Épisode #49

Accueil » Épisodes » episode » Épisode #49

Rémi

Temps d’écoute : 60’11 minutes
Télécharger la transcription
fr .pdf 120ko

– Salut les Ponots !, le podcast itinérant et léger qui donne la parole aux personnes qui habitent ou gravitent autour du Puy. Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’être avec Rémi. Comment vas-tu ?
– Très bien.
– Merci de m’accueillir chez toi. Est-ce que tu peux te présenter aux auditeurs de Salut les Ponots ! ?
– Alors, je m’appelle Rémi Flament, je suis photographe, topographe. Je travaille essentiellement en souterrain. Ce qui m’amène ben, à franchir les frontières du département pour découvrir, observer, photographier et topographier des réseaux souterrains, qu’ils soient naturels ou anthropiques, et partir à l’aventure dans ces lieux obscurs généralement où la lumière de l’homme n’est rarement ou jamais allée.
– Tu rends visible à nos yeux ce qui est invisible et je t’en remercie parce qu’il y a une vie importante dans les sous-sols qu’on ne soupçonne pas.
– Oui, on peut même parler de paysages, de paysages souterrains, et la seule façon de les voir, les observer, c’est d’y aller. Et le métier de photographe ben voilà, rend invisible l’inaccessible, et ça, c’est vraiment, c’est vraiment très intéressant, doubler du fait que ces paysages n’existent pas parce que ils sont dans le noir le plus total dans la nuit, la nuit éternelle. Et sans lumière, ben en fait, il n’y a pas de paysage, tout simplement. C’est sous nos yeux, c’est devant nous, mais si on n’éclaire pas, il n’y a rien. Et pour réaliser de l »image sous terre, c’est tout un travail de lumière qui va mettre en scène et rendre visible, le temps d’un éclair, un paysage insoupçonné.
– Tu nous en parlera un petit peu plus tout à l’heure. Je voulais savoir si tu étais né en Haute-Loire ? – Oui, je suis natif du Puy-en-Velay, je suis né en mille neuf cent quatre-vingt-six, en décembre.
– Il neigeait ?
– Alors, je ne sais pas si il neigeait, je sais que c’était midi.

– D’accord. Ce que je te propose, c’est de me dire si tu as une anecdote sur le Puy, sur la Haute-Loire, est-ce qu’il y a quelque chose qui te revient en mémoire ?
– Alors des anecdotes. Alors sur le Puy, pas forcément, mais sur la Haute-Loire, de façon générale, j’ai vécu de très belles aventures, alors en choisir une en particulière serait peut-être difficile, mais on peut peut-être parler de souterrain, vu que mon métier, aujourd’hui, c’est le souterrain. Mais faut savoir que l’aventure souterraine est née sur la Haute-Loire. Voilà, je cherchais, suite à la découverte de contes et légendes, des souterrains, des souterrains du château, des souterrains qui franchissent des vallées. Alors, tout ça n’existe pas. Géologiquement parlant, ce n’est pas possible. Mais derrière chaque légende, il y a une part de vérité et il faut savoir que sur la Haute-Loire, ben des cavités y en a, un peu plus de neuf cents, très souvent anthropiques, parfois naturelles. Voilà donc la découverte de ces cavités qui m’ont aujourd’hui menée à vivre une passion et à en faire un métier. Donc, merci la Haute-Loire.
– Oui, parce qu’au début tu étais charpentier, c’est ça, menuisier charpentier ?
– Alors, j’ai eu plusieurs métiers mais mes études, oui, c’est étude de menuiserie charpente. J’ai effleuré ce métier jusqu’à avoir un accident de moto qui m’a fait changer de destinée, on va dire. Et du coup, j’ai été conducteur travaux, j’ai été artificier, j’ai tiré des feux d’artifice en France, mais aussi à l’étranger. L’aspect voyage, découverte de nouveaux paysages pour moi, c’est quelque chose de super important. Faut qu’il y ait une part d’aventure dans mon métier. Menuisier, charpentier, j’aurais rêvé de travailler pour le cinéma, par exemple, mais quand on est en Haute-Loire, c’est quelque chose qui semble pas du tout envisageable. Alors qu’en fait ben si, en fait, on peut faire un métier pour voyager et les gens qui ont envie de voyager, ben hésitez pas à prendre un métier et le transformer, parce qu’il y a beaucoup à faire. Et menuisier charpentier, c’est un métier exceptionnel que je pratique encore comme ça, de temps en temps, loisir. Faire un petit peu de menuiserie comme ça dans un petit atelier, c’est toujours agréable. Mais voilà, c’est plus pour le plaisir. Mais oui, on a plein de petits souterrains, mais bon, je vais pas forcément en mettre un en lumière, mais… Si, allez, pourquoi pas, allez ! C’est beaucoup plus récent, mais c’est la forteresse de Polignac, parce que il y avait tout un tas de légendes sur la forteresse de Polignac, mais là on a de très beaux souterrains, exceptionnels, c’est le grand puit, le grand puit de la forteresse. Descendre dans ce type de milieu, c’est des moments très intenses, où on a beaucoup d’admiration pour le travail qui a été fait par les anciens. Qui ont creusé un puit de plus de quatre-vingts mètres de profondeur, vous imaginez que c’est quasiment trois fois la la taille de la vierge du Puy-en-Velay, si on prend un peu une échelle, et quatre mètres de diamètre. Donc, creusé au pic, à la force des bras. Voilà, c’est des endroits exceptionnels qui sont très intenses lorsqu’on les découvre en plongeant dedans.
– Merci.
– Voilà pour l’anecdote.
– Je vais te demander de faire le jingle, premier jingle, t’en auras deux à faire. Ne fais pas cette tête, regarde, petit instrument. Voilà, t’as juste à tourner.

Musique jingle

Rémi est aussi musicien. Tu le savais pas ?
– Non, non non. J’adore la musique, mais alors je suis un piètre musicien.
– On va passer au confessionnal, je vais te faire deux, trois propositions, ça dépend, tu me diras celle que tu choisis. Tu peux ou pas développer. Ok, t’as peur ?
– Quand je vois tout ce que t’as écrit…
– Moto, auto, vélo ou pédalo ?
– Allez, vélo. Ça a été mon moyen de locomotion quand j’étais enfant, qui m’a permis quand même de élargir mon champ d’action de découverte donc là, entre huit et quatorze ans. Beaucoup, beaucoup de vélo, et de plus en plus à s’éloigner de la maison et de découvrir un monde. Et ça, c’est la genèse de beaucoup en fait, de voilà, parcourir, découvrir. Et même à dix ans on fait des découvertes. On découvre un chemin, on en essaye un autre. Et, en fait, on a le choix, et des fois, le choix, c’est juste de tourner à gauche ou à droite. Voilà et le seul impératif, c’est de rentrer à l’heure. Et donc, du coup, c’était un âge où il y avait déjà une certaine forme de responsabilité. Voilà, et aujourd’hui, j’ai l’impression que les enfants sont moins responsables, parce que tout une technologie qui fait que, en fait, on sait où est l’enfant en permanence, alors que nous, on savait pas vraiment où on était, mais il fallait rentrer à l’heure quoi et donc, du coup, il y avait déjà une responsabilité. Mais c’était surtout, voilà, un moyen de découvrir son monde, le vélo, et je le pratique moins parce que, du coup, faut quand même avoir du temps. Je me suis remis au vélo parce que l’arrivée des assistances électriques ont rendu accessible à nouveau une activité physique qui demande quand même un certain engagement, surtout si on cherche à partir en vélo et puis chercher des nouvelles contrées. A dix km c’est accessible musculairement. Vingt km, ça l’est encore. Quand on commence à faire trente, quarante km et qu’on a un métier déjà ultra physique, bon ben généralement on cherche le repos avant tout quoi. Et l’aspect VTT électrique rend accessible, ben là aussi l’aspect inaccessible. Et puis ça devient ludique, la moindre petite côte qui est infaisable musculairement parlant et ben ça devient un défi et du coup, c’est très ludique comme façon de faire du vélo.
– Ok. Tu es plutôt l’âge de glace ou ll était une fois l’homme ?
– L’âge de glace. Quand même, c’est une période de l’humanité où il y avait quand même, enfin, il y avait quelque chose d’assez incroyable, en tout cas dans la préhistoire et sur les périodes glaciaires. Des paysages complètement différents, la mégaphone, on peut s’imaginer plein de choses et l’idée de transformer les paysages comme ils auraient pu être pendant les périodes glaciaires et de voir comment l’homme avait une capacité d’adaptation face à ces défis naturels. Ouais, ça fait poser beaucoup de questions.
– L’art pariétal ou l’art rupestre ?
– Pour toi, quelle est la différence ?
– Alors, l’art pariétal, ça va être plus ce qu’on a à l’intérieur des cavités, on va dire, et l’art… Bon maintenant, ils mélangent un peu les deux, je crois. Mais l’art rupestre est plus ce qu’on voit à l’extérieur, qui a disparu avec l’érosion, le soleil, etc. Je me trompe ?
– Ouais… Alors non, c’est bien, c’est très bien, non, c’est bien de définir les deux. Moi, je suis, je suis un homme de l’ombre et donc, du coup, les cavités quand elles sont ornées, ben c’est incroyable. Partir à la découverte de l’art pariétal, c’est très émouvant, c’est très excitant. Mais voilà ce que j’aime avec le milieu souterrain, c’est qu’on a des archives qui ne connaissent pas les altérations extérieures et donc, du coup, on a des traces humaines qui franchissent les années, les milliers d’années, les dizaines de milliers d’années, et c’est assez incroyable de tomber sur l’art d’il y a vingt, trente mille ans et que, finalement, en fait, ce qui nous est légué aujourd’hui, c’est quasiment frais. On a l’impression que certaines peintures, elles sont faites d’hier, elles brillent encore avec l’humidité de la cavité et c’est des témoignages très émouvants. Et quand on commence un peu à réfléchir, à essayer de comprendre ce qui n’est pas compréhensible, parce que, voilà, on a un art, quelque chose qui est apposé sur une paroi de cavités, mais on n’en connaît pas l’histoire, on sait pas du tout ce qu’ils ont voulu dire, on n’en a même pas la signification et la symbolique. Évidemment, on se fait des scénarios, mais bon, ça reste des interprétations très personnelles, qui ne peuvent qu’être que personnelles, et c’est ça qui est très intéressant. C’est sa propre histoire. Mais ce qui est très intéressant, c’est qu’on n’en sait rien et qu’on en saura sûrement jamais rien.
– Tout un mystère qui reste, et c’est ça qui est beau. Trois noms de rivières le roule-crotte, le bonheur ou le gland ?
– Alors, le bonheur, j’y étais hier, d’ailleurs. Hier, j’étais à l’abîme de Bramabiau, une rivière souterraine qui est mondialement connue car traversée par Edouard Alfred Martel. C’est la première traversée au monde qui était réalisée et, surtout, c’est la naissance de la spéléologie moderne et l’histoire d’une grande aventure qui, aujourd’hui, est perpétuée par une nouvelle génération. Et donc, du coup, ce bonheur, cette rivière qui se perd sous terre est assez incroyable, il y a un énorme porche d’entrée. La rivière rentre sous terre et hier, j’ai emmené les collaborateurs qui travaillent sur le chantier de Bramabiau, qui connaissaient pas la perte du bonheur, et on est allé voir des empreintes de dinosaures qui sont sous terre, des empreintes de tridactile. C’est marrant, parce que tant qu’on ne les a pas vus, une fois, on ne les voit pas, et une fois qu’on en voit une, mais on n’en voit pas dix, on en voit une centaine, on en voit des milliers et en fait, partout, partout, il y a des surfaces de piétinement qui ont cent quatre-vingt-dix millions d’années, et là, voilà, c’est encore la magie du sous terre, c’est que là on franchit non pas les millénaires, mais les millions d’années. Et en fait, géologiquement parlant, c’est complètement fou parce que, la dérive des continents, la tectonique des plaques, les plateau qui se sont soulevés font que voilà, ça donne le vertige parce que c’est une vie qui existait et qui a disparu. Quand on commence à parler de millions d’années et qu’on voit la position de la terre même, à quoi ressemblaient les continents et la dérive des continents, enfin, c’est juste incroyable quoi. Donc voilà. Et trouver des empreintes de dinosaures, ouais, ça fait partie de mon métier. Et c’est, ça aussi c’est assez fou quoi.
– Est-ce qu’on dirait de toi que tu es plutôt endurant, vif, mais généreux comme le pottok ou que tu es réservé, puissant et rapide comme le cheval de Przewalski ?
– Ah, je suis plutôt endurant, obstiné. Je ne sais pas ce que t’as dit, mais…
– Le pottok.
– Ouais le pottok, je sais même pas ce que c’est le pottok.
– C’est un peu un poney, va dire, en semi-liberté, au pays basque.
– Un poney en semi-liberté ?
– Ouais. Du coup, tu changes pour le cheval de Przewalski  ou tu restes sur le poney ?
– Non, on va rester sur ce poney ouais.
– Tu verrais plutôt un feu d’artifice au pied de la tour Eiffel ou à Étretat ?
– Ah ! Partagé. Non, Étretat, c’est très beau comme ça, y’a pas besoin d’amener d’artifice. La tour Eiffel, l’habiller, pourquoi pas ? En soit, je pense que le cadre du feu d’artifice au pied de la tour Eiffel, ce serait presque plus adapté ouais. On va laisser Étretat tranquille.
– Ok. Empreinte, tectiforme, perle de caves ou mur d’argonites ?
– Argh. Tectiforme, parce que c’est un symbole. Alors, pour ceux qui ne connaissent pas, le tectiforme, c’est un symbole de la culture magdelainienne, donc on va dire entre dix-sept et vingt mille ans, qu’on trouve dans certaines cavités ornées, qu’on trouve pas partout. Donc, c’est la forme d’un toit, un signe en forme de toit. Donc un toit relié avec avec une branche verticale et horizontale, un peu une base, voila. Mais bon c’est un symbole. Enfin, un symbole non, on va dire que c’est un signe pour bien s’exprimer. Et donc, du coup, on n’a pas la signification de ce signe, mais on le retrouve dans plusieurs cavités de la Dordogne, en passant par les cavités des Pyrénées, jusque dans les Cantabries, donc sur la côte atlantique espagnole, et c’est un symbole qui est extrêmement puissant. Mais on ne sait pas ce qu’il veut dire. C’est ça qui est très intéressant avec l’art pariétal, c’est que on a les animaux qui sont appliqués aux parois, la mégafaune et très souvent d’une faune qui a disparue. Mais c’est surtout, y’a toute cette signification de ces signes, voilà qui reste quand même un grand mystère. Donc ouais allez, tectiforme. Et en numéro deux, ça serait quand même l’aragonite parce que voilà les concrétions d’aragonites, et surtout les excentriques d’aragonites, c’est ce que la nature a fait de plus fin, et ça, c’est juste incroyable.
– On aura qu’à voir tes photos pour s’apercevoir que oui, effectivement.
– Oui y’a tout un…
– T’as des photos de… Si tu n’étais pas Rémi Flament, tu serais Edouard Alfred Martel, Aroun Tazieff ou Jean-Louis Etienne ?
– Ah, le choix est super dur. C’est étonnant que t’ailles me chercher ses références quand même, parce que pour moi c’est trois entités qui ont toutes amené quelque chose à des moments de ma vie. Alors, ouais, c’est quand même des géants.
– Tu peux prendre les trois.
– Alors y’aurait les trois. Mais Jean-Louis Etienne fait quand même partie des personnalités encore vivantes qui ont besoin d’être médiatisées parce que ils ont une autre vision du monde, ils ont une expérience, ils ont vécu des choses, ils ont repoussés les limites. Ils ont tous repoussé les limites dans ces trois et c’est juste exceptionnel ce qu’ils ont fait et ce qu’ils nous ont légué voilà. Mais oui, je suis un grand lecteur de Jean-Louis Etienne.
– Mais ça a été le premier à rejoindre le pôle nord en solitaire, en mille neuf cent quatre-vingt-six. C’est pas si vieux que ça quand même.
– C’est pas si vieux que ça. Et ce qui est très intéressant, c’est comment il a inventé sa vie. Inventer sa vie pour moi, c’est super important, c’est de sortir de ces chemins battus. Et quand j’ai lu le livre inventer sa vie, justement, ça m’a fait une claque, et je me suis dit, en fait, tout est possible, et je conseille vivement la lecture de ce livre, qui se lit très bien d’ailleurs et c’est très intéressant. Et oui, oui, se battre contre la dérive de la banquise, cet acte symbolique de rejoindre le pôle nord en solitaire et à pied. C’est juste incroyable. Et c’est avancer dans le vide le plus… Dans le néant, voilà. Aucune, aucun horizon, le blanc partout, et avancer coûte que coûte et de savoir que c’est pas gagné d’avance quoi, et c’est ça qui est incroyable dans cette aventure. Ouais, ça c’est… On va rester là dessus.
– Ouais, ok. Nœud de cour ou nœud de voleur ?
– Alors nœud de voleur, il ne me parle pas.
– C’est un nœud qui se défait très rapidement.
– Ouais. Non. Si je devrais choisir un nœud, c’est celui qu’on met en bout de corde pour… Alors, il faut savoir qu’en spéléo, on dévide la corde dans une verticale, mais qu’on connaît jamais vraiment la profondeur de là où on va et on fait un nœud en bout de corde. Et ce nœud en fait, c’est un acte de survie pour soi, mais aussi pour les autres, parce qu’en fait, quand on prend un kit, c’est un sac en pvc où dedans, il y a la corde, et cette corde, on ne sait pas qui c’est qui l’a enkité, mais il y a une confiance absolue quand on prend un kit. Voilà, parce dedans il va y avoir plusieurs cordes. Mais on sait que, au bout de la corde il y a un nœud et ce nœud il est très important parce que, en fait, quand on dévide la corde, ben, on a beaucoup de choses à observer, à regarder où est-ce qu’on met les pieds et où est-ce qu’on va passer, et ce nœud en bout de corde, si jamais il est pas fait ben on peut… C’est une chute mortelle. Donc voilà, donc oui, l’acte de faire un nœud en bout de corde, il est pour soi, mais aussi pour les autres. Voilà. Donc, je vais plutôt choisir ce nœud en bout de corde.
– Ok. Grand angle ou macro ?
– Ah, grand-angle,ouais, c’est celui qui permet de s’exprimer dans les milieux confinés et, surtout, d’amener une dimension au paysage souterrain. Et moi, je me bats contre cette vision du monde réduit à un imaginaire collectif qui le montre petit, étroit. Quand je dis que je vais sous terre, mais t’as pas peur de rester coincé, mais ça doit être étroit, et tu passes dans des boyaux… Faut savoir que sous terre, c’est un vrai monde, c’est un monde dans le monde, et c’est un monde qui est grandiose. Donc, le grand-angle me permet de le révéler à sa juste valeur voilà et de parfois, on va dire un peu exagérer ses proportions, mais c’est une vision artistique du monde souterrain et de le donner à sa juste valeur, et le grand-angle permet de montrer ça.
– Question plus ouverte, quelle est ta plus grande richesse ?
– Ah, c’est pas évident. Ça je pense que ça change beaucoup au fur à mesure qu’on avance dans la vie, mais peut-être le partage. Parce qu’aujourd’hui j’ai quand même vraiment envie de partager et puis de transmettre aussi. Il y a un temps pour tout, la phase d’acquisition de compréhension, la phase de maîtrise. Et puis à un moment, et ben c’est bien, une fois qu’on sait faire, ben, qu’est-ce qu’on fait de plus quoi. Et quand on arrive, non pas à un apogée, parce que j’espère toujours découvrir des choses, mais il y a un moment, c’est bien de commencer à dire bon, ben, peut-être ça vaut le coup, aussi, d’entamer la transmission et aussi d’une certaine façon, créer des vocations voilà. Quand tu parlais de Martel, Tazieff, Jean-Louis Etienne, c’est des gens qui font figure dans un paysage et qui, aujourd’hui, transmettent en tout cas une passion qui est toujours là et c’est des piliers qui donnent une direction. Donc sans en avoir cette… Comment dire… Cette…
– Admiratif ?
– Non pas admiratif, mais faut rester les pieds sur terre. On est des êtres humains avant tout. Et voilà, il faut juste transmettre dans l’amitié, le bonheur, l’instant de partage qui est dans la simplicité, mais qui peut faire avancer les choses. Et il y a beaucoup de monde aujourd’hui qui sont perdus, qui ont pas forcément de repères, qui savent pas comment faire. On est dans une société qui qui formalise énormément les choses, ou y a, on a du mal à sortir des sentiers battus. Tout de suite, on est très rapidement stigmatisé, peu importe dans quelle classe on est. Et en fait, dès qu’on sort du lot et dès qu’on commence à faire, automatiquement ça déplait, c’est, voilà, c’est… On est sur une société qui est très modératrice en soi, qui stigmatise énormément et les gens qui vivent leur liberté, ça peut rapidement être être mal vu. Non, il faut être libre, faut être libre et faut surtout, on est tous des êtres humains très différents et faut s’exprimer. On est unique et si vous avez envie d’inventer votre vie et de suivre des nouveaux chemins, en fait, il faut le faire. Faut pas forcément se préoccuper des autres. C’est pas toujours facile. Mais non, voilà, c’est ça, le partage et l’envie de transmettre des idées et de redéfinir un peu la vie, c’est super important. Pour moi en tout cas, actuellement. Ça fait partie un peu des chemins de bataille.

– C’est un beau message. On va parler un peu du Puy de la Haute-Loire. Je vais te demander voilà, si tu as un commerçant, des commerçants, artisans, à mettre en avant ou pas ?
– Difficile de cibler un commerçant à proprement parler, mais on peut parler du métier de commerçant. Moi, j’ai été commerçant, j’ai eu la chance d’avoir cette casquette dans la photographie grâce à Philippe Bousseau, qui est mon ancien associé et on avait une galerie commune qui était Jardin des Arts, qui était rue Pannessac, très belle rue d’ailleurs dans la vieille ville du Puy-en-Velay. On peut parler commerce, voilà, de cette rue, parce que c’est, il y a plein de petits commerçants, très tous différents, des indépendants, des franchises aussi, mais le métier de commerçant, c’est un métier qui est extraordinaire parce que, bah, du coup, on est sédentaire, on possède un lieu, on apporte un service avant de vendre quelque chose, on apporte des conseils. Ah bah, du coup, on rencontre des gens, parce qu’il y a des gens qui viennent vous voir et qui viennent pour quelque chose, peu importe ce que l’on vend, on est là pour conseiller avant tout. Et là aussi transmettre. Alors, nous, on avait une galerie photo, une galerie d’art orientée photographie d’art, donc on était, on transmettait la vue du département et des alentours. Et on avait des messages à passer qui étaient autant artistiques, avec la très belle photographie de paysage et puis de la photo un peu plus régionaliste, sans la dénigrer, parce qu’on a la chance d’avoir des villages et des paysages qui restent très beaux. Et c’était une super vie de pouvoir vendre sa propre création. C’est surtout ça qui est très intéressant dans le métier de commerçant, c’est en plus, quand on vend sa propre vision du monde et tout le message symbolique qui peut y avoir derrière. Donc voilà, ça c’était très bien. Mais sinon, au Puy, on a la chance d’avoir une très belle offre commerciale, y’a plein de petites boutiques et des petites pépites et y’a de tout. Voilà donc, sans en cibler un, allez au Puy-en-Velay, allez vous faire vos courses sur le commerce local, c’est très important.
Il y a beaucoup à faire, beaucoup à voir, et puis y’a des gens qui sont passionnés et qui seront là pour vous conseiller, et c’est surtout ça qui est très important dans le commerce local. Et voilà, il faut savoir que la richesse d’un département, c’est un tout. Je suis sûr tu vas me poser la question du restaurant. Mais…
– Oui. Alors vas-y restaurant, parles en tout de suite, bar.
– Mais commerces, restaurants… Mais voilà, si un jour, tout ça, ça supprime et ben c’est la morosité, donc si on veut lutter contre la morosité, voilà, ben soutenons le commerce local et je pense que c’est très important. Voilà donc un petit clin d’œil à la rue Pannessac qui nous a accueillis, qui nous a fait vivre et qui est très belle à voir en toutes saisons.

– Super. Je pose plus de questions sur les commerçants bars restos, tu nous as tout dit. Je vais te demander de parler d’une association de Haute-Loire, peut-être la tienne, ce serait bien.
– La mienne, je la préside, mais donc, c’est le GSCV, c’est le groupe spéléo canyon du velay, une petite association qui a pour but de découvrir, mais aussi de d’étudier et de protéger le milieu souterrain, mais pas que parce qu’on fait donc de la spéléologie, mais aussi du canyon. Le canyon, c’est une activité un peu plus ludique, qu’on se réserve plutôt aux beaux jours, sur la saison estivale donc là c’est parcourir les canyons qui sont encaissés, qui sont… Il y a un côté un peu aventure et on franchi des cascades qui sont hautes de plusieurs dizaines de mètres, et pour cela on utilise les techniques de progression sur corde et qui nous permettent de voilà, de vivre une certaine forme d’aventure et surtout dans un cadre de paysages exceptionnels et très souvent plutôt sur les milieux karstiques, avec des formes de creusements. Voilà, on a des mouvements d’eau, une végétation particulière, l’encaissement. Voilà et puis ça, c’est vraiment l’esprit d’équipe qui prime et puis, si on parle d’esprit d’équipe, bah, après, tout de suite, c’est la spéléologie, ou là, y a pas d’aventure autre que collective, et on s’enfonce sous terre et on apprend autant sur soi que sur les autres, et là aussi, ben on découvre des paysages exceptionnels, parfois inconnus, inconnus de toute une humanité donc, ça, c’est vrai…
– C’est un privilège.
– C’est le graal pour tout spéléologue de découvrir et de faire le premier pas de l’homme dans un espace vierge. Ben, sur terre il y a plus grand chose. Tout est connu, tout est cartographié, tout est visible, ne serait-ce que par notre technologie, les satellites ou autre, sous terre ben faut y aller. Il faut y aller et découvrir, c’est accessible, c’est à la portée de tous. Je dis souvent qu’il suffit de savoir marcher pour découvrir. Et ça, c’est pleinement vrai. Les découvertes se font à la portée de nos routes, de nos chemins, dans les bois, on gratte, on croise, on ouvre des passages, et puis, d’un seul coup, après souvent des efforts relativement importants, ben une petite fissure s’élargit jusqu’à être pénétra par l’homme et puis là c’est la récompense et on avance très souvent dans l’euphorie. Et voilà, il y a de la joie, il y a des cris, il y a de la surprise, des fois, ça ne s’arrête pas. On comprend pas trop ce qui se passe. Les galeries sont immenses, on tombe sur des ruisseaux, une rivière, des concrétions complètement folles, vierges, qui sont immaculées, des paysages grandioses, ça scintille et tout, et ça, c’est des moments quand ça vous arrive, c’est exceptionnel.
– Et du coup tu restes deux jours sous terre sans t’en être aperçu.
– Ça arrive de passer des nuits sous terre, c’est rare, mais ça arrive.
– Est-ce qu’il y a une condition particulière pour adhérer à l’association ? Comment ça se passe, on peut être débutant ou…
– Alors, nous, on demande juste à ce que les gens s’impliquent et s’impliquent avec leurs propres envies. C’est-à-dire que faire de la spéléologie, c’est bien, mais il faut amener quelque chose. C’est dire que en soit, nous, dans le club, on est une toute petite association par rapport aux associations sportives du département, mais on amène tous une pierre à l’édifice. Et donc du coup, ben moi ça va être la photographie, la topographie, mais on a un hydrogéologue, on a des cordistes, on a des naturalistes, très importants parce qu’on fait énormément de comptage sur, par exemple, les chiroptères, voilà les chauves-souris, les premiers défenseurs des chauve-souris ben c’est les spéléologues, parce que, ben, on vit dans un milieu qu’on partage avec ces mammifères, qui sont les seuls mammifères volants, d’ailleurs, et qui sont incroyables à observer, à étudier. Mais du coup, on a aussi des électromécaniciens. Alors eux, ben quand on a besoin d’installer des pompes pour pomper un siphon, vider une rivière, détourner des eaux, ben ils sont les bienvenus parce qu’ils ont des compétences, ils ont des connaissances. Et voilà, et en fait toute la petite équipe qu’on est, on a une vraie expertise pour le milieu souterrain et ça nous permet d’entreprendre, ben voilà des numérisations de site souterrain, des compréhensions de site, de la médiation culturelle. Voilà, on fait des expositions assez régulièrement pour la fête de la science notamment, et ça permet de donner une autre vision et puis d’amener un éclairage sur des choses qui sont pas forcément visibles. Et voilà, c’est un peu la devise du début rendre accessible l’inaccessible, Voilà, au GSCV on fait ça. Donc, c’est chouette. Et on fait ça en plus entre copains, donc…
– C’est encore mieux.
– C’est encore mieux.
– Mais si je fais des gâteaux, par exemple, je peux venir ou pas ?
– Oui, alors ouais nous, on a un spécialiste du barbecue, il se reconnaîtra, je pense que ça va le faire sourire, mais voilà, et donc, du coup, on peut pas faire une sortie sans avoir un super repas fait au barbecue.
– Ok, donc bon, les invitations sont lancées. Si vous avez quelque chose de particulier, un truc en plus, voilà, n’hésitez pas.
– C’est ça.

– Euh, tu m’avais parlé d’un artiste sur le Puy-en-Velay.
– Oui, oui oui. Bon, on en a plein des artistes sur le Puy aussi. Mais on a des artistes qui sont mondialement connus et qui travaille aussi un peu dans l’ombre, et c’est ça qui me plaît. C’est Sandry, voilà, Au Delà du Réel, un super tatoueur. On se connaît depuis très longtemps. Moi, je l’ai vu démarrer et il est surprenant parce que, ben voilà, il a aussi eu d’autres vies avant et c’est assez incroyable de voir à quel point on peut aller loin dans un art et d’être reconnu mondialement parlant.
Mais sans forcément se prendre la tête de rester soi-même. Et voilà moi je suis admiratif et je suis très fier de lui. Voilà. Et de temps en temps, je lui dis et quand je vois son travail, je suis très heureux pour lui, mais je suis très heureux aussi pour tous ces gens qui entreprennent et qui y croient et qui sortent, là aussi, des sentiers battus et qui inventent leur vie. Voilà, pour parapher…
– Son salon est avenue Foch ?
– C’est ça ouais.
– Pour parapher pardon, je t’ai coupé.
– Jean-louis Etienne, encore.

– Voilà. Encore et toujours. On va parler de toi, de ton travail de photographe. Voilà parce que je suppose que photographe à la lumière du jour c’est différent donc explique nous un petit peu comment tu peux mettre en valeur toutes ces cavités.
– Alors oui, c’est un métier dans un métier. Ben photographe, bon, déjà faut être photographe. Déjà ben y’a une technique qu’on soit à l’extérieur, à l’intérieur, peu importe ce qu’on photographie, ben il y a une technique qu’il faut acquérir. C’est la technique de la photographie. Donc on a vraiment un objet technique qui est, voilà, qui est particulier. C’est une façon de s’exprimer, mais, au même titre que la peinture ou la musique, il y a une technicité à avoir. Une fois qu’on acquiert cette technique, ben, on peut entreprendre et créer. Voilà, parce que ça reste un art, la photographie, et du coup, c’est une vision personnelle, c’est une sensibilité, on va dire. Donc on a la technicité, la sensibilité et moi j’ai rajouté à ça l’aventure avec ben voilà la photographie de cavités, qu’elles soient anthropiques ou naturelles. C’est une aventure, c’est une démarche d’aller sous terre. On est privé de la lumière. Et la photographie, c’est quand même écrire avec la lumière. Donc on est… Ben il nous manque quelque chose quoi, la lumière. Donc, la lumière ben on va la transporter, on va l’amener, on va la, voilà, diriger, on va la gérer, on va l’inventer également. On invente beaucoup de choses aujourd’hui, nos chemins et la lumière, c’est incroyable. Mais on va l’emmener surtout dans des endroits où il n’y en a jamais eu. Donc, il y a un vrai message. La lumière, c’est, d’une certaine façon, c’est nos connaissances, c’est l’humanité. La lumière, elle a apprivoisé le feu, elle s’est enfoncée sous terre, elle y a amené une vision. Quand on voit cette mégaphone qui est inscrite sur les murs, ben voilà, c’est l’art des cavernes. Et aujourd’hui, ben d’une autre façon, j’amène l’art des cavernes en utilisant la lumière, bah, je révèle tout ce qu’elle peut nous offrir. Donc, autant une morphologie de parois, voilà pour des géologues, que des empreintes de dinosaures pour les paléontologues, que les grottes aménagées, qui sont d’ailleurs une très belle porte d’entrée pour découvrir le milieu souterrain pour le public qui a envie de découvrir le milieu souterrain, ben voilà, c’est le moyen le plus facile d’accéder à des paysages souterrains grandioses. Voilà, et puis, après ben y’a tout un monde avec les industriels ultra spécialisés qui ont aussi besoin pour leur communication interne ou pour expliquer qu’est ce qui se fait sous terre. Donc voilà, il y a des acteurs du sous-sol, il y en a plein. Et être photographe souterrain, ben c’est un métier particulier. On n’est pas nombreux à faire ça dans le monde. En tout cas, d’avoir une certaine renommée, ça permet de vraiment pouvoir s’exprimer finalement, sans difficulté, hormis le fait que il y a la technicité. Mais on a carte blanche pour… Face au noir absolu, on va pouvoir vraiment diriger, gérer et montrer ce que l’on veut et ce que surtout montrer ce que l’on ne veut pas. Et voilà, on invente vraiment son image. C’est… Quand on fait de la photographie souterraine, c’est une œuvre de l’esprit, c’est-à-dire qu’on démarre avec pas grand-chose, on a un tableau tout noir et à chaque fois qu’on va rajouter un flash, il se passe rien quand on pose un flash, et quand on déclenche,ben il y a la magie qui opère et le temps d’un éclair, on imprime la photo et là il y a quelque chose qui se révèle. Et à la base, c’est vraiment une œuvre de l’esprit et généralement, quand je réalise la photo, en réalité, elle est déjà faite, elle est déjà dans ma tête quoi. Donc c’est ça qui est assez incroyable.
– Oui et puis là pour faire de la photographie de qualité, tu es pas juste photographe, tu es aussi, faut que tu fasses de la spéléologie, faut que tu saches descendre, il faut que tu fasses des fois de la plongée sous-marine, un peu parce qu’il faut que tu traverses… Non, je t’ai déjà vu avec…
– Alors moi, je suis pas plongeur, je ne suis pas spéléo plongeurs mais des fois, il faut mettre la tête sous l’eau. Ouais, il faut se battre parfois. Alors pas forcément avec l’environnement, mais surtout avec soi-même. C’est à dire que la seule limite qu’on a sous terre, c’est soi-même.
– C’est toi.
– Voilà, c’est ça. Soi et puis les autres. Mais les autres, on n’est pas en compétition. Mais quand on avance sous terre, on n’est jamais tout seul voilà et clairement sous terre, je ne serais pas grand chose si j’y allais seul. On est très vite limité seul et donc, du coup, c’est plus… Alors quand on fait de la photo souterraine… Oui, alors, on est photographe, on est spéléologue, mais on a aussi ce rôle de leader, c’est-à-dire qu’on part avec une équipe et on est un tout, et c’est à dire qu’il faut être bienveillant envers les autres, parce que ils sont aussi… Enfin, ils sont là avant tout pour moi, pour l’objectif d’aller faire une photo, parfois dans des endroits qui sont très reculés ou difficiles d’accès, et donc, du coup, c’est une équipe qui permet d’accéder à la photographie. Donc voilà, il faut être leader et il faut être photographe et il faut être multi casquettes, ça c’est sûr. Mais avant tout, je pense que, voilà, il faut garder cette cohésion d’équipe, et parfois, c’est plus dur parce que, ben, il y a de l’attente et du froid, il y’a de l’humidité, c’est éprouvant mais je suis bien entourée, et ça, c’est une chance.
– Dans ton équipe, je sais qu’il y a Etienne Chabrier qui est souvent avec toi, peut être tout le temps avec toi non ?
– Ben c’est marrant parce qu’il est arrivé au club, un appel téléphonique, un jeune qui se présente, qui a envie de découvrir, comme il y en a plein en fait voilà. Et du coup, je l’ai pris, alors, je l’ai pris sous mon aile. On va dire qu’avec Etienne, c’est un peu particulier, parce que il fait partie des gens dont je suis vraiment fier, parce que… Alors il avait déjà toutes ses compétences, une curiosité envers la nature, il fait partie des naturalistes du club, des compétences… Déjà, il y avait déjà un vrai bagage avant qu’il s’intéresse au milieu souterrain, et puis cordiste, une culture de la corde, quelqu’un qui est un peu touche-à-tout et qui fait du TP en falaise, très spécialisé, un métier qui est très difficile. Voilà, il faut en vouloir. Et il est vrai que tout ce que j’ai vu de plus beau, Etienne était toujours là et il m’a toujours accompagné dans les missions les plus folles, et on a fait des choses remarquables ensemble et on continue à faire des choses remarquables ensemble et ça, c’est vraiment incroyable. Donc, c’est un vrai pilier. Je lui ai apporté beaucoup, mais il m’a autant apporté que ce soit dans la confiance et les moments vécus, les moments de bonheur, les galères, parce que, ben voilà, des fois c’est dur, c’est très dur, surtout face à un environnement qui est extrêmement fragile, où il faut prendre énormément de précautions, et toutes ces précautions amène un inconfort terrible et des fois, c’est vrai que on se dit mais qu’est ce qu’on fait là alors parce que notre présence elle est limite face à un environnement fragile où on galère vraiment à prendre des pauses, pas permis, pendant des heures et des heures et être bouffé par les crampes, mais être aussi tout simplement face à une paroi ornée des bisons, sculptés, peints, dans des moments… Voilà, c’est lunaire quoi, on se dit, on a pas… Ce qui est très étonnant, c’est qu’en fait, on sort de nulle part. On n’a pas forcément, enfin, on se sent pas forcément légitime. On l’est par une technicité, par des compétences qu’on a acquis avec le temps, mais on est autodidacte. Voilà, on n’a pas de parcours scientifique et pourtant on fait appel à nous et on va dans les lieux les plus fermés au monde. Ça, c’est assez incroyable, mais c’est un binôme qui fonctionne bien. Voilà, c’est sur que c’est incroyable. Pour rebondir, aujourd’hui, Etienne, s’est lancé dans la démarche de vivre du milieu souterrain, y’a une certaine fierté hein parce que, quand il est arrivé, jamais j’aurais imaginé qu’il irait aussi loin. Il a pas eu besoin de moi pour créer une vocation, mais je sais que, voilà, je lui ai amené autant que lui m’a amené, et c’est dans cette dualité que on a pu faire de très belles choses ensemble et j’espère que ça continuera. Et voilà donc là, maintenant, il passe son brevet de… Diplôme d’état de, pour devenir guide de spéléologie. Et c’est une très belle chose pour lui ouais.
– Tu as aussi une personne en surface qui, je suppose qui est là, qui peut apporter de l’aide, ou tout le monde descend en même temps. Non, il y a toujours quelqu’un qui reste à la surface. Et comment vous communiquez avec cette personne qui reste à la surface ?
– Alors, quand on va sous terre, il y a personne en surface, en soi, on a une sonnette, ce qu’on dit c’est que… Enfin, on en a toujours deux, au cas où il y en ait une qui soit défaillante ou qui nous oublie. Mais en gros, quand on rentre sous terre, on prévient toujours une à deux personnes pour dire où est-ce qu’on va, le type de mission et le temps qu’on estime qu’on va passer sous terre. Voilà bon c’est le minimum. Après, ce sont des gens qui sont habitués au milieu souterrain, qui comprennent les enjeux. Ils savent avec qui on est accompagné, du coup, ils connaissent le bagage technique de l’équipe qui se rend sous terre. Et voilà, mais en soi, une fois qu’on est sous terre, on est seul au monde et donc, du coup, on est coupés de toute aide immédiate de l’extérieur et de toute façon, on ne peut compter que sur nous-mêmes. Si il arrive un incident ou un accident, de toute façon, c’est l’équipe qui est sous terre qui va pouvoir faire quelque chose, donc veiller, assister la personne qui est immobilisée. Faut arrêter de dire un spéléologue coincé sous terre, ça c’est le titre des journaux je… Vraiment ça m’énerve de voir ça, et à chaque fois, une personne coincée à tant de mètre sous terre. Non, on n’est pas coincé, on est immobilisé, voilà, c’est le petit coup de gueule du podcast. Voilà, si on a un problème, qu’on est immobilisé sous terre, ben les accompagnants, les amis, les copains, vont sortir, prendre le temps de sortir. S’il faut quatre heures, il faut quatre heures, si il faut dix heures, il faut dix heures. Et après ce laps de temps, pour sortir, ils vont prévenir les secours et là, il y a toute une chaîne opératoire qui se met en route. Sous terre les secours, ben c’est le spéléo secours, le spéléo secours français. Ce sont des bénévoles qui sont formés aux secours souterrain. Ça repose sur des bénévoles et qui vont mettre autant de temps pour venir au chevet de la victime. Et puis voilà, après, derrière, il y a une extraction qui est parfois longue. Le secours en milieu souterrain, c’est des secours qui sont toujours très complexes, qui sont très longs, mais on est plusieurs milliers de bénévoles en France à être formés à ces secours. Et nous-mêmes, au club, on est cinq, six à être au spéléo secours et à faire des exercices. Jusqu’à présent, on n’a jamais été mobilisés sur des secours. On est très content parce que, en fait, ça veut dire que bas, des secours en souterrain, il y en a pas souvent et quand ça arrive, ben voilà, on sait que nous, on est formé et que s’il faut prêter main forte aux copains qui sont sous terre, ben on sera là, voilà. Voilà un peu comment ça se passe, on va dire, l’aspect communication avec la surface. Mais oui, du moment où on rentre sous terre, on peut compter que sur nous-mêmes.
– Ok, de toute façon, vous êtes formé au secours chaque… Tous les combien vous faites une…
– Oh, c’est plusieurs fois par an qu’on fait des exercices secours, y’en a quatre, cinq, là, le prochain, c’est dans une semaine, ça sera dans le Gard et ça sera en falaise donc j’espère qu’on prendra un peu le soleil.
– Oui, on n’en n’a pas trop aujourd’hui, il devait être là, il se cache.
– Un printemps un peu long à se mettre en place.
– Tu disais qu’avec, donc, avec Etienne, tu vivais des moments assez rares, et il y en a un, je crois que vous êtes, que vous êtes quatre personnes à l’avoir vécu, ce moment-là, au monde. Vous êtes rentré dans une galerie. Tu vois déjà de laquelle je parle.
– Hum.
– Dix ans après sa découverte, est-ce que tu peux nous parler de la galerie Eden Josiane ?
– Donc la galerie Eden à la base, elle s’appelait la galerie Eden. Ben c’est une toute petite galerie dans le réseau Malaval. La rivière souterraine de Malaval, c’est le plus gros développement du département de la Lozère, c’est douze virgule quatre km de réseau souterrain connectés avec une très belle rivière sur un peu plus de deux km, et c’est une cavité, qui est mondialement connue pour son concrétionnement. On parlait d’aragonites, là, c’est vraiment le royaume d’aragonites et on a des excentriques d’aragonites. Les excentriques d’aragonites, c’est un type de concrétionnements qui n’est pas régi par les lois physiques, comme par exemple la gravité. Donc, on va voir des stalactites, des stalagmites. Là, on est sur des axes verticaux, ça monte, ça descend. Ça suit la verticalité de l’infiltration de l’eau, le goutte-à-goutte va faire qu’on va avoir un concrètionnement qui est vertical. Bon ben là on a un foisonnement, ça part dans tous les sens. C’est des fleurs minérales d’une finesse extraordinaire et ces excentriques, elles tapissent les parois et les plafonds de la cavité et c’est d’un blanc pur, ça s’apparente un peu à la noix de coco. L’aragonite, c’est mat, c’est pas transparent, c’est très dense. Faut dire que c’est assez rare, sauf à Malaval, où vraiment on a de l’aragonite de partout et même de façon très massive. Y’a des endroits où on a des mètres d’épaisseur d’aragonites, c’est assez incroyable et dans la galerie de l’Eden, l’Eden Josiane ben c’est une cavité où, en fait, la nature, elle a tellement détesté le vide qu’elle a tout rempli avec des cristaux qui font plusieurs dizaine de cm de longueurs, voire presque parfois cinquante cm. Et on a des excentriques de partout. Et on a des excentriques au plafond, on a des excentriques aux parois, au sol, on a des gourdes d’aragonites, on a des petites paillettes, des petits radeaux d’aragonites qui se sont déposés sur plusieurs centimètres d’épaisseur, et personne y allait, parce que, en fait, c’est extrêmement, extrêmement fragile.
– D’où, tout à l’heure, tu parlais des positions difficiles à prendre.
– Oui voilà.
– Et qui te font des crampes.
– Oui, c’est ça. Alors, du coup, nous, on a marché dans les pas de l’unique explorateur qui est allé au terminus de cette galerie.
– Jean-Louis.
– Jean-Louis oui et le terminus, c’est un gour, un gour d’aragonites, avec de l’eau qui est tellement saturée de minéraux qu’elle est bleu turquoise. Et là, on est dans un environnement qui est juste incroyable et qui est d’une fragilité telle que, en fait, cette galerie a été mis en réserve absolue. Et le propriétaire de la cavité Daniel avait voulu communiquer sur cette cavité. Et voilà, Daniel a un problème de santé qui fait que, aujourd’hui, voilà, il est toujours vivant, mais il ne connaît même plus cette cavité, et il voulait absolument… Enfin, il voulait absolument publier avant de perdre entièrement la mémoire et tous ses souvenirs et donc, du coup, nous avait missionné pour réaliser de la photographie. Ça faisait longtemps qu’il attendait qu’un photographe ait la capacité d’accéder à ce site et il nous a choisis, avec Etienne. C’est un privilège immense, mais une responsabilité qui est une.. Enfin, une grande responsabilité et moi, personnellement, j’aurais voulu ne pas y aller dans cette cavité, parce que en fait ben clairement, l’homme n’y a pas sa place. On l’a fait pour Daniel, puisqu’il nous l’a demandé et… Forcément il y a un peu d’émotions dans ma voix, parce que voilà, Daniel aujourd’hui, il est plus là et c’est dur parce que c’est un ami fidèle. Voilà… Enfin, parler de cette cavité ça, ça remonte beaucoup de choses. Donc voilà. On est tous rattaché à l’humain et y’a certaines cavités, l’humain est très fort donc voilà.
– Ok.
– Mais oui, ça fait partie des endroits incroyables et quand on a la chance d’y aller, on saisit la chance. Mais c’est une… Ouais, c’est une grande responsabilité d’aller dans des lieux comme ça.
Et moi je le fais par amitié, mais y’a pas plus beau au monde en fait, c’est ça qu’il faut se rendre compte, j’aurais aimé attendre encore vingt ans pour voir quelque chose qui fait partie des plus belles choses au monde. Et, et c’est vrai que quand on a à peine quarante ans et qu’on vous dit ben, tu vas voir la plus belle chose qui existe. Bah, c’est pas évident, parce que déjà, qu’est ce qu’on va voir après. Et puis, surtout, comment on va se préparer pour aller voir ça, parce que, ben, en fait, personne ne l’a vu en soi. Bon, on a les écrits, on voit l’euphorie du moment, on voit tout ça donc, on s’imagine bien qu’on va avoir quelque chose d’exceptionnel. Mais quand on y est allé avec Etienne, on n’a pas parlé. On n’a pas échangé un mot, on était silencieux jusqu’à arriver à l’entrée de la cavité. On sait où ça situe et c’est gardé secret évidemment. On le dévoilera jamais parce qu’on a trop peur que des gens y aillent. Et la volonté de Daniel ben, c’était que, après notre passage, personne n’y aille. Et c’est vrai que c’est. Ben voilà, c’est un moment fort et quand on s’est retrouvés devant l’entrée, c’est pas qu’on se sentait… Encore une fois voilà, c’est pourquoi nous quoi, pourquoi nous, pourquoi on ait choisi nous. Et comment ne pas décevoir et d’être… Voilà, c’est vraiment une responsabilité de rentrer dans un endroit comme ça et on a mis tout en œuvre pour que ça se passe au mieux. Et avec Etienne, ce qui est incroyable, c’est qu’on a, j’ai pas besoin de parler quand je fais de l’image avec lui, c’est que, en fait, il sait déjà ce que j’attends de lui et faire la photo avec lui, c’est juste incroyable, parce que, lui, son boulot, c’est de faire l’éclairage, de faire la lumière. Et je crois que les seuls mots qu’on a dit quand on était… Parce qu’on est restés silencieux dans ce sanctuaire.
Je crois que le seul truc qui est sorti, c’est aberrant, parce que c’est c’est un peu une blague avec nous, avec lui et même avec tous ceux du club. C’est que quand on vit un truc exceptionnel, on dit oh mais c’est complètement aberrant. Bah, c’est ça, c’est aberrant, c’est un mot aberrant.
Et voilà, mais c’est vrai qu’on est restés, en fait, on n’a presque pas parlé. Parce que déjà on était tellement concentrés sur tous nos faits et gestes. A savoir que quand on bouge, c’est sur la surveillance de l’autre. Et voilà donc, on a sorti une cinquantaine de photographies. Voilà, et ce qui est dingue, c’est que Daniel fait partie des inventeurs de cette cavité, mais lui-même n’a pas vu le fond, parce qu’il s’était interdit d’y aller par peur de l’abîmer. Et donc, du coup, on lui a permis de voir ce qu’il avait entrevu, ce qu’il n’avait pas pu voir au fond quoi. Lui, il avait juste entendu les cris de Jean-Louis, l’enthousiasme qui a derrière de la découverte, mais il a tendu la tête. Il voyait un petit peu mais en fait, il n’a jamais vu. Voilà, donc, faire de la photo, ça a vraiment du sens, parce que là, ça a permis de documenter un site qui n’est pas accessible à l’humanité parce que c’est trop fragile.
– Oui, ça permet de le préserver, mais tout en donnant accès à…
– Voilà, c’est ça. Et rendre accessible l’inaccessible ben là ça avait clairement tout son sens quoi. Donc, voilà. Oui, oui, c’est un endroit chargé d’émotions, évidemment ouais.
– Donc, là, ça, on peut dire que c’est le plus bel endroit que tu aies vu jusqu’à maintenant ?
– C’est pas tout à fait vrai, parce que…
– Pas tout à fait vrai. Lequel, quel est le plus bel endroit dis moi ?
– En fait quand on est spéléologue, on s’émerveille devant un tout quoi. Là c’est la démonstration de la nature qui est exceptionnelle. Mais il faut savoir que on a les yeux qui brillent autant face à des concrétions exceptionnelles que une peinture qui est potentiellement datée de vingt mille an et à un tas de cailloux accrochés à une paroi, on va appeler ça un remplissage, des marnes, des limons, des galets qui sont là depuis des millions d’années et, en fait, le sol qui est piétiné, il a tout autant de valeur que ce qui semble être pour le commun des mortel le trésor. Et en fait sous terre et ça, c’est avec la maturité que ça arrive. En fait, tout est beau et tout est précieux parce que en fait, on est dans une archive où il n’y a pas d’interaction avec l’extérieur. Et nous, aujourd’hui, on est une entreprise support avec Etienne, on fait du relevé, on amène de la donnée à d’autres entreprises qui n’ont pas forcément la capacité d’accès. C’est pas nous qui étudions réellement le milieu, mais si on fait un prélèvement de limons, on va peut-être trouver des pollens qui vont permettre de comprendre le paléo climat ou le paléo environnement en lien avec une autre découverte. Donc on n’est pas des scientifiques, voilà on n’a pas cette casquette là. Avec le temps, je ne suis pas sûr qu’on le devienne, mais en attendant, on se mêle à des scientifiques qui nous transmettent d’une certaine façon leurs connaissances et qui nous permettent aujourd’hui, quand on rentre sous terre, de voir, parce que c’est très difficile de voir quelque chose que l’on ne connaît pas. Mais une fois qu’on acquiert la vision, on voit des choses. Hier, avec le bonheur, c’était le cas avec les collaborateurs de Bramabiau là. J’ai fait exprès d’aller au fond de la perte du bonheur. On est passé devant des centaines d’empreintes de dinosaures et ils ont pas vu, c’était vraiment fait exprès.
– C’est sur le retour que tu leur as dit…
– Et en fait, je leur en ai montré une et puis une deuxième. Puis là ils ont pris conscience, ils ont compris qu’est-ce qu’il fallait observer et sur le retour, ben je les entendais crier ouais y’en a y’en a y’en a parce que on était passé à l’aller, ils sont passés à un mètre et les ont pas vues. Et du moment où, en fait, on apporte la connaissance, et ben là d’un seul coup, on commence à voir des choses et c’est là qu’il faut encourager les gens à voir et à acquérir des connaissances, parce qu’aujourd’hui il y a tout un monde qui disparaît par la pression humaine. Notre société, notre humanité, elle est terrible parce que, aujourd’hui, on est en train de tout détruire, de tout perdre, et ça se fait dans l’ignorance, parce que ben les gens n’ont pas la vision, en fait, en soi. Voilà donc, je pense qu’on a une grande responsabilité. Les gens qui ont une certaine forme de connaissance, nous on n’a pas forcément grand chose, mais un petit peu, le peu qu’on a, on essaye de le transmettre, parce que, ben, observer, et surtout la nouvelle génération si… J’ai pas la stat de qui c’est qui écoute tes podcasts. Mais d’ailleurs peu importe la génération, parce que autant celle de mes parents que la nouvelle qui arrive, prenez le temps d’observer, parce qu’il y a plein de choses qui sont en train de disparaître. Et c’est sournois, parce que quand quelque chose a disparu, ben en fait, on le verra plus et c’est très difficile de savoir ça a disparu sans savoir que… C’est un peu le chat qui se mord la queue.
– Quand on savait pas que ça existait.
– Quand on savait pas que ça existait et le pire, c’est que y’a des choses qui disparaissent sans qu’on en ait la connaissance, c’est-à-dire que on n’a même pas étudié. En fait, on découvre encore aujourd’hui de nouvelles espèces mais on se rend compte qu’il y a déjà des choses qui ont disparu avant même qu’on l’ait connu, et ça, c’est terrible. Et aujourd’hui il y a une érosion qui accélère. L’érosion de la biodiversité, c’est pas un mythe. Il faut comprendre que c’est le plus grand des combats. Les conflits sont pas politiques. Aujourd’hui c’est… Les plus grandes batailles, elles sont pas au bord des frontières. Non, c’est vraiment la nature. Et si on doit aujourd’hui défendre quelque chose, c’est avant tout la nature et, dans un second temps, notre liberté. Voilà.
– C’était un peu la question que je voulais te poser, si tu voyais des changements par rapport au tout début, quand tu as commencé, est-ce que tu peux en voir des changements ou comment ça se passe par rapport à là comme tu disais au climat, par rapport à…
– Alors sous terre, on voit déjà beaucoup de choses qui évoluent, qui changent. C’est des phénomènes assez rapides. Mais c’est toujours en lien avec plutôt les changements climatiques. Et la non régularité qu’on va avoir sur des années. Avant on avait des saisons qui étaient très marquées. Aujourd’hui on a des choses en surface qui sont un peu exceptionnelles, des températures exceptionnelles, des aléas climatiques de plus en plus exceptionnels, mais surtout de plus en plus rapprochés. Et sous terre ben on voit des modifications, évidemment. Les années de sécheresse, ben aujourd’hui, même s’il pleut en surface et qu’on a eu l’année dernière, qui était très pluvieuse, ben sous terre, mais il y a pas tant d’eau que ça. Et l’eau, il faut savoir qu’elle met longtemps à s’infiltrer, et il faut pas confondre eaux de surface et eaux souterraines. Et ça, par contre, il n’y a pas besoin d’être scientifique pour voir que y’a des modifications profondes dans les cavités voilà. Et il faut savoir que même dans les endroits complètement vierge de toute intrusion, on arrive à trouver du plastique. Et ça, c’est aussi un autre signe alarmant, parce que on pratique la spéléo dans des milieux quand même qui sont naturels, est plutôt rurale, et même dans les cavités les plus fermées, les plus confidentielles, où l’homme n’est pas forcément allé, on arriva dans les prélèvements à trouver des microparticules de plastique. Donc ça c’est quand même assez alarmant, et oui, oui, oui, oui, il y a forcément des craintes à l’avenir et c’est vrai que je suis assez pessimiste sur le futur de l’homme voilà. Pas pour le futur de la nature, parce que la terre n’a pas besoin de nous pour exister, mais mais oui pour les années futures et pour l’homme. Il y a un vrai travail et une vraie prise de conscience à faire aujourd’hui, je pense qu’elle y ait, y’a une prise de conscience, tout le monde en est conscient, mais ça bouge pas. Ça, c’est un vrai problème, et il faut que ça bouge, et il faut trouver des solutions, et il faut pas attendre de nos hommes politiques. Je pense que l’action, en tout cas la bonne action, elle est de notre ressort de chacun. Voilà, il faut tous mettre en place quelque chose aujourd’hui. Même si on a un tout petit pays. La France, on n’est pas grand-chose. On est un peu le centre du monde, on a l’impression d’être le nombril du monde. Mais voilà, quand on voyage un peu, on se rend vite compte que l’on n’est pas grand-chose. On reste un petit pays. Certes un beau pays, mais voilà, mais je pense qu’on a notre part à faire.
– Est-ce que tu veux rajouter quelque chose par rapport à ton métier ? Tu veux nous parler des petites bébêtes qu’on trouve dans les cavernes ou pas, ou…
– Arf. Non, pas forcément, puis c’est pas ma spécialité la bio spéléo.
– Ouais. On ira voir tes photos déjà.
– Mais oui, parlons plutôt paysages. Mais oui, en tout cas, oui à tout ceux qui écouteront ce podcast. Je pense qu’il est, il est du devoir de chacun d’essayer de vraiment vivre pleinement tout ce qui peut nous être offert. Moi, j’ai choisi le milieu souterrain, la photographie pour m’exprimer, mais il y a plein, plein, plein, plein de choses. C’est ça qui est incroyable dans l’humanité, c’est que voilà, on a une vie et on a la chance de pouvoir la vivre, et encore plus en France, on est quand même aidé sur beaucoup, beaucoup de choses. Donc oui, les gens qui ont envie d’entreprendre, qui on envie de faire des choses, ben surtout, croyez en vous, voilà, je pense que ça, c’est super important de passer sa vie à faire des choses et de pleinement être heureux. Je cros que c’est une des phrases les plus importante que j’ai lu, et elle est encore de Jean-Louis Etienne. Pour être heureux, il faut vraiment faire ce que l’on a envie, parce que en fait, c’est le plus important, c’est d’être heureux. Et moi, ça passe par l’aventure, c’est sûr.
– Ok.Tu n’as pas écrit de livre encore, mais tu as été co-auteur ?
– Une aventure souterraine encore où j’ai été mêlé à sept grand noms des artistes de bande dessinée, puisque là on parle vraiment d’artistes hein. C’est des dessinateurs, mais c’est surtout des narrateurs et leurs techniques d’expression dans la narration, c’est le dessin. C’est ça qui est incroyable, et vous prenez sept auteurs de bandes dessinées qui se retrouvent enfermés pendant sept jours, pendant presque dix jours même sous terre à entreprendre de découvrir ce qu’est une paroi de cavités et leur donner la chance de pouvoir dessiner, voilà leur art sur une grotte. Alors, ils étaient déjà très connaisseurs, et fins connaisseurs de l’art pariétal, et il avait déjà sorti Rupestres, une première bande dessinée, et là, il y a eut un deuxième tome édité sous la maison d’édition futuropolis qui fait des très, très, très, très belle bande dessinée. Vraiment, ça fait partie des très belles maisons d’édition sur la bande dessinée, spécialisée dans la bd, autant d’aventures que scientifiques et des choses exceptionnelles. Toujours très en lien avec la protection de l’environnement, et vraiment, la bande dessinée, c’est un art, c’est vraiment un art. Moi, je le considère en tout cas comme un art. Et là je les ai accompagnés pour les photographier dans leur démarche, et voilà, et puis, je me suis retrouvé, sans le vouloir, co-auteur d’une bande dessinée. Voilà bon, c’est un petit clin d’oeil, mais non, j’ai pas encore écrit de livre. J’ai du temps encore pour ça. Voilà, c’est quelque chose qui… C’est une aventure là aussi, qui me tente mais c’est encore un petit peu trop tôt. Je me laisse du temps et y’a plein de choses à découvrir avant.

– Ok merci Rémi. J’vais te poser une petite question, que changerais tu au Puy ? Tout à l’heure, tu m’as dit ce que tu changerais au Puy.
– Non, c’était une blague à part de…
– Oui mais elle était bien.
– Changer la couleur de la vierge. Non, au Puy… Qu’est-ce que je pourrais changer ? Je pense que c’est une ville qui est en plein changement. Sur les vingt dernières années… Enfin en tout cas moi depuis que je comprends ce qu’est le Puy-en-Velay, c’est une ville qui est en pleine mutation, qui bouge beaucoup. Je ne sais pas qu’est-ce qu’on pourrait changer.
– T’es pas obligé de dire quelque chose hein.
– Non, mais c’est vrai que c’est une très belle ville mais qui est quand même assez ancrée sur ses valeurs. Et je pense que, ouais, faut donner la libre place à des gens qui aimeraient faire peut-être bouger les choses. On peut faire bouger les choses de plein de façons. Voilà mais je… Si on parlait des petits commerces, y’a plein de choses qui sont en train d’arriver, qui sont un peu novateur dans les grandes villes, qui commencent à s’installer au Puy-en-Velay. Je pense que c’est une ville qui suit son cours. Après, on reste en Haute-Loire, on est comme un département assez verrouillé, assez centré sur nous-mêmes parce que, ben voilà, on est un département d’altitude, on n’est pas traversé par des grands réseaux routiers, on est quand même assez loin des grandes villes, assez perméable en soi, imperméable plutôt à la culture. On a la chance d’avoir un très beau musée. Oui, s’il y a quelque chose qui devrait peut être changer, c’est l’accès à la culture. Je pense que ça serait important d’avoir plus d’espaces dédiés à la culture, plus d’espaces dédiés à l’art. Mais c’est surtout que ça puisse rester accessible au plus grand nombre. L’art doit être absolument gratuit en soi. C’est pas toujours évident, surtout avec le coût des locaux, des structures, la qualité de l’accueil. Mais oui, si quelque chose que j’aimerais qui change et qui évolue un peu plus, c’est peut être plus d’art, parce que ben, les gens s’émerveillent à se rendre compte qu’ils sont en capacité, à leur tour, de créer. Moi, j’ai rencontré plein de gens qui n’étaient pas du tout artiste qui, d’un seul coup, se sont mis à sculpter, à modeler, à faire de la peinture, s’essayait, et d’un seul coup, à prendre plaisir à faire quelque chose. Alors, au début, ils le font pour eux, et puis d’un seul coup, c’est vu, et puis ils deviennent médiatisés, et puis, d’un seul coup, ils ont une passion, ils vivent pleinement leur passion. Il y a des gens qui font ça dans l’ombre et qui méritent d’être connus. Voilà, si on avait peut-être un peu plus de lieux d’expo, ça serait bien pour donner un peu de cette…
– Visibilité.
– Visibilité. Et que les gens s’essayent, en fait ouais, que les gens se découvrent à essayer des choses, et voilà, je pense qu’aujourd’hui on est… Y’a déjà des manifestations, il y a des rues d’artistes et des choses comme ça, mais ça reste toujours très éphémère. Si on avait ça à plein temps, ce serait vraiment génial pour le Puy-en-Velay.

– Ok. Petite séance musicale ?

Musique jingle

Pas mal pas mal hein ?
– Ouais.
– Allez, petit confessionnal Haute-Loire, non je plaisante. Pour savoir si tu connais bien la Haute-Loire. Mais oui, tu la connais bien. Tu l’as traversé en long en large. Alors, artisou ou verveine ?
– Ah. Allez, verveine.
– La légende du diable du Bouchy Saint-Didier-sur-Doulon ou le gouffre de l’Enfer à Saugues ?
– Ah, le gouffre de l’Enfer. Oui, oui, c’est des coins où je suis allé un peu prospecter, mais alors plus pour les cavités anthropiques, tout ce qui est carrière et mines. En fait sur la Haute-Loire, on a quand même beaucoup, beaucoup de cavités, un peu plus de neuf cents qui sont répertoriées, mais oui oui, on a des choses assez exceptionnelles.
– Apéro, musique de Blesle, Nuits de Saint-Jacques, les Basaltiques ou le festival de la Chaise-Dieu, lequel choisirais tu ?
– Ah, le festival de la Chaise-Dieu pour le lieu, ouais le lieu incontournable, enfin incroyable d’ailleurs. La Chaise-Dieu c’est un site culturel vraiment exceptionnel.
– La forêt de Lamandie à Cistrières ou la forêt d’Agizou ?
– Arf, c’est pas les forêts que je plébiscite, mais après si il fallait, arf oui, pas vraiment le choix…
– Alors, celle de la cascade de la Baume, la forêt d’Agizou ou celle la forêt de Lamendie qui est une réserve naturelle.
– Mouais, sur la Haute-Loire, on n’a pas forcément de très, très belle forêt.
– Je vois ce que tu veux dire.
– Ouais, ouais.
– T’aimes bien les feuillus, c’est ça ?
– Barf si non, j’aime voir des forêts, on va dire assez… Qui redeviennent naturelles. Alors, aujourd’hui, c’est pas évident, mais une forêt où il y a une seule espèce d’arbre, c’est quelque chose qui est pas normal et, malheureusement, on n’a pas forcément de forêts de qualité sur la Haute-Loire. Et là aussi, il y a une vraie prise de conscience. La forêt, c’est… Ben moi je rêverais d’habiter dans une forêt. Si j’accédais un jour à une forêt, oui, ça serait tout faire pour voir fleurir et grandir une multitude d’arbres et d’espèces très différentes.
– Alors Rémi ou Audrey ?
– Ah. Non mais là, c’est pas drôle.
(rires)
– Non c’était une blague. Je vais te poser une autre question. Maya Souveton, qui fait de l’escalade.
– Ouais, ah oui, c’est bon, c’est bon ouais.
– Voie 8C quand même, bon toute la famille Souveton de toute façon sont dans les 8 . Ou Louise Duwez qui a fini vice-championne de France en pumptrack, comme du bmix.
– Ouais, je vois, médiatisées par Alternatif shop si je dis pas de bêtises.
– Elles sont ambassadrices voilà, toutes les deux.
– Oui ben ça, c’est oui… On parlait des commerces, mais voilà, je pense que c’est des commerces qui font un peu bouger les choses, qui mettent en avant, qui épaulent des jeunes. Voilà, quand on est jeune et qu’on n’a pas forcément de capacités financières pour entreprendre un loisir qui devient une passion et qui devient, même presque après une vraie, un vrai axe de vie. Ouais, les sports de montagne, c’est sûr que c’est quelque chose qui me passionne et Alternatif oeuvre beaucoup pour les jeunes. Ouais, je pencherais plus pour l’escalade que le pumptrack, où j’ai testé. J’ai eu la chance de tester grâce à un enfant de huit ans. C’est très drôle. Donc voilà, mais c’est marrant la vie, parce que des fois, on nous amène à des expériences et c’est pas forcément ce qu’on pense au début. Non voilà, mais mais oui, en avant pour l’escalade.
– Allez, pour Maya Souveton, voilà, qui fait des falaises. La grotte de la Denise ou le gouffre des Pieds Chromés ?
– Ah, le gouffre des Pieds Chromés, même si je connais très bien les deux. Mais oui, oui, le gouffre des pieds Chromés exceptionnel. Exceptionnel d’un contexte géologique et l’histoire des découvertes aussi. Mais oui, c’est quelque chose de relativement remarquable pour le département de la Haute-Loire. Il faut savoir que c’est le gouffre le plus profond d’Europe, dans cette géologie, et le GSCV est en train d’étudier, alors pareil avec nos budgets, mais on se bouge pour cette cavité, pour comprendre tout ce qui s’y passe. Et c’est une cavité assez exceptionnelle. Alors y a rien de beau, c’est très austère, la pierre est à nu. C’est même pas forcément…

– C’est moche quoi ?
– Ouais, c’est intéressant d’un point de vue géologique, mais c’est hyper austère. On déconseille les gens d’y aller de toute façon. C’est fermé et c’est verrouillé par mesure de sécurité, parce que c’est en fait, on est dans une énorme trémie qui fait quatre vingt mètres de haut, et une trémie, en fait, c’est un amoncellement de cailloux et en passant entre, si on touche au mauvais cailloux, potentiellement ça peut tomber. Donc là, on a fait tout un travail de sécurisation, mais y a des endroits où on peut passer, des endroits, faut surtout pas y aller. Et ça n’a d’intérêt que purement scientifique. S’il y a des gens qui veulent aller sous terre, on les emmène sans problème dans des cavités où il y a vraiment des choses à voir. On a des petites cavités verticales ou horizontales, ou y’a des trucs incroyables. On va souvent en Lozère et on va souvent à Castelbouc. C’est une grotte qui est là aussi mondialement connu parce qu’on y a trouvé des empreintes de sauropodes donc les dinosaures à long cou, les dinosaures géants et il y a de très belles empreintes au plafond d’une cavité qui ont cent soixante-huit millions d’années. C’est pas loin, c’est à une heure et demie de route, et là ça vaut le coup de ramper sous terre. Mais oui, les cavités du Pertuis, y’a pas grand intérêt hormis purement scientifique. Et nous, ce qui nous intéresse, c’est la formation des gouttes d’eau en lien avec des phénomènes de convection, en lien avec la cavité et où en fait, nous ce qui nous intéresse, c’est les condensats. L’air chaud, humide, rentre sous terre, il refroidit brutalement ça condense sur les parois. Et nous ce qu’on analyse aujourd’hui, c’est ça, c’est le condensat. Donc bon voilà, c’est très intéressant d’un point de vue scientifique, mais c’est pas l’extase non plus d’un point de vue vision du paysage.
– Le Devès ou la Margeride ?
– Ah, Margeride, c’est fouillis mais… C’est marrant, parce que la Margeride, en fait, tout le monde connaît, mais personne connait.
– Et personne ne sait que c’est en Haute-Loire surtout.
– Y’en a une partie en Haute-Loire, y’en a une partie dans le Cantal
– En Lozère.
– Une partie en Lozère. Mais c’est une vaste étendue chargée d’histoire relativement préservée, parce qu’il y a un contexte géologique très particulier et voilà, et donc, du coup, l’agriculture n’y a pas forcément trop, ne l’a pas forcément trop impacté. L’agriculture moderne enfin, et conventionnelle, je pèse mes mots en disant ça. Mais du coup, on la traverse pas vraiment. On l’évite très souvent, moi, mes véhicules sont tracés au gps s et en fait, je me rends compte qu’il y a une énorme zone vide à proximité, chez moi, ben c’est la Margeride parce qu’en fait on la contourne, on la contourne, il y a rien de vraiment direct. Mais ça vaut le coup de s’y pencher et de partir à sa découverte parce qu’il y a un patrimoine exceptionnel. C’est un patrimoine naturel exceptionnel avec ses grosses boules de granit, la nature a mis des… Enfin, c’est le résultat de millions d’années d’érosion avec tous ce granit qui affleure, c’est vraiment très, très beau. C’est un paysage qui est extrêmement fragile, qui, aujourd’hui, est extrêmement remanié. Il suffit, quand on est sur la RN88 là, on voit tous ses blocs de roches qui ont été déplacés. Alors je comprends qu’il y a le besoin de mécaniser les cultures et autres, mais c’est un patrimoine qui est exceptionnel, et la Margeride, c’est ça quoi, ces blocs de rochers à perte de vue, si on les bouge et ben la Margeride perd une part de son histoire géologique et surtout l’empreinte visuelle de ses paysages. Et et oui, il faut, il faut la sauvegarder, cette Margeride, parce que, voilà, elle est secrète, elle est pas connue et elle mérite de l’être. Elle est quand même traversée par des GR très importants, qui font même partie des plus gros GR de France. Donc, oui, c’est, ça fait partie de notre patrimoine naturel, qui est à la porte de la Haute-Loire. Oui, il y a de très, très belles balades à faire.

– Tu habites en Haute-Loire. Si imaginons qu’un jour tu partes de Haute-Loire, quel est la photo en fait de Haute-Loire, je ne sais pas comment l’expliquer. Quels paysage garderais-tu avec toi ?
– Si je devais choisir une photo ? Ben quelque chose de très totémique hein. Ce serait le Mont Mézenc, une silhouette qui est reconnaissable n’importe où, on voit le Mont Mézenc, on le reconnaît. Que ce soit de l’horizon de la Haute-Loire ou même quand on est sur le Vercors, le Mont Mézenc en fait, il se voit l’horizon et ça serait, je pense, une photo du Mont Mézenc, si je restais sur quelque chose de visuel et de totémique. Sinon, ce serait un paysage enneigé et je pense, un arbre, un arbre isolé dans la neige et dans le brouillard.
– Ok, comme ceux qu’on peut voir sur tes photos.
– C’est une ancienne thématique de travail et qui fait partie d’une ancienne vie, mais qui est bien présente en moi ouais.

– Et tu as beaucoup emprunté de citation, on va dire de Jean-Louis Etienne, de mots de Jean-Louis Etienne, mais est-ce que tu as un dicton à toi ?
– Oui, alors c’est très marrant parce que ça me ramène à l’âge de mes quatorze ans où je faisais du tir sportif et… Donc j’étais à Espaly et il y avait Jacqueline, qu’était notre entraîneuse en soi, et elle nous avait demandé à chacun d’avoir une phrase pour se concentrer.
Elle m’avait donné trois, quatre mots, c’était l’échec n’existe pas et très souvent, je me répète ça l’échec n’existe pas. Et en fait, c’est vrai, en fait, même quand on entreprend ou autre, même si on n’arrive pas à nos fins, qu’on n’arrive pas, qu’on n’est pas satisfait ou autre. L’important, c’est d’avoir vécu l’expérience, parce qu’en fait, on tire quelque chose de l’expérience et qu’elle soit positive ou négative. En fait, y a pas d’échec. Très souvent, quand j’ai besoin de me replonger dans quelque chose, je vais me répéter dix fois de suite l’échec n’existe pas. Et c’est une phrase qui m’amène, qui pose un peu les choses ou qui m’enlève parfois des craintes, des peurs qui sont en lien avec un moment. On peut avoir peur de plein de choses. Même si j’ai rarement peur. Mais oui, voilà, on va dire ça l’échec n’existe pas.
– Merci, Rémi, pour ce moment de partage et très intense. Je te dis à très bientôt.
– Ouais merci pour ce moment d’échange. Et puis et ben voilà, l’échec n’existe pas. Et puis surtout inventer votre vie.
– Ça marche. Merci. Ciao ciao !.

Coups de coeur de notre invité