Temps d’écoute : 57’30 minutes
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– Salut les Ponots !, le podcast itinérant et léger qui donne la parole aux personnes qui habitent ou gravitent autour du Puy. Aujourd’hui, je suis un peu comme une gamine face à mes deux invités, parce que j’ai l’immense plaisir de les rencontrer enfin pour la première fois. J’espère que vous prendrez autant de plaisir à les découvrir ou à les redécouvrir. Et donc, je suis avec Tank et Popek. Comment allez-vous ?
T – Bah, ça va très bien.
P – Très bien.
– Bon, super. On va commencer par Tank, je vais demander à Tank si tu peux présenter Popek, tu vois, on va faire l’inverse. Qu’est-ce que tu pourrais dire de lui ?
T – Ouh, là, c’est un graffeur de base. Il aime bien travailler autour de la lettre. Depuis plusieurs années maintenant, il travaille autour du matériau carton parce qu’il a toujours aimé récupérer plein de matériaux et fabriquer des choses avec. Donc c’est venu un peu comme ça. Et puis voilà, on travaille ensemble depuis pas mal d’années.
– Merci. Popek, qu’est-ce tu peux dire sur Tank ?
P – Donc, qu’est-ce que je peux dire sur Tank ? Ben c’est une artiste aussi, issue plutôt du l’univers du dessin qui est venue, ben, au graffiti, aux fresques murales, un peu sous mon, ma légère influence, voilà. Et donc maintenant, elle gravite entre dessins, illustrations et fresques murales, mais aussi, au travers de ce que je fais là, les sculptures et les installations. Elle fait aussi, elle chapeaute un peu la création des œuvres en volume aussi. Voilà.
T – C’est un travail à quatre mains, enfin à deux cerveaux, à peu près.
(rires)
Et à quatre mains, on va dire ça comme ça.
P – un cerveau et demi et quatre mains.
– Merci beaucoup pour cette présentation et je vais tout de suite vous demander si vous avez une anecdote. Qui est-ce qui a une petite anecdote ? Ah j’ai Popek qui fait des grands signes. Non, pas moi, surtout pas moi.
T – Non, en plus, on en avait discuter ensemble. Nous l’anecdote, c’est que… Parce que nous tous les deux, en fait, on est altiligériens de naissance et on a quitté assez rapidement la Haute-Loire, puisque… Ben, il se passait pas forcément grand-chose pour les études, et puis pour le travail. Et puis, c’est vrai que la petite anecdote que nous, on s’était dit ensemble, c’est vrai que comme on a vécu quand même quinze ans à Lyon, eh bien, c’est assez systématique, quand on rencontre un lyonnais, la première chose qu’il nous demande, c’est ah mais ça vient d’où cet accent ?
Alors que nous, on était persuadé de ne pas avoir d’accent. Voilà donc, on est toujours obligé de leur expliquer ben oui, on vient de Haute-Loire, personne ne sait où c’est la Haute-Loire. Et donc, ça a toujours un peu comme ça, la Haute-Loire est toujours du coup, dans le début des conversations, quand on rencontre des nouvelles personnes.
P – Certaines personnes savent où est la Haute-Loire, mais certains veulent la placer à des endroits improbables, genre les châteaux de la Loire, par exemple. Ou, presque en Loire-Atlantique, quoi. Enfin, du coup, c’est assez drôle à chaque fois, c’est peu connu.
– Et du coup, quand vous voulez leur faire trois bises, enfin, vous faites peut être pas trois bises mais alors là c’est catastrophique non ?
P – Non, non, trois bises, c’est foutu. Mais du coup, comment on navigue entre Lyon et ici, c’est souvent, quand je me réhabitue aux trois bises ici, je retourne à Lyon et vice versa et chaque fois je suis toujours à contretemps quoi voilà, ça ne marche pas.
T – Mais alors, étrangement, quand on descend plus dans le sud, et bien c’est que là il y a plus de problème. Personne nous demande d’où vient l’accent, etc. Donc c’est vraiment une question qui est très, très lyonnaise.
– Oui, je pense parce que j’avais pas vu que vous aviez un accent, enfin j’avais pas entendu.
T – Ouais voilà ben tu vois. On n’en a pas vraiment en fait.
P – Si en vrai, il est léger, mais bien sûr, ici, on le remarque pas bien sûr.
T – Mais ça intrigue voilà.
P – C’est sur certaine intonations ou… Voilà.
T – Et c’est toujours… La semaine dernière, on était à Bourgoin-Jallieu tu vois, on été invité à participer à un festival d’art urbain. Et alors tout le monde nous l’a demandé. Oh mais c’est quoi cet accent ? C’est marrant.
– Ils sont bizarres par là-bas. Cherche pas, c’est pas nous, mais c’est eux ! Jingle, premier jingle. Qui est-ce qu’il veut commencer ? Popek ?
P – Allez !
– Allez !
Musique jingle
C’est tout ?
P – Ah, faut encore ?
Musique jingle
On l’arrête plus ! Merci Popek. On va passer au confessionnal. Je vais vous poser plein de questions, parce que j’en ai plein. On commence par Tank alors, si j’ai compris, oui ? Bon Tank.
P – On peut alterné aussi.
– Ouais on alternera de toute façon, on va faire l’un et l’autre, on va alterner. Tank, encre de chine ou spray ?
T – Encre de chine quand même, ouais, j’aime bien l’encre de chine.
– C’est plus ta matière première on va dire que le spray.
T – Ouais, j’ai un truc avec l’encre de chine on va dire. Après spray, en plus spray, on ne l’utilise plus trop maintenant, c’est plus acrylique donc… Mais non, les deux sont cool en vrai. C’est hyper différent, mais encre de chine ce que j’aime, c’est que t’as… C’est la ligne quoi. Tu vois, c’est là où tu jettes ton dessin donc… Souvent la spray ou la peinture ça va être, tu vas reproduire ton dessin, mais au départ, il y a toujours un dessin qui est fait à l’encre de chine, la plupart du temps.
– D’accord donc, ça répond à une autre question que je voulais te poser plus tard mais donc voilà, très bien. Pour toi Popek, bois, papier ou carton ?
P – Ça dépend pourquoi, mais oui, pour le travail artistiquement, c’est carton clairement. J’ai une affinité, je ne sais pas pourquoi, avec ce matériau. J’en n’arrive pas à en avoir avec le plastique, qui serait un matériau qu’on récupérerait facilement dans les poubelles ou autre, ou même par les chutes de l’industrie. J’ai eu fait quelques petites choses avec mais j’y arrive pas en fait, je n’ai pas d’affinité. Mais le carton ouais, toujours. C’est à la fois facile à découper, à la fois rigide, à la fois solide une fois qu’on construit avec. Voilà, je trouve qu’il a tout pour plaire. Il est léger, il se trouve partout. Donc, ça reste le carton après le bois, c’est bien pour quand on veut construire plus gros, voilà.
– Tank, femme, renard, ou la botryche alors je sais pas si on dit botrytche, tu vois, je mets un petit accent, lunaire ?
T – Oui alors la botryche lunaire. C’est une plante, voilà. C’est une plante que j’ai peinte en Haute-Savoie. Voilà, j’aimais bien le nom en plus de ça quand je l’ai dessiné. Non, oui, tout en fait, parce que c’est des éléments qu’on… En fait à chaque fois qu’on a une demande, nous, ce qu’on aime bien, c’est toujours proposer une œuvre en rapport avec la faune et la flore locale, c’est-à-dire de l’endroit où on va implanter la fresque, parce qu’on aime bien aussi qu’il y ait une interaction avec le paysage ou l’environnement urbain où est la fresque, en termes de couleurs et aussi en termes de sujet. Et donc effectivement, ça nous amène des fois à trouver des espèces dont on n’avait pas entendu parler. On aime bien le faire et le dire ensuite, après, parce que c’est aussi une manière, malgré tout, de sensibiliser de… Ben au vivant qui nous entoure et que, la plupart du temps, on connaît pas forcément, on connait pas les noms, on connais pas… Donc, voilà.
– Et j’ai vu que tu dessinais beaucoup de femmes, mais j’ai rarement vu d’hommes.
T – Non, c’est vrai, c’est, c’est assez rare. Mais alors ça, je sais, je ne peux pas te répondre, je ne sais pas pourquoi.
– Mais c’est une question que je me posais, comme ça , tiens je vois toujours des femmes… Popek loup, ours ou crocodile ?
P – Ah, crocodile. Ça c’est sûr. C’est plus, plus incisif, je sais pas, mais j’aime bien les loups, les ours. Mais les reptiles, ça me plaît.
– T’as fait dentiste aussi pour un crocodile ?
P – Ouais. C’est vrai, c’est vrai, c’est vrai. Non, les crocodiles, ça, ça me parle. Les reptiles en général, en tout cas en construction, en volume, et je trouve que, au niveau, le matériau retranscrit bien, peu bien, retranscrire les écailles ou les arêtes un peu plus saillantes d’un reptile que le pelage en fait, donc, euh, donc voilà, mais j’aime bien tous les animaux en général, quand même.
– Pour faire des écailles. Oui, c’est plus facile de faire des détails.
P – Oui voilà aussi, ça me plaît plus.
– Tank, Lyon ou le Puy-en-Velay ?
T – Ben… Le Puy.
(rires)
On est chauvin. Non, après le Puy, nous, ça fait un an qu’on vient de se réinstaller dans la région, donc on a pas encore refait le tour de toute la ville du Puy. Moi le Puy, je trouve ça hyper beau. Lyon aussi c’est beau, mais mais voilà, je suis très, je suis attachée à la ville du Puy ouais. Et notamment la petite église de Saint-Michel à Aiguilhe.
– Popek, Marseille ou Annecy ?
P – Ah ben alors là, ça a rien à voir. Entre l’une et l’autre, mais alors à choisir Marseille quand même. C’est plus punk quoi. C’est plus…
– Plus de folie.
P – Ouais, c’est un peu plus fou. Il y a moins de cadres. Mais bon, un peu plus crade aussi, légèrement.
– Non, on a des rats qui sont super sympas là-bas, tu sais écologiquement, c’est très important les rats, et ça on minimise leur… Leur pouvoir.
P – C’est ça. Donc, oui, plutôt Marseille quand même mais même si Annecy c’est cool aussi, on a exposé plusieurs fois, je vais pas dire du mal de Annecy, mais voilà, il y a plus d’ambiance à Marseille quand même.
– Je suis contente que t’ai dit ça. Je voulais te poser cette question sketching ou colorer ? Du coup, t’es plus sur les traits.
T – J’aime bien le noir et blanc ouais. Oui, parce que, euh, encore que, ceci dit, depuis quelques temps, j’essaye beaucoup de travailler la couleur. Mais oui, j’aime bien en fait la puissance de la ligne en fait. Enfin, c’est compliqué à expliquer, mais je… Tout se passe dans le trait, quoi, dans le dessin. C’est en tout cas, c’est moi, c’est ça qui m’intéresse à travailler. Après pour la fresque on est obligé par en passer beaucoup par un travail de couleur. Donc, je me suis un peu forcée à travailler autour de ça. Donc, maintenant, il y a aussi couleur.
– C’est vrai, vous avez des couleurs qui sont assez punchy comme le vert acide, par exemple, qui sont assez chouettes, c’est très coloré, ce que vous faites. Sauf quand on fait des fois des sculptures en carton, où elle reste…
P – Reste sobriété.
– Sobriété ouais. Pour toi, wild style ou top to bottom ?
P – Ah, ça varie selon les saisons. J’ai eu été très wild style, mais bon, je ne sais pas si je suis toujours… Si, je reste quand même un peu sauvage dans mon approche dans tous les cas, mais j’aime bien quand même faire de tout, de bas en haut et de droite à gauche. Enfin, j’aime bien aussi m’étendre. Donc, je crois que les deux en fait. Tout, la totale.
– Ok. Tu prends tout, t’as raison. Il est gourmand. Pour toi Tank, légende urbaine ou poésie ?
T – Il y a toujours de la poésie dans les légendes urbaines, dans tous les cas.
– Les deux ?
T – Oui, les deux, ouais ouais.
– Rap ou punk ?
P – Plus jeune, j’aurais répondu à coup sûr punk. Puis, après, le graffiti m’a amené et les copains m’ont amené, à découvrir le hip-hop et le rap, bien sûr. Donc, mon cœur balance. Dans ces deux musiques, ce que j’aime, c’est qu’elles sont engagées les deux. Voilà, à leur façon. Donc, rap, oui, engagé. Sinon c’est de la variété française voilà. Et le punk c’est pareil voilà. Après, maintenant, j’ai tendance à écouter un peu plus de rap. Je me suis… Oh ça dépend, ça dépend des moments, mais les deux, les deux, clairement, mais engagés en tout cas, pas de variété, quoi.
– On invitera pas Michel Sardou alors. Explorer ou maîtriser ?
T – Oulà… Non, les explorer, c’est bien. C’est compliqué à explorer parce que il faut sortir de sa zone de confort. Donc c’est très compliqué, mais explorer, je pense que c’est assez intéressant d’explorer. Après maîtriser, c’est bien aussi parce que au bout d’un moment faut arriver à avoir une approche complète de son outil, quoi. Mais bon, la maîtrise, à un moment donné, tu ne l’as jamais vraiment, enfin, je veux dire, c’est toute ta vie quoi donc…
– Puis, ça démarre peut-être par l’exploration aussi.
T – Ben oui, forcément ouais, tout à fait ouais.
– Alors Popek toyer ou biter ? J’espère que je prononce comme il faut.
P – Tu veux dire toyer ou…
– Toyer pardon ! C’était avec l’accent, tu sais, de Haute-Loire.
P – L’autre mot ?
– Biter. Alors soit toyer, donc repasser sur le graff de quelqu’un, ou biter, copier son style ?
P – Alors ni l’un ni l’autre clairement.
– Ah ben oui, j’espérais que tu me dises ça.
P – Voilà bon, alors, on a tous été un toy un jour dans le graffiti. Voilà alors, repasser les autres, c’est pas bien. Non, aucun des deux oui, clairement après… Après, bon, on a toujours le droit à l’erreur. Faut commencer par quelque part et puis apprendre les codes quoi, bien sûr.
– Oui parce que tu peux toyer quelqu’un, alors, soi-disant, si le graffeur est à un niveau plus élevé, c’est ça ?
P – Cette histoire pour repasser, pfff. C’est très complexe. Avec le street art qui arrivait, tous les codes se sont un peu chamboulés aussi. Parce qu’en fait, il y a les codes près propres au graffiti et à expliquer, ils sont… Si on n’est pas initié, si on n’est pas dedans, c’est un peu dur de le synthétiser. Après y’a aussi, on peut toyer aussi, parce qu’on a des soucis avec les autres gens. Donc, c’est une sorte de…
– Vengeance ?
P – Voilà, une sorte de petite guerre, voilà. C’est le jeu du chat et la souris, et puis voilà, c’est… Chacun repose le… Mais là c’est quand on est en conflit direct avec la personne. Après, voilà, ça peut arriver de repasser, voilà le tout c’est de le faire dans le respect. Si on arrive sur des murs d’expression, des friches, des choses comme ça, on repasse en respectant la personne, c’est-à-dire qu’on recouvre son boulot entièrement pour faire quelque chose de travaillé. Si c’est juste pour faire un truc en dix minutes… On n’a pas le droit de le faire. Mais on va sur la voie ferrée ou le bord de l’autoroute, quoi c’est… Voilà. On n’a pas le droit, mais si c’est pour faire un truc vite fait quoi… Sinon on laisse le travail des autres, quoi. Mais bon.
– Tank, je vais te donner plusieurs installations, expositions. Sauvages donc, en deux mille quinze, on avait l’Île Flottante en deux mille dix huit, ou les Cinq Citadelles en deux mille vingt et un.
T – Ben je prends l’Archipel des Cinq Citadelles. Parce que, parce que c’était un super projet, qui d’ailleurs est toujours en exposition. Qui a fait le tour du monde, qui a été à Paris, qui a été à Londres, à New York, et qui était à Taïwan, à Milan, voilà. Et donc c’était hyper chouette et c’est une installation qu’on a fait, on a fabriqué des… On a raconté une histoire autour des cœlacanthes donc c’est des poissons fossiles, l’histoire des poissons fossiles. On a fabriqué donc du coup des poissons en carton, avec des cartons qu’on a récupéré dans le quartier du septième à Lyon, là où il y avait notre atelier. Donc on trouvait ça assez rigolo que ces petits cartons des poubelles ont fait le tour du monde. Enfin bon voilà. Non, et en tous les cas, c’était vachement bien, parce que c’était un, c’est une exposition qui est hyper immersive. On est au milieux de tout un tas d’artistes talentueux. Donc, c’est hyper chouette. Et en plus, ça a permis de, en plus de la sculpture, moi, j’ai développé un petit carnet, le carnet de bord du capitaine. Faut aller voir sur notre site, parce que, à quoi ça ressemble, etc. Donc, je me suis amusé aussi à faire toute une histoire et à faire un récit et tout un tas de dessins autour de ça. Donc voilà, c’est un projet moi qui m’a beaucoup tenu à cœur.
– Très complet.
T – Ouais, exactement.
– Popek, Kapital, Saveur Bitume ou Calq ?
P – Clairement. Alors, bon, je précise pour les gens qui ne savent peut-être pas, mais c’est des bouquins pour… et un magazine pour… Moi, clairement, c’est Kapital puisque c’est le bouquin de référence graffiti. Un des premiers, premiers gros bouquin, du moins français, sur le graffiti en région parisienne qui a été édité dans les débuts des années deux mille et si je n’avais pas eu ce bouquin entre les mains, je n’aurais jamais commencé le graffiti, je pense. C’est un copain de l’époque, un copain de classe, quand j’étais en seconde, qui l’avait. Voilà, c’était compliqué à l’avoir. En plus, ils l’ont réédité un paquet de fois, parce que il y a eu un succès phénoménal, et de ma génération en tout cas, ceux qui ont commencé début des années deux mille, c’est une référence. Donc, oui, Kapital c’est, c’est, c’est important, en plus c’est un bouquin qui a été rédigé par Seth, ch’ai pas , enfin, Julien Malland qui est, voilà, un artiste, maintenant urbain, reconnu. Donc, du coup, voilà, il a vraiment une influence, enfin, en tout cas voilà, c’est ce qui m’a lancé dans… Je ne sais pas si je serai artiste, vu le parcours scolaire après que j’ai eu, je ne sais pas si je serais resté dans le monde artistique sans le graffiti, quoi donc voilà. Donc, c’est important.
– Duo ou duel ?
T – Ah les deux, duo duel. C’est bien trouvé quand même duo duel.
– Je vous pique vos mots vous avez vu ? Vandales ou sauvages ?
P – Ben, on vieillit donc de moins en moins vandales. J’espère toujours sauvages mais… Ouais.
– Alors deux poèmes Demain, dès l’aube de Victor Hugo ou Paysages de Baudelaire.
T – C’est compliqué parce que Demain, dès l’aube, j’adore ce poème et Baudelaire, c’est mon poète préféré. J’adore Baudelaire. J’adore les Fleurs du mal. Donc quand même, je voterai pour Baudelaire. C’est mon coup de cœur. Non, les Fleurs du mal, j’ai lu au lycée et ça a été une révélation, enfin c’est… faut le lire et… Bon après, enfin, moi en tout cas, ça a beaucoup touché et c’est un truc qui me suit. Et puis, c’est vrai que nous, dans nos créations, on aime bien relier, soit quand je fais une illustration, soit quand on fait des fresques, soit quand on fait des projets pour des expositions, de toujours lier avec une référence littéraire, et notamment souvent de la poésie, parce que on a quand même la chance d’avoir une culture littéraire assez riche en France, c’est vrai et donc autant en profiter et je trouve que y’a pas assez de poésie. Enfin, c’est bien quoi la poésie, enfin… Ouais, mettons de la poésie dans ce monde.
– Vous en mettez dans vos œuvres. Elles racontent toutes une histoire. Vous êtes des conteurs. Donc, enfin moi, je prends beaucoup de plaisir à les voir, et puis à un fouiller un petit peu voilà tout ce que, notamment un beau poème que tu as écrit, c’est toi qui la écrit ou vous l’avez écrit ensemble de l’Odyssée de la grande ourse ?
T – Ah oui c’est moi.
– Et tu sais ce que tu peux nous en dire une petite phrase, quelque chose comme ça s’il te plaît ?
T- Faut que je m’en rappelle.
– Attends, je pose la question à Popek, tu t’en rappelles, et puis tu nous dis après d’accord ? Alors, deux punchlines, Tout part toujours dans les flots ou Madness is the only freedom ?
P – Ah, ça aussi, ça dépend des moments, mais en ce moment, je suis plutôt tout part toujours dans les flots, clairement. Mais oui, c’est, c’est difficile. Mais tout part toujours dans les flots, toujours.
– Dis-moi tank. Toujours pas ? tout à l’heure ?
T – Je me rappelle plus, mais en tout cas, je voulais faire un poème et je voulais faire des alexandrins, et j’en ai parlé autour de moi et on s’est un peu moqué de moi en disant ohlala, mais des alexandrins, n’importe quoi.
– C’était à l’époque de Louis XIV.
T – Du coup je l’ai fait. Et non, je voulais raconter l’histoire… C’était une exposition qu’on avait fait dans l’espace public à Paris, sur un socle, en fait juste derrière le centre Pompidou. On a raconté l’histoire de la constellation de la grande ourse qui est tombée par terre. Et voilà qu’est ce que, à quoi elle ressemble, qu’est ce qu’elle fait, où elle va, machin… On a construit du coup, une grande ourse sur une barque avec un petit récit autour. Et oui, j’avais rédigé ce poème avec l’histoire de l’odyssée de la grande ourse. C’était assez cool, parce que pour le vernissage de l’exposition, il y a quelqu’un dont c’est le métier, ch’ai pas comment on appelle… Mais qui a déclamé en fait le poème en français, en anglais et en espagnol. Et c’était hyper chouette. Donc peut-être une prochaine fois. Ouais, peut être, je vais réitérer.
– Ça marche. Et puis on le trouve sur ton site. Et j’ai une autre question plus ouverte. Popek d’où vient cette passion pour les haches, surtout quand on n’aime pas couper les arbres ?
P – Ouais ch’ai pas, c’est ça. Alors, c’est une sacrée question qu’on m’a jamais posé, ça ?
– Et oui !
P – Et oui, quand même.
– Fallait que j’en trouve une quand même.
P – Oui, oui Alors pourquoi les haches ? Je ne sais pas, je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas, c’est marrant, c’est vrai, ce fétichisme un peu bizarre là. Non, c’est… Oui, mais c’est vrai qu’après j’aime bien l’objet. Mais oui, effectivement, s’en servir sur un arbre vivant, j’aurais du mal. Mais bon ;;; Ch’ai pas, j’aime le mélange entre ‘acier et le bois, j’aime la forme, la tenue en main, je ne sais pas le côté à la fois très affûté, voilà.
– Très sauvage.
P – Oui tès aussi, peut-être un peu vikings voilà, un peu, un peu guerrier à la fois, mi bûcheron, mi guerrier. Un viking canadien là, je ne sais pas. Un mix des deux. Ch’ai pas, c’est un objet que je trouve sympa, j’aime bien. Et puis, le côté… Je m’étais intéressé à la forge à un moment donné, au côté forgeron et tout. Donc, je trouvais que c’était un truc chouette. Il y avait un travail et du bois et de l’acier qui me plaisait.
– Je voulais te demander. J’ai eu ma réponse tout à l’heure, mais le point de croix, t’en et ou toi ?
T – Ah oui ! Le point de croix, on l’a fait une fois. On ne l’a pas forcément continué. C’est bien le point de croix, mais c’est bien quand on as du temps, voilà. Après moi, j’aimerais bien développer… Là, quand on est revenu dans le coin, je me suis rendu compte que il y a tout un tas d’artisans, ou de filières très intéressantes, notamment par exemple à Saugues, où ils font de la laine, où ils font aussi des ateliers de tissage, j’ai vu, en tout cas, je trouve ça… Voilà, moi, j’aimerais bien aussi monter des projets avec d’autres corps de métier ou avec d’autres matériaux locaux d’ailleurs, pour le coup. Voilà, bon, c’est vraiment, mais ça me fait penser à ça, puisque je trouve ça hyper cool, comme le tissu quoi, le travail du tissage, le fil, enfin, il y a plein de dérivés possibles. Donc je trouve ça intéressant.
– On doit voir ça dans la besace de Salut les Ponots !, on te fera rencontrer des personnes. Là, on va parler du Puy, de la Haute-Loire. Est-ce que vous avez des petits coups de cœur, en tant que commerçant, ça peut être autour de chez vous puisque là vous m’inviter à votre atelier. Comment, on commence par les commerçants, est-ce que vous avez un petit commerçant, un commerçant petit ou grand coup de cœur ?
T – Ben après, nous en petit commerçant. Nous, on aime bien aller… Je ne sais même pas comment il s’appelle le caviste à Langeac. Je ne sais pas comment il s’appelle.
P – Un tout petit caviste ouais. Arômes et Vins.
T – Voilà, Arômes et Vins. Allez-y. Il est ouvert deux jours par semaine mais il a une bonne sélection et il est très sympa. On y va régulièrement.
(rires)
P -…
– De quoi ?
P – Non, on boit avec… Buvez avec modération. Voilà.
– Oui voilà. Qu’est-ce que, Popek, tu nous conseilles là-bas ? Il y a un rhum ou un vin?
P – Alors, moi, je suis plus bière, mais alors ici, alors je devrais pas dire ça, mais je n’ai pas encore trouvé exactement ce que je voulais niveau niveau bière ici. Après rhum, forcément de Martinique, ça c’est, ça, je n’ai pas le droit de dire autre chose, sinon je vais me faire engueuler. Donc rhum de Martinique mais après, j’ai pas de marque en particulier. J’ai pas de… Faut faire ses expériences, trouver ses goûts à soi quoi.
– C’est toi Tank pour le rhum ?
T – Moi, je me suis mise au vin, mais enfin, ça fait pas si longtemps que ça que j’aime bien boire l’alcool, parce que j’en buvais pas du tout avant. Mais non, par exemple, la dernière fois, il nous a conseillé à un petit vin de Lavoûte-Chilhac qui était très bon, ma foi, très fruité, donc… Euh donc, voilà.
– Super, et vous mangez de temps en temps, vous allez au restaurant ?
P – Ici, ça fait un bon moment que ça ne nous est pas arrivé. Alors si mais c’est plus petit peu plat du jour, etc. Là, il y a, à Langeac, il y a Fläder, c’est une sorte de on va dire, comment peut, salon de thé, restaurant un peu. Ouais, c’est pas mauvais, c’est frais, de saison. Voilà, ça va très bien. Alors, ça fait un moment qu’on veut aller au Trèfle à Quatre Feuilles, c’est ça, à Langeac, qu’on nous y attend d’ailleurs, voilà, les cuistots nous y attendent et on y a toujours pas été. Mais tout le monde nous dit que c’est génial, mais faut réserver. Nous, on n’a pas l’habitude. On vient d’une grande ville où ça nous prenait comme l’envie de voilà, l’envie d’aller au restos, comme ça, d’un coup. Donc, on n’a pas cette habitude de réserver une semaine, dix jours avant. Donc, ça, c’est compliqué pour nous, mais va falloir qu’on se force à le faire. Parce que sinon, nous, on était du genre, ben voilà, il est dix neuf heures trente, vingt heures, on a faim, la flemme, envie d’aller manger avec des potes, et ben voilà Lyon, ça ouvre cette possibilité, ici, à Langeac, un peu moins, au Puy c’est compliqué aussi, il faut réserver. Ce que j’ai compris, c’est une ou deux fois on a essayé et c’était un peu compliqué. Donc c’est pas encore, on n’est pas encore revenu dans cet esprit là quoi. Donc ça va revenir, ça fait qu’un an, on est, on est, comment dire…
– En rodage.
P – On est en rodage. Voilà, on n’a pas encore fait les cent mille kilomètres quoi, ça va venir.
T – Mais on va tester parce que nous on aime bien manger, on aime bien tester les établissements.
– Où est-ce que vous sortez pour boire un verre ?
T – Alors, pour boire un verre, nous on descend souvent à Langeac, parce que c’est vraiment pas très loin de notre atelier, parce que sinon il y a rien, enfin, je veux dire on est dans un village tellement petit qu’il y a rien. Y’a un petit café associatif, Café Grenouille. On aime bien y aller, parce que c’est sympa, mais après, non, on n’a pas de truc particulier. On va là où il y a des gens sympas.
– Où il y a de la lumière.
T – Voilà, exactement.
– Où il y a quelque chose à boire, c’est mieux, pas que de la tisane ou de la chicorée quoi. Une petite association, alors au Puy ou en Haute-Loire ? Tank ?
T – Alors c’est pas vraiment une association, mais en tous les cas, le week-end dernier, on a été, on a été visiter le musée de paléontologie à Chilhac. C’est un tout petit truc, mais c’est hyper intéressant. Et je crois que je crois que c’est la ville en fait qui gère ce musée. Et dedans il y a des squelettes de mastodontes.
– Ah ouais ?
T – Et c’est des trucs hyper rares. Parce que, à Chilhac, c’était la jonction entre les mastodontes et les mammouths. Voilà. Donc, je ne sais pas si ça rentre dans les associations. Mais en tout cas, je trouve que c’est un truc euh inattendu que j’ai trouvé. C’est cool.
– Bon on verra, on le fera rentrer dans une association. On demandera à la mairie de créer une association pour qu’on puisse les mettre dans l’annuaire de Salut les Ponots !, ben ouais attends.
P – Ben oui.
– Artiste. Bon ben, on va parler un petit peu de vous. Est-ce que vous avez un autre artiste à présenter ou on parle direct de vous ?
P – D’autres artistes locaux ou…
– Ouais, Haute-Loire, Puy-en-Velay.
T – Alors non, après, en terme d’artistes locaux, nous, tout récemment, on a mis en place ce qu’on appelle des créapéros, donc c’est des rencontres, justement, on aimerait bien rassembler un peu les acteurs culturels locaux. Que ce soit enfin, notamment dans les arts visuels, parce que nous, enfin, on est là-dedans. Dans tous les cas, on a un peu élargi, ça peut être aussi musicien. Voilà, ça peut t’aider élargi, mais en tout cas, on a déjà fait deux rendez-vous au Café Grenouille à Langeac et, justement, il y a plein d’artistes locaux, soient professionnels ou soient amateurs aussi, ou soient retraités aussi, et en tous les cas, c’est assez intéressant de discuter et de voir les parcours. Et c’était aussi l’occasion de… Nous ce qu’on voulait, c’était aussi de partager les projets sur lesquels chacun travaille, et voilà, de se donner des tuyaux et machin, donc voilà.
– Ah c’est génial ça, c’est une super initiative.
T – Donc, euh, peut-être, peut-être un jour ça va un peu essaimer, peut-être au Puy, je ne sais pas, on va voir pour l’instant on est qu’au début du truc. Mais on trouvait ça bien parce que, parce que, en fait, il y a eu un bon accueil, en fait, parce qu’en fait il y a pas vraiment de lieux où les gens peuvent se retrouver. Donc c’était assez intéressant.
– Non, c’est bien pour se rencontrer et échanger, peut-être collaborer sur différents…
T – Ouais c’est ça.
– Voilà, préparer des festivals…
P – Oui.
– Bon, on parle de vous ? Vous êtes des pirates picturaux, toujours, ou pas ?
T – Ah ben oui oui, tout le temps.
– Vous raconter toujours des histoires et elles ont… Je sais pas si on peut dire… Est-ce que vous… Parfois, certains disent non, je ne fais pas passer de message, mais vous, clairement, vous faites passer, vous revendiquez quelque chose, je me trompe ?
P – Ben, en fait je ne sais pas si on revendique. Juste on est comme on est, forcément nos idées ou nos valeurs, en tout cas ou nos ambitions en tout cas, transparaissent dans notre récit quoi, du coup, on a quand même une démarche écologique engagée quand même un petit peu, même c’est modeste, je veux dire, on va pas changer le monde, malheureusement. Mais en tout cas, forcément, on l’est dans la vie. Donc donc, bah, comme notre art, c’est une partie de nous, ben ça le transpire quoi, voilà, c’est obligé. Après, on n’a pas envie de marteler quelque chose. Juste, c’est d’abord ludique, c’est d’abord, c’est d’abord entre guillemets beau quoi voilà. Et après, les gens si ils veulent creuser plus loin que l’image, que le visuel est ben, en tout cas, c’est jamais là par hasard. C’est toujours… Il y a toujours une raison, il y a toujours une histoire et il y a toujours un petit message caché quoi, plus ou moins caché. Après des fois il est peut-être plus…
– On peut l’interpréter après…
P – Voilà, mais on n’est pas là pour faire de, pour être moralisateur ou etc. Parce que de toute façon, ça n’apporte pas grand-chose si les gens ne veulent pas, veulent pas voir qu’il a des soucis… Je peux à la fois les comprendre aussi, le déni écologique. Et puis voilà comme maintenant on mélange écologie et politique, et que l’écologie c’est un parti et que ça devrait pas être un parti, ça devrait juste être un programme pour tous. Effectivement, voilà, c’est plus simple de se cacher derrière il n’y a pas de problème, parce qu’en vrai, c’est très angoissant, en fait, la situation donc… Plein de gens préfèrent ne pas le voir. Je peux les comprendre.
– Oui, c’est clair. Mais là, tu disais… Bon, vous travaillez de façon écologique, bon pour la récupération.
P – Ouais.
– Mais je veux dire ce que vous représentez. Par exemple, vous aviez fait le renard assis, là c’est ça, à Villeneuve-lès-Maguelone, là, vous aviez fait… ça traite toujours d’un sujet. Tu peux parler un petit peu d’un projet comme ça ou pas Tank ?
T – Ben après, le renard endormi, c’était un projet très particulier, parce qu’on avait été invité par le conservatoire du littoral. Donc il y avait vraiment un volet… Donc, c’est un festival où il y a plusieurs artistes invités, c’est à côté de Sète et, en fait, pendant le week-end du festival donc, il y a des œuvres à voir, mais il y a aussi tout un volet où il y a de la pédagogie, où, en fait, il y a des intervenants, notamment des ornithologues, qui vont venir et qui vont expliquer aussi, un peu au public et qui est venu, l’histoire des zones humides, etc. Donc, c’est vrai que c’était très particulier et que, du coup, là, effectivement, nous, on a on a développé notre œuvre autour de ce sujet là. Mais après, c’est vrai que nous, enfin, nous, ce qu’on aime aussi, c’est simplement aussi de toucher les gens. En fait, c’est ça que moi, je trouve intéressant, c’est que on fait ce qu’on fait. Après, comme disait Popek, en fait, on n’a pas forcément de gros messages derrière. Après on utilise les matériaux qu’on utilise et nous, on sait pourquoi on fait certaines choses ou pas, mais avant tout, ce qu’on aime, on fait ce que ce que je trouve intéressant, moi, c’est de sensibiliser les gens à travers le beau. Enfin, je pense que c’est une bonne manière de…
– C’est plus marquant ?
T – Bah ouais. Et puis, une œuvre, on va accrocher ou pas accroché, enfin, c’est totalement subjectif, donc il y a pas d’obligation là-dedans. Quelqu’un va peut-être juste s’arrêter au fait que c’est hyper esthétique, j’ai adoré la couleur, ou j’ai adoré l’atmosphère où j’ai adoré le truc. Il va s’arrêter là. C’est très bien aussi. Mais parfois, il y a vraiment des gens qui viennent et qui disent ah ouais, mais je n’avais pas vu ça comme ça, ou ça m’a fait penser à un truc où, tous ces cartons, quand même, je me suis dis, mais chez moi, je commande beaucoup de choses aussi, et c’est là où je trouve que ça devient d’un coup intéressant quoi. C’est aux gens d’arriver à mettre leurs… Enfin, ils font leur chemin tout seul, quoi, enfin, nous, on n’est pas là pour… Voilà, on crée un chemin et puis après ils vont plus ou moins loin sur ce chemin et…
– J’ai une petite question peut-être, juste, comme on n’a pas de vidéo et là, pas de photo… Pour par exemple, parler de la plupart de vos œuvres, des sculpteurs que vous faites. Il y a souvent des villes qui poussent sur le dos des animaux, des poissons, des… Voilà. Popek, tu peux nous en parler ou pas ? C’est quoi ce bordel ?
P – Qu’est-ce que je peux dire ? Pourquoi ? Pourquoi ? Parce que déjà, on a forcément été marqué par l’aspect urbain, etc. Surtout moi, mon côté, même si j’ai commencé le graffiti dans un milieu rural, vu que je viens de Haute-Loire à la base, puis après j’ai graffé dans le Cantal. Autant dire qu’on était très…
– Ah oui.
P – Très dans le rural voilà. Mais malgré tout, l’esthétique urbaine, influencée par le graffiti de New York, forcément dans l’esthétique, etc. C’est quelque chose qui me marquait, qui m’a toujours un peu plus. Donc, après ben voilà, ces choses-là évoluaient bon ben parce que les immeubles new-yorkais, ça va cinq minutes, mais ce n’est pas notre environnement. Puis après on a été à Lyon. A Lyon, vivant dans les pentes de la Croix-Rousse, qui a aussi une esthétique très particulière niveau niveau urbain. Du coup, ça a commencé, ben les premières œuvres en carton, on était à Croix-Rousse, quoi et ça a commencé un peu comme ça, je pense, un peu l’influence de l’architecture de la Croix-Rousse, un peu des choses un peu type construction, on va dire entre guillemets favelas, c’est-à-dire de manière un peu empirique. Et puis, ça correspondait un peu à ma façon de construire les choses de manière empirique, je commençais et puis je continue un peu voilà, organique aussi. Et puis aussi même l’influence toujours on aimait bien ce côté un peu mélange minéraux et, dans un premier temps, il y avait aussi les influences du Puy aussi avec Aiguilhe, le château de Polignac, etc. Etc. Enfin, bon, voilà, donc, je pense qu’un peu, tout ça, c’est un peu mis… Donc, au début, on faisait que de l’architecture, et puis après, l’animalier est revenu aussi au grand galop, si je puis dire, et puis on a mélangé les deux, on a commencé à se dire ben, en fait, ça parle un peu de l’urbanisme et la pression de l’urbanisme, et de l’homme sur le vivant qui nous entoure, donc. Donc, ça faisait un peu cet écho. Après on s’est mis à s’intéresser à d’autres architectures, comme par exemple des architectures plus yéménites, enfin, un peu de partout en fait suivant les cas. Là, par exemple, on est censé, en septembre, aller faire une expo au Musée Ingres Bourdelle à Montauban, et donc, on va construire un château en carton. On avait déjà fait un au Mans. Et du coup, ben là, on va s’influencer, parce que Ingres a passé une bonne partie de sa vie en Italie. Donc, on va tout doucement là, on commence à regarder des images sur les châteaux un peu médiévaux italiens, qui ont encore leurs petites typicités par rapport aux nôtre. Donc voilà des influences sans, mais ça devient des influences, on se les réapproprit, parce qu’on n’est pas architectes. Notre but n’est pas de faire des maquettes réalistes, et même au contraire, ça serait même… On a été pendant un temps très dans la minutie, très à représenter les fenêtres, les choses. Et là, on veut un peu épurer notre architecture, qu’on comprenne du premier coup d’oeil que c’est des bâtiments, mais sortir de la figuration pure, que ça soit plus sobre, de plus en plus sobre, en tout cas.
– Toute cette verticalité, moi aussi au niveau des bâtiments, ça me faisait penser aussi ben un peu à l’écologie, parce que on n’est plus amené normalement à vivre à la verticale qu’à s’étaler.
P – Oui.
– Pour le protéger. Donc, je trouve que ça avait un lien aussi par rapport… Je me posais la question… T – Mais il y a peut-être une influence SimCity quelque part.
(rires)
– Vous avez joué à SimCity.
T – C’est possible. Oui. Ouais ouais.
– Tank a joué à SimCity.
T- Exactement.
– D’accord, ok. Y’a aussi, vos œuvres sont grandioses, sont grandes en général, y’a pas de petit… Voilà, vous avez des fresques de deux cent cinquante mètres carrés carrément. Il y a plein d’autres choses qui prennent énormément de place.
P – Oui mais il y a des choses très petites aussi.
– Oui, très petite dans le grand.
P – Non, même très petit dans le…
T – Des fois toutes petites toutes seules.
P – Tout seul ouais, qui sont des fois perdus au milieu de grosses installations, enfin bon.
– Du coup alors, j’avais plusieurs questions par rapport à ça, parce qu’une fresque de deux cent cinquante mètres carrés, vous mettez combien de temps à la faire ?
T – Moi, ça dépend de tout un tas de trucs, ça dépend du visuel qu’on va faire, ça dépend de l’état du mur, ça dépend… Celle qu’on avait fait à Lyon qui faisait. ..C’est ça non.
– Les oies ?
T – Les oies ouais. Les oies on a mis trois semaines ou trois semaines… Après il a beaucoup plu. Enfin, c’est un peu galère. Après, ça dépend, des fois on se surprend à arriver à faire des trucs en deux jours. La semaine dernière pour le festival à Bourgoin-Jallieu, on a peint je sais pas, une centaine de mètres carrés en quatre jours, quoi donc… Après, le visuel était beaucoup plus simple. Enfin, bon, il y avait quand même une anamorphose mais… Mais non voilà, ça dépend. Après c’est quand même long, ça reste long malgré tout.
– Certaines de vos œuvres, bon, les murs, tout ça, avec le temps, voilà sont amenées à disparaître. Mais les grosses œuvres en carton, vous en faites quoi, quand elles ne sont pas gardées dans un musée ou je ne sais pas ? C
P – C’est assez souvent éphémère les installations, il y en a beaucoup d’ailleurs, qui sont réfléchies et conçues de manière… Et on sait qu’elles vont être très éphémères. Pas de souci. Comme je parlais d’avoir fait un château au Mans, ben pour un festival d’art urbain aussi. Donc, c’était juste, pendant la durée du festival, on a bossé quatre jours, quatre ou cinq jours avant l’ouverture et après, c’était sur le week-end du festival et de toute façon, ben il était amené à être détruit. Donc, c’est le concept, c’était de toute façon… Les cartons venaient de la déchetterie du Mans. Donc voilà, ils sont arrivés dans des bennes qu’on a triées, ils sont repartis dans une benne. C’était le concept. Après, je pense qu’on n’a pas trop de soucis avec l’éphémère enfin en venant du graffiti, parce que, par essence, il est éphémère. On aime bien qu’une fresque reste longtemps, on aime bien aussi qu’une installation ou des œuvres restent longtemps, comme par exemple l’Archipel des cinq citadelles, qui a eu, qui a pu être exposée de nombreux mois là au travers du monde. Voilà, c’est cool. Mais en soi, l’éphémère, c’est voilà… C’est aussi pour ça que le matériau est celui-là, le moins d’intrants possibles, le moins d’achat de matériaux, pas que pour des raisons financières, mais pour pas produire des choses inutiles. C’est pour ça qu’on peint pas le carton, parce que… Ou on le vernis quasiment jamais, sauf une fois pour une installation extérieure, enfin, on n’a pas altéré, ça reste un matériau recyclable. On a presque rien ajouté. Moi je colle à chaud, parce que, enfin je fais une petite parenthèse, parce que c’est le même moyen de coller le carton qui fait rentrer le moins de solvants, parce que, voilà, ça reste des polymères plastiques, c’est ce qui a le moins d’impact. J’aimerais encore trouver autre chose, mais après les procédés humides, type colle d’os de poisson, ça marche pas avec ma façon de construire en tout cas. J’ai un peu bifurqué au niveau de la question.
– Non mais c’est bien. C’est bien comme ça, on en apprend un peu plus. Il y a des œuvres après que vous vendez, mais plus petite on va dire, comme l’Opinel, par exemple, que vous aviez fait. Tu veux nous en parler ?
T – L’Opinel, dis donc que ça date. C’était il y a un moment. L’Opinel, c’est une galerie, ben Annecy d’ailleurs, qui avait fait une expo qui s’appelle Art by Friends, qui avait invité plusieurs artistes à s’approprier l’Opinel, puisque il est produit là-bas. C’étaient des gros Opinel, hein, c’était un Opinel géant.
– D’accord.
T – Enfin géant…
– Ahh, ok.
T – Je sais pas combien il faisait. Il faisait, je sais pas, une trentaine de centimètres, non, c’est ça ? Et donc, nous, le nôtre a été acheté après par le Musée Opinel. Donc, c’est plutôt cool parce que du coup, ça reste visible et les gens peuvent voir ce qu’on a fait. Mais c’est vrai que c’est pas forcément le cas de toutes les œuvres. Des fois, il y a des achats des fois, c’est totalement de l’éphémère, donc ça varie vraiment en fonction des projets.
– Ouais, vous êtes en accord avec tout de toute façon, voilà, ça… Sinon vous n’ acceptez pas la commande ou la demande.
P – C’est ça. On est un peu bouddhiste déjà. On sait déjà quand on commence à créer, on s’en est déjà libéré, on considère c’est déjà mort. Voilà, c’est déjà parti quoi. Comme ça on est zen.
– Est-ce qu’il y a quelque chose que vous voulez dire par rapport à votre duo duel ?
T – Ben si, après là justement, nous, en tout cas, on s’est réinstallé ici parce que, en fait, à Lyon, on n’arrivait plus à trouver d’atelier qui nous convenait. Donc, là, c’est chouette, parce qu’on est en train de bon, on est encore en plein travaux, mais on est en train de tout réaménager. Mais, en tous les cas, normalement, on va être à un petit tournant, enfin, j’espère en tous les cas, où on va se mettre un peu plus sur de la production parce qu’on fait beaucoup d’interventions sur des festivals, des événements ou des choses comme ça, mais on a peu de productions personnelles en objet quoi je veux dire. Et donc, normalement, ça va être l’occasion pour faire un peu plus de production personnelle, pour, j’espère à un moment donné qu’on puisse, pourquoi pas d’ailleurs, monter des expositions, ben d’ailleurs au Puy, je ne sais pas, je connais pas encore, je ne me suis pas trop renseignée encore sur les lieux d’expositions au Puy ou même des partenariats avec des musées. Je pense au musée Crozatier. Ça pourrait être intéressant, parce que là, comme on va à Montauban au Musée Ingres, je trouve ça hyper cool aussi de dialoguer avec les œuvres ou les choses qu’il y a dans les musées. Donc, en tous les cas, on est sur ce chemin là, en ce moment, voilà.
– Popek tu veux rajouter…
P – J’ai juste envie de rebondir parce que ça me fait penser… Nous, quelque chose qu’on aimerait beaucoup faire depuis un petit moment, qui nous trotte dans la tête, ça serait réussir à trouver un lieu dans un premier temps, un lieu et peut être des financements dans un second temps, mais type friche ou autre pour en fait faire une expo immersive. En fait, j’en profite, sait-on jamais. Voilà, du coup, pour pouvoir investir un lieu, alors pas non plus gigantesque, quelque centaine, un lieu de quelques centaines de mètres carrés pour mélanger peintures, sculptures, installations, et pouvoir accueillir du public sur un temps donné, voilà, et ça fait rebondir Tank qui a aussi quelque chose à dire.
T – Oui parce que, non, moi ce que je trouve intéressant, c’est que nous tous les deux, on vient de milieux ultra ruraux, et on a vécu quinze ans à Lyon et je trouvais intéressant aussi de revenir dans le coin, enfin moi en tout cas, ça me tient à cœur. J’ai vraiment envie de mettre en place des choses, ou de montrer aussi ce qu’on fait, parce que je trouve que c’est quelque chose dont on a besoin, et notamment la, mais pas que la jeunesse d’ailleurs, la jeunesse aussi pour ouvrir de nouveaux horizons aussi, pour faire un peu voyager, pas physiquement, mais autrement. Pas du tout que la jeunesse, parce que… En tout cas, c’est quelque chose qui nous tient à cœur de revenir ici aussi pour faire… Enfin, maintenant qu’on arrive un peu avec un bagage, d’essayer de faire rayonner un peu ce truc là d’un milieu rural enfin ou semi rural, parce que bon, le Puy, ça reste une grande ville malgré tout. Mais en tout cas, que l’art urbain est pas forcément cantonné que à des fresques du street art multicolores et non, ce n’est pas du tout que ça, que il y a d’autres choses à voir, des choses hyper immersives, avec plein de médiums, avec plein de choses à voir. Donc, nous, c’est quelque chose qui nous tient à cœur. On ne sait pas encore comment, où, mais on aimerait bien monter des projets voilà, dans ce sens.
– J’espère que certains qui écouteront le podcast réagiront. Ça serait bien. C’est tout ce qu’on vous souhaite en tous les cas, moi, je serai la première à venir bien sûr. Vous voulez rajouter un autre petit truc ?
P – On en a dit pas mal après voilà.
– A Salut les Ponots ! on a un slogan, c’est Crache ta lentille ! On a fait très local. C’est très simple, à Salut les Ponots ! on va pas chercher bien loin tu vois dans l’exploration. Et je voulais savoir tout d’abord s’il y avait un événement que vous trouvez remarquable en Haute-Loire ou alors qui se passe ailleurs et que vous aimeriez voir ici. Alors, vous avez parlé un petit peu de votre projet, vos envies.
T – Si, après, ce que je trouve cool, c’est que, par exemple mais c’est beaucoup, ça se fait beaucoup en saison, mais il y a plein de petits concerts hyper cool. Ça par contre, pour le coup, je trouve que ça bouge pas mal de ce côté là avec des groupes assez intéressants voilà. Après de gros truc, j’ai pas envie de dire le Roi l’Oiseau parce qu’à un moment donné… Enfin non, mais je veux dire, tout le monde l’a dit, et puis, enfin, je ne sais pas.
P – Non après, s’il y avait d’autres festivals de musique ou autre, pourquoi pas qui viendraient se faire en Haute-Loire, ce serait chouette. Mais après en soi… Les comparer à d’autres. Voilà, est-ce qu’on voudrait qu’il y ait le Hellfest au Puy-en-Velay, je…
– Ah ! Il y en a qui l’on demandé hein.
P – Oui, pourquoi pas en soi ou un festival, des festivals d’autres musiques pourquoi pas mais bon.
– Musiques plus alternatives peut être.
P – Oui, pourquoi pas plus alternatives. Mais c’est vrai qu’après, il y a déjà eu, ben dans le coin, ça fait pas longtemps qu’on est là mais c’est vrai que, en saison, les saisons estivales, c’est vrai qu’il y a des groupes peu connus qui viennent jouer, des fois de la musique traditionnelle, des fois d’autres types de musique qui ont un niveau assez chouette quoi, qui font découvrir des choses. C’est pas connu, ça rempli pas, peut-être pas des stades, bien sûr, mais en tout cas c’est intéressant et c’est chouette, et c’est ça aussi. Ben voilà, la culture, c’est pas forcément les grosses têtes d’affiche, c’est tous ces petits gens qui font des concerts par-ci, par-là, qui font des événements, qui font des choses ouverts au public, même des fois accès gratuit, juste avec un chapeau ou autre. Je trouve que c’est ça qui est chouette. C’est léger, c’est, c’est voilà. Chacun donne ce qu’il peut, et voilà.
– Et que changeriez vous, au Puy ou à la Haute-Loire ?
P – Rien faut pas, des fois… En fait, d’un côté, on voudrait qu’elle… On aurait des fois envie qu’elle se qu’elle, qu’elle se fasse plus connaître et qui est un peu plus de gens qui viennent s’y installer, de gens… Voilà un peu des profils, des profils un peu, des actifs, un peu plus jeunes, etc. Mais à la fois à la fois, voilà des néo-ruraux, comme on dit, mais à la fois, d’un autre côté, on n’a pas envie parce que on, on est bien ainsi quoi ,voilà. Mais, voilà si, si des gens viennent avec… Mais il faut qu’ils aient compris ce que c’est notre, notre département quoi. On ne peut pas venir ici et voilà, et imaginer que ça va devenir comme j’en sais rien, comme la Drôme qui est envahie de lyonnais maintenant.
– Ben de toute façon, faut qu’ils comprennent l’accent déjà donc pour les lyonnais, t’oublies.
P – Les lyonnais, c’est trop déjà. Mais mais oui, non, donc il n’y a pas grand chose à changer. Bon, dans l’ensemble, pour l’instant dans notre petit village, les gens sont plutôt sympas. Après, c’est vrai qu’il faut leur prouver qu’on n’est pas, qu’on est pas fainéants par contre. Il faut leur prouver qu’on fait des choses, qu’on agit un peu avec nos mains et nos bras, parce que… Alors, ça, une fois qu’ils ont compris que c’est bon, on est adoubé, mais…
– Ouais et puis ils viennent te voir pour filer un coup de main, et tout… C’est chouette.
P – C’est super chouette, ouais. Donc voilà, mais faut prendre… Voilà, c’est un territoire rural avec ses typicités, ces caractères, c’est, faut… C’est sûr que si on déboule là, qu’on n’est pas préparé… Mais dans le bon senscomme, enfin voilà, je dis pas ça dans le mauvais sens, mais ça peut être un choc quoi.
– Mais tout territoire n’est pas bon pour tout le monde.
P – Voilà c’est ça.
– T’as pas tout le monde qui peut venir vivre ici, pas tout le monde qui peuvent aller vivre à Lyon donc voilà quoi. Il faut se faire une raison.
P – C’est ça.
– Prochain jingle. Tank c’est à toi vas-y.
Musique jingle
– Ah j’ai cru que c’était pas fini moi tu vois, j’attendais le petit cling cling cling…
Ah voilà, tu vois. Là, c’est fini, là c’est bon. On va passer aux questions sur la Haute-Loire, que vous connaissez très, très bien. Champignons de Saint-Bonnet-le-Froid ou perles rouges du Velay vers Dunières ?
T – Champignons mais on dit pas nos spots hein.
(rires)
– Ils gardent tout. Suc, dyke ou orgues basaltiques.
T – Ben le dyke après en vrai, un peu tout ce qui est volcan quoi.
– Il vous a inspiré le dyke, tu parlais du rocher Saint-Michel, justement pour une de vos installations.
T – Tout à fait, ouais ouais, oui oui.
– Et c’était à Lyon. Et toc les lyonnais, voilà le dyke.
T – Et ils le savent même pas en plus.
P – Ils ont rien vu.
(rires)
– Et voilà, discrètement comment on montre la Haute-Loire aux lyonnais en particulier. Le Musée du Fer Blanc à Saint-Arcons-d’Allier ou alors le Musée des Croyances Populaires au Monastier-sur-Gazeille ?
T – On a était à ni l’un ni l’autre en plus c’est ça. On est vraiment pas…
P – Là ouais.
T – Je vais dire le Musée de Paléontologie de Chilhac.
(rires)
– Bien répondu, bien joué, bien joué, j’avoue. Alors là, je ne sais pas si vous connaissez, moi je ne connaissais pas. J’ai essayé de trouver des fêtes un peu, enfin deux, un peu bizarres, mais bon… La fête du fouai, je sais pas si on prononce comme ça en patois, la fête du fou a Chanteuges. Alors il paraît que le matin, tout le monde se retrouve pour aller chasser le fou qui se cache dans les hautes herbes au Pré du fou. Voilà, après, tu as une brocante, t’as un dîner, bal tout ça. Voilà, c’est pour la Pentecôte. C’est toujours sur le site de la mairie, dont je pense qu’ils le font toujours ou alors ils ont abandonné l’idée depuis longtemps et je suis pas à jour. Soit Allègre Médiévales dix-neuf, vingt juillet, je crois, cette année, avec spectacles de rue. Tu peux être costumé, pas déguisé bien sûr. On a bien compris que en Haute-Loire, fallait être costumé et pas déguisé, ok. C’est un peu le off, on va dire peut-être du Roi de l’Oiseau. Et sinon, alors ça, c’était bien bon, ça se refera plus. A Dunières, ils ont fait la fête du fuga, en hommage aux HLM de la Moye je crois que ça se prononce ou de la Moye, qui vont être détruits et qui avaient été parés de grandes fresques auparavant. Donc, ils ont fait une fête de feu avec contes et magie avant leur destruction, qui doit se passer… Peut-être que là ils sont en train d’être détruits, une cité.
P – Du coup, ça, si c’est fini, on pourra pas découvrir, mais on va se renseigner sur les deux, deux premiers parce que ça m’intrigue.
– Toi, tu choisirais lequel si t’avais à choisir les trois. Si, on va dire, si la fête du fuga existait encore ?
T – Moi je vais à tout, moi je vais tout voir. Je trouve ça cool. Après… Non oui j’aime bien, je vais voir, je vais voir ce qu’il se passe. Il se passe plein de trucs en fait, non, plein, tout un tas de trucs.
– Ah, il faut fouiller. Tu vois la fête du fou, je ne connaissais pas. Apparemment, il y a que quatre endroits en France où ils le font, dont un à Chanteuges. Il y a beaucoup de choses qu’on fait en Haute-Loire.
P – Y’a plein d’endroits où ils ont des fous qui… Non…
– Je sais pas s’ils le font à Lyon ça. Milan royal ou cerf ?
T – Ah… Circaète Jean-le-Blanc.
– Elle est toujours comme ça. T’as vu ?
P – Elle aime toujours répondre à côté.
– Et toi tu dirais quoi?
P – Ben circaète aussi, je suis obligé, j’ai pas le choix, c’est familial, c’est… Sinon je me fais renier de la famille. Je veux rester le gendre…
– Idéal ?
P – Préféré.
– Ah oui ouais, t’es le gendre préféré toi, d’accord.
P – Je suis le premier.
– T’es le premier arrivé gendre, c’est ça ? Oui c’est pour ça.
P – Comme j’ai bien répondu, je peux le rester. Quoi.
– C’était un petit message ? Alors architecture industrielle de l’usine de Coubon, l’architecture romane de la chapelle Saint-Michel ou l’architecture contemporaine de l’église du Val Vert ?
T – Moi je dis l’architecture romane. C’est tellement beau. Il y a tellement de sites. C’est hyper riche. Ouais.
– C’est ce qui t’inspire aussi des fois dans tes illustrations.
T – Oui, et puis, en plus de ça, en Haute-Loire, il y a beaucoup de fresques murales en art roman, qui, d’ailleurs, les dessins sont comme l’art roman en général, entre guillemets très naïfs, avec des traits très naïfs qui sont très touchants, quoi et qui… C’est vraiment hyper intéressant. Donc, moi, l’art roman.
– Et pour toi Popek ?.
P – Ben ça dépend de ce qu’on fait dans les lieux, parce que après, oui, je préfère, je suis plus art roman, après lieu industriel, ce que j’aime bien, c’est qu’on peut se les réapproprier. Après, on va pas se permettre de rentrer dans une église romane et se la réapproprier, donc. Euh. Donc, voilà, j’ai, j’aime les lieux aussi qui peuvent être modifiés, donc voilà.
T – Mais c’est vrai que nous si… Je relaie l’info que tu as fait passer tout à l’heure. Mais s’il y a une friche et que personne ne sait quoi en faire, ben appelez-nous. Parce que nous, on aimerait bien trouver un lieu qu’on puisse investir.
– Pour toi Popek, Degé ou Gris1 ?
P – Et ben là, sans aucun doute Gris. Ça, c’est sûr Gris. On a, ben déjà c’est, on s’est côtoyé un temps à Lyon. On s’est pas mal croisé. D’ailleurs depuis qu’on est revenu, faudrait qu’on lui fasse un petit signe qu’on se revoit. Et oui, Gris, parce que c’est une grosse référence internationale dans l’art urbain. Voilà en plus, c’est quelqu’un qui a compté aussi dans le graffiti à une époque, qui, lui aussi, comme Seth, à créer un ouvrage de référence sur le graffiti dans le sud de la France, lui, parce que lui vient de vers Marseille. Donc, oui, Gris, sans hésiter. Après, j’ai rien contre Degé, mais en tout cas voilà, Gris, cent pour cent ouais.
– Et puis il a l’air tellement sympa. J’ai voulu interviewer, mais il a fait son timide, il m’a dit non peut être plutôt mon fils qui parlera à ma place. Peut-être que le fait de vous entendre, ça le boostera un petit peu, la prochaine fois que tu le vois, tu…
P – Alors je trouve que, enfin, si ça fait un peu, voilà mais c’est…. Il est très discret, peu de gens savent qu’il est ici. Après, il fait un gros travail de galerie. Il est pas forcément lui, il bosse en galerie, il est vendu en galerie, donc il n’a pas forcément besoin de se montrer, mais c’est quand même une chance d’avoir, d’avoir un artiste de cette renommée dans le coin, quoi. Franchement, je dis ça, je suis pas du genre à jeter des fleurs, mais…
– Alors, on peut le voir à l’hôtel du département, il a fait quand même une fresque. Donc, c’était plus que l’an dernier même déjà, c’était un petit peu, il y a deux ans même je crois. Donc…
P – Y’avait Kalouf, Does et oui, oui, Gris.
– Hopare.
P – Hopare aussi, oui, donc quand même des…
– Des belles pointures.
P – Des belles pointures au milieu.
– Oui et c’était, je crois à l’initiative de Degé il me emble.
P – C’est ça. Oui, pour le coup, c’était lui.
– Vous prendriez plutôt de la hauteur à la chapelle de Peyrusse à Aubazat ou vous aimeriez plutôt avoir les pieds dans l’eau à la chapelle Sainte-Marie-des-Chazes.
T – Ah ben les pieds dans l’eau qaund même. C’est juste à côté de chez nous.
– Écologiquement, c’est mieux pour le transport.
P – Le bilan carbone.
– Le bilan carbone, uniquement pour le bilan carbone. Ça sera encore pour Tank Popek, je suis désolée, fallait que je te la pose. Elle est très difficile. Je crois que tu n’arriveras pas à trancher. Tu ne tranchera pas. Elise ou Pierrette ?
T – Oulà ben alors là non, c’est une question impossible. Les deux, les deux.
– Ok. Alors moi, je fais quand même un petit clin d’œil à Elise en lui disant merci de vous avoir remis sur ma route. Voilà un petit clin d’œil à Elise. Merci, merci beaucoup. Est-ce qu’il y a un lieu en Haute-Loire que vous trouvez suffisamment sauvage pour pouvoir accueillir une de vos installations ?
T – En vrai, il y a plein de spots potentiels. Ça, c’est pas les spots qui manquent. Mais on a , en fait, le truc, c’est qu’on a, on a des projets en cours, mais qui sont encore de stade embryonnaire. Donc, on veut pas tout dévoiler encore pour le moment, mais effectivement, oui. Nous en tout cas, l’environnement et les paysages de la Haute-Loire nous inspirent, nous ont toujours inspirés et nous inspire beaucoup. On réfléchit sur des projets pour implanter en fait en milieu extérieur, pour des projets futurs.
– Est-ce qu’il y a un lieu où vous aimez bien aller ? Un lieu particulier pour vous en Haute-Loire, pour vous ressourcer ?
T – Aussi, moi, j’ai, moi, je dirais l’abbaye de Pébrac. Je sais pas si tu connais.
– Ouais, c’est super beau là-bas.
T – Eh bien, eh bien, parce que l’été… On parlait de restaurant tout à l’heure, mais l’été, ils ouvrent et ils font un petit restaurant en fait, mais qui est ouvert que l’été et on mange très, très bien et on a une terrasse incroyable. On est dans le jardin de l’abbaye. Donc je recommande.
– Et pour toi Popek ?
P – Ben moi, ce que j’aime bien, c’est un peu tous les endroits où on peut se baigner au bord de l’Allier quand il fait chaud. Ça, c’est chouette que ce soit Chanteuges, même à Lavoûte, etc. Bon, faut que on découvre encore d’autres plages, peut-être un peu plus secrètes, pour l’instant on a les classiques des touristes. Voilà, mais en tout cas, c’est chouette, parce que, même si c’est des endroits touristiques, y’a quand même… On n’est pas sur les plages de la Côte d’Azur, on est tranquille. Ça donc, ouais, j’aime bien, j’aime bien ce retour. Voilà aller se baigner, etc. Ce qu’on avait un peu perdu à Lyon. Parce que voilà, allez dans la piscine à Lyon, c’est des heures de queue et ça donne moyennement envie. Et le Rhône, bien sûr, n’en parlons pas.
– Ah bon ? Tu n’aimes pas sa couleur verdâtre, maronâtre ?
P – Être au bord pour voilà, pour boire un coup avec des potes, oui, mais se jeter dedans moins bizarrement. Donc ça, c’est chouette de redécouvrir ça, même aussi le lac du Bouchet, ce qui est un classique pour les Ponots, mais voilà qui est toujours sympa aussi, voilà, pour pique-niquer avec les copains. C’est toujours… Ils trouvent toujours ça chouette quand ils viennent d’ailleurs, ils sont là, ouahhh un cratère de volcan.
T – Après nous, on fait pas mal de VTT parce qu’on est des… Je vais pas dire qu’on est des grands cyclistes, parce que c’est pas vraiment vrai dans tous les cas, on fait souvent du vélo quoi. Et en ville, on faisait évidemment du vélo de ville. Donc, on traversait toujours toute la ville à vélo tous les jours. Et alors, là, maintenant, on s’est mis au VTT, et donc, ouais, on sillonne un peu les forêts, notamment vers Pinols, là-haut, au Mont Mouchet, il y a plein de super, super endroits.
– Ouais, c’est beau la Margeride. Merci beaucoup, je vais vous demander un dicton, une expression.
P – Ah ouais.
– Alors ?
P – Alors moi je dirais Souvent fauché, toujours marteau.
– Ah, il y a encore un truc, un objet…
P – Voilà.
– On reste dans la thématique pour Popek et pour toi Tank ?
T – Moi j’aime bien utiliser l’expression Malgré tout.
– Je vous remercie beaucoup de m’avoir accueillie et je vous dis à très bientôt.
T – Merci à toi,
P – Merci et à bientôt.
– À bientôt. Ciao, ciao.
Temps d’écoute : 57’30 minutes
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Coups de coeur de notre invité
- commerçant :
La Cave Arômes et Vins
10 place de la Liberté, 43300 Langeac
06 22 67 66 34
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https://www.instagram.com/lacave_aromesetvins/ - restaurants :
Chez Fläder
9 place Aristide Briand, 43300 Langeac
09 53 29 12 61
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Le Trèfle à Quatre Feuilles
9 place de la Liberté, 43300 Langeac
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2 et 4 place de la Halle, 43300 Langeac
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