Épisode #40

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Loll

Temps d’écoute : 47’01 minutes
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– Salut les Ponots !, le podcast itinérant et léger qui donne la parole aux personnes qui habitent ou gravitent autour du Puy. Et aujourd’hui, je suis avec Loll. Comment vas-tu ?
– Bonjour Stéphanie, comment vas-tu ?
– Moi ça va, je suis bien avec toi.
– On est plutôt pas mal ici.
– Ouais, tu veux dire où on est ou pas, c’est secret ?
– Non, c’est un secret, c’est un petit petit spot sympathique. C’est la petite carrière qui est juste en dessous du mont Denise qui est un endroit sympa, calme, un peu lunaire.
– Ouais.
– Un paysage… On peut faire de jolies photos. Et puis, surtout, c’est pas bien loin du spot à parapente.
– C’est ça, juste au dessus là.
– Ouais, juste au dessus.
– Il y en a peut-être un qui va nous tombé dessus tout à l’heure.
– On va relever les yeux, on va voir si il y a des choses qui passent au-dessus de nous.
– Moi, j’ai vu qu’un milan tout à l’heure mais il y en aura peut-être d’autres.
– On va profiter du petit rayon de soleil.
– Ouais, ça fait du bien. On est pas mal là sur nos petites chaises. C’est vrai que j’ai l’impression que tu m’avais emmené sur la lune. Merci, c’est la première fois que je vais sur la lune. Merci Loll.
– Ah ouais, je t’ai fait un petit aller-retour en Islande en trois minutes. Trois minutes de la place du Breuil, on peut être en Islande, c’est ça qui vient ici chez nous.
– T’as vu comme on voyage vite. Quelques kilomètres et c’est bon.
– On va inventer la téléportation avant la fin de l’émission tu vas voir.
– Voilà. Est-ce que tu peux te présenter pour les personnes qui vont écouter ton épisode?
– Aïe, vaste question. Écoute, je m’appelle loll, j’ai quarante…Ch’ai plus… Quarante-sept, quarante-six ?
– Ah ch’ai pas. T’es plus jeune que moi ? Non ? Ah ouais ?
– Sérieux ?
– Sérieux ?
– Ben c’est toi, tu paies la prochaine tournée alors.
– Ça marche.
– Natif du Puy et je suis parti du Puy. je crois dans les années… Dans les années deux mille.
J’ai été un peu barouder un peu à droite, à gauche, et puis je suis revenu. Parce que c’est bien de revenir de là où on vient.
– Ses racines ?
– Ouais, bof, c’est pas forcément le côté racine, origine ou quoi que ce soit, c’est juste que je trouve que c’est un des meilleurs endroits au monde en fait. Quand tu pars et que tu vas voyager et tu en fait, tu te rends compte que, bah, au final, rahhhh, c’était quand même pas mal chez toi et que… Et puis, y’a tellement de belles choses ici et de beaux endroits que ça serait dommage d’aller cramer du carburant et du kérosène pour aller voir d’autres endroits alors qu’on peut le faire… Tu vois, on a fait l’Islande en trois minutes donc…
– Ouais donc c’est bon.
– Y’a plein d’autres endroits magnifiques, tu vas voir on va en parler dans un rayon pas bien loin du Puy, à un jet de cailloux du Puy.
– Ok, ça marche. Tu veux rajouter quelque chose sur toi ou… Est-ce que tu as, moi j’ai une question ; est-ce que tu as une anecdote par rapport au Puy ou la Haute-Loire ?
– C’est vaste, ça comme question.
– Et oui, mais juste une, il m’en faut juste une.
– Une anecdote par rapport au Puy ou la Haute-Loire. Mais il y a des milliers d’anecdotes mais… Y’a pas grand chose qui me vient. Est-ce que tu peux me préciser dans quel genre d’anecdotes tu aimerais qu’on parte ?
– Ce que tu veux. Ça peut être un truc rigolo qui t’est arrivé. Un pas de chance ou un super…
– Un pas de chance, ben je suis né ici voilà. Ça c’est pas de chance. Non, c’est la meilleure chose qui pouvait m’arriver, c’était de naître par là. Euh non, je vois pas d’anecdote particulière au Puy.
Ah, tu me prends de court pour commencer un…
– Ouais.
– Non, il y a une anecdote que j’aime bien donner aux gens qui viennent au Puy, qui connaissent pas le Puy. Quand ils arrivent au Puy, le premier truc qu’ils voient, c’est la vierge au sommet du rocher corneille. Et à chaque fois, j’aime bien leur expliquer que, en fait, la vierge a été coulée avec les canons de la bataille de Sébastopol. Et au moment où je te raconte cette anecdote, je ne sais même pas si cette anecdote est vraie ou pas. Alors ça se trouve je propage…
– Ben ça se dit, non, mais ça se dit.
– C’est ça hein, je crois que c’était les canons de la bataille de Sébastopol qui ont servi pour qu’on les fasse fondre.
– Oui, c’est Napoléon qui avait offert… Je crois qu’il avait offert ça… il me semble.
– Très bien, peut être, sûr.
– On va regrouper tout ça et puis on…
– On vérifiera et on vous fera un petit lien en dessous du podcast et on essayera de voir si c’est une info, une intox.
– Un mythe ou pas.
– Voilà.
– Ok, bon, ça marche. Alors on va passer au jingle. J’ai te demander de faire le jingle.
– Le jingle.
– Alors je te donne l’instrument.
– Petit jingle, alors l’instrument dont j’ai signé une décharge.
– Ouais. T’as pas le droit d’en parler.
– J’ai pas le droit d’en parler, alors si vous l’entendez. Vous allez essayé de deviner ce que c’est, mais moi je peux pas vous en parler pourtant je l’ai entre les mains. Je ne peux pas vous dire ce que c’est. Vous êtes prêt ?
– Vas-y !
– Jingle !

Musique jingle

– Nice !
– T’as vu.
– Impeccable. Allez, repose le pas loin.
– Voilà.
– Voilà, toi t’as des grands bras moi ils sont petits, je n’arriverais pas à l’attraper. Le confessionnal, je te pose des questions. Je te fais une, deux ou trois propositions.
– Ouais.
– Choisis celle que tu veux. Si tu veux les deux, les trois, tu les prends.
– Ok.
– Si t’en veux pas, tu peux appeler un ami.
– Personne ne l’a encore fait mais bon. Alors fromage vin rouge ou café Paris-Brest ?
– Aïe. Étant donné que je suis composé à peu près à soixante quinze pour cent de caféine. Ça va être très dur de pas répondre non, mais non, ouais, je suis pas sucré. Donc, on va dire fromage vin rouge.
– Ouais, sinon tu peux mettre le fromage dans le café, ça se fait dans le nord non ?
– Arff ch’ai pas, faudrait leur demander. Mais non, on va dire fromage vin rouge en terrasse du marché, le samedi matin au Puy.
– Ok, ça marche, ben j’irai vérifier. Argentique ou numérique ?
– Ah, le dilemme, papa ou maman. Alors que te dire ? Argentique ou numérique ? Moi, j’ai commencé le travail dans la photo en quatre-vingt-quinze.
– Ouais.
– Et à l’époque, on travaillait en argentique et je pense que l’argentique m’a aidé à composer, à composer l’œil de photographe que je peux avoir. Parce qu’à l’époque une photo était bonne où elle n’était pas bonne. J’avais un rédacteur en chef qui me disait, il regardait sur la table lumineuse, les négatifs. Il disait non ça cadré, ça c’est pas cadré, et comme on n’avait pas matière à, pas d’outils pour retravailler les images derrière et qu’on devait bosser, je bossais dans un journal au progrès.
C’était, soit, c’était bon, soit c’était pas bon, et je pense que ça m’a appris une petite discipline qui m’a permis, après, de travailler avec le numérique, dans le bon sens. Donc, ouais, je vais dire argentique, ouais,argentique.
– Ok. Dormir avec un porc-épic ou avec un poulpe ?
– Ah, avec un poulpe.
– C’est vrai ?
– Ah mais définitivement le poulpe.
– T’aime bien ce qui est gluant ?
– Non, non, mais je pense que le poulpe est mon animal totem et je trouve que tu t’es bien renseigné sur les questions.
– Ben non, le poulpe, je savais pas.
– C’est vrai ? Hum, le poulpe, c’est mon animal totem en fait, ouais ouais, j’aime beaucoup le poulpe. Le poulpe a trois cœurs, deux cerveaux et huit tentacules.
– Ouais, super intelligent quoi.
– Oui non mais c’est le truc le plus intelligent, on reviendra dans trente mille ans, tu verras que c’est des poulpes qui seront sur la planète et qui géreront tout ça, et c’est peut-être pas plus mal.
– Poulpe président. Le poulpe président.
– Poulpe président.
– Alors là, je vais te donner les paroles de deux chansons.
– Ouais.
– Que tu devrais peut-être connaître. Alors je lui fais tondre le gazon à moitié nu. Il adore ça. D’ailleurs, il jardine comme un dieu. Mais je ne vais pas m’étendre sur le sujet. Et c’est Anaïs, Un Sacré Numéro, Call Boy De Luxe, voilà la chanson.
– Tu connais Anaïs.
– Je la connais bien Anaïs.
– Tu la connais bien. Une autre, celle-là, je l’adore. Tu dois la connaître aussi. On danse sur les tables, tout seul debout, comme un fou maladroit. Nous nous sentons défaits en somme et fait pour personne à la fois.
– Et ben je la remets pas celle-là.
– Buridane.
– Ah oui.
– Oui.
– Julie.
– Pas fragile. Donc, Vice et Vertu.
– Alors, sans aucune hésitation, dommage pour Anaïs, désolé, je t’aime beaucoup mais c’est Buridane. Buridane, ça a été…
– Je l’adore elle.
– Ah, ça a été un, comment dire, un coup de foudre artistique, Buridane.
– Toujours aussi merveilleuse.
– Elle est aussi merveilleuse qu’elle est belle et qu’elle chante bien.
– Ouais, elle écrit aussi, j’adore.
– Ouais, c’est deux artistes avec qui j’ai collaboré sur des…
– Y’a pas très longtemps Anaïs, en septembre non ?
– Anaïs en septembre oui, on a fait, elle m’a rappelé pour faire la pochette de son nouvel album. Et Buridane, c’était ma période de lyonnaise où je travaillais avec un peu les groupes qui gravitent autour de Lyon. Et, à l’époque, je crois qu’elle était avec un ami qui avait monté Horizon Musiques. Elle était dans son écurie d’artistes et il m’avait demandé de lui faire une séance portrait. Et, en fait, on a fait une séance portrait qui a traîné toute une après-midi plus une soirée. On a refait des photos et en fait on a beaucoup plus parlé que on a fait de photos, et c’était une excellente rencontre, ouais, une rencontre très, très importante.
– Ok, Atari ou Nintendo ?
– Atari, sans aucune once d’hésitation ouais.
– Tu as une Atari chez toi ?
– Non, mais je crois que j’ai toutes les consoles Atari qui, possible…
– Qui ont existées.
– Ah ouais ouais ouais, je les ai collectionné, je les garde. Ch’ui un geek de la première heure, cette génération qui est née juste avant les jeux vidéo et internet. Et ouais ouais, Atari deux mille six cent et mon jeu préféré, je crois que c’était River Raid ou Centipede, ouais Centipede.
– Centipede.
– Ouais.
– Ah, moi j’ai une petite Atari mais tu sais les nouvelles où t’as tous les jeux, t’as Pac-Man parce que je voulais Pac-Man… Et t’as celui-là. Moto, parapente ou hélico ?
– Mais les trois.
– Ouais, les trois en même temps.
– Pourquoi choisir ? Pourquoi choisir ?
– Tu pars en moto, et puis voilà.
– Alors, ouais, je rêverais de pouvoir faire des road-trips moto, avec le parapente dans le dos.
Et ça, je pense que ça va être les projets des prochaines semaines. Hélico, ouais alors hélico, j’ai fait tout ce qu’il fallait pour pouvoir être pilote d’hélico là, il y a quelques années. Et puis j’ai travaillé quelques temps dans les hélicoptères pour la surveillance de ligne edf et je me suis rendu compte que autant j’adore l’hélicoptère, autant je n’étais pas fait pour ce métier. Parce que ma conscience écologique en prenait un coup. Et quand tu voyais le nombre de milliers, de dizaines de milliers d’euros qu’on passait dans le kérosène pour faire voler des hélicos sept heures par jour. Ça m’a mis un petit coup de frein à la pratique, quoi. Mais ouais ouais, c’est une sensation, de toute façon, voler c’est une sensation phénoménale quel que soit le moyen de vol, et c’est un truc qui, en plus de m’attirer, reste quelque chose qui me plaît énormément. Ouais donc, mais non plus parapente maintenant, beaucoup plus parapente.
– Alors, regarde pas les questions.
– Mais non mais je… Mais tu me fais peur quand tu me regardes comme ça.
– C’est le but. Bill Murray, David Lynch ou Alain Damasio.
– Oh mais, les trois et on se fait un gueuleton de l’espace, et je suis assis en bout de table les bras croisés et j’écoute, je les regarde faire. Tu rajoutes David Lynch au mileux et David Bowie. On est bon quoi.
– David Bowie, là je l’avais David Lynch. Donc je rajoute David Bowie.
– David Lynch ouais, c’est mon premier choc visuel au cinéma, c’est…
– Pour quel film ?
– Eraserhead. Je crois que c’est son film de fin d’études en noir et blanc.
– Ouais ;
– Mais qui est cintré au possible. Et c’est… Ouais, je pense que c’est un facteur déclencheur de de plein de choses. Je crois que c’est la même soirée où j’ai découvert David Lynch et Stanley Kubrick.
– Ah ouais, d’accord.
– Ouais, je devais avoir douze, douze, treize ans et à l’époque, il y avait la chaîne la cinq, je sais pas si tu te souviens et il y avait les vendredis de l’angoisse ou les vendredis de l’horreur…
– Oui tout à fait.
– … Ou un truc comme ça. Et c’est une des premières fois où je suis seule à la maison et mes parents sont pas là. Je regarde et je découvre le même soir Twin Peaks et ensuite Shining, et là je me dis mais putain mais… Et en fait, c’est ça que je veux faire quand je serais grand. Je veux faire des images comme ça, je veux faire des vidéos comme ça, je veux vais faire des films comme ça.
Et puis après, bah, j’ai découvert Bill Murray après, un peu sur le tard, quand j’avais seize, dix-sept ans et ce côté glorieux looser, second couteau. Tu vois le mec qui est d’un cynisme, qui incarne le cynisme à lui tout seul. Je le trouve ouais génial. Mais… Ouais, je dirais Bill Murray en premier, parce que j’ai envie que ce soit mon tonton. Et David Lynch, c’est la référence artistique. Et après au dessus, t’as Alain Damasio. Mais Alain Damasio, pour moi, c’est dieu vivant, c’est… Il faut jamais rencontrer ses idoles. Mais lui, je pense que je donne un rein pour pouvoir…
– Il est très sympa, j’ai bu un coup avec lui, il est très sympa.
– Ah ben écoute, je sais pas, je…
– J’aime bien t’embêter comme ça tu vois.
– Non mais je pense que le jour où je le rencontre, si jamais je le rencontre, je le prends dans mes bras, je lui fais un câlin, et je fais papa.
– Je l’avertirai avant. Ok. Extra ou ordinaire ?
– Extraordinaire, mais oh, mais qu’est-ce que t’es bien renseignée. Je sais pas, je ne sais pas qui fait les recherches, mais tu es très, très bien renseignée. Extraordinaire. Extraordinaire parce que extraordinaire, littéralement, ça veut dire qui sort de l’ordinaire, qui met un pied en dehors de la ligne et ça me permet de faire un petit coucou à mon binôme d’aventure, Tom Valette. Extraordinaire, c’est le titre d’une œuvre, d’une série qu’on est en train de mettre en place depuis un petit moment déjà et rah mais t’es bien renseignée. Tu sais tout. Tu sais tout. J’ai pas besoin de faire appel à un ami, tu les as déjà appelé.
– Alors vivre dans une villa avec piscine à débordement ou vivre dans un bus aménagé ?
– C’est quand même phénoménal parce que toutes tes questions, y’a toujours un petit truc avec un petit easter eggs, avec une petite référence. Alors ouais, je cherche une pizza, une pizza…
– Un bus.
– Non, je cherche une villa avec une piscine à débordement pour un projet photo depuis un petit moment. Mais non, oui, je préfère vivre dans un bus aménagé, ouais Le mouvement, pouvoir se déplacer. Si tu peux emporter ta maison avec avec toi et te déplacer, c’est vraiment ouais. Le mouvement, c’est la vie.
– Tu vas aimer la prochaine question.
– Allons-y !
– Un Incroyable Show ou Serpentine ?
– Ah mais Serpentine.
(rires)
Alors c’est serpentine, avec un… Oui, bien sûr Serpentine, sans aucun problème. Un Incroyable Show ça, c’est typiquement le genre de truc que t’as pas envie que ça ressorte.
(rires)
Une prestation phénoménale. Non, j’ai, alors je vais revenir sur un Incroyable Show vite fait. C’était un projet sur lequel j’ai participé en tant que photographe plateau. Des amis parisiens qui ont fait une fiction pour la télé. Et je suis photographe plateau sur ce tournage qui dure quinze jours avec myriade de personnalités et il y a un moment où ils me disent est-ce que tu peux s’il te plait, faire de la figuration, faire un truc de dix secondes là parce que il nous manque quelqu’un. Et en fait, je me retrouve à faire de la figuration dans un film et au final, je me dis mais en fait, j’ai tourné dans un film où il y avait un mec qui avait un oscar et je ne sais pas combien de stars françaises. Mais bon, ça a fait un flop monumental, je crois.
– Oui, on en n’a pas trop entendu parlé effectivement.
– On en n’a pas trop entendu parlé. Mais c’est dommage, parce qu’il y avait quand même, il y avait quand même…
– Il y avait un beau, ouais du beau monde.
– Ah, il y avait un casting, t’es producteur télé, t’as un film avec autant de monde dessus, t’es content hein. Y avait Florence Foresti, Jean Dujardin, Michael Youn. J’en oublie très certainement, ouais y’avait Jérôme Commandeur, tu vois c’est le jour où j’ai rencontré Jérôme Commandeur, c’te crise de rire, phénoménal. Phénoménal. Tu peux rajouter Jérôme Commandeur au repas avec David Lynch et les autres.
– D’accord ok, ça marche.
– Donc Serpentine.
– Ok.
– Définitivement Serpentine. Serpentine qui était un court métrage qu’on a co-réalisé avec mon pote Tom. Ben par là quoi, dans les hauteurs du Puy, sous la neige, avec une vieille mini coupeur des années soixante.
– Qui avait gagné Monte-Carlo non c’est ça ?
– Qui avait gagné le Monte-Carlo ouais, on avait réussi à faire un court-métrage avec en personnage principal une voiture. Donc c’est plutôt pas mal.
– C’est plutôt pas mal.
– Ouais.
– Alors deux prénoms Paul ou Sophie ?
– Sans aucune hésitation, même si j’adore monsieur Paul Bocuse pour avoir travaillé avec lui et avoir été son photographe pendant quelques années. J’ai passé des moments d’une qualité exceptionnelle, quand tu te retrouves à manger chez Mr Paul, on est quatre à table et c’est lui qui a fait à manger et que tu partages des anecdotes. Enfin, tu manges ces paroles plutôt que de manger ce qu’il mange. En fait, tu l’écoutes et tu fermes ta gueule. Tu emmagasines de l’expérience et plein de choses, mais non, non, Sophie, Sophie Varela. Mon mentor, la personne qui m’a faite, voilà, tout simplement. On a une énorme pensée pour elle.
– Ça marche. Le numéro vingt sept ou le numéro ou mille neuf cent quatre vingt quatre.
– Alors, comme je ne peux pas te parler du numéro vingt sept, je vais te parler de mille neuf cent quatre vingt quatre.
– Alors vingt sept, c’est un chiffre pour les réalisations de projets. Tu savais pas, apparemment, j’ai vu ça.
– Ah bon ?
– Ouais ouais.
– Non, je connaissais pas cette théorie.
– Il permet de réaliser les projets.
– Y’ a plein de gens qui m’ont fait des théories sur le numéro vingt sept.
– Moi j’ai vu, je sais pas si c’est une théorie, mais j’ai vu ça quoi, je cherchais un peu numérologie si ça voulait dire quelque chose.
– Non, en mille neuf cent quatre vingt quatre sans hésitation. Mille neuf cent quatre vingt quatre qui le livre de George Orwell qui a été une espèce de fulgurance quand je l’ai lu quand j’étais gamin. Ch’ai pas, je devais avoir une dizaine d’années. Et depuis, je collectionne toutes les éditions possibles et inimaginables de mille neuf cent quatre vingt quatre. Quand les gens partent en voyage à l’étranger, je leur demande pas de m’envoyer une carte postale, mais de me ramener un bouquin que je leur rembourse au retour. Et je me retrouve avec je sais pas combien d’exemplaires de tous les pays du monde. Il m’en manque quand même quelques-uns. Mais là , il y a une édition que j’aime beaucoup, que j’avais volé à la Public Library à New York .
– Super.
– Pendant un voyage. Si ils le cherchent, c’est moi qui l’ai. Je suis désolé, je ne le rendrai pas, venez me chercher.
– Ok. Vivre ou exister ?
– Ah. J’aurais tendance à dire exister, parce que si tu existes c’est que tu vis un petit peu. Il y a des gens qui vivent sans exister, qui traverse un petit peu leur vie, et moi j’aime bien faire des choses, j’aime bien exister. Je pense ouais, exister.
– Dernière question pour le confessionnal, Gremlins ou le Grand Bleu ?
– Oh. J’aime pas trop Luc Besson.
– Ah, comme ça c’est vite fait.
– Non, je n’aime pas le personnage. Et puis après, je vais peut être pas m’attirer beaucoup de sympathie là-dessus.
– Ouais mais chacun ses goûts quoi.
– Par-delà… On va essayer de séparer l’homme de l’artiste en lui tranchant la tête s’il vous plaît. Par delà tous les problèmes personnels qu’il a et ce qu’il a pu être ou quoi que ce soit, je trouve que, en tant que réalisateur, c’est pas un réalisateur que j’affectionne énormément parce qu’il n’a pas forcément su se renouveler et si tu regardes un tout petit peu, tu fais un peu d’analyse de film, tu te rends compte que tous ces films s’ouvrent de la même manière. Les intrigues sont quasiment toutes les mêmes. Il y a toujours sur ce personnage principal féminin qui est pas forcément vu autrement que par un spectre très misogyne. Et mais bon, c’est vrai que le Grand Bleu a été un film qui m’a beaucoup marqué quand j’étais gamin. Mais non, je ne vais pas partir sur Luc Besson, je vais partir sur l’autre proposition.
– Les Gremlins.
– Ouais les Gremlins, les Gremlins ouais.
– Alors qu’elle est la… Les questions plus ouvertes maintenant. Quelle est la personne la plus dingue que tu aies rencontré ?
– La personne la plus dingue que j’ai rencontré.
– Peut être toi même.
– Ouais, non non. J’aurai pas la prétention de dire que je suis le plus dingue, mais euh, j’aime bien, j’aime bien les gens qui ont un grain de folie et qui sont un peu en dehors de la norme. Après, il y a le côté, la rencontre la plus dingue.
– Ouais, ça peut-être ça.
– Pour moi la rencontre la plus dingue je crois que… Ah si ouais y’en a … Ouais. Je dirai Bjork.
– D’accord.
– J’ai eu l’occasion bosser avec elle dans des conditions un peu particulières. Et, elle est ouais… Mais quand tu dis le mot dingue, moi j’associe ça à l’expression doux dingue tu vois.
– Oui voilà c’est ça .
– Elle a une espèce de folie permanente. Je pense qu’elle n’est pas cablée comme nous, et elle réfléchit pas pareil. Non, je pense qu’on n’est pas dans la même dimension tu vois.
– D’accord, ok.
– On est dans une autre partie du multiverse. Hé ouais, elle est… Les gens la disent perchée, moi je la trouve dinguement géniale. Et sinon ouais en personne, la plus dingue, la plus rock’n’roll, c’est Iggy Pop.
– Ok, ah ben oui.
– Iggy pop, c’est… C’était, c’est quelqu’un avec qui j’ai eu l’occasion de travailler plusieurs fois et de rencontrer et c’est quelqu’un qui est aussi doux, gentil et agréable qu’il peut être complètement centré. Vraiment punk et rock’n’roll. Et quant à la chance de te retrouver en train de manger avec Iggy Pop à ta gauche et Patti Smith à ta droite et tu parles, justement, fromage épinards tu vois pendant deux heures avant un concert au moment où il faut monter sur scène.
Tu dis ouais, putain, la vie est cool et là t’es en train d’exister, tu vis pas là, t’existe, là c’est cool.
– Quel est le geste qui te représente le plus ?
– J’ai failli dire la baffe dans la gueule. Non, le geste qui me représente le plus.
– Moi, c’est celui-ci.
– Ah.
– Tu vois, par exemple.
– On peut pas le…
– Non, le dis pas.
– On peut pas le dire.
– Ceux qui me connaissent savent lequel c’est. Peut être que…
– Oui, c’est… Le geste qui me représente le plus.
– Oui, y’a pas un geste que tu fais souvent ?
– Je…. Là, j’ai pas un geste en lui-même qui me vient. Non, j’ai appris. Ah, c’est marrant, j’ai appris à la sœur de mon filleul un à faire un petit geste comme ça.
Je l’ai gardé il y’a pas longtemps et on est en train de manger tous les deux, tous les trois, pardon. Et puis on discutait de comment ça se passait à l’école, machin et tout, puis elle commence à, elle est en sixième là donc elle commence à côtoyer les garçons, à grandir un peu trop vite et elle m’expliquait comment on faisait pour aller déclarer sa flamme à un garçon et tout. Et puis elle me dit, ouais des fois, tu peux leur faire des cœurs, tu sais, en mettant les deux mains comme ça. Et je lui fais, je lui ai appris à faire un petit cœur japonais. Je sais pas si tu sais faire un petit cœur japonais.
– Non.
– C’est tout discret, c’est comme ça.
– Ah, d’accord.
– Pour ceux qui n’ont pas la télévision. Ceux qui nous écoutent à travers le poste. Vous prenez votre pouce et votre index, vous les appuyez ensemble et puis vous les décaler un tout petit peu et ça fait une petite forme de cœur. C’est un cœur japonais.
– C’est mignon.
– C’est trop discret, c’est tout mimi et c’est parfait ouais.

– Ok. Alors on va passer aux questions sur le Puy et la Haute-Loire. Je vais te demander si il y a un commerçant artisan que tu voudrais mettre en avant au Puy.
– Alors attends, comme j’ai, comme j’ai pas mal écouté le podcast avant, est-ce que tu vas me parler des gens qui sont sur le stand au marché le samedi matin ?
– Oui.
– Ouais, alors, je vais passer sur quelqu’un d’autre. Alors, c’est pas au Puy.
– Ouais, bon vas-y, tu as le droit puisqu’on…
– C’est à Brives, ça marche ?
– A Brives, allez, vas-y à Brives.
– Allez ça marche. J’ai une affection particulière pour un tout petit magasin qui s’appelle Bout de Laine à Brives, vers la place Blanche. C’est une petite dame qui tient un magasin de tricot, une petite mercerie, et c’est chez elle que je vais, que je vais m’approvisionner en tricot pour…
– Pour faire des bonnets trop petits pour toi.
– Oh ça va, il est pas trop petit, j’ai des oreilles trop grandes, c’est pas pareil. C’est chez elle que je vais chercher toutes les laines et les pelotes de laine pour faire les tricots qu’on me commande.
Et elle est d’une gentillesse absolue. Je l’appelle ma dealeuse, en fait, c’est ma dealeuse de laine.

– Ok, merci. Un stand de marché ?
– Ah, stand de marché, je ne sais pas comment il s’appelle. Il est à côté de la bibliothèque. Comment t’expliquer ça ?
– Et il vend quoi ?
– Il est entre le Poppy’s et la bibliothèque. Il vend de la cochonnaille, il vend les meilleurs saucissons que tu peux trouver sur le Puy.
– D’accord, j’essaierai d’y passer et de lui demander son petit nom.
– Ouais, tu peux faire ça, mais si tu y passes, si tu prends pas un saucisson, je t’engueule.
– Ça va mal se passer.
– Ça va mal se passer.

– D’accord, ok, ça marche. Un resto bar ?
– Resto bar, ben mon bureau, mon qg.
– Ben oui, comme beaucoup de personnes, vas-y allez, dis le.
– La Main Ô Fût, ouais, la Main Ô Fût avec Antoine, avec Antoine et John, ouais, je crois que je vais finir par faire virer ma paye directement là-bas. On y passe beaucoup trop de temps. C’est typiquement le genre de café où t’arrive, tu t’assois. Tu t’es même pas assis, t’as déjà ton café qui est posé.
– Ouais, avant que t’arrive, dès qu’il te voit.
– Avant que t’arrive et tu te dis là c’est bon, , je suis à la maison.

– Et on va parler de toi en tant qu’artiste, même si tu aimes pas dire que tu es artiste.
– Et toi ça va ?
– Oui moi ça va sinon…
– Si on parlait de toi Stéphanie ?
– Non plutôt de tes projets photos.
– C’est vrai ?
– Par exemple, t’es sur un depuis deux mille huit, je crois, qui grandit qui grandit. Vas-y, tu peux nous en parler un peu ?
– Ah, bah. Vous avez trois heures ?
– Non, on n’a pas trois heures.
– On va essayer de synthétiser tout ça. Oui, c’est un projet photo qui me tient particulièrement à cœur parce que c’est pendant les vingt cinq dernières années où j’étais photographe spécialisé, musique et concerts. Je n’avais pas trop le temps pour les projets perso, voire pas du tout, et j’ai commencé un projet sans trop savoir dans quoi j’allais, que j’ai appelé le MMM alors, en anglais c’est Much Many of Me, en français Mille Moi-Même. Qui parle… J’aurais du faire des…
– T’aurais dû faire un résumé.
– Ouais j’aurais dû faire des notes, j’aurais dû faire un résumé. Qui parle en fait de la recherche d’identité en fait. Et c’est par un procédé photo qui est à mi-chemin entre la multiplication, la duplication et le clonage de personnages pour arriver à montrer qui sont vraiment les gens à l’instant T, au moment où on fait la photo, dans une unité de temps fixe et une unité de lieu fixe aussi. Je vais faire déplacer un sujet, une personne pour la prendre en photo des milliers de fois.
Pour ensuite après sur ordinateur, les détourer et les assembler tous ensemble à l’endroit où ils étaient au moment de la prise de vue. Et c’est, comment dire, c’est… Si je pouvais le faire avec de l’argentique, je le ferais, mais faut que je le fasse avec des ciseaux de la colle Uhu et passer des heures à faire ça. Et l’outil numérique et pratique pour ça, mais c’est un outil numérique qui reste un outil qui… J’utilise pas l’intelligence artificielle, je le fais avec, à l’ancienne. C’est un peu de l’artisanat digital. J’ai quelqu’un qui m’est très cher qui m’a dit ouais ce que tu fais c’est de l’artisanat digital et donc, ça fait depuis deux mille huit que je suis lancé dans ce projet et qui accélère là sur les deux, trois dernières années parce que j’ai un peu plus de temps, j’ai décidé de prendre plus de temps pour ça. Et ben là tu vois, aujourd’hui justement, on se retrouve…
– A un endroit où tu as…
– A un endroit, à l’endroit où j’ai shooté un des derniers MMM, et même un qui me tient particulièrement à cœur. Et dans cette carrière et c’est bizarre d’essayer d’expliquer un projet photo à des gens qui écoutent dans le poste.
– Oui, de toute façon on mettra le lien pour que les personnes aillent voir.
– Ah ben si il y a le lien alors c’est parfait. Alors si vous voulez cliquer sur le lien, c’est maintenant. Attention, trois, deux, un. Cliquez.
– Voilà. Est-ce que tu veux rajouter quelque chose par rapport à ce projet ?
– Euh ouais, il y aurait énormément à dire, mais je pense que le plus simple ça serait peut-être de voir. Et pour le voir, il faudrait qu’il soit fini, que l’expo soit prête. Le projet c’est d’en faire un bouquin, de faire une exposition dessus. C’est des photos qui vont avoir une taille assez importante, parce que quand t’as à peu près six cents à six cents personnes dans la même image, t’as besoin de rentrer dans le détail., t’as besoin de plonger dedans pour voir un petit peu toutes les subtilités de de l’image qui a été faite. C’est un projet très chronophage parce que, hum…
– Ouais si tu détours à la main les rayons d’un vélo, comme tu me disais l’autre jour, ça prend du temps.
– Voilà. Quand tu détours à la main et que tu fais ça à l’ancienne, avec un photoshop qui doit avoir plus de quinze ans, parce que t’as pas envie de…
– Payer l’abonnement.
– Non, mais c’est même pas ça. C’est que, en fait, je n’en ai pas besoin si tu veux. Quant tu as un vieux couteau de cuisine dans un tiroir qui fonctionne, t’as pas besoin d’aller acheter un couteau de l’année dernière, récent, un couteau ça coupe ou ça coupe pas. Si il coupe bien ton couteau, t’as l’habitude, le manche a commencé à prendre un peu la forme de ta main, la lame est un peu élimée, mais tu sais comment il faut l’affûter. Ouais, j’ai pas besoin d’outils récents pour faire ça. Et ça me convient largement. Tu sais ch’ui un vieux dinosaure donc.. Si je pouvais le faire à l’argentique, je le ferais à l’argentique.

– Ok. On passe à une autre question ?
– Et on passe à toutes les questions que tu veux.
– Ben écoute, à SLP, à Salut les Ponots !, pardon, tu vois je raccourcis, on a un slogan c’est Crache ta lentille !
– Crache ta lentille !
– Ouais. Je pense organiser un concours d’ailleurs.
(rires)
Place du plot. Est-ce qu’il y a pour toi un événement remarquable qui se passe au Puy ou en Haute-Loire, ou un événement remarquable qui se passe ailleurs et que tu aimerais voir en Haute-Loire ?
– Ah.
– Si tu as, bien sûr.
– Moi, y’a un truc que j’aime bien, ça vient juste de passer là, c’est en novembre, quand t’as toutes les montgolfières, la convention internationale de montgolfières, j’aime beaucoup. Non, parce que j’aime bien tout ce qui vole. Et puis je trouve qu’il y a un côté très poétique, très onirique avec… On a des supers paysages ici et c’est souvent quand tu as à peu près quatre-vingts montgolfière qui décolle du château de Polignac dans la brume, c’est magnifique, c’est super chouette. J’aime, oui, j’aime bien ça. C’est peut-être le premier truc qui me vient. Après, je suis pas très Roi l’Oiseau.
– C’est pas grave, c’est bien, pour une fois.
– Ch’ui pas très, au grand dame de mes potes et de ma mère qui fait des costumes pour le Roi de l’Oiseau ch’ui pas très Roi de l’Oiseau. Je pense que…
– Oh, il a été cité plein de fois.
– Bon ben c’est bon, alors je le laisse aux autres. Ils l’apprécieront à leur juste valeur et ce sera toujours mieux.

– Alors une autre question, est-ce que tu changerais quelque chose au Puy ou à la Haute-Loire ?
– Alors, avant qu’on commence à enregistrer, tu m’as dit pas de politique c’est ça ?
– Ouais.
– Ben écoute, j’ai envie de te dire que….
– À part ça, tout va bien.
– À part ça, tout va bien. Non, le Puy, c’est un endroit super bien, qui est très beau, qui est très joli. Peut-être, peut-être une ouverture d’esprit un petit peu plus importante sur la mentalité du Puy. Moi, je trouve que ça manque un peu de culture, un peu d’événements culturels. Et je pense que c’est pas, que c’est pas trop. C’est pas ce qui manque les idées ici. Je pense qu’on a des endroits magnifiques pour faire des choses très, très bien et, en même temps, il n’y a pas grand-chose qui se font parce que c’est pas simple pour mettre en place des trucs, mais venant de la musique et de la photo, c’est vrai que un gros festival de musique ici, ça serait quelque chose de bien.
– Dans la carrière tu veux dire ?
– Alors m’en parle pas, on a déjà des idées, des idées sur des lieux pour un festival de musique. Mais bon, ça, ça va être un autre projet. On a beaucoup de projets. Il n’y a pas assez d’heures dans une journée, on va essayer de faire en sorte de finir les choses avant d’attaquer autre chose. Donc, je finis mon projet photo.
– Ouais et après on en reparle.
– Après on en reparle et promis je t’appelle, mais ouais j’aimerais bien qu’il y ait un gros festival de musique. Pas, alors, pas un gros festival de musique genre le Hellfest ou quoi que ce soit, mais un bon festival de musique avec une programmation pointue recherchée et qui collerait avec la Haute-Loire et le Puy. Je suis sûr qu’on pourrait faire quelque chose d’exceptionnel par ici quoi.
– Ok.
– Si il y a des gens politiques et culturels qui nous écoutent, vous pouvez nous appeler au numéro que vous voyez en-dessous du petit lien à cliquer. Et on a des idées, on a des bonnes idées.
– Je vais te demander de refaire le jingle.
– Huum. Je vais essayer de le faire mieux cette fois-ci.
– Vas-y.

Musique jingle

Impeccable, nickel. Petites questions sur la Haute-Loire ?
– Je suis prêt.
– T’es prêt ?
– Ch’ui chaud.
– Allez, c’est parti, on y va. Arlempdes ou Polignac ?
– Polignac pour le côté châteaux de Polignac dans la brume quand t’es à la Denise et que tu vas décoller en parapente.
– Ok. Artisou ou buchette d’Yssingeaux ?
– Artisou. Moi, j’adore quand j’ai des potes qui descendent de Paris et qui viennent au Puy, et que tu leur mets un petit bout d’artisou là sous le nez et tu leur dis vas-y, fixe un petit peu ton fromage pendant deux secondes, tu vas voir ce que c’est.
– Tu verras, il bouge tout seul.
– Il bouge tout seul. Ils nous regardent, ils font pt’ain vous êtes des malades. Ouais, on est des malades mais on a un système immunitaire phénoménal.
– Moi, ma grand-mère elle faisait des petits chevretons et t’avais carrément les petits asticots tu vois, on les mangeait pas, on les faisait sauter sur la table.
– Mais oui.
– C’est très bien.
– C’est très bon, c’est plein de protéines.
– Plateau de la Margeride ou du Forez ?
– Ah, c’est pas deux coins que… Ah, mon cœur va plus vers le Mézenc tu le sais.
– C’est pour ça que je ne te l’ai pas demandé.
– La Margeride, le Forez, ah je dirais plutôt le plateau de la Margeride.
– Ok. Sauter à l’élastique du viaduc de la Recoumène…
– Jamais.
– Ou descendre les marches de la cathédrale à ski ?
– Rho !
– Une nouvelle activité.
– Mieux que ça, décoller de la cathédrale en parapente.
– Non mais c’est pas la question que je t’ai posée.
– Mais je m’en fou. Tu m’as dit qu’on pouvait répondre ce qu’on voulait. Non, ouais les marches de la cathédrale. Par-delà le côté phénoménal de l’architecture de cette cathédrale, il y a un truc visuellement qui est magnifique là-bas et à ski, je pense que ça dû être fait un paquet de fois, ou au moins en luge, ou quoi que ce soit, ou alors, avec un peu d’alcool dans le sang, une table qui est retournée à quatre heures du matin. Mais non, non, j’ai mon très bon pote qui est mon espèce de menteur de parapente, m’a dit il faut absolument qu’on fasse une photo avec le parapente sur les marches de la cathédrale. Je rêve de décoller de là-bas et puis, on s’est chauffé un jour, et on a fait ça, et on a fait des photos, mais elles ne sortiront jamais.
– D’accord.
– On veut pas se faire serrer.
– On va vous croire quoi.
– Ben je te les montrerais, je te les montrerais.
– Ok, ça marche. Distillerie des Bughes où ils font du whisky vers les Estreys, ou la Brasserie des Plantes à Saint-Didier-en-Velay ? La brasserie des plantes, ils font plutôt de la verveine, d’autres, d’autres, comment dire, d’autres liqueurs avec des plantes.
– Alors, je connais ni l’un ni l’autre, mais j’aurais plus une appétence, tu vois, pour goûter le whisky, le whisky du coin ouais.
– D’accord, ok. Roche de Ventebrun, je ne sais pas si je prononce comme il faut, ou coulée de lave de Bourianne ?
– Alors, ni l’un ni, je les connais pas dis donc.
– Coulée de lave de Bourianne tu connais pas t’es sûr ?
– Non, alors peut être que je connais mais…
– Peut-être que tu connais mais tu ne sais pas que tu connais ?
– Ouais.
– C’est vers Saint-Julien-d’Ance. Euh, oui, c’est ça ? Saint-Julien-d’Ance ou un truc comme ça.
– Ah je vais dire coulée de lave, il y a un côté volcanique, tu vois, ouais, j’aime bien. On est dans les volcans, on est dans la terre qui s’énerve un petit peu.
– Dans la pouzzolane.
– Dans la colère, dans la pouzzolane, dans la terre rouge. Moi, ça me va.
– Là, tu sauras peut être mieux, Mont Bar ou le Mont d’Alambre ?
– Ah, alors Mont Bar, c’est là où j’ai passé un plus grande partie de ma jeunesse. Parce que mes grands-parents avaient une maison à Monlet à côté d’Allègre.
– D’accord.
– Et puis on avait toujours cette espèce d’histoire un peu tu vois, cette espèce de mythe, mythe urbain comme quoi, au mont bar, de temps en temps, il y avait des feux follets et tu vois, la nuit, il y avait la fermentation qui se faisait dans le bourbier et que ça pouvait prendre feu et faire des feux follets. Et on les a jamais vus. Mais j’irai sur l’Alambre sans aucun problème, parce que, à l’Alambre, tu décolles en parapente. Donc voilà.
– Voilà c’est ça, je m’en doutais un peu. Deux photographes, mais je ne sais pas si tu les connais du coup. Jordane Fontanille ou Rémi Flament ?
– Alors, de nom, je les connais tous les deux, mais je ne connais pas leur travail, ils sont du coin.
– Oui, ils sont du coin.
– Dis-moi ce qu’ils font.
– Alors, Jordane Fontanille, il fait un peu des photos de paysage, ou des photos du Roi de l’Oiseau, par exemple, ou des portraits. Rémi Flament, lui, c’est plus, tu sais il fait les caves, il descend dans les… Ce que t’aimerait pas…
– Ah oui, de la spéléo tout ça.
– De la spéléo, tout ça.
– Alors oui, alors je connaîs son travail lui.
– Le samedi, il était à Interlude, il signait une BD qu’il a coréalisé on va dire avec…
– Alors, je connais son travail pour avoir vu son travail, que je n’ai pas du tout associé à son nom et j’en suis désolé. Mais ouais ouais, il fait un boulot de photos exceptionnel sur les lumières en cave, en spéléo, et ouais ouais, j’aime beaucoup, j’aime beaucoup ce qu’il fait ouais.

– Ok. Question plus ouverte, quel chemin n’a jamais tu pris en Haute-Loire, ou route, parce que je sais que tu as pris pas mal de route.
– Alors, tu m’aurais dit, je serais venu avec ma petite carte, on aurait regardé directement ouais.
– Voilà, il a une carte ou il stabilote toutes les routes qu’il a pris, il reste plus beaucoup de place.
– Ouais, pour avoir vécu pas mal à l’étranger, pas mal barouder un peu à droite, à gauche dans plein de pays différents. Il y a un moment où je suis revenu au Puy, il y a quelques années, et je me suis dit qu’en fait je connaissais peut-être… C’est parti d’un constat simple, on me dit ouais, t’as rendez-vous au Puy à tel endroit, telle rue. Et je fais mais attend, mais ça me dit rien du tout la rue. Ça me dit rien alors que… Et je me suis rendu compte que je connaissais mieux les rues de New York. Je savais me positionner plus facilement dans les rues de New York, où j’ai passé pas mal de temps que dans les rues du Puy. Je me suis dit p’tain c’est quand même malheureux, tu connais pas l’endroit où t’es né donc ce que tu vas faire, c’est que tu vas acheter une carte de la Haute-Loire. Ce que j’ai fait. Et j’ai pris un stabilo, la carte de la Haute-Loire, ma moto, et je me suis dis, tu vas faire toutes les routes, mais vraiment toutes. Et en fait, j’ai cette carte qui, mais qui, dans un état pitoyable, parce qu’elle a été pliée, dépliée et déchirée des milliers de fois et je m’attache à faire toutes les routes que j’ai jamais prise et tu te rends compte en faisant ça que pour aller dans des lieux que tu connais, tu passes toujours par la même route et il suffirait que tu fasses une route, une parallèle où que tu t’écartes un tout petit peu, que tu prennes un chemin différent pour découvrir des endroits qui sont magnifiques. On a une diversité de paysages ici qui est phénoménale et qui est pas assez connu, et c’est assez dommage. Donc un chemin que j’ai jamais fait, que j’ai jamais pris, ben tout simplement un des chemins les plus connus, le chemin de Saint-Jacques de Compostelle. Je l’ai jamais fait à pied, figure-toi, je ne l’ai jamais fait à pied.
– Même pas une petite partie quoi ?
– J’ai dû très certainement y passer un petit peu mais… Mais non, ouais, on avait eu le projet avec une de mes meilleures amies Stéphanie, que j’embrasse bien fort, parce qu’on est dans la période du Téléthon, et qu’elle est ambassadrice. Et on voulait le faire en joëlette, et puis on a un peu laissé tomber le projet parce qu’on n’est pas à côté, elle habite à Marseille. On ne se voit pas souvent, mais on s’appelle. Steph si tu m’entends, il faut que je t’appelle. J’ai pas répondu à ton coup de fil la semaine dernière. Il faut que je t’appelle, je suis désolé. Et c’est vrai que, ouais, pourquoi pas mais je pense que il y a peut-être un temps aussi pour tout. Et ouais, le Saint-Jacques-de-Compostelle, je sais que je le ferai.
– Plus tard.
– Mais c’est pas le moment pour l’instant.
– D’accord.
– Mais par contre, si je le fais, je le ferai avec Steph, on le fera en joëlette et il faudra trouver deux autres doux dingues pour aller faire ça. Et la liste des doux dingues, c’est pas ce qui manque.
– Y’en a pas mal.
– C’est pas ce qui manque ouais.

– Est-ce que tu as un projet pour la Haute-Loire, quelque chose que tu aimerais réaliser en Haute-Loire ?
– Alors oui, on a un projet. J’ai une vision.
(rires)
Nous avons une vision. Oui, alors déjà il y a ce projet de festival de musique qui nous travaille depuis un petit moment avec deux potes. On a le nom, on a limite le plan d’implantation, tu vois, du festival.
– D’accord, cool.
– On sait comment il faudrait faire. On a les contacts des artistes, des tourneurs, des prog. On a tout, on a fait une prog idéale et utopie que sur les trois prochaines années. On est prêts. Mais bon, là, ça demande beaucoup de temps et beaucoup d’investissement et puis on va voir ce qu’on peut faire mais bon… Là pour l’instant, ça c’est du plus tard, mais en concret, en ce moment, on est en train de, on n’est pas en train, on a attaqué de monter un ciné-club avec mon pote Alex. Un ciné-club pour les quadras qui ont pas voulu grandir et pour aller voir au cinéma tous les films qu’on aurait aimé ou qu’on n’a pas vu ou qu’on aimerait revoir des années quatre-vingt-dix qui sont des films cultes de la pop culture. C’est pas du grand cinéma, mais c’est du cinéma qui fait du bien à nos petits cœurs tout mous d’adolescents. Et on a appelé ça le Kinoton Club.
– D’accord.
– Et le kinoton Club est en train de se mettre en place avec le cinéma du Puy, avec le ciné Dyke, avec sa directrice, Florence Roux, avec qui on essaye de trouver une date pour faire la première du Kinoton Club.
– Ça sera Gremlins au moins ?
– Ah ben, on aimerait bien, hein. Ça dépend pas que de nous, ça dépend…
– Le Gremlins, le Gremlins !
– Ça dépend de ce qui est possible. Ouais, on voudrait faire une soirée d’inauguration du kinoton Club. Dans l’idéal, ça serait soit les Gremlins, soit Ghostbusters, soit Maman, j’ai raté l’avion. Et on aimerait bien avoir comme parain Frederick Sigrist, là, qui présente Blockbuster sur France Inter, et on essaye de voir, de le contacter, de voir avec lui si c’est possible et puis, si c’est pas possible, on fera autrement, et puis on trouvera une manière de le faire. Mais ouais là le kinoton Club, normalement, deux mille vingt cinq, ça va démarrer.
– Cool. On a hâte.
– Ben, nous aussi on a hâte.

– Écoute j’ai finis de te poser des questions.
– Ah ! Déjà ?
– Juste mon dernier souhait et oui.
– Mais c’est passé super vite.
– Oui, t’es en bonne compagnie, c’est normal.
(rires)
– Ah ben tu m’étonnes.
– On est dans un super lieu. Est-ce que tu as un dicton ou une expression que tu dis souvent à toi ou emprunté ?
– Tu pourras faire des coupes au montage ou pas.
– Non.
– Merde. Ouais moi, y’en a un que j’aime bien, c’est ce côté un petit peu tu vois, les conquérants de l’inutile, les chevaliers de l’inutile, les gens qui déplacent des montagnes pour faire des trucs qui ne servent pas à grand chose, mais que c’est un peu poétique. C’est pas forcément un dicton, c’est une phrase, je sais pas d’où elle vient.
– C’est pas grave, ça peut être une expression, une phrase.
– Je l’aime beaucoup, c’est complètement inutile, donc totalement indispensable.
– Génial.
– J’adore ça, faire un truc qui nécessite une force colossale, une discipline, un temps pas permis, pour qu’au final tu fasses un truc et puis en fait tu dis bon ben, ça ne sert à rien. Ça ne sert à rien mais après, est-ce que ce n’est pas ça faire de l’art ? C’est peut-être un peu la définition de la démarche artistique, faire quelque chose qui ne sert à rien. Mais si ça touche au moins une personne ben t’as tout gagner, quoi.
– C’est gagné.
– Ouais, c’est gagné.
– Ok, ça marche. Merci Loll.
– C’est déjà fini ?
– Ouais.
– Mais non, c’est passé trop vite.
– Tu veux dire autre chose ?
– Euh non, ch’ai pas, c’était… Moi, j’ai l’impression que ça s’est passé en trois minutes.
– On en refera un quand tu sortiras le Kino Club.
– Ah ouais, tu viendras nous faire la première du Kinoton Club ?
– Ouais voilà, c’est ça.
– Ouais avec grand plaisir. On prend rendez-vous alors.
– Ok ça marche.
– Allez, ça marche.
– A bientôt.
– Merci Stef.
– Ciao ciao.
– A bientôt.

Coups de coeur de notre invité