parisienne, dans les Yvelines.
– Mais tu as un lien avec la Haute-Loire.
– J’ai un lien très fort avec la Haute-Loire, puisque toute ma famille, du côté de ma mère, vient de Lapte.
– Tu as une petite anecdote, justement par rapport à ta famille ?
– Oui, alors je suis revenu à Lapte dans la maison de la famille qui, initialement, était l’atelier de tailleur de pierre de mon arrière-grand-père, juste à côté de la ferme de la famille. C’est un atelier qui a été rénové par mon grand-père en maison agrandie pour que ma mère puisse y vivre, mais elle n’y a jamais vécu parce qu’elle est partie avec mon père s’installer en région parisienne ou je suis né. On y est venu très souvent pendant les vacances, presque toutes les vacances, pour y passer du temps et je suis revenu m’installer ici il y a maintenant trois ans et je travaille à la rénover.
– Et ça fait quoi de revenir dans cette maison d’enfance ?
– C’est très particulier pour moi parce que j’y ai mes marques, donc c’est assez simple, je connais les gens, je connais l’endroit et j’ai mes habitudes. C’est un peu plus compliqué pour ma compagne, qui est, qui, elle est américaine et qui n’est pas pas du tout du cru, on va dire.
– Oui, oui, ça doit faire bizarre. Une américaine, on débarque ici, bon voilà déjà en France, mais en plus à Lapte, ça doit être un petit peu spécial.
– Oui tout à fait.
– Mais bon, elle est toujours là.
– Elle est toujours là.
– Donc ça va. Ok, je te remercie pour cette anecdote. Je vais te demander de faire le premier jingle avec la petite boîte que tu vois là.
Musique jingle
Parfait. Simple, efficace. On va faire le confessionnal. Je te fais des propositions et puis tu, tu choisis ce que tu veux ou tu choisis pas, c’est comme tu veux. Doré ou argenté ?
– Doré.
– Oiseaux, chat ou souris ,
– Oiseaux.
– Ouh, t’es rapide hein.
– Il faut être rapide.
– Tu as un oiseau favori ou pas ?
– Euh non, ça change en ce moment. J’aime bien le geai parce qu’il y en a pas mal dans le coin. Mais comme je dessine pas mal d’oiseaux, je n’ai pas de préférence particulière.
– Ouais, tu dessines pas mal, pas mal d’animaux. Alors EA épreuve d’artiste ou HC hors commerce ? – Épreuve artiste.
– Ouais, pourquoi dis-moi.
– Euh… Ah ça, c’est une bonne question. Je pense plus par usage, en fait par habitude. Et puis, parce que on peut les donner, on peut les offrir, c’est plus sympa.
– Ça vient avec le cœur. Bruxelles ou Paris ?
– Bruxelles.
– Définitivement ?
– Définitivement, oui.
– Qu’est-ce qu’il ne te plaît pas à Paris ?
– C’est trop grand, trop dense. Et à Bruxelles, ça fait la taille d’un arrondissement de Paris avec la même activité. C’est plus un, plus un village, en tout cas quand j’y étais, c’était plus un village. Alors, après, ça s’est densifié et je suis parti un peu parce que ça s’est densifié, mais quand j’étais, il y a quinze ans, c’était un endroit très vivant, où on pouvait croiser des gens en terrasse de café, avec l’activité d’une capitale européenne en fait. Donc, ce me semblait plus… Plus humain.
– Oui, c’est assez sympathique, assez chaleureux. J’ai eu l’occasion d’y aller il y a dix ans, une dizaine d’années aussi, et c’était assez sympa. Bien sûr j’ai goûté les frites et la bière. Estampe, peinture à l’huile, sculpture ou photos, tu fais tout ça ,
– Je fais tout ça. Mais le mélange de tout et pas mal parce que j’ai une technique qui me permet de de faire des estampes avec ce que j’ai créé en peinture à l’huile ou en photographie.
– J’aimerais bien voir son atelier un jour, le voir travailler. J’ai regardé un petit peu des vidéos. J’ai trouvé des vidéos sur youtube et ça a l’air d’être assez, assez spécialisé comme travail. Enfin, je parle de l’estampe surtout et on en parlera un petit peu plus tout à l’heure. Ben, on va parler de termes, un petit peu d’estampes, langes ou bardes ?
– Langes.
– Alors lange, c’est le, le tissu que tu mets ?
– Oui c’est ce qu’on peut utiliser, alors ça a plusieurs noms. Mais une barde, j’avoue, je connaissais pas, donc j’ai répondu lange.
– Alors, barde, j’ai cru comprendre. C’était quand tu creuser un petit peu là la plaque, si tu veux.
– Oui, alors j’ai toujours dit barbe.
– Ahhh. Alors c’est peut être moi, non mais c’est peut etre moi qui aie fait une faute.
– C’est peut être moi qui me trompe.
– Non, je pense que c’est plutôt moi, c’est pas mon métier.
– Parce que oui, en fait, quand on creuse la plaque, mais ça c’est un burin ou ce genre de choses, en fait, ça fait des petits… La plaque, comme c’est du cuivre, elle fait des petits crochets qui retiennent l’encre. J’ai toujours dit barbe, mais c’est peut être barde, je ne sais pas.
– Non, je pense qu’il vaut mieux te faire confiance à toi.
– Pour le coup…
– Bon ben écoute, on dira ce qu’on veut. C’est pas grave. Passé, présent ou futur ,
– Futur.
– Ah, ouais ?
-Ouais, ben c’est bien d’avancer et puis… Ouais non, futur.
– C’est les projets, toi, qui te portent. Pointe sèche ou burin ?
– Pointe sèche. Ouais, pour avoir essayé les deux, pointe sèche. Ça permet de faire des choses, je pense, un peu plus délicates que au burin. Un peu plus fine et j’aime bien les choses un peu fines.
– Ouais, burin on l’utilise en général, un petit peu…
– Quand on a, quand on a les compétences, je crois qu’on fait des choses très fines avec le burin, on voit pas… Mais beaucoup moins sèche.
– Eh ben, justement, on va parler un petit peu d’une, d’une artiste, moi, que j’ai découvert ben grâce à ton travail, en fait, parce que je ne connaissais pas du tout, Cécile Reims qui était avec Fred Deux, qui était une graveuse, qui est morte mais qui a fait de ses dessins formidables et je pense que le burin, elle savait très, très bien le manier ou Pierre-Yves Trésmoi.
– D’accord. Ben, je connais ni l’un ni l’autre.
– Ni l’un ni l’autre, ok. Et ben écoute, voilà, hein, euh…
– J’aurai la curiosité d’aller voir un peu ce qu’ils font ou ce qu’ils ont fait.
– Voilà. Alors, taille d’épargne, donc c’est une gravure, c’est ça en relief, ou taille-douce, la gravure en creux ?
– Oui, c’est ça. Ça, c’est difficile de faire un choix entre les deux parce que je fais un peu les deux. La taille d’épargne c’est par exemple la linogravure ou la gravure sur bois. On va venir creuser là où il n’y a pas l’encre et la taille douce, on va venir creuser là où on va mettre de l’encre. Pour le coup, je partirai sur la taille-douce.
– La taille d’épargne, ça a était la première, en fait, gravure, c’est ça, qui a été connue ?
– Oui, c’est ça. Ben la taille d’épargne, c’est comme si on faisait un gros tampon, en fait, pour dire les choses grossièrement.
– La taille-douce c’est peut-être un petit peu plus délicat aussi à faire.
– Euh alors non, les deux peuvent bien être délicats, il y a des belles choses en taille d’épargne, toutes les estampes japonaises, c’est de la taille d’épargne, c’est quand même… Il y a des choses très délicates, je pense.
– Ok, celle-ci, je sais pas si tu t’y attendais, mais Pierre ou Clément ?
– Clément. Pour le coup, pour l’interview, Clément après…
– Après on verra. Si voulez savoir pourquoi, ben vous demanderez à Clément. Voilà. Humain, animal, minéral ou végétal ?
– Ben alors là. Tous en même temps. C’est rigolo, toi de tout mélanger, mais avec beaucoup, animal.
– C’est vrai que tu mélanges pas mal, toi.
– Ouais !
– Tu peux avoir un humain avec une tête en champignon et avec des poissons qui passent devant, par exemple.
– Voilà oui mais j’aime bien faire, créer des personnages soit à partir de plantes, de végétaux, ce genre de choses, et même de minéral, j’en ai fait. Et j’aime bien humaniser les animaux aussi, en mettant une tête d’animal sur un corps d’humain.
– Oui, ben oui, y’a le… Les personnes regarderont. Y’a l’estampe avec le chat qui tient la souris, donc … Et puis tu as aussi le caillou. Là, j’ai vu, effectivement, tu as fait des dessins de cailloux, c’est le I je crois, mais il est extraordinaire, on dirait que c’est une photo.
– Ouais. Alors ben pour… C’est une photo.
– C’est vrai ?
– C’est une base de photo, en fait, où je voulais justement faire un travail un peu sur ma famille et mon grand-père, mes arrière-grand-pères, qui était tailleur de pierre. Je voulais travailler un peu les minéraux et essayer de créer un objet un peu un peu flottant et mise en valeur. Et en fait, ce sont les photos de tout petits cailloux que j’avais envie de comme donner une histoire, et ma technique permet justement de créer des estampes à partir de photographies.
– Ouais, j’ai regardé un peu, toujours en vidéo, on voit quelques, quelques extraits comme ça, mais bon, je reste quand même curieuse de voir la totalité du procédé.
– Est-ce qu’il y a une technique que tu aimerais apprivoiser, que tu ne connais pas encore, ou que tu travailles et que t’aimerai apprivoiser ?
– Oui, toutes sont, parce que, en fait, j’ai un très gros défaut, c’est que je suis toujours en train d’explorer la technique. J’ai je ne vois plus comme un artisan que comme un artiste, parce que je n’ai pas l’impression d’avoir les qualités techniques et graphiques d’un artiste mais par contre, j’aime les choses très bien faites, comme un artisan peut les faire. Et j’ai tendance à me dire tiens, je vais essayer cette technique et en fait par, par effet de tiroir, je vais ouvrir un tiroir et en trouver un autre dedans, et en trouver un autre dedans. Et par exemple, ben dernièrement, je me suis dit que j’aimerais bien arriver à faire mon propre papier. Alors du coup, je me suis dit que j’allais faire mes propres outils pour faire mon propre papier. Et du coup, je me suis dit qu’il fallait que je sache faire de la menuiserie pour pouvoir faire mes propres outils pour faire mon propre papier, etc. Et je, je n’ai toujours rien créé comme papier.
– T’as pas encore fait le cadre ?
– Non. J’y ai travaillé et il est en cours, mais il n’est pas fini.
– D’accord, ben j’avais une petite question, je l’ai pas poser mais le Moulin Richard de Bas ou le Moulin de la Rouzique, c’est ça ?
– Oui, alors Richard de Bas parce que c’est plus proche mais j’achète mon papier chez une créatrice qui travaille au Moulin de la Rouzique.
– Au Papier K c’est ça le cas ?
-C’est ça, le K Papier.
– Le K Papier pardon.
– Le K Papier sur les réseaux sociaux.
– Euh, et ben écoutes, je vais te demander si tu étais un animal, quel animal serais-tu?
– Un oiseau, un petit oiseau ouais.
– Ouais ?
– Oui.
– On va continuer avec des questions sur tes coups de cœur. Je vais te demander si il y a un commerçant ici, dans les coins, que tu apprécies tout particulièrement.
– Alors j’avais penser à un endroit où je travaille, où j’ai des gravures exposées aussi. C’est un torréfacteur qui se trouve à Saint-Bonnet-le-Froid, ça s’appelle Sāba Torréfaction. Un tout petit torréfacteur qui travaille avec des produits bio. Du très bon café qui fait salon de thé et café en même temps.
– On le trouve uniquement là-bas, son café, ou il peut être dans d’autres magasins en Haute-Loire ? Tu sais pas ? … Quoi que si je pense qu’on le trouve à Yssingeaux, il y a un petit salon de thé sur la place derrière, à côté du café des arts dont j’oublie le nom où on peut trouver son café. Il essaie de développer un peu ça. Après sinon on peut le pour trouver sur Lyon ou sur internet.
– D’accord. On viendra plutôt te voir, comme ça on verra en plus tes créations donc…
– Avec plaisir.
– Et puis c’est toi qui nous servira le café.
– Avec plaisir.
– Ok, est-ce que tu as un restaurant ou un bar où tu as des petites habitudes ?
– On aime bien aller avec ma compagne à la Passerelle qui est à Grazac qui est un petit restaurant avec un menu unique, un menu du jour. C’est un mini gastro tout à fait abordable et c’est très plaisant.
– Du coup, c’est quand on va la passerelle du lignon, on s’arrête avant ou on mange après avoir traversé la passerelle ? Parce que, du coup, il a pris ce nom…?
– Je pense que, oui je pense parce que ça attire pas mal de monde puisqu’après il se situe vraiment en plein centre de Grazac, le restaurant donc il n’a pas de lien particulier avec la passerelle. J’irai plutôt après, puisque j’ai le vertige, donc pour éviter tout accident.
– Oui on sait jamais hein. Est-ce qu’il y a une association que tu aimerais mettre en avant ?
– Oui, j’aimerais parler du TEC à Tence. Ils m’ont donné l’opportunité d’exposer avec eux assez régulièrement. Et j’ai été très bien accueilli, assez rapidement il y’a trois ans, très sympathiquement, avec des gens vraiment sympas. Ils font des bœufs artistiques régulièrement. Je sais qu’il y en a un qui commence demain, vendredi douze décembre pour noël, donc, généralement, c’est une dizaine d’artistes qui se réunissent, qui sont sélectionnés, qui exposent un peu leurs œuvres, donc il y a plein de choses à voir et puis ils font des expos un peu tout au long de l’année. C’est vraiment un chouette endroit qui est de plus en plus vivant sur Tence.
– Ouais, j’ai l’impression que Tence, ça bouge quand même pas mal.
– Ça bouge pas mal. Je pense que ça bénéficie du tourisme du Chambon-sur-Lignon, par extension. Et puis, c’est une ville qui profite bien de ça je trouve. C’est une belle ville qui est de plus en plus vivante ouais.
– Qui mérite d’être connue quoi donc il faut aller à Tence. On s’arrête boire un petit café, puis après on va à Tence, on file à Tence.
– Au Marigny, au Marigny, un petit café sur la place de Tence, très sympa.
– Ouais, ok, d’accord. On va tout avoir et on va parler de toi. Voilà en tant qu’artiste ou artisan comme tu dis, on va dire artiste artisan. Voilà mon premier artiste artisan. Donc, toi, tu pratiques autant la taille douce que la taille d’épargne, ou plus quand même la taille douce.
– Plus quand même la taille douce. En fait la technique que j’utilise est classée dans la taille-douce. Mais je ne taille pas, je dessine en fait. C’est une technique qui est très ancienne et qui se rapproche de la photogravure, qui a été inventée à peu près en même temps que la photographie. Et pour essayer d’expliquer, je vais venir insoler des plaques photosensibles avec mes dessins que je dessine sur transparents. C’est pour ça que je peux aussi insoler des photographies que je peux imprimer sur transparent. Je peux prendre en photo les peintures à l’huile que je fais, que je vais venir imprimer sur transparent et avec un procédé à peu près comme la photographie d’insolation, de révéler… Enfin, je vais venir révéler ma plaque et elle va se creuser en fait aux endroits où mon transparent a été noir. Donc comme l’encre va venir se mettre dans le creux c’est de la taille douce, mais ça se rapproche plus de la photogravure.
– D’accord donc tu vas mettre un film sur une plaque enfin quelque chose comme ça ?
– Oui c’est ça. En fait je mets un film sur une plaque, c’est un film photosensible. Techniquement, ça s’appelle un film photopolymère. C’est une technique ui est de plus en plus à la mode ces dernières années. J’ai appris ça en Belgique, aux Beaux-Arts. C’est un monsieur qui a développé cette technique parce que c’est une technique de gravure qui est non toxique et écologique. En fait, on n’utilise aucun produit toxique contrairement…
– Ah, tu utilises pas l’acide qui creuse…
– Aucun incident en fait. L’acide que j’utilise c’est du carbonate de soude ménager, tout simplement. C’est suffisamment puissant, donc je peux aisément le rejeter à l’évier, contrairement à d’autres techniques de gravure qui utilisent du perchlorure de fer, qui est un enfer pour la nature, évidemment et bien d’autres, bien d’autres produits toxiques.
– Alors tu parles de respect de l’environnement, tout ça. Il y a des artistes qui veulent faire passer un message par rapport à leurs créations, à travers leurs créations. Est-ce que toi, tu as un message à faire passer ou tu penses que c’est plutôt les, les personnes qui créent leur propre qui voient ce qu’elles ont envie de voir dans tes créations ?
– Ah non, j’essaie pas de faire passer de message. Je prends du plaisir à dessiner certaines choses et si les gens apprécient, c’est…
– Tant mieux.
– Tant mieux.
– Et s’ils n’apprécient pas, tant pis.
– Oui voilà, on va dire ça comme ça.
– Tu es inspiré par deux artistes, grands artistes, Egon Schiele et Francis Bacon, un petit peu, c’est tes inspirations ?
– Oui, en peinture, oui. Euh Bacon, je pense que mon atelier ressemble un peu à celui de Francis Bacon pour ceux qui ont eu l’occasion de le voir en photo.
– C’est-à-dire ? Moi, j’ai eu l’occasion de le voir.
– Alors il y a un livre, un petit livre très connu sur l’atelier de Francis Bacon, ou beaucoup de photographies ont été prises dont une assez célèbres, où il est assis au milieu de son atelier, il y a peu près, je pense, une couche de dix cm de déchets, de tubes de peinture et ce genre de choses. Et son atelier est je pense, si je dis pas de bêtises, c’était situé à Londres et il a été, après sa mort, récupéré et transféré, si je ne dis toujours pas de bêtises, à Édimbourg mais il faudra peut-être vérifier. Parce que c’est un, c’était un lieu à part, à part entière, enfin en soi. Il faut juste tapé atelier Francis Bacon photographie et ça vous donnera une idée.
– Une idée de ton atelier aussi, d’accord. Bon, tu aimes bien qu’il y ait plein de choses qui t’entourent.
– Oui, ou alors j’aime bien oublier de ranger les choses une fois que je viens de terminer quelque chose.
– Juste dans l’atelier ou partout ailleurs ?
– Non juste dans l’atelier.
– Bon ça va alors. Est-ce que tu veux rajouter quelque chose par rapport à ton métier, par rapport à tes créations ?
– Rajouter quelque chose, non, pas particulièrement. Allez voir et puis voilà.
– Donc on peut voir des vidéos, après t’es sur instagram, t’es pas sur facebook, je crois pas.
– Je suis sur facebook, ben après je j’utilise sans utiliser, je poste mais je ne communique pas particulièrement avec facebook et instagram très rarement. Je poste un peu comme un portfolio.
– Tu fais de l’estampe, tu fais de la sculpture. J’ai vu une sculpture.
– Un tout petit peu. C’est juste un plaisir passager comme ça.
– Tu fais de la photo.
– Oui un petit peu, de la photo argentique surtout, j’aime bien… Ben, c’est un peu la même chose, développer mes photographies, mes pellicules et ce genre de choses.
– Tu aimes bien qu’il y ait un aspect très technique non, dans ce que tu fais ? Parce que pour tes estampes là, c’est pareil, tu utilises un procédé quand même très particulier.
– Mais en fait c’est ce que je te disais, j’adore apprendre la technique. Donc, oui, un jour je me suis dit tiens je peux utiliser la photographie dans mon travail d’estampes, donc ça peut être intéressant de faire les photos, et du coup, je me suis mis à apprendre comment développer moi-même mes pellicules.
– On attend la prochaine transformation de Clément, je ne sais pas ce qu’il va nous sortir. On va voir quoi.
– Du papier espérons.
– Ah oui, du papier, du papier, du papier, Donc, il y en a pas mal qui se remettent à faire du papier, sur les réseaux j’ai vu.
– Ça fait partie de tout un tas d’activités qui sont entre guillemets naturelles, qui ont été un peu oubliées, mais qui sont toujours existantes et qui rapprochent de choses un peu plus, un peu plus vrai.
– Alors je ne te cache pas que moi, j’ai mis des boites d’œufs de côté, j’ai mis un petit cadre de côté avec une genre de moustiquaire pour essayer aussi mais ça fait peut-être un an aussi pour faire du papier je t’avoue, mais j’ai toujours pas commencé. On verra qui commence en premier mais bon toi, je pense que ce sera…
– Je te le souhaite.
– Je pense que toi ce sera un peu mieux fait quoi.
– Bon on verra, on verra si j’y arrive.
– Allez, on comparera. Très bien. Je vais te demander maintenant si il y a un événement que tu, que tu as connu, où tu connais en Haute-Loire que tu trouves remarquable voilà.
– Alors que j’ai connu, que j’ai connu à Lapte, c’était le festival des sept lunes qui a été annulé l’année dernière, enfin, le dernier été. C’est un festival de lectures spectacles. Je l’ai connu parce que ce sont mes parents et Gérard Dufour, qui ont créé ce festival enfin, qui l’ont monté. Et du coup, pendant toute mon adolescence, j’ai aidé ma mère à faire des décors de théâtre, à faire les lumières, ce genre de choses, bénévolement, c’est beaucoup de souvenirs et j’ai été assez triste de voir que ça avait beaucoup changé et que, du coup, ça avait un peu périclité.
– Ça a perdu l’âme que ça avait au départ ?
– D’une certaine manière mais bon, après c’est un peu… L’âme, elle y était, parce que pour moi en tout cas, parce qu’il y avait ma famille. Mais maintenant j’imagine que ça avait une âme pour d’autres personnes.
– Donc on sait pas si l’année prochaine, y’aura un nouveau festival des 7 lunes.
– Je l’espère pour les laptois.
– Moi aussi, parce que, oui, j’en avais déjà parlé dans Salut les Ponots ! de ce festival. Donc, j’espère bien le voir un jour, quoi, et le découvrir, du coup. Est-ce que tu changerais quelque chose en Haute-Loire ?
– Là du coup en y réfléchissant. Oui.
– Ahhh, vas-y dis-moi.
– Parce que je commence à faire découvrir le cinéma à mon petit garçon de quatre ans et j’ai beaucoup de difficulté à trouver des projections régulières de cinéma pour jeunes enfants. Bon, je suis allé à Yssingeaux au cinéma la Grenette, où ils passaient des petits courts-métrages belges un samedi, et j’aurais aimé l’emmener par exemple tous les samedis, et je n’arrive pas à trouver un endroit qui a une diffusion régulière, en fait, de ce genre de choses.
– Ouais ce serait plutôt du cinéma indépendant que tu voudrais pour les enfants ,
– Non pas forcément, mais quelque chose qui puisse être adapté, dans un premier temps, à son âge, à quatre ans. Et puis quand il sera plus grand, des choses plus adaptées, toujours.
– On sait jamais si il y en a qui ont un cinéma qui écoutent, peut-être que… voilà, ça va leur donner une idée.
– Sinon, sinon je me lancerai moi-même.
– Ben voilà, il va créer sa salle de cinéma. Donc, bientôt, les futurs, les parents d’enfants très jeunes- vous allez pouvoir avoir un cinéma spécialisé made in Clément Scarpi. Oui parce qu’on n’a pas donné ton nom d’artiste entièrement, c’est Clément Scarpi.
– Tout à fait, oui c’est ça.
– D’accord. Comment t’as choisi ce nom ?
– Complètement par hasard.
– Ouais ben il est bien, j’aime bien. Avant de passer aux questions sur la Haute-Loire, je vais te demander de refaire le jingle s’il te plaît.
– Le jingle.
Musique jingle
_ Tu crois que tu pourrais faire un truc avec ça, artistiquement ?
– Ça fait un peu penser aux alpages.
– Ouais, on pourrait vendre du chocolat. Mettre le chocolat dans le papier alu, et puis voilà. Allez des questions sur la Haute-Loire. On va voir si tu la connais bien. Du coup, Yssingeaux, le Puy ou Brioude ?
– Le puy.
– Ouais, pourquoi ?
– Euh parce que je trouve que c’est une belle ville en fait, qui est assez vivante. Puis y’a des belles choses à y voir. Aller au musée Crozatier, ça vaut vraiment la peine. À Yssingeaux, c’est un peu plus, un peu plus calme, entre guillemets.
– La voie verte qui s’appelle la via Velay, apparemment, je savais pas ou la via fluvia ?
– Euh, c’est pas la même chose ?
– Non, la voie verte, la via Velay, c’est celle qui va plutôt sur Landos, donc du Puy tu vois Landos, et l’autre, elle va plutôt sur le Rhône. Elle passe par là, là, pas très loin. Là, la voie fluvia.
– Ok ben moi je l’appelle la voie verte…
– Mais oui, elle s’appelle aussi la voie verte.
– Ben du coup, la voix fluvia.
– Elle est plus grande, je crois qu’elle fait cent vingt kms. La voie fluvia fait deux départements. Tandis que l’autre fait soixante dix kms à peu près.
– Elle passe à côté de chez moi, donc…
– Voilà, elle passe à côté de chez toi. Alors tu passerais plutôt une journée détente sur les bords du barrage de Lavalette ou à bord du Velay Express ?
– Oh non, sur les bords du barrage de Lavalette, oui.
– Tu te baignes où tu pêches ?
– Je me baigne, mais dans le lignon, plus haut que dans le barrage ouais, beaucoup.
– Tu pêches ou pas ?
– Non, quand j’étais jeune, plus jeune, oui un jour j’y emmènerai mon fils. J’espère.
– C’est important de faire découvrir voilà ce que tu as vécu à ton fils ici, et puis de lui apprendre des gestes.
– Oui, ben oui, enfin on est un peu revenu ici pour pour ça, en fait, pour lui offrir un cadre de vie autre que des, que des immeubles, tout simplement.
– Artisou ou verveine ?
– Artisou.
– Ouais.
– Oui oui, définitivement. Je préfère le fromage.
– La tourbière du mont Bar, qui est unique en Europe. C’est le seul volcan strombolien qui ait une tourbière en son centre, où aussi quelque chose d’assez rare les gazons amphibies du lac du Malaguet vers la Chaise-Dieu.
– Très bonne question, je ne connais ni l’un ni l’autre, mais le premier.
– Le mont Bar. Alors, ouais, c’est un volcan. Il est, c’est à Allègre, tu vois, donc ils sont tous les deux pas très loin, mais où tu as donc en son centre une tourbière.
– Ok.
– C’est assez unique pour un volcan. Et puis, Malaguet c’est le lac qui a des gazons, quoi, des plantes aquatiques qui sont aussi très rares.
– Des gazons d’accord, non, je ne connaissais pas.
– T’essaie de lire mais t’as vu, j’écris tellement mal que tu peux pas de toute façon me relire donc c’est bon. Le sentier des Chibottes à Vals-près-le-Puy, où le sentier des gorges du Bilhard à Monistrol-sur-Loire ?
– Monistrol-sur-Loire.
– Je les ai jamais fait, il paraît que c’est super beau.
– Moi non plus.
– Mais c’est en plein centre-ville en fait.
– Ok, d’accord, mais c’est l’occasion de découvrir et d’aller faire quelque chose, une belle balade, sûrement.
– Gorges du Bilhard, oui, tu as une heure et demie de balade, je crois. Un lieu où tu aimerais exposer en Haute-Loire. Ça peut être un site naturel, ou alors une salle ou un cinéma, j’en sais rien.
– Bonne question. Un lieu qui serait… Ouais.
– Profites en, demande.
– Oui évidemment, avec plaisir mais… Non, j’ai pas de lieux comme ça. Peut être au lac bleu. C’est un bel endroit, tout simplement. Donc faire une exposition, ça pourrait être assez chouette.
– Ouais en plein air.
– Ouais en plein air ça devrait être un bel endroit. Mais je pense que ce serait juste pour la beauté du lieu que je choisirais cet endroit ouais.
– Ouais mais bon, ça mettra en valeur tes créations, ou tes créations mettront en valeur l’endroit quoi. Ça rajoutera quelque chose. Est-ce que tu as une expression à toi ou à quelqu’un. ?
– Alors c’est pas à moi. J’ai réfléchi et j’ai retrouvé le mot babet, que j’aime bien, que je trouve assez, assez chaleureux et assez doux, parce que ma grand-mère m’appelait comme ça quand j’étais petit. Elle m’appelait son petit babet, voilà.
– Et après babet pour ceux qui ne connaissent pas, tu peux expliquer ce que c’est ?
– Tout simplement la pomme de pin. C’est la manière dont on appelle la pomme de pin ici.
– Je te remercie Clément, merci pour ton accueil chez toi. Et puis, je verrai peut être pas ton atelier mais je regarderai celui de Francis Bacon en photo.
– En plus c’est vraiment, c’est vraiment le bazar en ce moment, les travaux, ce genre de choses. Non, ça restera secret cette fois-ci.
– Ça marche. Merci beaucoup Clément, à bientôt ! Ciao ciao !
– Merci à toi.
Temps d’écoute : 27’09 minutes
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Coups de coeur de notre invité
- commerçant :
Sāba Torréfaction
5 rue du Velay, 43290 Saint-Bonnet-le-Froid
04 71 56 10 54
https://saba.bio/
https://www.facebook.com/sabatorrefaction
https://www.instagram.com/sabatorrefaction/ - restaurant :
La Passerelle
54 Rue de la Fayette, 43200 Grazac
04 71 59 63 46
https://lapasserellegrazac.com/
https://www.instagram.com/lapasserellegrazac/ - bar :
bar Le Marigny
4 Pl. de L Hôtel de ville, 43190 Tence
06 63 01 31 51 - association :
le TEC
1 Rue du Collège, 43190 Tence
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