Temps d’écoute : 49’46 minutes
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– Salut les Ponots !, le podcast itinérant et léger qui donne la parole aux personnes qui habitent ou gravitent autour du Puy. Et moi aujourd’hui, j’ai de la chance, je suis avec Marilou. Comment vas-tu ?
– Bien, merci.
– Ça va, on n’est pas mal là, on a une belle vue sur la place du Plot.
– C’est parfait pour ce dont on va parler.
– Ouais, c’est vrai.
– Le cadre parfait. On voit la bibliothèque, c’est super.
– Est-ce que tu peux te présenter aux auditeurs de ce podcast.
– Donc, je m’appelle Marilou, j’ai trente six ans, suis chargée de production, et voilà.
– Oh, tu peux dire où t’es chargée de production.
– Je suis chargée de production pour le théâtre de l’Alauda, donc qui est une compagnie de théâtre historique au Puy, qui existe depuis quatre vingt cinq, si ma mémoire est bonne. Évidemment, je n’y suis pas depuis le début et donc je suis chargée notamment aussi de la programmation du Roi l’Oiseau.
– Ça fait un énorme travail tout ça, parce que là si tu t’occupes de toute la logistique, c’est ça chargée de production, explique un petit peu voilà ce que c’est.
– Alors. Au niveau de l’Alauda, ben il y a beaucoup de recherche de contrats. Donc, après la gestion du contrat, comment vont se passer les tournées, comme on y va, à quelle heure les logements, etc. Etc. Quand il a besoin de s’en occuper, le contact avec les comédiens qui vont travaillé sur les pièces. Il y a une grosse partie de communication aussi, parce que on le sait, dans notre milieu, il n’y a pas de moyen pour avoir quelqu’un chargé de communication, de diffusion, etc. Donc, je fais aussi une grosse partie de communication et après, il y a toute l’organisation du Roi l’Oiseau donc je m’occupe surtout de la partie, surtout, exclusivement, de la partie artistique bien évidemment en collaboration avec toute l’association du Roi de l’Oiseau, les ouvrages ou la partie technique, etc.
– C’est l’année dernière, je crois, pour le défilé, avant le défilé, il y avait un gars avec un micro, tout ça là, il courait dans tous les sens là pour placer les personnes, tout ça. Donc, c’est vous qui faites ça ?
– Exactement, ça devait être mon collègue Édouard, j’imagine, en l’occurrence. Mais oui, c’est ça. Donc, c’est, pendant le Roi l’Oiseau, il y a les troupes professionnelles et amateures qu’on place, on organise la programmation, les horaires, etc. Le planning. Ensuite, il y a tout ce qui est ce qu’on appelle les temps forts, où on fait toute la gestion, on place les gens, on crée le timing, on réunit les participants bien en amont, etc. Et après, et ben il y a régler tous les problèmes qui peuvent survenir pendant le Roi de l’Oiseau, qui ont de près ou de loin à voir avec la partie artistique.
– Là tu cours dans tous les sens, tu comprends que t’as pas besoin de faire du sport après, ça va quoi. – Non, là c’est sept jours hyper intenses où on fait, une fois on avait calculé, quatorze kms à pied, alors, des fois, c’est un peu moins, un peu plus, mais globalement on est sur une moyenne, un peu comme ça. C’est des horaires à n’en plus finir, c’est vrai que la semaine suivante, on est un peu claqués quand même.
– Ce n’est pas la peine de vous appeler à ce moment là. Sauf pour un bon gâteau au chocolat ou un truc comme ça quoi.
– Voilà mais même ça, je crois qu’on est pendant, la semaine après en tout cas je parle pour moi, je sais pas mes collègues, mais j’ai pas envie de voir beaucoup de monde. Et j’ai besoin d’être un peu dans mon cocon, parce que c’est vrai que pendant sept jours, enfin à peu près, on est quand même très exposés. On est tout le temps avec du monde, on règle des choses des fois qui sont pas très agréables, on a des conversations qui ne sont pas toujours très cool, des énergies, et du coup, c’est vrai que la semaine suivante, on a envie de… Je vais me retirer un peu de la partie publique là, on m’a bien assez vu. J’ai vu bien assez de monde, je vais me remettre un peu dans mon…
– Mais c’est bien comme ça, on a un petit peu l’aperçu de l’envers du décor, puisque les personnes, c’est tout beau, tout le monde adore les fêtes enfin, la plupart, les fêtes du Roi de l’Oiseau, et on pense que voilà, tout est facile, tout se fait comme ça. Ben non, c’est un sacré boulot derrière. C’est fait pour cette année et c’est déjà reparti pour l’année prochaine.
– On a commencé là de nouveau cette semaine, sur les chapeaux de roue, on est reparti.
– Et puis, on n’est que mi-octobre, pas encore mi octobre. Alors je vais te demander si tu as une anecdote sur le Puy, la Haute-Loire. Est-cd que tu es née ici ou pas d’ailleurs ?
– Alors, je suis née ici, je suis même née rue Courrerie, parce que je ne suis pas née à l’hôpital. Donc, c’est difficile d’être n’est plus ici que je le suis. J’ai grandi ici jusqu’à mes dix huit ans, bien que j’étais au lycée à Monistrol-sur-Loire. Je suis partie à dix huit ans et je suis revenue il y a deux ans. Donc, j’ai passé toute ma vie adulte hors du Puy. Et je pense que l’une des choses les plus caractéristiques un peu de mon enfance ici… Donc, moi j’habitais à côté de la cathédrale et du coup, à l’époque, avant, à l’époque, c’est un peu bizarre, mais quand j’étais petite, il y avait encore beaucoup de neige en hiver, et je me rappelle que ce qui était très habituel, c’est qu’on faisait de la luge dans la rue des pèlerins et l’avenue de la cathédrale. C’était, ça faisait partie de nos hivers quoi.
– Ah c’est chouette. J’aimerais bien voir ça. J’ai pas encore vu.
– Je crois que l’année dernière, on a eu suffisamment de neige, il y a un gars qui a descendu l’avenue de la cathédrale en luge, mais maintenant c’est trois jours à l’année. C’est rien à voir avec ce que moi j’ai…Après, des fois, on a des souvenirs un peu… Tu sais, ils ont un peu, on a l’impression qu’il y avait trois mois d’hiver et trois mois de neige. Non, mais il y avait…
– On rajoute des confettis.
– Voilà, c’est ça, mais j’ai souvenir que c’était bien plus habituel que ça l’est maintenant. Maintenant, vingt cm de neige tout le monde fait ohohoh, et à l’époque, dans mes souvenirs, c’était quelque chose de… Oui.
– Bon on va essayer de préparer la luge là, au cas où cette année il y a un peu de…
– Il faut la préparer, il faut être devant. Tu la gardes avec toi, tu la mets sur ton dos et tu dis hop, dès que je peux, j’y vais.
– Je propose que cet hiver, on loge tous à la cathédrale avec la luge ou les skis aux pieds, puis c’est bon. Merci beaucoup, je vais te demander de faire le premier jingle avec la petite boite que tu vois là.
Musique jingle
C’est bon, super. Alors le confessionnel, je vais te poser des questions, je te fais des propositions, tu choisis ce que tu veux, d’accord. Puis si t’as pas d’idée, t’appelle un ami aussi, ou tu crus par la fenêtre, peut-être que quelqu’un te répondra, on ne sait jamais. Voilà. Pistache ou vanille ?
– Pistache.
– Oursins ou pousse-pieds ?
– Oursins.
– T’as déjà goûté les pousse-pieds.
– Oui.
– Et alors?
– Ça me plaît aussi, c’est bon, mais je trouve les oursins avec un goût, ça a un goût un peu plus différent, un peu plus fort, et moi j’aime bien.
– Minuscules ou gigantesques ?
– Minuscule.
– Les traboules de Lyon, les petites rues du quartier médiéval Ribeira de Porto ?
– Les rues du quartier médiéval de la Ribeira à Porto, sans aucun doute.
– Provocation ou suggestions ?
– Suggestion.
– Ben t’es rapide hein ! T’hésites pas hein.
– Les questions sont très claires et pour moi, c’est très clair, mais bon, après, je ne les ai pas toutes entendu.
– On va voir, on va voir. IA ou impression 3D ?
– Aah, tu vois ! Impression 3D. C’est rigolo que tu me poses cette question, parce que j’ai justement fait un cours il y a pas longtemps, je ne sais pas si on en avait parlé.
– Non.
– Et ben j’ai fait un cours là parce que je cherchais un peu à me diversifier. Puis je voulais voir d’autres trucs. J’avais besoin d’apprendre, d’avoir des défis un peu, et j’ai choisi un cours d’impression 3D qui prenait en compte la partie technique, mais aussi beaucoup la partie du… Ils appellent ça en anglais l’environnement, c’est-à-dire dans quel cadre elle est utilisée, etc. J’ai été hyper agréablement surprise parce que le cours était d’une université américaine, donc j’imaginais que ce serait très sur le, sur le business tu vois, et en fait, il y a beaucoup de, et eux sont les premiers à encourager une utilisation sociale en fait d’accès pour des prothèses, d’accès à des choses, de création de travail et du coup, c’est quelque chose que je trouve très intéressant, et je trouve ça intéressant que ce soit matériel, que les gens, voilà, ça à voir avec le réel, même si je trouve très intéressant l’ia et les possibilités. Évidemment, on pourrait aussi parler des dérives. Mais là, si on se centre sur le positif, on va dire, mais je vais quand même choisir la 3D pour l’aspect matériel de gens qui ont pas forcément accès à tout.
– Oui, j’ai vu qu’il y en avait qui faisaient des prothèses. C’est incroyable. Je crois que c’était des américains d’ailleurs qui en parlent. Il faudrait que je retrouve le truc mais bon, là je l’ai pas.
– C’est open-source. C’est-à-dire que, par exemple, il y a des plans qui circulent et ils sont imprimés en Inde, ils sont imprimés dans des lieux où ils ont pas accès à ça, et d’un coup, on envoie un fichier informatique et on peut imprimer à bas coup et des gens qui auront jamais accès une prothèse de qualité peuvent avoir accès. Dans le futur, des gens qui ont pas accès au logement pourront avoir accès à un logement qui est imprimé en 3D à moindre coût. Voilà il y a un tas de choses comme ça qui, dans le futur, si c’est bien implanté, peuvent être très positifs pour la société quoi.
– Donc t’es prête à acheter ton imprimante 3D ou tu l’as déjà peut-être?
– Non, mais c’est quelque chose à laquelle je réfléchis parce qu’en fait, je me suis rendu compte que ce qui m’intéressait, c’était justement, l’environnement et la dynamique qui se crée, mais pas forcément la partie pratique, de moi imprimer quelque chose.
– Mais c’est peut-être lien un peu avec qui tu es et on va dire ce que tu fais dans la vie. Un peu de logistique, tout ça.
– Oui, c’est vrai que j’ai ça, dans mon caractère et dans mon travail, j’ai un côté plus d’une vision un peu plus globale des choses que très pratique. Après, je suis quelqu’un de très manuel, surprenamment, j’aime bien… Mais oui, c’est vrai, professionnellement, j’ai une tendance à préférer une vision plus globale et une gestion plus globale, parce que ça, je pense ça implique plus de défis, de contacts avec des personnes différentes. Ça me permet de toucher à plusieurs choses, en tout cas d’avoir des connaissances sur plusieurs sujets dans le basique évidemment sinon je serais spécialiste, mais je pense que c’est ça qui m’amuse en fait.
– Les médiévales de Brignoles ou le festival d’Aurillac ?
– Je vais dire le festival d’Aurillac, au niveau de la popularité, au niveau de la richesse de propositions et de ce que ça implique pour le vivier, en fait, des artistes qui vont… Voilà ça leur permet de montrer leurs propositions et de risquer des trucs, de se dire allez, j’essaye, ça va être hyper disruptif, mais j’essaye, parce que il y a un espace pour ça.
– A Aurillac y a pas une sélection. Il y a des thèmes, il y a quoi ? Il y a une sélection, tu sais un peu comment ça se passe ?
– Je sais vaguement, il y a évidemment, il y a une programmation officielle où les gens sont rémunérés, et ensuite il y a la sélection du off. Donc je pense que là aussi, une certaine sélection, après leurs critères, etc. Je ne sais pas exactement. Et là où les gens sont rémunérés au chapeau, donc après ça, pour moi, ça crée aussi des problématiques éthiques et morales de à quel point le fait de pas rémunérer les artistes et que la réputation du festival alimente ça aussi me dérange un petit peu. Donc, je suis un peu sur un truc de…
– Oui et non.
– Oui et non voilà.
– La grande roue, le panic ou la machine à pince ?
– Grande roue.
– Pourquoi ? Parce que tu vois…
– Le Panic, ce n’est pas pour moi, d’accord. Je suis quelqu’un qui… Alors je le dis, les rollers, le surf, les trucs comme ça. C’est pas pour moi tout ce qui glisse, qui va vite. Et même la tyrolienne, ça me, ça me perturbe, alors saut à l’élastique tout ça voilà donc, tout ça, c’est pas pour moi. L’adrénaline, pas dans ce cadre-là, le truc à pince pour gagner quelque chose qui m’intéresse pas, j’ai pas d’intérêt du tout et la grande roue, je trouve que c’est sympa, y’a une jolie vue, c’est bien, c’est introspectif, ça me va bien.
– Théâtre ou rue, la scène de théâtre, où la scène de la rue ?
– Ahhh la rue. La rue, sans aucun doute, parce que c’est d’abord parce que c’est obliger les gens à avoir de la culture. Enfin ça les met en obligation d’avoir un contact avec la culture, et ça peut être alors que positif c’est un peu exagéré, mais c’est, ça, forcément, ça oblige les gens à penser en dehors de ce qu’ils avaient prévu de penser, en tout cas à ce moment-là. Et puis parce que c’est populaire, et que…
– Y’a plus d’interactions aussi.
– Y’a plus d’interactions, enfin après je crache pas du tout sur le théâtre, évidemment, mais c’est vrai que dans ma préférence, théâtre de rue.
– Oui, c’est plus accessible aussi. Arbre de noël ou arbre à savon ?
– Ah, c’est une question rigolote ça. Arbre de noël parce que c’est un moment où on est ensemble et que voilà. Mais c’est ouais… ahahah…
– Tu vois finalement les questions… Là facile, Portugal ou Espagne ?
– En ce moment de ma vie, Portugal.
– Toi tu parles plusieurs langues espagnol, portugais, catalan…
– Et français ouais. Après, l’Espagne, c’est très grand. Moi, j’ai vécu qu’à Barcelone. C’est vrai que je n’ai pas compte, par exemple, passer quelque temps dans une autre ville d’Espagne, parce que l’Espagne c’est très diverses au niveau culturel, y’a beaucoup de différences. Donc, par exemple, ça rien avoir à vivre au Pays Basque, en Andalousie, à Madrid, Barcelone, donc c’est vrai, j’ai un peu un doute, comme ça, de me dire ah, qu’est-ce que ça ferait de vivre dans une ville, voilà plus… Enfin, différente de Barcelone, mais là, en ce moment, Portugal.
– T’es plutôt bière au coucher de soleil ou café à la pointe du jour ?
– Café à la pointe du jour.
– T’es une lève-tôt ?
– Euh… Je peux, pas forcément. Enfin faut que j’ai une raison de me lever, mais quand il y a une raison de se lever… Et puis, j’adore aller boire des cafés. Et pourtant je n’aime pas le café. Enfin, c’est pas le café en soi, mais le fait d’aller boire un café. Pour moi, les réunions se feraient au café, tout se ferait au café, parce que c’est un lieu social. Je pas, je pense qque c’est un lieu social, il y a du monde qui rentre, qui sort…
– C’est populaire aussi.
– C’est populaire aussi, et je pense que j’aime bien cette dynamique là donc moi, je suis café.
– Si tu n’avais qu’un seul dessert à manger toute ta vie, lequel serait-il ?
– Mon dieu, c’est la pire question que quelqu’un m’ait posé un jour.
– Ah, super !
– Non non, ça c’est terrible. Est-ce qu’on est obligé d’avoir quelque chose préféré ?
– Non, mais tu peux t’inventer un dessert, c’est pas…
– La vérité, c’est qu’en ce moment, je suis dans une phase crème brûlée, donc je vais dire crème brûlée, mais je sais qu’on en reparlera dans deux semaines et je vais te dire, j’en sais rien, mousse au chocolat ou le gâteau chocolat. J’ai un amour énorme pour le chocolat, donc en général c’est plus chocolat. Mais j’ai redécouvert les crèmes brûlées et là, ça me passionne.
– Dernière question à quels insectes aimerais-tu ressembler ?
– Libellule.
– Pourquoi ?
– D’abord ça vole, donc je trouve ça rigolo, c’est pas trop petit donc ça, ça me plaît bien. C’est pas trop mou, je n’aime pas les insectes, tout mous, j’ai pas… On a tous des lubies…
– T’aimes pas les limaces ?
– Ben les limaces c’est pas un insecte.
– Ah oui ben pardon excuses moi.
– J’aime pas les vers, les larves, ça ça me… Les chenilles, ça me vraiment, j’ai une phobie. C’est le seul truc qui vraiment me fait très peur, pas peur.
– Les araignées, ça va ?
– Non, les araignées, j’ai pas de soucis. Du coup, j’aime bien quand les insectes sont pas trop mous.
– T’aimes pas quand c’est gluant quoi.
– Je n’aime pas ce côté fouic fouic tu vois.
– Ah ouais.
– Fouic fouic, ça me déplaît. Voilà j’imagine les intestins dedans, voilà, ça me déplaît. Et puis c’est un prédateur. Donc ça implique un système cognitif différent des herbivores, et puis voilà, je trouve ça joli.
– Oui j’ai cru que t’aimais bien les insectes.
– Oui, c’est vrai.
– Allez, on va continuer, cette fois-ci on va passer au Puy, la Haute-Loire, où je vais te demander un petit peu tes coups de cœur, ou, si tu n’as pas de coup de cœur, mais au moins des petites adresses que tu voudrais nous conseiller. On va commencer par un commerçant artisan. Où est-ce que tu nous emmènerait ?
– Alors qu’est ce qu’on appelle commerçant artisan ?
– Ça peut être une boulangerie, ça peut être une pharmacie, ça peut être un cordonnier…
– Ah ben cordonnier, oui, évidemment, celui de toute notre vie, je pense, tous les ponots. Enfin j’ai l’impression que tous les ponots on va chez Aurelle qui est rue St Jacques. Parce que c’est celui que j’ai toujours connu, où je suis toujours allée. J’en sais même pas si il y en a d’autres… Enfin tu vois c’est un truc… Euh, ça me paraîtrait bizarre de pas y aller. Ah si j’ai des choses un peu comme ça fixe. En vieillissant, je m’assouplis un peu, mais, par exemple, j’allais toujours chez Rix. Ils me connaissent depuis que je suis enfant. Je pense que la dame, elle sait quel gâteau c’est mon préféré. Je suis partie dix-sept ans, ça l’a pas perturbé plus que ça. J’arrive. Elle sait quel gâteau je vais prendre, elle sait comment je m’appelle. Voilà donc ça, c’est des, oui, c’est des coups de cœur dans au sens où, où je suis à la maison.
– C’est cocon.
– Voilà, c’est ça, ça toujours été comme ça, la boulangerie de la vielle ville.
– C’est des petites routines qui nous font du bien quoi.
– C’est ça. Par exemple, quand on vit à l’étranger, ces routines sont importantes parce qu’on revient à la maison. C’est ça qui fait la maison en vrai, c’est pas les pavés, pas la vierge, c’est pas la cathédrale, c’est, tu sais, que la pâtissière, elle te connaît et que tu es toujours été, tous les gâteaux d’anniversaire viennent de là-bas, le pain, la dame elle te dit vous avez grandi. Voilà, et ça ça fait Ah je suis à la maison. Après, il y a aussi un commerce que j’aime beaucoup où je ne vais pas tellement en vrai, parce que j’ai pas le temps, parce que j’y pense pas, parce que mais à qui je veux vraiment envoyer un vrai coup de cœur, c’est le Dé Café Inné, parce que, dans le concept et dans ce que ça crée au niveau de lien social et de, je trouve ça super. Donc, vraiment, même si je n’y vais pas aussi souvent que ce que j’aimerais y aller, c’est quand même un vrai coup de cœur ouais.
– Tu nous emmènes au restaurant maintenant ou au bar. On va où ?
– Restaurant pareil, qui correspond à ce que j’aime, à ce que je valorise, l’Entrez les Artistes, parce que, en vrai, moi, ce que j’aime, c’est la bonne bouffe, ce qu’on dit, comme on dit un peu vulgairement. J’aime quand il y a de la quantité c’est généreux, c’est bon, y a pas de chichi. Alors chichi, je ne veux pas être négative en relation à des choses plus gastronomiques. Mais où je peux avoir beaucoup de curiosité et trouvé ça incroyable, mais c’est pas ce qui, profondément, me rend heureuse quand je mange, moi, j’aime bien quand il y a beaucoup de riz, je suis quelqu’un qui aime… Donc par rapport à ça, l’Entrez les Artistes.
– T’as besoin de quelque chose qui te rassure peut-être ou…
– Oui, c’est possible, mais, par exemple, je suis capable de manger japonais sans soucis. J’aime la cuisine asiatique beaucoup. La cuisine italienne bien sûr, mon grand-père était italien. Mais il faut que ce soit généreux, faut que je sente que c’est une nourriture presque quotidienne, familiale, pas pensé pour une espèce de moment un peu…
– D’événement.
– Voilà, c’est ça je. J’aime au Portugal, j’aime les petits bars avec des restaurants familiaux, même la cuisine asiatique, j’aime quand c’est, j’aime le ramens, les soupes, les choses un peu…
– Ben si tu vas en Pologne, va, bon y’en a plus trop, mais les bars à lait. C’était des bars d’ouvriers, où l’as-tu, c’est un peu comme une cantine en fait. Tu vois, tu choisis ce que tu veux manger, c’est très bon, c’est tout fait maison, même les milkshakes myrtilles, faits avec de vraies myrtilles, du vrai lait, c’est super bon, c’est pas cher.
– Des bars à lait ?
– Des bars à lait ouais.
– Comme lait ?
– Ouais, je crois bien, je veux dire de bêtises.
– Je me renseignerai, parce que je pars en Pologne là, samedi.
– Tu vas où ? Cracovie non ?
– Je vais à Cracovie et Varsovie.
– Bon ben, je vais donner les adresses de Cracovie alors.
– Ah ben oui, super ! Je suis preneuse.
– Allez, j’y ai vécu un petit peu.
– C’est vrai ?
– Ça marche. Ouais. Nie mowie popolsku, nie rozumiem.
– Ohhh.
– Y’a que ça que je sais dire.
– Tu m’as scotché.
– T’as vu !
– Mais je suis très preneuse.
– Ok, ça marche. Elle me donne ses adresses au Puy, la Haute -Loire, moi je lui donne les autres.
– Après je te donne celles au Portugal aussi.
– Ok, ça marche. Une association du Puy, une ou plusieurs.
– Il y en a deux qui me viennent en tête. La première bon ben déjà parce que je suis suspecte j’y travaille et, en plus de ça, parce que je trouve que c’est une des plus fédératrice dur le bassin du Puy, voir de la Haute-Loire. Donc, c’est l’association du Roi de l’Oiseau. Où il y a quand même un énorme travail de cohésion sociale, de travail de la culture, l’éducation… Voilà, c’est quand même un quelque chose de très complet et vraiment très important au niveau de ce lien social.
– Et puis, c’est un événement qui est très plébiscité par les personnes quoi, il y a énormément, énormément de personnes, c’était fou cette année encore, c’était pire que les autres années, il y a encore plus de monde. Tu sais, à peu près ?
– De ce qu’on a entendu, on n’a pas fait tout à fait le bilan, mais de ce qu’on a su, cent quarante mille, donc, on a battu les records. Voilà. Oui mais ça grandit. Ça grandit avec tout ce que ça implique. Mais voilà, en tant qu’association en tout cas, ils font un très gros travail au niveau de l’association. Ils ont beaucoup, beaucoup de bénévoles. Voilà donc ça, c’est super. Et puis une autre association qui est moins connue, mais que je valorise énormément c’est l’association Lanuit.art qui se trouve rue Raphaël, parce que ils ont pris le risque de faire des choses, ils font ce qu’ils aiment. Ensuite, c’est une proposition que moi en tous cas je ne connaissais pas, en Haute-Loire sur la musique électronique, sur des choses, des scènes un peu plus alternatives, des sons et des esthétiques, des propositions un peu en dehors de ce qu’on a l’habitude de voir, plus moderne, avec des influences plus internationales, et donc plus risqué, parce que le Puy, on est… Voilà, c’est pas forcément quelque chose qui, à priori, est très plébiscité. Je leur donne d’abord beaucoup de crédit et ils ont mon admiration et mon soutien par rapport à cet engagement là qu’ils ont pris.
– Tu es allée au festival cet été ?
– Oui, j’y suis allée. Alors j’y suis allée qu’un jour. Plus, ça va, moins je suis couche-tard, je dois dire parce que j’aime bien profiter de la journée et faire des trucs.
– T’as besoin de soleil ?
– C’est ça. Et puis j’ai besoin de mouvement tout ça. J’y suis allée, le si ma mémoire est bonne, je dirais le samedi et du coup, je connaissais pas ni le lieu.
– C’est vrai ?
– Ah oui, je sais, c’est terrible, j’ai honte, mais en fait, en Haute-Loire je suis partie, j’avais dix-huit ans.
– Oui, c’est ce qu’on disait souvent avec des personnes. Quand on est petit, on suit les parents, on repère pas forcément les lieux et on découvre pas par nous-mêmes donc…
– Faut absolument pas que tu me demandes, sur une carte de la Haute-Loire, de mettre les noms des villes, et les villages, à part Yssingeaux plus ou moins, Brioude, Monistrol, parce que j’y ai étudié, tu vois, j’arrive à me dire ok. À Monistrol, on avait beaucoup de gens de Sainte-Sigolène donc ça doit être dans la zone, tu vois, j’arrive à faire… Mais je suis incapable, tu me demandes où est Saint-Julien Chapteuil, je tedit, je ne sais pas.
– Ah oui, quand même, Saint-Julien, quand même.
– Ah oui.
– Pas très loin.
– Mais vraiment, non, si je dois prendre une carte, j’ai énormément de difficultés parce que je ne conduis pas. Donc, j’ai pas fait les chemins en voiture, on m’emmène toujours.
– Oui, donc, en fait, on est moins attentif, c’est pas pareil.
– On est moins attentif évidemment. Quand je faisais des choses, j’étais petite, ou très très jeune, donc pareil.
– T’es obligée de suivre.
– Ensuite, on regarde pas, on nous emmène un peu partout. Après, je reconnais des endroits quand je suis dedans, mais pour y aller, les placer sur une carte, c’est terrible. Donc, Saint-Quentin, je ne connaissais pas. Donc, ça a été un vrai coup de cœur, parce que c’est superbe. J’ai trouvé l’ambiance très agréable. Il y avait plusieurs choses, plusieurs pôles, esthétiquement, c’était bien pensé. J’ai trouvé ça super.
– Ils sont très attentifs aussi aux personnes qu’ils reçoivent. Et voilà, à la nature, à l’environnement au respect.
– Ah oui, il y a le respect de l’environnement, nature, il y a le respect du bien-être personnel et les choses qui sont beaucoup sur la table en ce moment, les violences sexuelles et sexistes, notamment dans les festivals, qui sont quand même très présentes. Là il y a un vrai travail par rapport à ça. Il y a un travail par rapport à l’alcool. Vraiment c’est quelque chose de très, très…
– Très réfléchi moi, je trouve.
– Oui exactement. C’est très bien construit et très réfléchi. C’est pas du tout fait comme ça. Non, y a une vraie réflexion qui est faite.
– Moi, j’aimerais bien qu’on parle, j’ai envie qu’on parle de toi, mais de ton autre face on va dire. On va dire qu’il y a la face qu’on connaît à peu près, tu vois, et celle qu’on connaît moins. Tu es artiste.
– Artiste c’est un grand mot.
– C’est un grand mot voilà mais on va dire que tu dessines.
– Voilà c’est ça, je dessine un peu ouais.
– Alors redemande moi le nom, ton nom de dessinatrice du coup, parce que sinon je vais l’écorcher. – Alors Vleago. v l e a g o.
– Alors moi j’ai un peu craqué sur ton travail, parce que c’est quelque chose qu’on ne voit pas, on va dire ici en Haute-Loire ou très peu, ou alors il est caché. Il y a quelques dessinatrices aussi, que j’aime bien, qui sont très différentes on va dire du classique. Voilà, tu vas pas me dessiner, par exemple, la vierge, le rocher, Saint-Michel, les choses comme ça,
– En tout cas pas comme ça, pas comme les gens les voient.
– Voilà, pas comme ça. Moi j’aime bien, parce qu’elle a des personnages, Marilou, tout est grand chez eux. Les bras, même avec des grands bras, ils ont quand même des petits coudes. Voilà les jambes, toutes les extrémités, les langues, voilà ça se mélange, etc. Et c’est un joyeux bordel que j’adore. Tu veux nous en parler un petit peu, tes inspirations, ou pas ?
– ein inspirations, j’en ai beaucoup parce que j’ai quand même étudié au lycée Arts. J’aime beaucoup l’art en général d’ailleurs. Du coup, je pense que j’en ai énormément. J’aurais pas de nom comme ça si, un peu Niki de Saint Phalle pour ce qui est des femmes un peu plantureuses, des choses un peu comme ça, mais c’est vrai que des noms spécifiques comme ça… En plus, il y a beaucoup d’artistes que j’aime beaucoup, Gustave Moreau notamment qui a rien à voir que mon travail, je pense. D’une certaine manière, il m’inspire sur des choses, mais je ne saurais pas dire la relation directe avec mon travail. Après, ben, je, dans ce que je fais, j’aime bien être pas très limitée en fait, c’est-à-dire ni être limitée par l’anatomie et la proportionnalité, et tout ça, parce que, d’abord, parce que c’est très relatif, parce qu’il y a plein de gens qui sont…
– Disproportionnés.
– Il y a plein de gens qui ont pas toutes les extrémités. Voilà. Et puis, parce que ça m’intéresse pas bien en fait, parce que la proportionnalité, on la voit tout le temps, il y a des photos, on la sublime à l’extrême en publicité, notamment, au cinéma, etc. Et que, en fait, j’aime bien cette liberté de dire ben que les corps y sont libres et que du coup bah, ça bouge, ça s’adapte à l’espace ou non d’ailleurs, et la même chose, j’aime bien que l’interaction entre les personnages soient pas non plus limitée. Et du coup je me suis retrouvé, sans m’en rendre compte, avoir des personnages agenré.
– C’est ça voilà.
– Mais sans m’en rendre compte, c’est à dire qu’un moment j’ai dessiné et je me suis dit, je vais mettre une poitrine, et je me suis rendu compte qu’en fait, mon personnage n’avait pas de cheveux et avait une moustache. J’ai dit mais en fait, au début, j’ai dit c’est bizarre. Et après je me suis dit mais on s’en fou, puisque c’est mon personnage. Personne, je ne représente personne, donc j’ai le droit de… Et du coup, voilà, je me retrouve avec des personnages complètement asexués ou sur sexués d’ailleurs. Je ne sais pas quel terme est exact. Et c’est marrant, c’est des choses, on le fait inconsciemment et à un moment, ce faisant, on prend un peu de recul, on dit c’est étonnant ça. Par exemple mon mari, qui n’a pas de cheveux, il m’a dit, depuis qu’on se connaît tous tes personnages masculins, masculin plutôt à caractères masculins, n’ont pas de cheveux. Et j’ai dit c’est étonnant quand même, parce que c’est pas réfléchi dans ma tête, parce que, en fait mon processus est facile, je dessine, d’un coup je dis tiens, je vais mettre une oreille là, ah bah tiens je vais rajouter une boucle d’oreille. C’est vraiment pas du tout réfléchi.
– C’est impulsif, c’est instinctif.
– Ah oui, complètement. Et du coup les suivants, je me suis rendu compte que je rajoutais des cheveux exprès pour contrarier ce qu’il m’avait dit. Et il a regardé et m’a dit t’as rajouté des cheveux ? J’ai dit oui.
rires
Donc c’est vraiment un travail pas du tout pensé quoi ?
– C’est un petit peu l’opposé de ce que tu vis dans ta vie de tous les jours c’est ça, que tu me disais que t’étais quand même assez carrée dans ta vie de tous les jours, avec moins de folie apparente, à part tes cheveux.
– C’est ça. Je pense que, d’ailleurs les cheveux, les piercings et tatouages, c’est un peu le seule chose qui est un peu fantaisiste en moi. Pour ce qui est du reste, je suis quelqu’un, enfin, il me semble. En tout cas, c’est l’impression que c’est l’image que je donne, assez raisonnable, carrée, pondérée. J’aime bien que les choses soient bien faites, je suis quelqu’un qui est très sur le respect des règles parce qu’on vit ensemble et que je sais qu’elles existent pour des raisons. Voilà, je suis quelqu’un pas du tout fantaisiste, mais effectivement, dans mes dessins, dans mon travail non plus d’ailleurs, mais dans mes dessins et dans, oui.
– Dans ton monde intérieur, quoi.
– Oui, voilà, c’est plus… Oui.
– Moi. Je vous invite à aller voir son travail parce que, voilà, ça change un peu, ça fait du bien. Je trouve que c’est frais et voilà, c’est rigolo. J’adore, j’ai tout de suite craqué dessus voilà.
– C’est gentil. Après il faut être préparé justement.
– Oui.
– Ça peut choquer un peu. Voilà, je préviens. Voilà, qui prévient, ne trahis pas.
– Voilà, il vaut mieux prévenir que guérir, c’est ça, on va faire pleins de dictons tu sais à la suite l’un de l’autre. Tu fais beaucoup de personnages, mais très peu d’animaux. T’en fais un petit peu des animaux, tu fais un petit peu des bâtiments, non ?
– C’est beaucoup des personnages, globalement, et c’est des êtres humains, pas d’animaux. Parce que d’abord, parce que je trouve que j’ai du mal à, je trouve que c’est trop joli. C’est trop, ch’ai pas comment dire, j’ai du mal à… Autant les personnages, la beauté, etc. Je ne sens pas d’obligation de retransmettre ce que je ressens en voyant les êtres humains, parce que y’en a trop et j’ai là… Autant les animaux… Alors oui, quand je fais des cartes de Noël, je pas si t’as remarqué, des fois je fais des cartes de noël, je dessine mon chien, etc. Mais c’est jamais ce que je , ce que je ressens en les voyant. Ça a une espèce de perfection que je trouve les animaux que je ne sens pas pareil, de la même manière que les humains, et du coup, ça me fait de la peine, ça me déplaît de les transformer. Mais c’est un truc que j’y pense, parce que des fois, j’en vois, j’ai été à l’exposition du Japon au musée qui est très intéressante, que je recommande beaucoup.
– Ouais très chouette.
– Et il y a un lapin qui a un museau un peu.
– Oui, il est trop beau !
– Ah ! On est d’accord.
– En bronze là.
– Oui !
– Oui, il est merveilleux, oui.
– Il est merveilleux. Il est un peu gros, c’est un truc, je l’aurais volé. Et je vois un truc comme ça, je me dis c’est beau, c’est ça, mais c’est très plaisant et j’adorais faire des choses comme ça. Mais quand j’en dessine, je ne suis pas convaincu de ce que ça donne donc j’en n’ai pas tellement. J’en ai quelques-uns, mais pas tellement. Je suis pas convaincu de ce processus créatif en moi. Je n’arrive pas à aller au bout de ça.
– Et tu exprimes beaucoup de sentiments, je vois tu es la… Par exemple, tu vas avoir, je sais pas si tu as provocation, tu as communication, t’exprimes beaucoup… Tu poses un mot, mais tu vas dessiner autour. Communication. Je dirai pas quel est le dessin vous irez voir, parce que moi, je l’ai en tête, le dessin qui ne s’explique pas comme ça. Voilà, vous irez voir si vous avez envie et moi j’adore, mais ouais, tu fais beaucoup de, beaucoup de choses comme ça, je trouve, d’expression, pas d’expression mais de sentiments ou…
– Ben oui parce que je pense, que, surtout les personnes qui dessinent, on a tous un côté… Il y a des choses qu’on n’arrive pas à exprimer, en fait. Soit une vision du monde par la lumière, par exemple, notamment. Je pense à plein d’artistes qui ont un monde qui, surtout, ils transmettent une atmosphère, en fait. Et je pense qu’il y a des choses où j’ai du mal à expliquer concrètement par des mots, ou j’ai l’impression que c’est pas compris, des concepts, par société, c’est un peu exagéré, mais des gens n’ont pas la même vision d’un concept et j’ai envie de transmettre aussi ma vision d’un concept ou d’un… Et je pense que j’utilise ça, d’une certaine manière, pour voilà, pour pour m’exprimer par rapport à des idées. Alors, puisqu’on en parle, je vais ouvrir un peu les portes. Je sais pas si t’as remarqué, il y a beaucoup des dessins qui sont sur les maladies mentales, sur l’angoisse, sur des choses comme ça.
– Oui.
– Donc, moi, je suis diagnostiquée, suivie, etc. Et c’est des choses qui, alors ça commence à être un peu popularisé et les gens commencent à se rendre compte un peu de ce qui se passe, etc. Mais il y a quand même un gros stigmatisme par rapport à la différence entre une maladie physique et une maladie mentale. Quand euh, c’est pas différent. Il y a pas de différence, fondamentalement, sur ce que ça implique pour une personne. Il n’y a pas tant de différence que ça. Je suis la preuve qu’on peut vivre très normalement en ayant des problèmes.
– Mais il y a énormément de personnes autour de nous et, comme tu dis, ne sont pas forcément diagnostiquées ou quoi que ce soit, mais il y en a.
– Et puis, surtout, qu’on n’en parle pas, parce que c’est un sujet un peu tabou, parce que on a l’impression de dire un peu bon au fait, tu sais que je suis folle, alors que c’est pas du tout ça en fait.
– Alors moi, je suis sûre que je suis folle, y’a pas de souci là-dessus, mais j’ai pas été diagnostiquée, parce que je le sais déjà, donc voilà.
– Après, c’est aussi bien que les gens ne soient pas pareil et ont des fonctionnements différents. Après, ce qui est important, c’est de définir si ce fonctionnement, il est positif ou négatif pour la personne, s’il lui permet d’avoir une vie pleine, et… Je veux pas dire fonctionnel, parce que fonctionnel, c’est un peu…
– Équilibrée peut-être pour elle ?
– Oui, équilibrée et pleine et qui puisse profiter de sa vie. C’est surtout ça. C’est là où je dis bon, il y a plein de gens qui ont effectivement des petites choses qui pourraient être considérées et… Ils y vivent leur vie, ils sont heureux et j’ai envie de dire bah, y’a as de soucis. Moi, dans mon cas, avant que ce soit pris en charge, je n’avais pas de vie normale. J’étais extrêmement handicapée par ma situation. Donc, je recommande à toutes ces personnes et j’en profite, allez vous faire soigner quand ça devient un problème, quand ça vous empêche de vivre, quand vous êtes dans le mal-être, il faut aller consulter, il faut se faire aider. Et je pense que les dessins, ça me permet aussi d’exprimer aux gens qui me connaissent et aux gens de dire attention, il y a un mal-être, attention. C’est pas si facile que ça. Attention, c’est pas que ce que vous voyez, ce n’est pas parce qu’une personne, elle a l’air normale, elle a l’air bien équilibrée, elle a l’air bien, etc. Que tout, tout se voit. Donc, j’ai besoin aussi de transmettre ça.
– C’est souvent, bien, bien souvent plus caché que ça. La personne qui va te paraître la plus normale au monde sera peut-être celle qui aura le plus de problèmes. Donc, faire très attention. Le sujet de la santé mentale. Il revient quand même pas mal en ce moment, je trouve sur le devant de la scène. Il essaye en tous les cas d’être mis sur le devant de la scène, parce que c’est pas normal qu’on soigne les corps, mais par les esprits quoi j’ai envie de dire. C’est un peu différent dans d’autres pays, notamment peut-être dans les pays asiatiques, ou les deux…
– En vrai, ce qui me perturbe le plus, enfin, que je trouve le plus par rapport à l’équilibre mental, j’ai envie de dire, pour moi, c’est même encore, c’est encore un pas au-dessus, c’est encore du c’est le plus plus quoi ?
– D’accord.
– Parce que j’aimerais vraiment que, oui, un gros travail qui soit fait de la part de tous, de la société en général, sur, en fait, qu’est ce que c’est une maladie mentale et qu’est-ce que, concrètement, qu’est ce que c’est ? Et là où il y a pas de communication et où, vraiment, le bât blesse et où c’est très déstabilisant et on sent très seul. Quand on est, on est touché par ça, c’est, en fait ,maladie mentale, ça veut rien dire. C’est une maladie physique, c’est des problèmes chimiques dans le corps. C’est pas le cerveau, qui… Non, c’est le corps. C’est… Parce que je trouve que maladie mentale, il y a un côté, on a une idée un peu abstraite de l’esprit, justement, et non, c’est, c’est très, très matériel, c’est pour ça que les psychiatres soignent avec des médicaments. Alors il y a une grosse diabolisation des médicaments pour les malades mentaux. Mais ces médicaments, ils sauvent des gens parce que c’est, ça représente des déséquilibres hormonaux, ça représente des déséquilibres… Alors je l’expliquerais pas très bien parce que je ne suis pas spécialiste mais des déséquilibres chimiques qui impliquent la santé physique, qui implique qu’on vomit, qui implique et c’est, c’est, c’est bien plus terre-à-terre et en fait bien plus facile à comprendre quand on comprend que c’est le corps qui est malade. C’est pas un truc abstrait.
– Ça nous arrange peut-être de penser que c’est quelque chose d’abstrait.
– Bien sûr, ça permet de d’abord justifier qu’on s’en soit pas occupés pendant des années, que les personnes sont des fous et c’est facile de dire il est fou, il est déséquilibré, on l’enferme, enfin on l’enferme, on l’ostracise un peu, mais non, en fait, il y a un vrai problème physique à régler. C’est pour ça qu’il y a des médicaments
– Je crois qu’on oublie qu’on est chacun responsable des autres aussi quoi, quelque part.
– Ben on vit en société, donc, les uns les autres, il faut qu’on travaille à ce que le plus grand nombre, qu’on essaye de faire en sorte que le plus grand nombre aille bien. La société, elle fonctionne pour tous le mieux possible.
– Alors, moi, je vais dire que j’aime bien ta folie douce à travers tes dessins tu vois, ça va très bien. C’est peut-être parce que je le suis plus que toi encore tu vas. Donc, voilà.
– Je ne sais pas.
– On ne sait pas, écoute…
– On va laisser cette porte ouverte. On le découvrira peut être dans la suite des podcasts.
– Ouais, c’est ça dans quelques temps. Finalement, Stéphanie a été enfermée à vie.
– Je suis certaine que ce sera quelque chose de plus positif encore.
– Mais oui. C’est toujours positif, il faut toujours un petit peu, de toute façon, de différence. Moi j’aime beaucoup la différence donc voilà. Est-ce que tu veux rajouter quelque chose ?
– Non.
– C’est bien, on est pas mal là. On va parler d’événements. Donc d’événements remarquables qui se passent en Haute-Loire soit ailleurs, et que tu aimerais voir au Puy ou en Haute-Loire pardon.
– J’ai du mal à le… A mettre un événement précis que j’aurai en tête.
– Tu peux nous fabriquer là en deux deux.
– Mais je trouve que on manque, euh, au Puy, ça manque de quelque chose en hiver, enfin la période d’hiver, alors je ne parle pas de novembre, décembre, janvier, parce que c’est les fêtes et que, globalement, il y a une énergie un peu.
– Ouais il va y avoir la vogue aussi.
– Il y la Vogue, on est content que ce soit l’hiver, on change de vêtements, c’est rigolo, on passe un truc un peu plus machin, on mange des trucs plus gras. Tout ça, c’est assez rigolo. Je pense surtout à février, mars, là où ça commence à être très long, ou animiquement on sent que les gens commencent à plus avoir d’énergie et je pense qu’on manque de quelque chose qui permettrait de faire bouger ça. Alors, je ne sais pas si ce serait un événement ponctuel ou quelque chose qui se ferait la semaine. Je ne sais pas bien comment ça pourrait se…
– Oui, mettre un petit peu de vie à cet hiver qui nous paraît super long.
– Oui, oui, et puis, qui nous coupe les uns des autres quand même beaucoup. C’est un moment où on se retrouve… On n’est plus en terrasse, on se retrouve dans des cafés, c’est plus petit.
– Où on se retrouve à la MPT Chadrac. Parce qu’on a quelques festivals, Lo Festenal tout ça…
– La MPT Chadrac c’est un peu le foyer vivant culturel pendant l’hiver.
– C’est l’impression, moi, que j’ai.
– Ah non mais moi aussi, depuis que je suis revenue. Après y’a d’autres salles dans l’extérieur du Puy, mais au Puy déjà, il y en a pas. Donc, voilà ça, c’est un constat. Personne pourra dire que je mens.
– Non sinon il faut aller aux concerts dans les différents bars qu’il y a quoi.
– Voilà, c’est ça. Heureusement les bars font un peu cet office là. Après on a des bars sont pas forcément, alors le Michelet maintenant est un peu… A une vraie salle, mais on a des bars qui sont globalement petits. On prend la Main Ô Fût, le Triolet où ils font beaucoup de programmation, mais qui a un espace extrêmement exigu, petit, donc il peut pas faire plus que ce que, que ce qu’il fait déjà. Et Chadrac, oui, c’est un peu le foyer ardent qui reste là, dans le lointain, dans la brume de l’hiver. On sait qu’il y a toujours pratiquement des choses à Chadrac.
– On revoit les mêmes têtes, on se dit tiens, t’as changé depuis l’an dernier, l’hiver dernier.
– C’est ça. Mais c’est rigolo, parce que donc mon mari est portugais, Gil est arrivé en même temps que moi, il y a deux ans. Et il me disait que bon, l’hiver, et pour lui, encore plus long, évidemment, encore plus difficile et puis, il vient d’une grande ville. Mais il m’avait raconté quelque chose et j’avais trouvé ça très intéressant. Eux, il y a eu une époque où ils organisaient, alors en portugais ça s’appelle «…» , les gens vont de bar en bar où il y a des petits concerts, et vont manger un petit truc, une petite tapas, boire un petit truc. Si j’ai bien compris, parce que c’est lui qui me l’a raconté, peut-être que je le retranscris pas, mais de ce que j’avais compris, ils se déplacent, je ne l’ai pas connu moi, ils mangent un petit truc, ils vont boire un petit truc, et ils écoute un petit truc de musique, et ils font ça dans la même soirée en fait, ils se déplacent… Y’a une programmation qui se répartie sur tous les bars. J’ai trouvé ça très intéressant. D’abord, parce que ça oblige les gens à sortir de leur bar préféré, etc. Ça les oblige à écouter différents styles de musique, ça leur fait goûter des trucs, et puis ils se déplacent à l’extérieur parce que l’hiver on a tendance à rester immobile chez soi, dans les bars, etc. Et là, ça impliquait un peu un mouvement quand même. Bon il y a toujours l’aspect alcool, etc. Bon, ce qui est toujours un peu, je n’aime pas que ce soit un prétexte, toujours l’alcool, etc. Après, c’est quand même quelque chose qui nous lie comme société, etc. Donc… Mais l’idée de manger un petit truc, alors un truc tout bête… De se déplacer de bar en bar, de rencontrer du monde, pas tous dans le même ordre, d’avoir un truc où on met le tampon un peu pour dire ben cette année, j’ai réussi… Je trouve ça très rigolo et je trouve que ce ne serait pas si mal que ça pour l’hiver.
– Puis, à la Coop’Art, là, il y a quand même pas mal d’artistes, on va demander. Moi, j’avais fait une déambulation comme ça avec une compagnie, la Rara Woulib, à Marseille, que j’adore. On avait déambulé dans tout Marseille, en s’arrêtant à différents bars, café, on va dire. Ils avaient même leurs roulottes, des espèces pardon de chariots roulants pour la nourriture. Mais on s’arrêtait à chaque bar où quelqu’un achetait une boisson. Des bars qui étaient, qui avaient de label Carillon, je sais pas si tu connais c’est des bars où tu peux acheter un café pour un sdf, par exemple, voilà.
– Ah oui.
– Donc, on avait fait toute la tournée de Marseille. On était je ne sais pas combien de personnes, c’était merveilleux, et c’est vrai que du coup la parte, avec peut-être les différents bords et troupes, on sait jamais… La Coop’Art !
– Non non ce serait super. Ça reste dans un petit coin de ma tête. Mais c’est vrai qu’avec le Roi de l’Oiseau, les choses comme ça, je ne sais pas. Je saurais même pas, c’est pas que je ne saurais pas, je ferais que ça, oui, mais comment mettre en route quelque chose comme ça en étant moi toute seule ? Voilà, faudrait qu’on soit un groupe en se disant ah, ouais, ce serait sympa, mais c’est vrai qu’il manque de… Enfin, clairement quelque chose en février, mars, quoi.
– Oui non mais je crois que c’est l’avis de beaucoup de personnes. On a l’impression qu’on s’enterre là, on hiberne, et ça sera un peu plus facile pour passer ce temps long d’hiver.
– Ça ferait du bien quoi, ça permettrait de se rencontrer parce que c’est vrai que… Pareil, c’est un constat, hein. Au Puy c’est difficile pour les personnes qui viennent d’arriver, de rencontrer du monde. On le sait, c’est historique, c’est compliqué.
– Ah, c’est historique !
– Oui, oui, parce que j’en parle avec mon père, il sait. On a la réputation d’être un peu plus froid, d’être un peu plus renfermé. Je pense que quand on nous connaît, c’est pas tant le cas que ça, mais je pense qu’on est habitués à nos habitudes, notre cercle, etc. Est rentrer dans ce cercle là, c’est pas toujours évident. Et je pense que plus on crée d’opportunités pour que les gens se mélangent, se déplacent, sortent de leurs habitudes, de leur zone de confort, plus il y a des chances que les personnes qui n’ont pas encore de zone de confort ou qui n’ont pas encore de cercle, rentre ou crée un cercle et les personnes qui en ont un ouvre un peu le leur et c’est un peu ça que sera intéressant d’arriver à créer quoi.
– Je voulais te demander si tu changerais quelque chose au Puy ou à la Haute-Loire ? A part cet hiver long ?
– Ouais, alors il est long et c’est un problème, et, à la fois, c’est aussi ce qui nous a fait, c’est ce qui a fait la ville, c’est ce qui a fait… Du coup, j’ai du mal à… Oui, il y a des choses que je changerais. Je pense qu’on est on est trop sur nous-mêmes, on n’est pas assez ouvert à l’extérieur. Je pense que, vraiment, dans une société où, comme elle est devenue maintenant, alors c’était compréhensible il y a cinquante, soixante, cent ans, je pense que maintenant on peut apprendre à s’ouvrir et je pense qu’il y a un potentiel pour qu’on s’ouvre vers l’extérieur et l’extérieur viennent à nous au-delà du tourisme, mais vraiment des choses constructives. Il y a plein de gens qui sont en train d’arriver, de différentes nationalités, avec énormément de potentiel et qui ont du mal à avoir des espaces d’expression, qui ont du mal à avoir des lieux de vie, en fait, où on puisse partager, etc. Donc, ça, oui, je pense, que c’est quelque chose que les ponots il faut qu’ils changent, faut qu’ils créent ces espaces là. Au delà d’espace d’intégration pour les migrants qui est très louable en soi, mais on parle d’espace…
– Oui mais c’est des espaces où ils restent quand même, on entre eux, aussi.
– Voilà, c’est ça. Il faut vraiment créer des vrais espaces de vie, de tout le monde. Alors de nouveau, la MPT Chadrac fait un travail incroyable par rapport à ça. On n’en a pas parlé. Quand tu m’as demandé l’association, j’ai oublié et t’as bien fait d’en avoir parlé parce que, vraiment, ils font un travail exceptionnel, je trouve. J’ai énormément d’admiration pour, pour l’organisation, enfin, la gestion et l’organisation de la MPT Chadrac, mais c’est vrai que ça manque, et ça manque en centre-ville, il faut que… Voilà, il faut…. Ça manque au Puy ville. Donc c’est un peu, ça que je changerais ouais.
– Jingle à nouveau.
– Je suis prête.
Musique jingle
Temps d’écoute : 49’46 minutes
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